‹ Italie centrale, RomeChapitre 39 sur 321 · MONTEPULCIANO · texte numérisé non relu

MONTEPULCIANO

Gaffe Poliziano, via Cavour, 2. Le vin rouge de Montepulciano, à la fois léger et aromatique, est célèbre à juste titre; le «vino santo» est un vin blanc très doux (2 fr. la bout.).

Montepulciano (605 m.), ville de 6288 hab., entourée de nuirs du moyen âge, est pittoresquement située sur une éminence faisant partie de la chaîne du mont Cctona (p. 47); on l’aperçoit de loin et on y jouit d’une vue admirable. Elle a vu naître Angdo Ambrogini (1454-1494), savant et poète qui prit le nom de son pays natal, la «république Politienne», Ange Politien , et fut précepteur des enfants de Laurent le Magnifique; c’est aussi la patrie du cardinal Rob. Bdlarmin (1542-1621), l’un des champions de la contreréformation. La ville mérite une visite tant pour sa belle situation que pour ses vieux édifices; 4 à 5 h. suffiront.

Non loin de la porte du N. (pi. D2), au commencement de la rue principale, la via Garïbaldi, où s’arrête l’omnibus, une colonne surmontée d’un lion («marzocco»; armoiries). A g., n° 32, 1 c palais Tarugi , bâti parVignole; en face, 35-37, 1 e palais Avignone si f également attribué à Vignole. Plus loin, à dr., n° 29, le palais Buccelli , qui a dans ses murs des bas-reliefs provenant d’urnes et des inscriptions étrusques. Puis, à dr., S. Agostino (pl. C2), église qui a une belle façade de la Renaissance, œuvre de Michelozzo achevée en 1509, avec de curieuses réminiscences gothiques; au fronton du grand portail, un bas-relief représentant la Vierge, St Jean-Baptiste et St Augustin. — La rue porte ensuite le nom de via Cavour. A dr., les halles (Mercato; pl. CS), bâties par Vignole. Non loin de là, vers le N., l'église S. Lucia qui possède une Vierge de Luca Signorelli. Au S. des halles, le palais Angioletti à façade en retraite, et Y église du Gesù , rotonde richement décorée (1714), mais à façade inachevée. — La suite de la rue est la via Poliziano, où se trouve, à g., n° 1, la maison natale d'Ange Politien (pl. C5), en briques, du xive s., avec plusieurs inscriptions antiques.

Ensuite la piazzetta di S. Maria, où est la petite église Ste- Marie (pl. B 5) décorée d’un joli portail du xin® s. Très belle vue.

De là, la via Fiorenzuola monte à dr. à la piazza Vittorio Emanuele (pl. C 4; anc. piazza Grande ), où se trouvent la cathédrale et des palais imposants, entre autres au N. le Palazzo Nobili de Er. da Sangallo (?; devant la façade latérale, belle fontaine de 1520) ; à côté, à dr., le Palazzo Contucci, autrefois del Monte , d’Ant. da Sangallo le Vieux, achevé par Peruzzi. Au milieu de la place, fontaine monumentale portant les médaillons en bronze de Victor- Emmanuel Ier, de Cavour, de Garibaldi et de Mazzini (1894).

Le palais municipal (. Palazzo Comunale; pl. B 4) du xiv* s., renferme quelques tableaux. Belle vue du haut de la tour.

Au 1« étage, la galerie de peinture (Pinacoteea): Matteo da Siena (9), la Vierge; Seb. dél Piombo (9), le Tape Paul III, ou peut-être plutôt le card. Bellarmin ?; Pacchiarotto , la Vierge; école a'Ombrie (attribué à Raphaël), beau portr. de femme (fortement repeint); Sjrifiello Are tino , Couronnement de la Vierge. De plus, quatre belles sculptures

46 I- R- 6. PIENZA. De Sienne

d’autel de l’école des délia Robbia. — Au 2« étage: la bibliothèque de la ville et les archives.

