‹ Italie centrale et RomeChapitre 44 sur 105 · CHIUSI · texte numérisé non relu

CHIUSI

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ne peut visiter. C'est probablement un système compliqué d'égouts, pour lesquels les anciens Etrusques, qui entendaient si bien tout ce qui concerne la salubrité publique, avaient acquis une habileté que nous devons vraiment leur envier.

Un *musée étrusque fondé par la ville il y a quelques années mérite une visite. Il comprend une riche collection d'objets trouvés dans les tombeaux des environs: vases, parmi lesquels on remarque particulièrement quelques urnes polychromes ; coupes, bronzes, miroir, sarcophage, et surtout des caisses funéraires, la plupart en terre cuite, quelques-unes en albâtre et en travertin.

La cathédrale , Ste-Mustiola, se compose presque tout entière de débris d'édifices antiques; elle a, à l'intérieur, 18 colonnes antiques de différente grosseur; le tombeau de Ste-Mustiola se compose également d'une colonne antique. Sur les murs des arcades de la place de la cathédrale, on remarque de nombreuses inscriptions étrusques et romaines.

Les tombeaux étrusques des environs sont la principale curiosité de Chiusi (carte et guide, v. p. 56). Ils se trouvent dans des collines isolées et disséminées à quelque distance de la ville. Les plus remarquables sont: le plus rapproché, au N.-E., le Deposito del Granduca (3/4 d'h.); non loin de là, le ^Deposito délia Scimia, orné de peintures murales qui représentent des luttes; puis le Deposito del Poggio Gajelli (plus de 1 h.), qu'on a considéré sans preuve comme le mausolée de Porsenna dont parlent Pline et Yarron , et qui est fort endommagé; au N.-O., le Deposito délie Monache (3/4 d'h.); au S.-E., le Deposito del Colle (3/4 d'h.), orné de peintures.

Sur le chemin de la gare, près de S.-Caterina, sont de petites catacombes des premiers temps du christianisme, et non loin de là un tombeau romain.

De la gare de Chiusi . diligence (1 h.) pour Città-della-Pieve, ville de 6,000 hab. située à 8 kil. de distance, sur une hauteur (508 m. d'altit.). C'est la patrie de Pietro Vannucci (1446-1526), dit le Pêrugin (v. p. 47). Elle possède de lui plusieurs œuvres qui datent toutefois de son de'clin et qui de plus ont été pour la plupart peintes rapidement et par des élèves , le maître paraissant n'avoir pas eu autrement bonne opinion du goût artistique des habitants de sa ville natale. L'oratoire de' Disciplinait ou S .-Maria-dei-Bianchi possède l'Adoration des mages, sa plus grande composition. On montre deux de ses lettres , de 1504, concernant le prix de cette fresque, qui fut réduit de 200 à 75 florins. La cathédrale, modernisée à l'intérieur, a de lui un Baptême du Christ (lre chap. à g.) et une Vierge avec St Pierre, St Paul , St Gervais et St Protais (dans le chœur), peinte en 1513; S.Antonio, un St Antoine avec St Pierre l'Ermite et St Marcel ^ Véglise des Servîtes, hors de la porte d'Orvieto, les restes d'une autre fresque de 1513, représentant le Crucifîment.

La route conduit de Città-della-Pieve, à l'E., à Pérouse (50 kil.); elle était autrefois très-fréquentée.

A 12 kil. ou à 1 h. 1/4 en voiture au S.-O. de Chiusi et à la même distance à l'O. de Città-della-Pieve se trouve la petite ville de Cetona, dominée par un château du moyen âge. Son palais Terrosi renferme une petite collection d'antiquités trouvées dans les environs. On peut obtenir de la voir après l'avoir demandé en déposant sa carte de visite. Ce sont,

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entre autres, de belles urnes polychromes et richement ornées, une *défense d'éléphant avec des bas-reliefs archaïsants tirés de 1' Odyssée. Il y a un parc pittoresque derrière le palais.

Le chemin de fer descend ensuite dans la vallée de la Chiana. — 168 kil. Ficulle, stat. pour la localité de ce nom située à 1 h. de distance sur une hauteur à dr. La Chiana se jette près d'Orvieto dans la Faglia, cours d'eau torrentiel qui est un affluent du Tibre. Le sol se compose ici de grès tertiaire, tandis qu'à Orvieto commence le terrain volcanique dont le centre est le lac de Bolsène (p. 64).

