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Geoêraph.AiiBtall von
Wagner k Debes , Leipzig
à Pérouse.
AREZZO
Arezzo. - Hôtels (v. p. xv): H. d'Angleterre (pi. a, B 4), piazza Umberto I, 1, lum. électr. et restaur. (ch. 3 à 5 fr. , déj. 1, omn. 1); — Vittoria (pl. b, C 4), Via Cavour, 4 (ch. 1.50 à 2 fr.); la Stella, via Guido Monaco (ch. 1 fr. 50), bon; Globo (pl. d, 0 4), cours Victor -Emmanuel (seulement la ch. et le déj.), simple, mais bon. — Restaurant: Petrarca, via Guido Monaco, 6, bon. — Café: C. dei Costanti, piazza Umberto I.
— Fiacres: simple course, 1 fr. (la nuit de 1 h. à 6 h., 1 fr. 50), l’heure 2 fr., chaque ‘/a h. en sus, 75 c.; malle, 20 à 50 c., petits bagages, gratis.
— Théâtres: R. Teatro Petrarca (pl. B 4), près de la piazza Umberto I; Politeanui Aretino (pl. A 5), près de la gare. — Poste (pl. B 3): piazza Principe Amadeo.
Arezzo (256-296m.), VArretium des anciens, chef-lieu de province et siège d’un évêché, sur le versant d’une colline, est une ville proprette et agréable, de 16451 hab., dans une contrée belle et fertile, riche en souvenirs et en monuments historiques. Une demi-journée suffit au besoin pour la visiter.
Arretium, une des douze villes de la confédération étrusque et puissante adversaire de Rome, lui demanda son aide au commencement du me s. contre les Gaulois. Les Romains en tirent plus tard un important point d’appui dans leur guerre contre Annibal. Arretium reçut après la guerre civile (82 av. J.-C.) une colonie romaine qui fut renouvelée du temps de César (Colonia Fidens Julia Arretium). On y fabriquait des vases d’argile rouge, surtout ceux à reliefs (p. 52; i°r s. av. J.-C.), et des armes. Au moyen âge, la ville eut beaucoup à soutfrir des invasions des Goths et des Lombards, ainsi que des luttes intestines des Guelfes et des Gibelins; en 1289 elle se mit à la tête des Gibelins de Toscane, mais succomba à Florence, le champion du parti guelfe, dans la sanglante bataille de Ou/npaldino à laquelle Dante prit part. Au xiv« s., elle fut soumise pendant quelque temps aux Tarlati (p. 51), appartint temporairement à Florence en 1337 et lui fut définitivement annexée en 1384.
Cette ville a vu naître beaucoup d’hommes célèbres, entre autres: Mécène (m. l’an 9 de notre ère), l’ami d’Auguste et le protecteur de Virgile et d’Horace; Guido Aretino , dit aussi G. Monaco (vers 990-1050), bénédictin qui inventa la notation musicale moderne (d’autres prétendent qu’il naquit aux environs de Paris); Pétrarque, le plus grand poète lyrique do l’Italie (1304-1374), dont les parents étaient toutefois Florentins (v. p. 51); Pietro Aretino, dit VArétin (1492-1556), le poète satirique. Arezzo compte aussi dans son histoire plusieurs noms d’artistes: Margheritone (1236?- 1313) . peintre et sculpteur sans importance; SjrineUo Aretino (1318-1410), elève de Giotto, dont il a popularisé le style, surtout à S. Miniato près de Florence, au Campo Santo de Pise et à Sienne; puis Giorgio Vasari (1512-1574), peintre, architecte et biographe des artistes, etc. Néanmoins Arezzo n’a pas eu d’école; des Florentins et des Siennois, tels que Giotto, Lippo Memmi, P. Lorenzetti, etc., y trouvèrent au xin® et au xiv« s. de nombreuses occasions d’y exercer leur talent.
La via Guido Monaco mène directement de la gare (pl. A5) en ville. Sur la place du même nom (pl. B 4) se trouve depuis 1882 le monument de Guido Monaco (v. ci-dessus), par Salvini. Sur la place du Peuple, à g., une colonne érigée en 1880 en mémoire des combats pour la liberté de l’Italie.
