‹ Italie centrale, RomeChapitre 162 sur 321 · III. Rome antique · texte numérisé non relu

III. Rome antique

à Constantinople; elle avait par conséquent des galeries réservées aux femmes («matronæa») au-dessns des bas côtés, ainsi que des «pastophoria» (niches dans le mur de l’abside pour les ustensiles du culte, les livres etc.). Au commencement du xne s. le sol fut exhaussé de 1 m. 75; les galeries disparurent, tandis que la nef centrale et les bas côtés fnrent couverts de plafonds en bois et que le portique et le beau campanile reçurent leur forme actuelle. Tout cela fut probablement l’œuvre du cardinal Jean de Gaëte, titulaire de l’église de 1078 à 1118 et plus tard pape sous le nom de Gélase II. Son successeur Calixte II acheva la décoration intérieure avec l’aide de son camérier AJphanus. Enfin, de 1894 à 1899, on a fait disparaître les transformations disgracieuses opérées au xvie et au xvme s. et on a fait subir à l’église une restauration complète en lui rendant tout son éclat primitif.

Portique. L’iminense dalle de marbre antique, ornée d’un masque de Triton (1 sur le plan) qui, dans le principe, servait de fermeture à un système de chauffage h air chaud dans un établissement de bains et émettait des vapeurs par le nez, la bouche et les yeux, porte le nom de Bocca délia Verità; le peuple croyait en effet que les anciens, lorsqu’ils prêtaient serment, mettaient la main dans la bouche du masque, qui se refermait sur celle du parjure. Le portail principal, œuvre d’un certain Joanncs de Venetia (xi® s.) d’après l’inscription, est orné de motifs grossièrement imités de l’antique. Des deux cotés, longues inscriptions (actes de donation) du ix® s. A dr., le monument d’Alphanus (v. ci-dessus; 2; 1123). Une porte (8), à côté du masque, conduit au buffet d’orgue, où il y a un petit musée de trouvailles faites dans les églises antérieures à î’édifice actuel (le gardien en a la clef).

Intérieur. A l’entrée: trois colonnes de marbre de la statio annonæ (p. 306). Il y en a d’autres au mur du bas côté de g. et dans la sacristie; elles s’élevaient sur un soubassement haut de 1 m. 75. Les plafonds en bois, imitations fidèles de ceux du moyen âge, reposent sur vingt colonnes antiques de provenance diverse: au-dessus de la cinquième à g., une inscription désigne la limite de la basilique primitive et de celle d’Adrien (v. p. 306). On a restauré et remis en place les écrans du chœur des chantres (schola cantorum), les ambons (4 et 5) et le candélabre du cierge pascal. Tous ces objets, ainsi que le trône épiscopal (7) dans l’absiac et surtout le *pavemcnt de marbre (opus Alcxandrinum), comptent au nombre des plus beaux ouvrages de décoration du xn« s. à Rome. — Le maître-autel (6) se compose d’un bassin antique en granit rouge. Devant, sur le sol, une mosaïque en marbre (opus sectilc), du vin® s. Le tabernacle, donation du cardinal Franc. Caetani. neveu de Bonifacc VIII, est une œuvre d’Adcodatus (vers 1300), de l’école des Cosmas. Au mur à g. de l’abside, restes de fresques du xi® s. (?) avec graffiti grecs. Les fresques des absides et l'encadrement de la fausse fenêtre derrière le trône épiscopal sont modernes. La crypte à trois nefs (deux entrées: 9; illuminée le mercr. des Cendres), sous le presbytère, est creusée dans les fondements du temple antique; les niches servaient de reliquaires. — Dans la sacristie, qui est h dr. sur le devant (8): mosaïque sur fond d’or, représentant l’Adoration des Mages, qui provient de la chap. Ste- Marie fondée en 706 par Jean VII dans l’ancienne église de St-Pierre.

Pour la via délia S al ara, qui sc dirige vers le S., du côté de la porte St-Paul, v. p. 309.

En face de l’église, au bord du Tibre, on remarque un petit *temple rond très pittoresque, à vingt colonnes corinthiennes (il

308 IH- Bonte antique.

ROME

Page 1