222 kil. Orvieto. La stat. est située au pied de la hauteur sur laquelle s'élève la ville. On y monte par un chemin en lacet. Un omnibus y mène en 40 min. (20 min. à la descente; 1 1.; malle, 20 c). Il y a un sentier plus court (V4 d'h.) qui aboutit près de la forteresse.

Orvieto. — Hôtels: Alb. Belle Arti, au Co rso , où s'arrête l'omnibus, recommandé (ch., 2 1. à 21. 50; dîn.. av. le vin, environ 3 1. ; pens., 6 1.; s'entendre sur les prix); A qui la Bianca, via Garibaldi, derrière le Palais Communal, plus simple. — Café: Benedetti, place Victor-Emmanuel. — Le vin d'Orvieto est célèbre et très-estimé à Rome. — Photographies chez Arraoni, près de la cathédrale.

Stazione

Orvieto, sur un rocher de tuf isolé, à 225 m. au-dessus de la Faglia, à 355 m. au-dessus du niveau de la mer, est une petite ville de 8,000 hab., VUrbibentum de Procope, YUrbs- Vetus du xme s., d'où est dérivé son nom actuel. Au moyen âge,

à Rome.

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c'était une des principales forteresses des Guelfes, et elle servit souvent de refuge aux papes. C'est le siège d'un évêché.

De l'entrée de la ville au N., par où l'on arrive de la gare, et où se trouve l'ancienne forteresse dont il sera question cidessous , part la rue principale , le Corso. On voit dans cette rue deux tours du moyen âge; en face de la première est la via del Duomo, qui conduit tout droit à

La **cathédrale (pl. 1), un des plus beaux échantillons d'architecture gothique en Italie et un des monuments les plus remarquables de ce pays. Cet édifice fut commencé en 1290, à la suite du miracle de Bolsène (p. 64). Le pape Nicolas IV en posa solennellement la première pierre le 13 nov. de cette année et les travaux , exécutés sur le plan et sous la direction de Lorenzo Maitani de Sienne, furent poussés si rapidement que l'évêque Guido di Farnese y put célébrer la première messe en 1309. Le plan est celui d'une basilique à trois nefs , avec transept et chœur terminé par un mur droit, mesurant 104 m. 59 de long et 32 m. 95 de haut. Comme celles de Florence et de Sienne, cette cathédrale est construite en assises alternatives de marbre noir et de marbre blanc. Elle a été comme bien d'autres le centre d'une activité artistique considérable. On ne se fatigua point de travailler à sa décoration, on tâcha d'avoir la coopération de tous les artistes célèbres du temps. La ^façade à trois frontons, large de 40 m. et haute de 52, est excessivement riche en sculptures et en mosaïques et passe poulie plus grand et le plus riche monument polychrome du monde.

Les excellents *b a s -relief de la partie infe'rieure des piliers, qui caractérisent sous bien des rapports la transition de l'ancien style à celui de la Renaissance, sont de Giovanni Pisano (?), à? Andréa et d'autres élèves de Nie. Pisano. Les sujets sont tire's de récriture sainte: 1er pilier à g., depuis la création jusqu'à Tubalcaïn ; 2e, Abraham, arbre généalogique de la Vierge; 3e, histoire de Jésus et de Marie; 4e, jugement dernier, paradis et enfer. Au-dessus sont les emblèmes des 4 évangélistes , en bronze, par Lor. Maitani. Au-dessus du portail principal, une Vierge en bronze, sous un baldaquin, par André Pisano. Sur le bord du grand champ carré dont le milieu est occupé par un rosace, de petites statues de marbre de prophètes ; dans le haut, les Apôtres, par des sculptures siennois.

Au-dessus des portes et sur les trois frontons, des 'mosaïques sur fond d'or, de différentes époques (xive-xixe s.) : l'Anonciation, le Mariage de la Vierge, le Baptême du Christ et le Couronnement de la Vierge, cette dernière, la principale, tout à fait dans le haut.

