‹ Italie centrale, RomeChapitre 286 sur 321 · De Rome à Pales trina · texte numérisé non relu

De Rome à Pales trina

Chemin de fer, ligne de Rome à Naples; 37 kil. en 1 h. V4, 4 fr. 30, 3 fr. 05 et 1 fr. 95. Si l’on a pris l’express, qui ne s’arrête pas kPalestrina, on descendra à Zagarolo (p. 460, 35 kil.; omnibus pour Palestrina en 1 h., 50 c.).

On sort de Rome à g. de la porte Majeure. A dr., les arcades de l’Acqua Felice, qu’on traverse non loin de la porte Furba (p. 419). Ensuite, on longe les belles arcades de l’Aqua Claudia (p. 419) que Sixte-Quint utilisa en partie pour son aqueduc. Plus loin, aussi à dr., les tombeaux de la voie Appienne. A g., les montagnes de la Sabine, les monts Albains et Frascati au loin sur le versant de ces derniers. — 14 kil. Ciampino , où s’embranchent

460 Envir.de Rome. PALESTRINA.

Montagnes de

les lignes de Frascati (p. 435), de Terracine (p. 474) et de Nettuno (P- 472)..

La voie monte lentement le long des flancs des monts Albains. A dr., dans le haut, Monte Porzio Catone (p. 439). — 26 kil. Monte Compatri- Colonna. La première de ces localités (p. 439) est à 4 kil. de la gare à dr. dans la montagne, Colonna à 3 kil. à l’E. de la gare, sur une colline isolée (347 m.) dans la plaine. C’est entre les deux qu’était située la ville antique de Labici ou Labicum,

On passe ensuite dans la grande dépression entre les monts Albains et ceux de la Sabine. Belle vue sur ces montagnes et sur celles du pays des Yolsques, au premier plan. — 35 kil. Zayarolo (v. p. 459) ; la localité, qui a 5528 hab., est à 3 kil. à g. de la voie.

37 kil. Palestrina, stat. pour la ville de ce nom, qui est à 6 kil. au N.-E. de la gare; on aperçoit déjà de loin, sur une hauteur, le Castel S. Pietro qui la domine. Omnibus en 1 h. à peu près, 50 c.

Palestrina (465 m.; Alb.delV Armellino, corso Pierluigi, 93; Vedova Pastina-Bernardmi, piazzetta délia Fortuna, belle vue, env. 5 fr. par jour; tous deux fort simples; quelques chambres seulement), ville de 7074 hab., parmi lesquels de nombreux chaudronniers, a des rues escarpées et malpropres; elle est très pittoresquement située sur le flanc de la montagne. C’est la Préneste des Romains, qui fut souvent au moyen âge l’objet de combats sanglants entre la puissante famille des Colonna et les papes, et fut détruite en 1437. Elle appartient aux Barberini depuis 1630. C’est la patrie de Giov. Pierluigi da Palestrina (p. 350).

Préneste , une des villes les plus anciennes de l’Italie, fut prise en 380 av. J.-C. çar Camille et soumise depuis à Rome. Comme place d’armes du jeune Marius pendant les guerres civiles de 82 av. J.-C., elle fut prise de nouveau et entièrement détruite par Sylla après un long siège, et reconstruite plus tard avec magnificencë par ce général, comme colonie romaine. Sous l’Empire, elle était le séjour d’été favori des Romains, à cause de la fraîcheur de son climat; Horace la vante, à l’égal de Tibur et de Haies, comme un lieu de villégiature agréable (Od. m, 4, 22). Un célèbre temple de la Fortune et un oracle (sortes Prænestinæ, Cic., Div. ii, 41) y attiraient les visiteurs. — On a trouvé dans les nécropoles de Préneste quantité d’objets précieux et d’œuvres d’art; les cistes ou coffrets de toilette (p. 224) proviennent presque uniquement de là.