Pour visiter la salle des séances de la sous-préfecture, à côté du pal. Nobili, qui renferme un tableau d’autel (Couronnement de la Vierge) des délia Robbia, s’adresser au gardien du palais municipal.

La cathédrale, au S. (pl. BC4), à trois nefs et à piliers, élevée par Bart. Ammanati (1570) et Ippol. Scalza( 1680) a été restaurée en 1888; la façade est restée inachevée.

A l'intérieur , au maître-autel, la Mort, l’Assomption et le Couronnement de la Vierge, par Taddeo di Bartolo. Le principal ornement de l’église était autrefois le magnifique tombeau de Bart. Aragazzi, secrétaire du pape Martin V. , construit de 1427 à 1436 par le célèbre architecte Michelozzo ; il a été démoli au xvme s. (une esquisse qui se trouve dans la sacristie fait voir sa forme primitive); quelques parties en sont perdues, tandis que d’autres ont été conservées: la statue couchée du défunt ou de son père, à g. de la porte principale ; deux bas-reliefs allégoriques aux deux premiers piliers; un Christ bénissant, dans le bras dr. du transept, et le soubassement en marbre, des Enfants portant des guirlandes, sur le maître-autel.

De la piazza Vittorio Emanuele, la via Ricci (sur la dr., le palais Bombagli, constr. goth. en briques, maintenant cour d’assises) descend au N. à V Oratorio delta Misericordia (pl. C 3). Belle vue depuis la petite place qu’on rencontre après avoir tourné au N. -O. — Si de là on suit la via Mazzini jusqu’aux halles (p. 45) et qu’on quitte la ville par la via Aurelio Saffi, la via Piana, le vicolo del Giardino et la porte de l’O., on descend en 10 min. à

La *Madonna di S. Biagio (pl. A 5; 494 m.), église bâtie de 1518 à 1537 par Ant. da Sang alto le Vieux, sur l’emplacement d’une anc. église St-Blaise (S. Biagio). C’est une construction centrale remarquable qui rappelle le plan de St-Pierre de Rome par Bramante (p. 345). Elle a deux tours isolées dont celle du S. est restée inachevée. La décoration de marbre du maître-autel est des frères Giovanozzo et Lisandro Albertini (1584).

Sur la place voisine, la maison de Sangallo, de 1518, avec loggia à deux étages. A g. de l’église, un joli chemin carrossable conduit à plat à l’E. en faisant le tour de la colline jusqu’au petit jardin public (pl. D 2) situé devant la porte N. de la ville (p. 45).

De Montepulciano a Pienza: (carte p. 46) grande route (v. pl. A 6), cnv. 14 kil. Dilig. une fois par jour en 2 h. Va> 1 fr. 50; voit, à 1 chev. 8 à 10 fr., à 2 ch. 20 fr. aller et retour. Voit, à 1 chev. jusqu’à S. Quirico d’Orcia (p. 43) 15 fr.

Pienza (491 m. ; Alb. Letizia, ch. 1 à 2 fr., assez bon), petite ville de 2730 hab., se nommait jadis Corsignano; elle doit son nom actuel au pape Pie II (Enée-Sylvius Piccolomini, v. p. 30), qui y'naquit en 1405 et qui la dota de magnifiques édifices, surtout d’après les plans de Bernardo Ro88ellino, le plus célèbre des architectes florentins de cette époque. Comme ces édifices datent tous d’une courte période de trois années (1459-1462) et sont réunis sur la place de la cathédrale, on s’y fait une idée plus exacte que dans la plupart des autres villes d’Italie de l’art au commencement de la Renaissance. Les plus remarquables sont: la cathédrale (p. 47); l 'évêché, à g.; le palais public , en face, avec une colonnade, et surtout le palais Piccolomini , à dr., qui présente, comme le palais Rucellaï à Florence, le style rustique combiné avec des

à Chiu si.