Sur la petite piazza Umberto I (pl. BC4), où la rue Guido Monaco se raccorde avec les rues Cavour et Mazzini, le monument du comte Fossombroni, natif d’ Arezzo (1754-1844; v. p. 54).
St- François (S. Francesco; pl. B C 4), dans l’angle de la place, fondé en 1322 et récemment restauré, possède des peintures remarquables du xv® s.
Bædeker. Italie centrale. 11» édition.
AREZZO
De Florence
Du côté de l’entrée: fresque de Spinello Aretino, Jésus à table chez Marie-Madeleine. Le vitrail de la fenêtre en plein cintre est par Guillaume de MarciUat (1520): St François recevant les règles de l’ordre. — A g., dans la chap. St-Antoine-de-Padoue: fresques fort endommagées de Lorentino d'Arezzo. — A l’extrémité du mur de g.: monument d’Ant. Roselli (m. 1467), par un artiste florentin. A l’extrémité du mur de dr. : l’Annonciation, de Spinello Aretino (vers 1385). Dans le chœur: *fresques, en partie fort endommagées, de Piero délia Francesca (vers 1452), maître de Luca Signorelli; meilleur jour à midi et vers le soir. Les sujets sont tirés de la légende de l’arbre de la croix: la mort et l’inhumation d’Adam; une graine de l’arbre du bien et du mal plantée sur son tombeau et devenant un grand arbre ; la reine de Saba reconnaît dans un pont construit par Salomon le bois de cet arbre dont on fit plus tard la croix de J.-C. ; réception de la reine par Salomon ; la pièce de bois enlevée du pont par ordre du roi ; recherche de la vraie croix dans un puits ; Ste Hélène trouve les trois croix et découvre la vraie ; son transfert à Jérusalem ; l’empereur Héraclius s’en empare dans un combat contre Chosroès, roi de Perse; un ange promet dans un songe à Constantin la victoire par la croix; victoire de Constantin sur Maxence (p. 411). Ces compositions témoignent d’une connaissance du nu supérieure à celle des contemporains de Piero, qui y fait preuve d’une grande précision dans la représentation de ses personnages, d’une connaissance parfaite de la perspective et de la lumière. Les Evangélistes du plafond sont attribués à Bicci di Lorenzo. — Dans la chapelle à dr. du choeur, autres fresques importantes de Spinello Aretino: le Christ sur un trône et des anges; St Michel terrassant le dragon, l’Ange apparaissant à St Grégoire le Grand sur le Môle d’Adrien (château St-Ange) durant la peste de Rome; en face, St Grégoire faisant l’aumône, St Gilles à la chasse et la Messe de St Grégoire.
En suivant plus loin au S.-E. la rue Cavour, et en montant ensuite à g. par le corso Victor-Emmanuel, on rencontre à dr.
S. Maria délia Pieve (pl. C4), église du commencement du xie s. Le chœur (restauré), visible de la place Vasari, faisait partie de la première construction. La façade et la tour ont été construites par Marchionne en 1216, et la tour a été achevée en 1330. Audessus du grand portail , la Vierge entre deux anges et les Mois. A la porte à dr., le Baptême de J.-C. (1221). L’intérieur, à trois nefs, à charpente apparente, plafond en bois à la croisée, large abside et crypte, a été restauré dans le style primitif. Au mur d’entrée, un haut relief du xie s., l’Adoration de l’Enfant. Les fonts, à g. près de l’entrée, sont du xiii« s. Devant le chœur, près du pilier à g., St Erançois et St Dominique, œuvre d’atelier de Giotto. Derrière le maître-autel, une belle Vierge et des saints, l’Annonciation, etc., par Pietro Lorenzettij de Sienne (1320).
Derrière l’église, la belle place Vasari (pl. D4), ornée d’une fontaine et d’un monument du grand-duc Ferdinand III (pl. 3), de 1822. Au N., les loges (pl. D 4) construites en 1573 par Vasari. Près du chœur de S. Maria délia Pieve, la Fraternità délia Misericordia (pl. 4, D 4), qui sert auj. de tribunal, a une belle façade, commencée en 1375 dans le style goth. par des artistes florentins, achevée et décorée de sculptures de 1433 à 1436 dans le style de la Renaissance, par Bern. Rossellino et ornée d’une Vierge dans la lunette de la porte.
