‹ Italie centrale et RomeChapitre 54 sur 105 · ASSISE · texte numérisé non relu

ASSISE

De Péroitse

Assise, petite ville épiscopale, dans un site d'une beauté incomparable, VAsisium de l'ancienne Ombrie, la patrie du poète élégiaque Properce, né l'an 46 av. J.-C. , du librettiste Pietro Metastasio ou Trapassi (1698-1782), qui composa le texte des opéras de Mozart, et surtout de St François.

L a vil le est en effet redevable de sa célébrité à St François , fils du négociant Pietro Bernardone, qui y naquit en 1182, et passa sa jeunesse dans les plaisirs. Fait prisonnier pendant une guerre contre Pérouse, et ensuite attaqué d'une maladie dangereuse, il se convertit et fonda en 1208 Tordre des Franciscains, qui se répandit bientôt partout, et fut approuvé en 1210 et 1223 par les papes Innocent III et Honorius III. La pauvreté et l'abstinence étaient les principales règles de cet ordre, encore aujourd'hui florissant, et répandu, depuis 1526, sous différents noms: frères Séraphiques, frères Mineurs, Observants, Capucins. St François avait des visions, comme celle de 1224, où le Christ crucifié lui appliqua ses stigmates, et celle où il vit le séraphin crucifié, ce qui lui fit donner le nom de Père Séraphique. — Il mourut le 4 octobre 1226 et il fut canonisé par Grégoire IX dès 1228: le 4 octobre lui fut consacré. On a de lui plusieurs écrits, surtout des lettres pleines d'esprit. Il fut un des caractères les plus originaux du moyen âge; il se leva, comme dit le Dante (Paradis, xi, 50), semblable au soleil, et remplit tout de ses rayons.

En entrant dans la ville on se dirige à gauche vers l'ancien couvent des franciscains (S.-Francesco) , construit dès le commencement du xine s. sur d'énormes soubassements au bord de la colline, et qui attire de très-loin les regards. Sécularisé

à Foligno. ASSISE. Route 10. 71

en 1866, il est resté des années inhabité; mais il est maintenant transformé en maison d'éducation pour des enfants d'instituteurs. Il n'a rien de curieux, excepté dans les réfectoires où se voient quelques fresques des xvie et xvne s. et les anciennes *stalles de l'église haute, par Dom. da S.-Severino, qui sont ornées d'excellentes sculptures et de figures de saints en marqueterie, exécutées vers 1450. Une promenade autour du couvent offre une *vue admirable sur la riche vallée qu'il domine.

Les deux *églises superposées sont bien plus importantes que le couvent. En 1818, lorsqu'on retrouva les ossements de St François, on y ajouta une troisième église, la crypte, renfermant le tombeau du saint. L'église inférieure fut construite en 4 ans, de 1228 à 1232, l'église supérieure en 1253, et consacrée par Innocent IV. Elles sont du style gothique italien, leur architecte fut Jacopo d'Alemannia, celui du campanile le moine Fra Filippo da Campello.

L'::église inférieure sert au culte et est toujours ouverte. On y entre par une porte latérale sur la terrasse , devant laquelle se trouve un vestibule de 1487. L'intérieur est bas et sombre. A dr. , un tombeau, surmonté d'un vase en porphyre; c'est, dit-on, celui de Jean de Brienne, roi de Jérusalem, qui entra en 1237 dans l'ordre de St François , ou bien celui d'Hécube de Lusignan, reine de Chypre, morte en 1243. Vis-à-vis de l'entrée se trouve la chapelle du Crucifîment.

Dans la grande nef de l'église, à dr., la chapelle St-Louis, avec des fresques <¥Adone Doni (1560). Les Prophètes et les Sibylles, sur la voûte, sont à? Andréa delV Ingegno d'Assise. — La chapelle St-Antoinede-Padoue, avec des fresques de Pace da Faenza, du milieu duxives., est modernisée et en partie badigeonnée. — La chapelle Ste- Madeleine a des fresques dont les sujets sont tirés des vies de Ste-Madeleine et de. Ste-Marie l'Egyptienne, qu'on attribuait autrefois à Buffalmacco (vers 1320) ; il est du moins certain qu'elles sont d'un Florentin élève de Giotto, qui ne se gêna pas pour copier ici des œuvres de son maître à Padoue. — La chapelle Ste-Catherine ou du Crucifix renferme des compositions sans importance de la fin du xives.

Le bras S. du transept a été orné par Giotto, probablement vers la fin de sa vie, aux murs de l'E. et de l'O. , de trois rangées de ♦peintures tirées de la vie de J.-C, d'une fresque représentant la résurrection d'un enfant de la famille Spini, et, au-dessus de la porte, d'un Christ en buste. Il est possible que Giotto ait été aidé par des élèves, cependant, à en juger par le style, la plus grande partie en a été exécutée par le maître lui-même.

Le maître autel est érigé à l'endroit où était inhumé St François. Au-dessus, dans les quatre triangles de la voûte, les célèbres "-'fresques de Giotto, glorifiant d'une manière allégorique les vœux de l'ordre de St-François : la pauvreté, la chasteté et l'obéissance, et représentant l'apothéose du saint. La Pauvreté, couverte de haillons, est mariée à St François. Dans la fresque de la chasteté, on voit un religieux, une religieuse et un frère lai faisant le vœu ; des pénitents , des personnes se donnant la discipline et d'autres figurant les plaisirs animent le premier plan, tandis que la Chasteté est gardée dans une tour par la Pureté et la Bravoure. L'obéissance est symbolisée par un joug qu'on impose à un moine. Chaque composition présente en outre beaucoup d'autres allusions qui se comprennent aisément si l'on n'est pas étranger aux idées qui les ont inspirées, la plupart empruntées au Dante.

La chapelle du St-Sacrement, à l'extrémité du bras S. du transept, est ornée de fresques dont les sujets sont tirés de la vie de St Nicolas ; elles sont habituellement attribuées à Giottino, mais elles ont probablement été peintes par Agnolo da Siena , dans la première moitié du xiv-e Si Au

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