CHTANCIANO.

pilastres. Il a une belle cour avec un portique et des restes intéressants de vieilles peintures murales. Sur le devant, charmante fontaine de 1462. — La cathédrale, qui est restaurée, est à trois nefs; elle a dans le bras dr. du transept une Vierge et quatre saints par Mattco di Giovanni, de Sienne; dans le chœur, des stalles goth. de 1462; dans la chap. à g. du maître-autel, une Assomption, par le Vecchietta; dans le bras g. du transept, une Vierge et quatre saints par Sano di Pietro et des fonts de la Renaissance. — Le musée (entr., 60 c.), à cOté de la cathédrale, contient des chasubles, en particulier deux de Pio II et d’Alexandre Piccolomini, l’une faite en Flandre, l’autre en Italie; puis une grande Vierge de Bartolo di Fredi (1364), la mitre do Pie II, ornée de perles et d’émaux; seize antiphonaires ornés de miniatures; de vieilles tapisseries, dont quelques allemandes et flamandes des xiv« et xv* s., un crucifix richement sculpté, une crosse d’argent doré et niellé, un instrument de paix, un encensoir d'argent en style goth., etc. — Il faut 12 min. pour faire le tour de l’enceinte. — L’église S. Anna in Camprena, à 1 h. */« de distance, a des fresques détériorées du Sodoma (1503).

De Montepui.cmno à Cmusi (v. pl. A 6), charmante course en voiture (3 h. ‘/a. voit. à 1 ch. 16 fr.) en passant près des sources sulfureuses (*/fh.) de S. Albino (477 m.), par (•/« h.) Chianciano (v. ci-dessous), (1 h. V4) Sartcano et (*/« î>0 Cetona (p. 94). La route d’en bas, le long de la voie ferrée, est sans intérêt.

En continuant le trajet en chemin de fer, on voit à dr. le mont Cetona (1147 ni.), étroite chaîne secondaire des Apennins occidentaux. A g. s’étend le lac de Montepulciano (249 m.) et plus loin, le lac de Chinsi (248 m.), tous deux réunis par un canal. La contrée est malsaine en été.

79 kil. Chianciano ; la localité (457 m.) est à 7 kil. à l’O. Dans le voisinage, au S.-O., établissement de bains bien organisé, eaux sulfureuses thermales (Grand-Hôtel, à 5 min. des bains, 00 ch. dep. 8 fr. 50, p. dep. 10; Alb. dei Bagni, 50 ch., p. 0 à 10 fr.: tous deux ouverts du 1er juin au 30 sept.).

88 kil. Chivsi (p. 93).

7. De Florence à Pérouse, par Arezzo, Cortone et Terontola (Chiusi- Rome).

165 kil. En été, train rapide en 3 h. 21 min., les lundi, mcrcr. et vendr. ; prix 20 fr. 65 et 14 fr. 45 c. Express (seulement jusqu’à Terontola) en S li. ‘/« à 4 h. >/ 4; 20 fr. 60, 14 fr. 40, 9 fr. 35; trains omn. en 6 h. >/4 à 7 h.; 19 fr. 15, 13 fr. 40, 8 fr. 65. — Jusqu’à Arezzo seulement: 88 kil., eu 1 h. ‘/s à 4 h.; express 11 fr. 25, 7 fr. 90. 5 fr. 15; tr. oinn., 10 fr. 25, 7 fr. 15, 4 fr. 60. — I)e là à Cortone: 28 kil., en */« h. à 1 h., tr. omn., 3 fr. 25, 2 fr. 30 et 1 fr. 50. — Si l’on veut voir Arezzo et Cortone et arriver à Pérouse avant la nuit, ou fera bien de partir l’après-midi ou le soir pour Arezzo et d’y coucher.

L 'express de Rome quitte la ligue de Pérouse à Terontola (v. R. 11), tandis que lo train rapide mentionné ci-dessus continuo sur Rome par Pérouse- Foligno (Florence-Rome en 7 h. */«; 85 fr. 30 et 24 fr. 50). A Terontola, d’ordinaire changement de voit, pour Pérouse. Vue presque uniquement à gauche.

Florence , v. Y Italie septentrionale , par Bædeker. La voie contourne la ville — 5 kil. Campo di Marte , gare accessoire. —

Page 1