POPULONIA
De Livourne
derne et sans grand intérêt, mais ils prouvent combien ce pays7 si négligé autrefois, s'est relevé dans le courant de ce siècle. La voie traverse la Cecina, rivière qui s'appelait déjà ainsi dans l'antiquité. La famille de ce nom habitait surtout cette partie du pays, comme le prouvent de nombreuses inscriptions à Volterre.
52 kil. Cecina (8 min. d'arrêt; café modeste), localité toute moderne. Embranchement pour Volterre (v. p. 9).
La ligne s'approche maintenant de la côte. On aperçoit plus loin à dr. Populonia (v. ci-dessous), vieille ville étrusque, et derrière, l'île d'Elbe (p. 13).
69 kil. Castagneto. — 76 kil. S.-Vincenzo, avec un petit port.
87 kil. La Cornia, stat. pour la petite ville de Campiglia, située à g. sur la hauteur, avec les ruines d'un château et des sépultures étrusques sans importance.
De la Cornia à Piombino, 12 kil., diligence après l'arrive'e du dernier train de Livourne, trajet en 2 h. Retour de là à midi. La matinée suffit pour une excursion à Populonia.
Piombino (auberge modeste) est une petite ville de 4,000 hab. située à l'extrémité méridionale d'un promontoire boisé, terminé par une plaine vers l'intérieur des terres. Une vieille tour près du port offre un -point de vue superbe sur la mer et l'île d'Elbe, devant laquelle s'élèvent les falaises de Cerboli et de Palmajola, puis sur S.-Giglio et la côte. Dans le lointain, on découvre la Corse.
Piombino dépendait originairement de Pise, et devint en 1399 la principauté de la famille Appiani, qui en resta maîtresse jusqu'en 1603. L'Espagne lui succéda, puis la famille Buoncompagni-Ludovisi , à laquelle Napoléon l'enleva en 1805, pour la conférer à son beau-frère Félix Bacciocchi. Mais la ville fut restituée en 1815 à ses anciens seigneurs, et resta ensuite sous la suzeraineté de la Toscane. — Bateau à vapeur pour l'île d'Elbe tous les jours, dans l'après-midi. Retour le lendemain matin.
A 2 heures de Piombino, à l'extrémité N. de la presqu'île, est située l'antique Populonia, la Pupluna des Etrusques. On peut s'y rendre par la route ou par un sentier à travers les bois, mais seulement avec un guide. La ville, située sur un rocher escarpé avec un château du moyen âge, est visible de loin. Port important des Etrusques , elle souffrit beaucoup du siège que lui fit subir Sylla, et elle était déjà déserte du temps de Strabon. Aujourd'hui, c'est un chétif village. Dans l'antiquité on y fondait le fer des mines d'Elbe. Le mur d'enceinte est encore parfaitement reconnaissable, surtout du côté de la mer; il se compose d'énormes blocs de pierre, analogues à ceux du style polygone. Vue aussi étendue que belle sur la campagne et la mer. Parmi les antiquités, on remarque quelques voûtes romaines, faussement regardées comme les restes d'un amphithéâtre, et un réservoir d'eau, également d'origine romaine. Les sépultures étrusques des environs n'offrent que peu d'intérêt.
La contrée prend maintenant le caractère distinctif des Maremmes. C'est tout un monde à part, rempli de forêts et de marécages, inculte et infesté en été par la malaria. Lorsqu'il appartenait aux Etrusques, ce pays était richement cultivé et avait plusieurs villes importantes, telles que Populonia, Yetulonia, Rusellœ et Cosa. Lors de la décadence de l'agriculture en Italie et de la transformation des champs de lahour en pâturages, le dépérissement de la culture fit de rapides progrès ; car un travail assidu est seul en état de devenir maître du mauvais air que produit en été l'évaporation des eaux croupissantes aux-
à Rome.