On retourne au Corso en passant sous les loges de Vasari et
à Pérouse.
AREZZO
l’on arrive en face du palais public (pl. C 3). Cet édifice, de 1322, orné de nombreuses armoiries des anciens podestats, sert maintenant
de prison.
Un peu plus haut, à g., la via dell’ Orto. Une longue inscription désigne la maison (n° 22; pl. 5, C3) où Pétrarque (p. 49) vit le jour. De là, on se rend à la cathédrale, qui offre à l’E., depuis le Passeggio del Praio , une jolie vue sur la vallée de l’Arno et les montagnes environnantes.
La *cathédrale (il Duomo; pl. C 3), bel édifice du style goth. italien, fondé en 1277, avec des additions postérieures, a une' façade à l’achèvement de laquelle Dante Yiviani travaille depuis 1901.
L’intérieur, à trois nefs sans transept, présente de belles proportions. Les vitraux, du commencement du xvi*h., sont par Guillaume de Marcillat , sauf la fenêtre du milieu du chœur, qui est moderne. C’est lui aussi qui a peint les trois premières voûtes de la nef majeure et la première du collatéral de g. Les autres peintures aux voûtes sont de Salvi CasteUucci (1608). — Dans le bas côté ue dk., le simple tombeau du pape Grégoire X, mort à Arezzo en 1276, à son retour de France, au moment où il s’occupait d’organiser une nouvelle croisade. On y voit aussi un sarcophage antique à couvercle moderne. Au-dessus, un tabernacle Renaissance et une fresque de Spinello Aretino , le Crucifiaient (vers 1880). — Sur le maître-autel, qui renferme le corps de St Douât, belles sculptures en marbre exécutées de 1860 à 1375 par Giovanni di Francesco , d’Arezzo, et Betto di Francesco , de Florence: la Vierge entre St Donat et St Grégoire, et bas-reliefs figurant des scènes de leur histoire. — Dans le bas côté de o., à l’extrémité E., le tombeau de Guido Tarlati, le belliqueux évêque d’Arezzo (mort en 1327), sculpté en 1330 par Agostino et Agnolo da Siena; les 16 bas-reliefs représentent l’histoire de cet ambitieux prélat, qui, élu chef de la ville en 1321, se distingua bientôt par ses conquêtes et couronna à Milau l’empereur Louis de Bavière (1327). A côté, une fresque par Piero délia Francesco, Ste Madeleine. — La grande chapelle de la Madone, construite en 1796, a cinq terres cuites remarquables par Andrea délia Robbia. Dans la sacristie, une Annonciation, relief en terre cuite par Bern. Rosscllino (1433), un St Jérôme, fresque par Piero d' Antonio Dei et des prédelles de Luca Signoreüi.
Devant la cathédrale, la statue de Ferdinand de Médicis (pl. 2, C 3), en marbre, par Pietro Francavilla, de 1595. — Sur la place de la Cathédrale où l’on va ériger un monument de Pétrarque, le palais communal (pl. C3), orné de vieux écussons et construit en 1333; dans la salle du Conseil, un portrait de l’Arétin (p. 49) par Seb. del Piombo (gâté).
St-Dominique (pl. C 2) a, au-dessus du portail, une Vierge à fresque par Lorentino d’Angelo (vers 1480), à l’intérieur un Christ en croix par Parri Spinello et, à dr., un tabernacle goth. décoré de peintures et d’armoiries, par Giov. di Francesco, de Florence.
Dans la via Venti Settembre, à dr., n° 27, la maison de Vasari (pl. 6, B 2 ; p. 49), qui renferme au 1er quelques peintures de sa main.
Au coin de la via Garibaldi et de la via S. Lorentino, le *musée (pl. AB 2) renferme des collections de diverse nature. Ouvert tous les jours. Entrée via Garibaldi, 73. S’adresser au gardien, dans le bas, ou à la bibliothèque (petit pourboire). Directeur, M. le connu. Gamurrini.
