‹ Isolement et psychothérapieChapitre 48 sur 198 · W. MiTCHeLz, loc. cil., p · texte numérisé non relu

W. MiTCHeLz, loc. cil., p

pour nous l'expérience, nous avons les résultats si encoura-

geants publiés par Weir Mitchell et ceux qui ont employé sa

méthode, nous avons la constatation des résultats obtenus à la Salpètrière depuis bientôt dix ans. Tous ces faits nous montrent que le repos est non seulement bien supporté, mais fournit les meilleurs succès dans les troubles des névroses les plus différents en apparence.

D'ailleurs, en dehors des névroses, nous savons que le repos au lit est la méthode de choix dans presque toutes les

maladies même les plus dissemblables, qu’elles soient accom-

pagnées d’adynamie ou d’agitation extrème.

Pour les aliénés agités, en particulier, il à été érigée en système de traitement.

Dans beaucoup d'accidents hystériques, paraplégies, coxalgies, contractures, chorées, anorexies graves, le séjour au lit s'impose. Dans les intoxications chroniques (morphine, cocaïne, éther, alcool), il est presque indispensable pour que la surveillance soit possible. Dans les neurasthénies graves c’est la seule méthode eflicace et si plus tard le neurasthénique est susceptible d'être rééduqué par entraînement, ce serait une faute grave à notre avis de commencer cet entrainement avant un repos complet et prolongé. | « J'ai, comme on le comprendra, employé le repos à tous ses degrés, dit W. Mitchell’, depuis l'usage du sofa pendant plusieurs heures par jour jusqu'au séjour absolu au lit. J'ai l'habitude dans l'exécution de ma méthode de traitement complet, d'exiger le séjour au lit de six semaines à deux mois. »

Dès qu’un malade a la permission de se lever il est impossible de mesurer sa fatigue ; ses allées et venues dans sa chambre, ses différents mouvements s'accumulent et peuvent donner à la fin de la journée un total de travail considérable. Il suflit pour s’en convaincre de se rappeler quelle lassitude se fait sentir chez un convalescent quand il change simplement son lit pour un fauteuil pendant quelques heures.

La plupart de nos malades sont sinon des fatigués réels (le fait a été soutenu) du moins des affaiblis, des gens qui ont un système nerveux en élat d'infériorité, beaucoup sont très

9, W. MircueLL, loc. cit, p. 49.

amaigris, mangent mal depuis longtemps. À tous ceux-là il faut avant tout procurer le repos le plus complet possible. Sans doute en obligeant un malade à garder le lit on ne supprime pas pour lui toute fatigue : tous ses mouvements musculaires, tout son travail intellectuel en sont encore des sources importantes, mais on peut dire qu'on a réduit ainsi les causes de dépense au minimum. |

Nous empêchons les malades de se livrer à aucun travail (couture, lecture, etc.) pendant les premiers jours du traitement; W. Mitchell! leur défend même de s'asseoir dans leur lit et de se retourner sans assistance. C'est que tout effort musculaire est une cause de dépense pour l'organisme, et le malade qui se remue librement dans son lit ne compte pas ses mouvements ; la somme d'énergie qu ils représentent est d'autant plus considérable que la journée est plus longue, qu'il se réveille plus tôt et s’endort plus tard. |

De nombreuses expériences prouvent que le travail museulaire nécessite une combustion el par conséquant s'accompagne d'une perle de poids plus ou moins considérable. Il est donc contre-indiqué chez les malades que l’on veut faire engraisser.

De plus, le travail musculaire s'accompagne d'accélération, des battements du cœur et des mouvements respiratoires, phénomènes nécessités par les besoins de l'organisme et déterminés, au moins en partie suivant Mosso, par l’action de substances toxiques nées du travail du musele. L'existence de ces substances est d’ailleurs démontrée par la Loxicité du sang

et des urines après le travail, et le P' Bouchard à encore établi

que leur production est réduite au minimum pendant le sommeil.

facon purement empirique, mais en nous appuyant sur des données scientifiques bien établies.

Page 1