L'*intérieur présente également , comme à la cathédrale de Sienne, des assises de pierre alternativement de couleur sombre et de couleur claire, de basalte noir et de calcaire jaunâtre provenant des environs. Sept colonnes de chaque côté séparent des bas cotés la nef majeure haute de 34 m., et au-dessus des arcades à plein cintre règne une galerie richement décorée. Les fenêtres sont en ogive et leur partie supérieure est ornée de vitraux peints. La charpente du toit est apparente et elle était richement décorée.

A dr. de l'entrée principale, St Sébastien par Scalza ; à g., St Roch. Dans le bas côté de g., la Vierge et Ste Catherine, fresque de Gentile da Fabriano. En avant, des '::fonts baptismaux en marbre, dont la partie inférieure est de Lucca di Giovanni (1390) , et la partie supérieure de Sano di Matteo (1407). — Dans la nef majeure, devant les colonnes, les

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statues des 12 apôtres, par Mosca , Scalza, Toti, Jean de Bologne, etc. — Dans le chœur, à dr. et à g. du maître autel, l'Annonciation, par Mocchi. Les fresques de l'histoire de la Vierge, par Ugolino oVIlario et Pietro di Puccio. Les stalles avec leurs belles marqueteries sont l'œuvre d'artistes siennois des xive et xve s.; les autels des deux côtés ont des ^"bas-reliefs de marbre: à g., la Visitation , exécutée par Moschino, alors âgé de 15 ans , d'après un dessin de Sammicheli de Vérone ; à dr., l'Adoration des mages , par Mosca.

Dans le bras dr. du transept: la **chapelle delà Madonna-di- S.-Brizio (Cap Nuova), avec une image miraculeuse de la Vierge, et une Pietà àVppolito Scalza. Cette chapelle a joué un rôle considérable dans l'histoire de l'art italien. Le maître mosaïste de la cathédrale apprenant que Fra Angelico da Fiesole , moine célèbre comme peintre", n'était pas retenu à Rome en été (v. p. 300), le fit mander immédiatement pour lui en confier la décoration. Mais l'artiste n'y travailla que trois mois (1447), exécutant le plafond au-dessus de l'autel, où sont représentés Jésus comme juge du monde et les prophètes. L'œuvre ne fut continuée et achevée qu'un demi siècle plus tard, en 1499, par Luca Signorelli. Ce sont surtout ces **peintures murales qui attirent l'attention. La première composition à g. de l'entrée, représente la chute de l'Antéchrist, qu'on voit prêchant au premier plan: les deux personnes recueillies dans l'angle de g. sont, dit-on, Signorelli et Fra Angelico. Au mur de l'entrée, la place a été habilement utilisée pour représenter la chute des damnés et l'approche du jugement dernier. — Viennent ensuite la résurrection générale et le châtiment des méchants; puis, au mur de l'autel, les élus montant au ciel, les damnés descendant en enfer, et la réunion des bienheureux. — Au-dessous de ces grandes compositions se voient des scènes tirées de la Divine Comédie du Dante et de la mythologie. Au plafond, des Apôtres ,, signa judieium indicantiau, des Patriarches, des Docteurs, des Vierges et des Martyrs. — Ces peintures sont la principale œuvre du xve s. L'habileté avec laquelle sont traitées les formes, la hardiesse des mouvements et des raccourcis, la connaissance approfondie du nu, annoncent l'arrivée immédiate de Michel-Ange, qui en effet, selon Vasari, a trouvé ici plusieurs motifs pour son Jugement dernier (p. 294). Dans une niche du mur de dr. , derrière la Pietà de Scalza, une -Mise au tombeau de Signorelli.

Vis-à-vis, dans le bras g. du transept, la chapelle duCorporal, où se trouve, dans un tabernacle en mosaïque de marbre derrière le grand autel, le reliquaire d'argent qui renferme le corporal teint de sang du miracle de Bolsène. Le reliquaire, à'Ugolino di Vieri de Sienne, de 1338, rappelle par sa forme la façade de la cathédrale. Il a 1 m. 39 de large et 63 eentim. de haut, et il pèse 400 livres. Des émaux brillants qui le recouvrent représentent la Passion de J.-C. et le miracle de Bolsène. On ne le montre que le jour de la Fête-Dieu et le jour de Pâques. Puis des fresques modernisées & Ugolino, représentant le même miracle. Sur l'autel à g., une Vierge de Filippo Memmi.

Vis -à- vis de la cathédrale, n° 3, V* Opéra del Duomo (pl. 2), qui renferme quelques œuvres d'art remarquables. Si la porte est fermée, s'adresser au sacristain de la cathédrale.