AREZZO
De Florence
I®r étage. — Sur le palier, bas-reliefs antiques, entre autres, n° 62, la Toilette d’une dame. — Ir« salle: armes et instruments de l’époque de la pierre, trouvés aux environs d’Arezzo; au milieu, un médaillier renfermant quelques belles pièces étrusques; urnes cinéraires; vaseattique avec représentation de combats d’Amazones. — II® et III® salles: fragments de vases «arétins» (p. 49) en terre rouge vernissée, à reliefs gracieux, et de nombreux moules ; vase attique orné d’une représentation de l’Enlèvement d’Hippodamie. — IV® salle: aux fenêtres, statuettes de bronze; à dr., objets du moyen âge et moins anciens; dans la Ir® armoire du mur voisin, ivoires, entre autres, n» 37, une cassette en ivoire sculpté du vii® s.; dans les autres armoires, belles majoliques; au milieu, sceaux; au-dessus, figure de fontaine de la Renaissance; enfin, le modèle enterre cuite de la lunette de Bern. Rossellino, mentionnée p. 50. — V® salle: armes, sculptures, fragments, architectoniques; au milieu, statuettes en bronze et reliquaire en bronze par Forzore (1488). — VI® salle: urnes et bas-reliefs antiques; sculptures du moyen âge. — VIIC-XI® salles: collections d’histoire naturelle, la collection paléontologique des VIIe et VIII® salles provenant en partie de la vallée de la Chiana (p. 54).
II® étage, galerie de peinture, qui a son gardien spécial, dans le bas.
— Ir® salle: xiv® et xv® s., à commencer par trois tableaux de Margheritone (p. 49), à dr, de l’entrée. — II® salle: xv® s. et lr® moitié du xvi®, entre autres une fresque attr. à tort à Tom. Martini , la Vierge adorant l’Enfant, et deux tableaux de Piero d' Antonio Dei, représentant St Roch, et deux Vierges de Lorentinp d' Angelo , dont l’une, avec St Gaudens et St Columat, de 1482. — III® salle: grand tableau d’autel par Luca Signorelli, dans le haut la Vierge, dans le bas David, St Jérôme et le donateur agenouillé, le jurisconsulte Niccolô Gamurrini (1520) ; autre Vierge du même avec quatre saints; grand tableau de l 'école de Fra Bartolomeo, la Vierge et des saints. — IV® salle: fin du xvi® s. ; plusieurs tableaux de Giorgio Vasari. — V® salle: xvii® et xvm® s., tableaux do Ricci , Vignali, etc.
— VI® salle: xviii® et xix® s.; portr. de Tommaso Sgricci par Gérard. — VII® salle: dessins et esquisses. — VIII® salle: fresque de SpineUo Aretino (p. 49). — IXe et X® salles: collection de peinture léguée par le comte Fossombroni (p. 54).
Le même local renferme la bibliothèque de la ville, qui possède 490 manuscrits, dont les plus anciens sont du xi® s. Ouverte de 9 h. à midi et de 2 h. à 5 h.
Sur une petite place que longe la rue Garibaldi s’élève l’église SS. Annunziata (pl. AB 3), bel édifice de la Renaissance, en grande partie bâti par Ant. da Sangallo le Vieux. L’intérieur, à trois nefs, avec voûtes en berceau et coupole, a, au dernier autel de dr., une Vierge et St François, par Pietro da Cortona et au-dessus de la porte latérale de dr. , quatre évangélistes de Spinello Aretino. Les vitraux sont de 1509.
Après avoir traversé la place de l’église, on entre à dr. dans la rue Gavour. Plus loin, sur la place du Prince-Amédée, se trouve la Badia di S. Flore (pl. B 3), dont l’entrée est entre la poste et l’église voisine ; c’est maintenant le siège de V académie des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts. La bibliothèque, qui est l’anc. réfectoire, est décorée d’un Festin d’Assuérus par Vasari (1548), qui fut aussi l’architecte de l 'église, dont la fausse coupole a été peinte par le P. Pozzo. L’église renferme un tabernacle de Ben. da Maiano. Le cloître est de Giulio da Maiano.
Dans le bas du cours, près de la barrière Victor-Emmanuel, est la via S. Bernardo, qui conduit à St-Bernard (S. Bernardo;
à Pérouse.
