‹ Italie centrale, RomeChapitre 246 sur 321 · Lungara · texte numérisé non relu

Lungara

Plus loin dans la Lungara, à g., une passerelle suspendue (pl. II 9-12; 5 c.); sur l’autre rive, St-Jean-des-Florentins (p. 247). Vis-à-vis du pont, dans la Lungara, le grand palais Salviati (pl. Il 9), aujourd’hui école militaire, orné d’une belle cour du xvi« s. Puis, à dr., la prison Regina Coeli (pl. 118-11); à g., le pont du Janicule (p. 250).

A 1/4 d’h. de la porte S. Spirito, à g., vis-à-vis du palais Corsini, on est à l’entrée du jardin de la Farnésine.

La **Farnésine ( Villa Farnesina; pl. II 11 ; v. p. 162) est une charmante petite construction de la Renaissance, élevée de 1509 à 1511 par Agostino Chigi, banquier des papes et grand ami des arts (v. p. 171). Elle passa en 1580 aux mains du cardinal Al. Farnèse et resta à la famille jusqu’à son extinction en 1731; puis elle échut aux rois de Naples, dont le dernier, François II, l’a louée en 1861, pour 99 ans, aux ducs de Ripalda. Le jardin de la villa a perdu du terrain par suite de la régularisation du Tibre.

On entre du jardin dans une galerie longue de 19 m. 50 et large de 7 m. 15, autrefois ouverte, maintenant fermée par des fenêtres, entre deux ailes du rez-de-chaussée. Le plafond, les pendentifs et les lunettes ont été peints, d’après des dessins de Raphaël (1516-1518), par ses élèves Jules Romain , François Penni et les guirlandes qui les encadrent par Jean d'Udine. Ce sont **douze compositions tirées de I’histoire de Psyché, qui comptent parmi les plus charmantes créations du peintre (v. p. lxxii). Raphaël s’est inspiré du conte d’Apulée, auteur latin du 11e s. de notre ère, qu’on lisait beaucoup à la Renaissance; il n’a pris que les scènes dans l’Olympe, bien qu’il soit possible, comme on l’a supposé récemment, que l’artiste ait voulu reproduire sur les murs les scènes beaucoup plus dramatiques se passant sur terre dans le palais de Psyché. Ce qui existe produit néanmoins une impression ineffaçable par sa beauté, malgré une restauration mal entendue, exécutée par C. Maratta au commencement du xvin® s. aux dépens du coloris, de celui du fond bleu en particulier. Cette galerie peut être regardée comme une création unique en son genre, même pour la Renaissance, où l’on a cependant produit tant de choses magnifiques.

La série commence à g. de l’entrée et se continue à dr. sur le mur qui y fait face. Voici un court résumé du conte d’Apulée: Un roi avait trois filles. La plus jeune, Psyché, s’étant attiré la colère de Vénus par sa beauté, cette déesse commande à Cupidon, son fils, d’inspirer à la jeune fille un amour vulgaire (n° 1). Mais Cupidon devient amoureux d’elle et la montre aux trois Grâces (2, la peinture la mieux conservée). Il ne vient la visiter que la nuit et lui défend de chercher à voir ses traits; Psyché, trompée par ses soeurs jalouses, désobéit à cet ordre. Elle allume une lampe, et réveille son époux en laissant tomber sur lui une goutte d’huile brûlante. Cupidon s’enfuit irrité et Psyché erre çà et là, livrée au désespoir. Vénus ayant appris le mariage de son fils, l’enferme et prie Junon et Cérès de l’aider a chercher Psyché, mais ces

Farnésine.

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