‹ Italie centrale et RomeChapitre 63 sur 105 · RIMINI · texte numérisé non relu

RIMINI

De Bologne

sujet, et la Rote s'est prononcée, en 1756, en faveur de VUso (v. cidessous) qui coule au delà de la petite ville de Savignano. Une colonne qui s'élève sur la route entre Ce'sène et Savignano , porte un sénatusconsulte dirigé contre ceux qui seraient tentés de franchir le Rubicon sans autorisation, inscription que Montesquieu croyait authentique , et qui n'est qu'une sotte mystification ; il s'en faut d'ailleurs qu'elle ait été la seule dans la longue controverse dont le Rubicon a été le sujet.

90 kil. Gambettola. — 97 kil. Savignano, On traverse l' Uso. — 101 kil. S.- Areangelo , où naquit le pape Clément XIV, Ganganelli (1705-1774). On franchit ensuite la Marecchia.

111 kil. Eimini. — Hôtel : Aquila d'Oro, au Corso. — Restaurant: Trattoria d'Eur opa, place Cavour. — Café: C. délia Speranza, place Jules-César. — Buffet à la gare; bon vin du pays. — Voitures: de la gare à la place, à 1 chev., 1 1. ; à 2 chev., 1 1. 20; de la place aux bains de mer, 80 c. et 1 1. 40.

Eimini est bâtie au milieu d'un très-beau site à l'embouchure de la Marecchia et de VAusa dans l'Adriatique; elle compte 34,000 hab. (la ville seule 10,000), qui s'adonnent surtout à la pêche et au tissage de la soie. Elle a été fréquentée dans ces derniers temps à cause de ses bains de mer, où conduit une promenade agréable, traversant le chemin de fer (20 min.). Il y a sur la plage des hôtels et un salon de conversation avec café et restaurant.

Rimini , l'ancien Ariminum , ville des Ombriens et colonie romaine dès 269 av. J.-C, était dans l'antiquité une forteresse défendant la frontière de la presqu'île contre les Gaulois. C'est ici qu'aboutissait la voie Flaminienne, construite en 220. La ville fut ensuite agrandie et embellie par Jules César et Auguste. Pendant l'exarchat, ce fut la plus septentrionale des cinq villes de la Pentapole maritime, qui étaient administrées par un gouverneur. Les quatre autres villes étaient Pesaro , Fano^ Sinigaglia et Ancône. Ariminum devint le siège d'un évêché en 260; il y fut tenu en 359 un concile contre les Ariens. Plus tard, la ville obéit aux Lombards, et elle fut, en 1200, donnée par l'empereur Othon IV aux Malatesta, qui la gouvernèrent d'abord comme vicaires de l'empire, puis en qualité de seigneurs héréditaires. Cette famille la livra en 1503 aux Vénitiens, auxquels les papes l'enlevèrent bientôt après. C'est à l'histoire des Malatesta que le Dante a emprunté le touchant épisode de Françoise de Eimini", dans le 5e chant de l'Enfer.

En venant de la gare, on suit la large rue qui, au delà de la porte, prend le nom de via Principe Umberto. Au bout de 4 minutes, on tourne à g. dans la via al Tempio-Malatestiano, qui aboutit bientôt à l'église principale de la ville,

*St-François {Duomo , Tempio dei Malatesta), construit au XIVe s., dans le style gothique italien, mais magnifiquement restauré en 1447-1450 dans le style du commencement de la Renaissance, par Sigismondo Pandolfo Malatesta, d'après les dessins de Léon Baptiste Alberti. C'est le chef-d'œuvre de cet architecte, mais la partie supérieure de la façade n'est malheureusement pas terminée. Le socle porte tout autour les emblèmes des Malatesta et de plusieurs familles qui leur étaient alliées. Sous les sept voûtes latérales de l'extérieur, côté S., on remarque autant de sarcophages renfermant les dépouilles mortelles de

à Ancône.

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