MONTE SANSAVINO.
pi. B 6). Cette église a un porche dont la voûte a été décorée de peintures par Vasari dans sa jeunesse (1529), Dieu le Père et les Evangélistes; au-dessous, une Apparition de la Vierge à St Bernardin, par Piero d’ Antonio Dei. Dans la sacristie, une Vierge par Pecori , d’Arezzo. — Devant le portail à g. (sonner), -un cloître décoré de fresques monochromes peu remarquables (vies de Guido Monaco et de St Bernardin) et une vue de Rome an moyen âge. On voit dans le jardin des restes d’un amphithéâtre romain.
A 1/4 d’h. de la barrière Victor-Emmanuel (par l’allée à g. en sortant et à 5 min. de là, au coin de la route, à dr.) se trouve S. Maria delle GraziOt qui est précédée d’une jolie colonnade du commencement de la Renaissance, par Benedetto da Maiano (?), et qui a un bel autel en marbre par Andrea deUa Robbia (env. 1485). En 1907, on a découvert dans le cloître des fresques de Lorentino d'Arezzo.
Pour la ligne d’Arezzo à Stia-Pratovecchio, v. Y Italie septentrionale, par Bædeker; à Fossato , v. R. 8.
D’Arezzo a Monte Sansavino, au S.-O., 20 kil., diligence deux fois par jour par la vallée de la Cliiana (p. 54) trajet en 2 b.; 1 fr. 50.
Monte Sansavino (330 m.; AU), dcl Sole , à la porte de Florenre; ch. 1 fr. 20; passable) est une petite ville de 4800 hab., la patrie du sculpteur Andrea (Contucci da) Sansovino (1400-1529). L’église Ste- Claire (S. Chiara), sur la Grande Place, contient, à g., un St Antoine par les délia Robbia et une Vierge avec l’enfant Jésus et quatre saints, par Andrea Sansovino (?, env. 1525); à dr. , St Sébastien, St Laurent et St Roch, œuvre de jeunesse d'A. Sansovino et une Adoration des Bergers par les deUa Robbia ; aux piliers du milieu, des tableaux siennois du xv« s.; à dr. et à g. du maître-autel, des Prophètes de Vasari. — Dans la Grande Rue («Ruga Maestra»), à dr., le palais municipal, bâti en 1520 par Ant. da Sangallo le V.; la salle du Conseil a une belle porte en nois sculpté du xvi® s. En face, à g., une loggia de Sansovino. Plus loin dans la môme rue, à dr., l 'église de la Miséricorde renferme un tombeau de 1498. Puis, du même côté, St- Augustin , qui a une façade du xiv»s. et une Assomption de Vasari. A côté, un cloître d’Ant. da Sangallo le J. A g., n° 17, le pu lais Filippi a des balcons et des porte-lanternes en fer forgé remarquables, du xvm® s. A env. 1 kil. 6 de Monte Sansavino se trouve le Santuario delle Vertighe (xvi* s.) , qui possède une Vierge de Margheritone d’Arezzo (env. 1280).
De Monte Sansavino à Sinalunga (p. 44), 15 kil. Il est intéressant de faire le petit détour par Foiano délia Chiana et Betolle, pour aller rejoindre le chemin de fer à Torrita (p. 44; voit, à 1 chev., 8 à 10 fr.). — Foiano délia Chiana (315 m.; Alb. délia Vittoria , passable, ch. 1 fr.) est à 13 kil. de Monte Sansavino. — A •/« kil. avant Foiano, à dr., St- François a une belle loggia de la fin du xv« s. et renferme plusieurs œuvres dos délia Robbia. St-Dominique et la collégiale, dans l’intérieur de la ville, en possèdent aussi plusieurs; la seconde a de plus un Couronnement de la Vierge de L. Signorclli (1523, sa dernière œuvre, en partie de scs élèves). — A Betolle (313 m.; Alb. Italia), on verra la collection d’antiquités étrusques de la villa du c ointe Passerini , parmi lesquelles il faut signaler un bracelet en or à têtes de béliers, une coupe énorme ornée de combats de géants et de scènes bachiques. — Voit, à 1 chev. pour Torrita (*/< d’h.), 2 fr. 50 à 3 fr.