La ville de Palestrina a été fondée presque tout entière sur les imposantes terrasses échelonnées devant le temple de la Fortune, qui s’élevait, avec un portique semi-circulaire, à la place occupée aujourd’hui par le palais Barberini. A l’entrée de la ville, on en voit la terrasse inférieure, en briques. Le plan de l’édifice n’est presque plus reconnaissable dans ses détails. Les arcades de la façade du séminaire , sur la place Savoia, avec quatre demi-colonnes corinthiennes très dégradées, semblent avoir fait partie de la seconde terrasse. Dans la cour, un autel qui occupe encore sa place primitive. A côté, la cathédrale consacrée à St Agapet. Dans le voisinage, le petit musée archéologique (vicolo del Duomo; billets d’entrée, 50 c., valables aussi pour Pserarium, etc., à la pharmacie

la Sabine.

PALESTRINA. Envir. de Rome. 461

Magistri, piazza Regina Margherita) et une salle à abside semicirculaire dans laquelle on a trouvé la mosaïque à paysages du Nil, mentionnée p. 461. Au-dessous, un ærarium (trésor) antique. De l’autre côté de la place, une autre salle renfermant une fine mosaïque (animaux marins) ; à la paroi du fond, l’entrée d’une grotte creusée dans le roc. Les fouilles commencées en 1907 se poursuivent encore aujourd’hui. — Du Corso, on monte en 10 min. env. au palais Barberini , bâti presque entièrement sur les soubassements antiques déjà mentionnés. On y voit au 1er (50 c.) une grande mosaïque antique, représentant des paysages du Nil, avec quantité d’animaux et de personnages en costumes égyptiens et grecs. Dans la chapelle sépulcrale de l’église S. Rosalia dépendante du palais, un groupe de marbre (Pietà) inachevé, attribué à Michel-Ange.

Les anciens murs d'enceinte de Palestrina, dont on voit des restes à différents endroits, présentent quatre sortes de constructions, depuis les masses cyclopéennes jusqu’aux maçonneries en briques de l’Empire. Deux murs latéraux relient la ville à la citadelle; celui du N., le mieux conservé, est accessible par la porte St -François, celui du S. est visible de la porte delle Monache Farnesiane. La citadelle (arx), aujourd’hui Castel S. Pietro, ne se compose plus que de quelques misérables maisons. Une route carrossable et un chemin de mulets direct y conduisent du palais Barberini en 1/2 h.; la *vue qu’on y découvre (752 m.), compense amplement la peine qu’on s’est donnée: le regard embrasse la vaste Campagne jusqu’à la mer; au milieu, le dôme de St-Pierre; à dr., le Soracte et les montagnes de la Sabine, puis les monts Albains; à g., la vallée du Sacco, avec les montagnes du pays des Volsques. La forteresse («Fortezza»), pittoresque construction toute délabrée, fut élevée par lesColonna en 1332. On peut se la faire ouvrir pour quelques sous; l’entrée est peu commode, mais la vue dont on jouit est fort belle.

Il y a env. 24 kil. de Palestrina à Tivoli par la route qui passe à GaUicano nel Lazio, Passerano (p. 417) et le Ponte Lucano (p. 449). — On peut faire aussi à Tivoli une jolie excursion d’une journée, à pied ou à dos d’âne, avec un guide, par la montagne. De Palestrina on suit d’abord la route mentionnée plus haut qui passe devant le castel, puis, au bout de 2 kil., on prend à g. par des sentiers pénibles pour atteindre (9 kil.) Poli (435 m. ; v. ci-dessous; vieux palais des Torlonia) et (12 kil.) Casape (475 m.) et rejoindre ensuite la route qui conduit à (14 kil.) S. Gregorio da Sassola (450 m.) et de là à (28 kil.) Tivoli (p. 452). De Poli et de Casape, des chemins pierreux mènent au N.-E. à (5 kil.) Guadagnolo (1218 m.), le plus haut village de la province de Rome, qui possède un monument colossal du Christ, et 1 kil. 5 plus loin au pèlerinage de S. Maria in Vidturella , appelé par le peuple La MentoreUa. Cette église, juchée sur un rocher escarpé, fut érigée, dit-on, de 1209 à 1248 à la place où, selon la légende, un cerf blanc portant un crucifix dans sa ramure apparut à St Eustache. Le trésor de l’église renferme nombre d’objets précieux. — A 5 kil. à l’O. de Poli, sur la route du (20 kil.) Ponte Lucano, se trouve la villa Catena , construction de la Renaissance, agrandie par Innocent XIII, autrefois aux Conti, maintenaT au duc de Torlonia.

462 Envir. de Rome.

Page 1