ILE D’ELBE
mardi mat. par Gorgona, Capraia, Marciana et Portoferraio (lre cl. IG fr. 05, 2« cl. 10.70; le bateau accoste au môle); le mercr. mat. à Piombino (v. p. 13), Rio Marina, Porto Longone, Marina di Carnpo (Elbe), Pianosa , Talamone et Porto S Stefano (p. 5), pour continuer le jeudi, dans la nuit, sur Civitavecchia (p. 8). Retour de là le jeudi à midi, de Porto S. Stefano le vendr. dans la nuit et de Portoferraio le sam. dans la matinée. Un autre bateau, partant le vendr. mat., fait le même trajet, mais seulement jusqu’à Pianosa, après avoir passé la nuit à Porto Longone; il repart de Pianosa le sam., de Portoferraio le lundi matin.
A 6 kil. à peine à l’O. de Livourne se trouve Meloria , îlot rocheux près duquel les Génois infligèrent aux Pisans, en 1284, une défaite qui leur fit perdre la suprématie. Plus à l’O., à 34 kil. de Livourne, Gorgona (255 m.), île stérile, habitée par des pêcheurs. Puis vient, 44 kil. plus loin (65 kil. de Livourne, en droite ligne), Capraia (447 m.; 1950 hectares), déjà nommée dans l’antiquité Capraria , «l’île des chèvres»; 560 hab. ; culture de la vigne. Entre l’île d’Elbe et le continent, les petites îles Palmaiola et Cerboli , la première surmontée d’un phare.
L’île d’Elbe, à 9 kil. au S. -O. de Piombino, la plus grande des îles de l’archipel toscan, a une population de 25043 hab., une longueur d’env. 30 kil., une largeur de 10 kil. et une superficie de 22350 hectares. Comme Giglio et Montecristo (p. 16), elle est un des derniers restes de la chaîne de montagnes, aujourd’hui engloutie dans la mer, qui s’étendait de la Toscane à la Corse et à la Sardaigne et consiste en grande partie en roches granitiques mélangées à des couches schisteuses et calcaires. L’importance de l’île repose sur sa richesse en minerais de fer (fer oligiste métalloïde) qui constituent dans les terrains calcaires des couches ou des amas compacts et dont l’extraction a été de tout temps avec la pêche du thon et de la sardine l’occupation principale des habitants. La côte, en majeure partie escarpée et rocheuse, présente une grande variété de formes; la plus haute sommité est le mont Capanne (p. 15) à PO. Le climat est doux et régulier; la vigne et les arbres fruitiers donnent des récoltes magnifiques; l’agavé et le figuier d’Inde croissent en pleine terre.
L 'île d'Elbe, en latin Uva, en grec Æthalia («île de suie»), a appartenu aux Pisans dès le x« s., aux Génois à partir de 1290, puis aux Lucquois, aux Appiani de Piombino, et enfin à Cosme Ier de Florence, à qui elle fut donnée par Charles-Quint. Après la chute de Napoléon Ier, les puissances européennes lui laissèrent l’île avec un droit de souveraineté absolue. Il y séjourna du 5 mai 1814 au 26 févr. 1815 (p. 15; v. Paul Gruyer, Napoléon roi de l’île d’Elbe, Paris 1906). Par le congrès de Vienne et la seconde paix de Paris, l’île d’Elbe revint à la Toscane avec laquelle elle fut annexée au Piémont en 1860.
Le bateau qui vient de Piombino double le cap délia Vita et entre dans la magnifique baie de Portoferraio, disposée en amphithéâtre et entourée d’une ceinture de montagnes.