En continuant le trajet en ch. de fer, on voit à g. les collines qui séparent les vallées de l’Arno et de la Chiana (p. 54) de celle du Tibre. Puis un tunnel. — 100 kil. Frassineto. — 106 kil. Castiylion Fiorentino , à g., sur une colline (345 m.). Plus loin, à g.,
CORTONE
De Florence
le fort en ruine de Montecchio. Ensuite, du même côté, dans le lointain, Cortone, majestueusement assise sur une colline.
La vallée de la Chiana est une dépression longitudinale des Apennins et la continuation naturelle de la vallée de l’Arno supérieur qui, dans les temps préhistoriques, se déversait dans le Tibre en la traversant. Le fleuve, par suite de la faible inclinaison de son lit, fut peu à peu obstrué par la masse des décombres charriés par ses affluents et forcé de se frayer un chemin dans la direction N. -O. C’est ainsi que la vallée se transforma en un vaste marécage qui, jusqu’au milieu du xviii® s., désola la contrée par ses émanations pestilentielles (Dante, Inf. xxix, 46). L’écoulement, des eaux présenta le cas rare d’une vraie bifurcation en s’opérant d’après les lois de deux systèmes fluviaux jusqu’ici séparés l’un de l’autre. Les travaux poursuivis dès lors, surtout sous la direction du comte Fossombroni (p. 52), eurent pour but d’élever et de dessécher le sol en forçant les ruisseaux à déposer dans les bas-fonds les terres' qu’ils amenaient des montagnes et ont eu pour résultat de changer l’aspect du pays et d’en faire une des contrées les plus fertiles de l’Italie. La ligne de faîte (252 m.) se déplaça et la Chiana , en latin Clanis, qui se jetait autrefois dans le Tibre, ne communique plus maintenant avec lui que par un bras, la Chiana romaine, qui se réunit à la Paglia près d’Orvieto (v. p. 95), tandis que la plus grande partie de ses eaux, la Chiana de Toscane, se déverse dans l’Arno par le canal Maestro.
116 kil. Cortone. — La gare (254 m.) est près de la petite localité de Camucia, au pied de la colline que couronne la ville. Une route carrossable (5 kil.; autobus en 1/4 d’h. jusqu’à la place Signorelli, 60 c. ; de nuit 1 fr.) passe, en décrivant de grands lacets dans sa dernière partie, devant l’église *S. Maria dél Calcinaio, édifice à coupole commencé en 1485 dans le style de la première Renaissance par Francesco di Giorgio (bel autel de 1519), et continue à dr. jusqu’au Giardino Pubblico (p. 55), après avoir laissé derrière elle la petite église Spirito Santo située immédiatement au-dessous de la ville. — Les piétons prennent le vieux chemin (Strada Yecchia) qui passe non loin d’un tombeau étrusque (Grotta di Pitagora; avec une belle voûte appareillée) à l’O. de l’église S. Maria del Calcinaio pour aboutir au faub. du S. dit Borgo S. Vincenzo , et plus loin, à la porte St -Augustin, située au S.- O. et dans le bas de la ville (p. 55).
Hôtels (v. p. xv): Alb. Nazionale (pi. a), piazza Alfieri, avec belle vue (ch. dep. 1 fr. 50, p. 6), très bon; Alb. Garibaldi (pl. b), piazza Alfieri, avec bon restaurant; Trait, del Popolo (pl. c; chambres), via Guelfa, dans un palais du xvi® s.
Cortone ( Cortona ; 650 m.), ville de 3579 hab., dans un site élevé au-dessus du Val di Chiana, non loin du lac Trasimène, est une des plus anciennes de l’Italie. La visite en est intéressante, tant à cause de la beauté de son site qu’à cause de ses antiquités étrusques et de quelques bons tableaux du xve s. qui s’y trouvent.
11 paraît que les Etrusques, venus de la plaine du Pô, enlevèrent cette ville aux Ombriens et en firent leur principale forteresse, leur point d’appui pour la conquête du reste de l’Etrurie. Cortone était une des douze villes de la confédération étrusque dont elle partagea le sort et devint colonie romaine. Au moyen âge, en 1411, elle échut à Florence, après de longues luttes.
