Vatican
Les papes commencèrent de bonne heure à recueillir et à conserver des documents et formèrent ainsi peu à peu des archives, qui se trouvent mentionnées pour la première fois au ive s., sous St Damase. Après avoir subi bien des pertes, surtout par la translation du St-Siège à Avignon, et après avoir changé plusieurs fois de local, elles sont maintenant en majeure partie au Vatican, où elles occupent vingt-cinq pièces. Ces archives comprennent quantité de documents d’une très grande valeur, surtout sur le moyen âge: les Régestes des papes, tous leurs brefs depuis Innocent III et la correspondance avec les nonces et les cours étrangères.
La bibliothèque (Biblioteca Apostolica Vaticana) fut fondée vers 1450 par Nicolas V qui réunit env. 9000 volumes de la propriété particulière de ses prédécesseurs en une collection publique dont il confia la direction à Griov. Tortelli.
Les successeurs de Nicolas V négligèrent cette bibliothèque, jusqu’au moment où Sixte IV lui assigna un nouveau local et lui accorda des revenus fixes en nommant en même temps le savant Platina au poste de conservateur (1475). Mais, le nombre des volumes ne cessant de s’accroître, Sixte-Quint fit construire en 1588 par Domenico Fontana l’édifice actuel, qui partage en deux la grande cour de Bramante. La collection, constamment agrandie par des donations et l’achat de plusieurs grandes bibliothèques, ne compte aujourd’hui pas moins de 300000 volumes imprimés et plus de 32000 manuscrits. Elle est placée sous la direction d’un cardinal-bibliothécaire, d’ordinaire suppléé par un sous-bibliothécaire et un préfet.
Au nombre des grandes bibliothèques annexées à celle du Vatican et conservées en partie sous des numéros à part, il faut citer: la bibliothèque Palatine que l’électeur Maximilien de Bavière prit à Heidelberg et donna au pape en 1623. En 1657 vint s’y ajouter la bibliothèque d’Urbin , fondée par le duc Federigo da Montefeltro; en 1690, la bibliothèque Reyinensis, qui avait appartenu à la reine Christine de Suède, et en 1746, la bibliothèque Ottobonienne, achetée par Alexandre VIII (Ottobuoni). En dernier lieu, Léon XIII acheta en 1902 la bibliothèque Barberini pour la somme de 500000 fr. — Les 800 manuscrits, emportés à Paris en 1797, furent rendus en 1894; par contre, 886 manuscrits allemands, autrefois propriété de la bibl. palatine, firent retour à Heidelberg.
Après être entrés par la porte vitrée mentionnée p. 389, en face de l’escalier du musée des statues, les visiteurs pénètrent sous la galerie des Candélabres dans un corridor de 300 m. de long, partagé en plusieurs pièces et travées.
Musée profane (Museo profano). Il occupe la lre travée. A dr. de la porte, Hête d’Auguste, en bronze, l’une des plus belles qui existent de cet empereur; à g., tête de Néron, aussi en bronze; au-dessous, sur une table, belle petite tête de jeune fille. — A la lre arcade du corridor qui suit, deux colonnes en porphyre des thermes de Constantin (p. 193), sur chacune desquelles sont représentés deux rois à demi -corps. Dans les armoires, la
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bibliothèque Ottobonienne , la bibliothèque Reginensis et des manuscrits. — Suite du corridor, v. ci-dessous.
Grande salle, à g. au milieu du corridor. Cette salle, qui est voûtée, a été construite par Fontana ; elle repose sur six piliers et a 70 m. 80 de long, 15 m. 60 de large et 9 m. de haut. Les peintures, du xvne s., représentent des scènes de la vie de Sixte-Quint et donnent des vues des constructions par lesquelles il transforma complètement les quartiers E. de la ville. Le long des murs et des piliers sont rangées quarante-six armoires basses qui renferment les manuscrits ; quelques-uns des plus célèbres sont exposés dans des vitrines: palimpseste de la République de Cicéron; Dante illustré de miniatures par Giulio Clovio; rituel du cardinal Ottobuoni; bréviaire du roi Mathias Corvin; manuscrits du Nouveau Testament grec, du ve s.; de Virgile, aussi du ve s.; de Térence, le Bembinus, du iv® s.; autographes de Pétrarque, de Luther et du Tasse et un petit volume de lettres d’amour de Henri VIII à Anne Boleyn. Les vases antiques placés sur les armoires sont presque tous sans importance. On voit en outre une quantité d’objets offerts aux papes: candélabres et vases en porcelaine de Sèvres, dons de Napoléon Ier, de Charles X et du président Mac-Mabon; fonts baptismaux qui servirent au baptême du prince impérial, de Napoléon III; vases de Berlin, présents de Frédéric-Guillaume IV et de Guillaume Ier; objets divers en malachite, de provenance russe, etc.
Les salles de travail, qui se trouvent à côté, ne sont accessibles que de la galerie lapidaire (p. 383). Elles renferment les portraits des cardinaux-bibliothécaires, des papyrus encadrés et des reproductions des deux colonnes du triopium d’Hérode Atticus, de la voie Appienne, dont l’inscription est en caractères imités de l’anc. alphabet attique (originaux h Naples).
On rentre dans le corridor pour passer ensuite dans les autres pièces. Les deux premières travées renferment les manuscrits latins de la bibliothèque Palatine et de la bibliothèque d’Urbin. Dans la lre, au-dessus de l’entrée: Intérieur de l’église des Sts- Apôtres; au-dessus de la sortie, Intérieur de l’ancienne basilique de St-Pierre. Dans la 2e, au-dessus de l’entrée : Erection de l’obélisque du Vatican (p. 343); au-dessus de la sortie, St-Pierre d’après le plan de Michel-Ange; à g., le Vatican et ses environs; statue de St Pierre, par Amélie Dupré. Dans la troisième travée: manuscrits du xve s. ; manuscrits orientaux ; présents offerts à Léon XIII à son jubilé. Des deux côtés de la sortie, deux statues-portraits antiques.
— Ensuite le
Musée chrétien ( Museo cristiano; préfet, le baron R. Kanzler).
— Ire salle. Objets provenant des catacombes ou de vieilles églises : lampes, verres, camées, statuettes, peintures, devantures d’autels, croix, etc. Dans la 2e vitrine à dr., beaux diptyques et triptyques en ivoire. De plus, trois vitrines contenant les châsses apportées de la chapelle Sancta Sanctorum (p. 335). — La IIe salle a un
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