Portoferraio («port au fer»; Alb.-Rist. Ape Elbana , piazza Yitt. Emanuele, ch. 2 fr. 50, assez bon ; agence consulaire de France), ville de 5970 hab. et chef-lieu de l’île, s’élève en terrasse sur le flanc
IIÆ D’ELBE.
méridional d’un rocher séparé de la côte par une dépression du terrain. Sur ce rocher, Cosme Ier (v. p. 14) fît bâtir en 1548 deux forts, le Forte Falcone (79 m.) à l’O. et le Forte Stella (48 m.) à l’E., ce dernier surmonté d’un phare. Au port, deux palais du grand propriétaire foncier Delbuono ; plus à l’E., une maison pénitentiaire. Bonne installation balnéaire. Dans l’enfoncement qui sépare les deux forts, se trouve, entouré d’un petit jardin, la Palazzina dei Molini (clef à l’Ufïizio del Genio militare, via Démidoff), anc. palais du gouverneur toscan, habité par Napoléon Ier pendant son séjour dans l’île; sa façade antérieure donne sur la baie, tandis que celle de derrière embrasse la mer dans la direction de Piombino. On va ériger à Portoferraio une statue de l’empereur.
A l’O., aux portes de la ville, grande fonderie à hauts fourneaux (Al H Forni). En face de Portôferraio, vers le S., à 5 kil. de distance par une route carrossable, la Pnnta délie Grotte avec les restes d’une villa romaine.
A 6 kil. au S. -O. de Portoferraio, sur le penchant du mont S. Martino (370 m.), avec vue sur Portoferraio, se trouve la villa Napoleone (76 m.) habitée par l’empereur et soigneusement conservée par son propriétaire actuel, M. Pilade Delbuono; on y remarque surtout la salle égyptienne qui porte sur l’une de ses parois l’inscription: Ubicunque Félix Napoléon. Le musée napoléonien construit en contre-bas par le prince Démidoff (m. 1876), époux de la princesse Mathilde (m. 1904), renferme actuellement une collection d’histoire naturelle. Napoléon voulait installer ici une ferme-modèle. — On se procure des cartes d’entrée (1 fr.) au Dazio Consumo (bureau de l’octroi) de Portoferraio, porte du port.
Excuksions. L'ascension (lu mont Capanne (1019 m.), puissant massif granitique recouvert à sa base d’une couche ardoisée, est particulièrement intéressante. Une belle route carrossable qui, à son extrémité, court toujours le long de la mer, mène à (15 kil.) Marciana Marina (diligence 1 fois par j., en 3 h.; Alb. délia Pace); de là, on monte au S. -O., en partie à travers une forêt de châtaigniers, jusqu’à (19 kil.) Poggio , d’où l’on atteint le sommet en 3 h. à pied sous la conduite d’un guide, en passant devant la chapelle S. üerbone (530 m.). Le *panorama dont on jouit est d’une magnificence indescriptible. De la chapelle S. Cerbone, le chemin continue sur Marciana (375 m.) et son château en ruine, d’où l’on atteint en 1 h. par un sentier pierreux la chapelle du pèlerinage Madonna del Monte (627 m.) et à côté, la troisième maison de l’empereur (v. p. 14). A 5 min. au N. -O., on a, d’une saillie de rocher, une vue splendide sur la Corse, Capraia, Gorgona et le continent. — Une excursion aux mines de fer se fait de Portoferraio en une */a journée: en barque à Magazzini, au S.-E. ; de là, par une bonne route, à pied ou à cheval (3 fr. aller et retour), à dr., un peu en-dessous des ruines du château de Volterraio, par la montagne, à Rio dell' Elba , puis à Rio Marina (Alb. Orzalesi) où l’on trouve pour les mines (entrée seulement avec permission de la Direzione dei forni, à Portoferraio) des çuides dont on peut se passer. Les couches de minerai (v. p. 14) sont à fleur de terre et reconnaissables de loin à la couleur des collines, d’un noir rougeâtre. A 3 kil. au N. de Rio Marina, la Torre del Giove (352 m., belle vue). — A 9 kil. au S. de Rio dell’ Elba, au fond d’une baie profonde, la petite ville de Porto Longone (74 m.), fortifiée par les Espagnols au xvii0 s.