‹ Italie centrale, RomeChapitre 186 sur 321 · Latran · texte numérisé non relu

Latran

mains; (côté dr.) Moïse faisant jaillir l’eau et Jésus guérissant l’hémorroïsse ; (côté g.) Renîment de St Pierre. — A dr., *164, Sacrifice d’Abel et de Caïn , Arrestation de St Pierre , croix avec monogramme et deux guerriers, Martyre de St Paul, Job et sa femme, de l’église basse de St-Paul-hors-les-Murs (iv« s.). — A g., *171, Portement de croix, Couronnement d’épines, croix avec monogramme et au-dessous deux guerriers, l’Arrestation de J.-C. et Pilate se lavant les mains , des catacombes de Domitille (ive s. ; p. 432). — A l’escalier: 199, Nativité de J.-C. et Adoration des Mages; 198, Elie montant au ciel. — Dans le haut, *223, statue assise de St Hippoly te, un des premiers pères et docteurs de l’Eglise, des catacombes de St-Laurent-hors-les-Murs ; le siège seul est antique (commenc. du IVe s.), il porte une inscription grecque énumérant les œuvres du saint et un canon pascal.

La porte à g. est celle des galeries du haut; en face, la porte (qu’ouvre le gardien) des salles où sont les peintures des catacombes, et à dr., celle de la grande mosaïque (v. ci-dessons).

Galeries. Les parois du fond des trois galeries ouvertes contiennent une collection d 'inscriptions chrétiennes d’une valeur inappréciable pour l’étude de l’antiquité chrétienne, classées systématiquement par de Rossi (p. 429). A g. en entrant, célèbre inscription d’Abercius d’Hiéropolis en Phrygie, du temps d’Héliogabale (217 apr. J.-C.): récit d’un pèlerinage de Phrygie à Rome, dont l’origine chrétienne a été récemment mise en doute. — Audessus de la lre porte à dr. : inscription en l’honneur de Quirinius, gouverneur de Syrie, qui fit le recensement à l’époque de la naissance du Christ (St Luc, 1). Ensuite, à g., dans les galeries de la cour: I à III, éloges en l’honneur de différents martyrs, etc., de l’époque de St Damase (366-384); IV à VII, inscriptions datées (71) de 238 à 557; VIII et IX, inscriptions importantes pour la doctrine; X, évêques, prêtres, diacres; XI et XII, autres personnages de distinction; XIII, parents, amis, etc.; XIV, XV, XVI, symboles, etc.; XVII et suiv., simples épitaphes de différentes catacombes. Enfin, quelques inscriptions juives, avec le chandelier à sept branches et d’autres symboles.

Les deux salles contenant des copies de peintures des catacombes en possèdent de St-Calixte (chap. des Sacrements) et de Ste-Priscille (chap. Grecque), des cryptes de Ste-Lucine, du Cœmeterium Ostrianum, etc. — Il s’y trouve aussi quelques originaux sans valeur (figures de personnes en prière).

Sous la première arcade à dr., on entre dans une salle pavée en partie de la *mosciique antique trouvée en 1824 dans les thermes de Caracalla (p. 314) et représentant 20 athlètes en pied et 26 en buste. Elle est fortement restaurée et le groupement est moderne, mais on peut se rendre compte de l’arrangement primitif d’après les dessins suspendus aux murs. Cette mosaïque n’est peut-être pas

Musée de Latran. ROME. III. Rome antique. 335

du temps de Caracalla, mais de la fin du ive s., et porte déjà des traces évidentes de la décadence de l’art.

G-alerie de peinture (Galleria de'Quadri). — Cette galerie, qui fait suite, ne comprend aujourd’hui que quelques fresques très dégradées provenant de Ste-Agnès-hors-les-Murs et de St-Laurenthors-les-Hurs, une mosaïque antique, quelques tableaux anciens de peu de valeur et une série de tableaux modernes offerts pour la plupart à Léon XIII. Tous les meilleurs ouvrages de peintres italiens des xve et xvie s. qui s’y trouvaient auparavant ont été transportés en 1909 dans la nouvelle pinacothèque du Vatican (p. 368).

En face de l’angle N.-E. du palais de Latran est l’édifice qui renferme la Scala Santa, le Saint Escalier du palais de Pilate à Jérusalem, que monta J.-C. Il a été apporté à Rome vers la fin des croisades. Il est précédé d’un portique à deux étages, ajouté sous Sixte-Quint, et se compose de vingt-huit degrés de marbre, qu’il n’est permis de monter qu’à genoux et qu’on a recouverts de bois pour les ménager. Deux escaliers sur les côtés servent à redescendre. Au bas des deux escaliers, le Christ et Judas, et le Christ devant Ponce Pilate, groupes en marbre par Jacometti, et une statue de Pie IX à genoux. On peut, dans le haut, jeter un coup d’œil dans la chapelle Sancta Sanctorum , la vieille chapelle particulière des papes et la seule partie qui subsiste de l’ancien palais de Latran. Construite en 1278, sous Nicolas III, par l’un des Cosmas, elle contient une image du Christ en mosaïque, dans le style du ixe s., et un Christ peint sur bois, attribué à St Luc (vie-vne s.). Les plus importantes des curieuses reliques et des châsses sont exposées depuis 1906 au musée des antiquités chrétiennes du Vatican (p. 391).

A l’E. de la Scala Santa se voit une abside construite par Benoît XIV et ornée de copies des vieilles mosaïques du triclinium de Léon III , principale salle à manger de l’ancien palais de Latran. Elles rappellent l’alliance des pouvoirs spirituel et temporel conclue par Charlemagne: au milieu, Jésus envoyant ses disciples prêcher l’Evangile; à g., Jésus donnant les clefs du ciel à St Sylvestre et le Labarum à Constantin; à dr., St Pierre remettant l’étole papale à St Léon III et un étendard à Charlemagne (St Léon et Charlemagne ont l’auréole bleue et carrée des vivants). Les mosaïques originales, de la fin du vme s., ont été détruites sous Clément XII, et les copies ont été faites en 1743, d’après de vieux dessins.

En face de l’abside où sont les mosaïques, s’étend la grande place de la Porte-St-Jean (piazza di Porta S. Giovanni, pl. III 31), couverte en partie de constructions nouvelles et où sont la façade principale de l’église (p. 327) et l’entrée du musée de Latran (p. 329) . — Une route poussiéreuse conduit à l’E. en 5 min. à Ste-Croix-de- Jérusalem (p. 203), et la via Em. Filiberto au N. à la place Victor- Emmanuel (p. 200).

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