Dans une salle du premier étage: *les projets pour la construction de la façade, et le dessin sur parchemin d'une chaire qui n'a pas été exécutée -, un beau lutrin en bois sculpté et orné de marqueteries; un précieux *reliquaire d1 Ugolino di Siena ; une Vierge de Simone Martini ; une *Ste Madeleine, de L. Signorelli, 1504-, deux dessins, projets de fresques, de Signorelli, dans lesquels il s'est représenté lui-même, ainsi qu'un certain Nicolo ; une *statue de la Vierge de Giov. Pisano , dont les couleurs sont en partie conservées ; une série de terres cuites étrusques polychromes.

La collection d'antiquités étrusques du comte Faina, en face de la cathédrale, à dr.y provient en grande partie des dernières fouilles mentionnées p. 61.

Le corso débouche sur la Grande Place, aujourd'hui place

à Rome.

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Yictor-Emmanuel, où se trouve la vieille église St-André (pl. 3), qui a probablement remplacé un ancien temple, et le Palais Communal (pl. 4), de la fin du xme s., modifié au milieu du xvie s. Il renferme quelques tableaux du xive et du xve s.

S.-Giovinale (pl. 5), à l'angle de N.-O. de la ville, est une église à trois nefs, sans voûte et avec des restes de vieilles peintures de 1312 et 1399.

S.-Domenico (pl. 6) renferme le monument du cardinal di Brago (m. 1282), par Arnolfo, dans le transept à dr.

La forteresse bâtie en 1364 par le cardinal Albornoz, à l'entrée de la ville au N. (p. 59) a été transformée en jardin avec amphithéâtre pour représentations publiques. On y a une trèsbelle vue sur la vallée du Tibre et les montagnes de TOmbrie. — Le gardien du jardin a la clef d'un célèbre puits près de là, le pozzo di S.-Patrizio, commencé en 1527 par Sangallo, achevé par Mosca en 1540, en partie taillé dans le tuf, en partie maçonné. 11 a 61 m. 32 de profondeur sur 13 m. de de large, et deux escaliers à vis parallèles (50 c. à 1 L).

Sur le versant N.-O. de la hauteur que couronne la ville, plus bas que l'ancien mur d'enceinte, a été découverte depuis peu une vieille *nécropole étrusque (v. le plan, p. 58). Les tombeaux, qui sont groupés par séries, étaient restés en partie intacts. Les façades sont, comme ailleurs, formées de trois grosses pierres; à côté de l'entrée est inscrit le nom du défunt, en caractères étrusques; l'intérieur est carré et le plafond est composé de pierres faisant saillie les unes sur les autres. Les urnes trouvées sont pour la plupart noires, avec des ornements empreints dans la substance. — On a fait des découvertes du même genre, depuis 1863, à 4 kil. au S.-O. d'Orvieto, dans le voisinage de l'ancien couvent de capucins; deux des tombeaux contiennent des peintures. Le chemin qui y conduit est mauvais ; on demandera après le gardien dans la ville.

Le chemin de fer atteint ensuite la vallée bien boisée du Tibre, dont le large lit pierreux témoigne de nombreuses inondations. On traverse deux tunnels. A g. sur une hauteur, Baschi. — 203 kil. Castiglione. Un pont sur le fleuve. — 210 kil. Alviano. — 219 kil. Attigliano. — 224 kil. Bassano. La localité est dans le haut à dr.

Le petit lac de Bassano, le lacus Vadimonis, aujourd'hui beaucoup réduit, est célèbre dans l'histoire ancienne par les grandes victoires des Romains sur les Etrusques, en 309 et 283 av. J.-C. Pline le Jeune (Ep. VIII, 20) le décrit avec ses ,,îles flottantes". —5 kil. plus loin à l'O., dans un site pittoresque sur un rocher à pic, se trouve Bomarzo , non oin de l'antique Polimantium, où l'on a fait des fouilles considérables.

Plusieurs tunnels , et l'on suit la rive dr. du Tibre jusque dans le voisinage d'Orte, qui apparaît à g. sur une hauteur. Encore un tunnel avant la gare de cette ville, où la ligne de Pérouse, Ancône et Foligno (R. 10) rejoint la ligne principale.

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