Cortone est la ville natale de Luca Signorelli (après 1450-1523) qui peut être à bon droit considéré comme le précurseur de Michel-Ange. Il hérita de son maître Piero délia Francesca (p. 50, 58) un vif intérêt pour les études anatomiques et nous en a laissé de nombreux dessins. Il dépasse tous ses contemporains dans la reproduction du nu, ainsi que dans le sentiment du mouvement et de la réduction , mais il lui manque le
à Pérouse.
CORTONE
sens plus intime de la peinture, ce qui l'empècho d’atteindre la perfection de l’effet plastique. 11 se trouve plus à l’aise dans les vastes compositions de ses fresques (p. 42/43, 97, 366) où il développe avec un rare talent toutes ses éminentes qualités. Sa ville natale, qui l’honora en lui décernant de hauts emplois, possède plusieurs tableaux de sa main. — Cortone est aussi la patrie du peintre et décorateur Pietro Berettini , dit P. da Cortona (1596-1669), qui travailla surtout à Rome et à Florence.
La route carrossable (p. 54) qui vient de la gare aboutit à la promenade (Giardino Pubblico). A l’entrée de la ville proprement dite, à g., la 'place Garibaldi (pl. 2), terrasse en hémicycle décorée d’un monument du héros national, d’où l’on a une belle vue sur une partie du lac Trasimène et les hauteurs environnantes.
*St-Dominique (S. Domenico), à dr., à l’entrée du jardin public, a été bâtie au commencement du xve s. , sur l’emplacement d’une anc. église, et restaurée dans ces dernières années. On y voit d’excellents tableaux: au maître-autel, un Couronnement de la Vierge, par Lorenzo di Niccoià (1440, don de Cosme et de Laurent de Médicis); à g., une Assomption de Bart. délia Gatta ; à dr., une Vierge, quatre saints et anges, œuvre de jeunesse de VAngdico (vers 1414); au 3e autel à dr., la Vierge, St Dominique et St Pierre Martyr, par Luca SignoreUi (1515).
La via Nazionale mène ensuite tout droit à la place Victor- Emmanuel (pl. 1), où est le Municipio. A g. aboutit la via Guelfa, où se voit à dr. St-Angustin , qui renferme une Vierge et des saints par P. de Cortone. An bout de la rue, immédiatement devant la porte St-Augustin, on voit encore une voûte étrusque sous le palais Cecchetti.
De la place Victor-Emmanuel, on va plus loin à dr. h la petite place Signorelli (pl. 3), où l’on voit â g. un vieux lion (marzocco)
et en face
le Palazzo Pretorio , orné des armoiries d’un grand nombre de podestats; il est occupé par les autorités et par V Académie éfru.squej fondée en 1726, qui possède un musée d’antiquités étrusques remarquable (50 c. â 1 fr. au gardien qu’on fait chercher; entrée libre les mard., jeud. et vendr. de 10 h. à 1 h.; direct., M. Girol. Mancini).
L’objet le plus curieux qui s’y trouve est un Hustrc étrusque (lampadario ), de la plus haute antiquité, probablement importé de l’Asie Mineure grecque. Ce magnifique travail en bronze est de forme ronde, à seize becs; le bas est orné d’une tête do Gorgone, au centre, et d’animaux qui se battent; puis ce sont des vagues avec des dauphins, et huit satyres ithyphalliques, alternant avec huit sirènes, et entre les lampes, des têtes de Bacchus. À mentionner ensuite une peinture à l’encaustique (?) sur ardoise, dite Polymnie , qui passait autrefois pour antique, d’intéressants bronze s étrusques , une main ex-voto avec beaucoup de symboles, des vaaessans importance, des cistes cinéra ires étrusques, fies intcripHon», < te. De plus, quelques antiquités égyptiennes, dont deux momies.
La bibliothèque publique, dans le même édifice, possède un beau manuscrit de Dante.
La via Casali, à côté du Palazzo Pretorio, descend à
CORTONE
De Florence
la * cathédrale (S. Maria), belle basilique, attribuée à Giul. da Sang allô (1456-1502), mais modifiée au xvme s. par Al. Galilei , de Florence.
Dans le chœur, une Pietà (1502) et une Cène avec une prédelle, par Luca Signorelli, d’une composition fort originale (1512), une Conception (1521) et une Nativité de J.-C. du même peintre. — Dans la nef du S., une Vierge de Pietro Lorenzetti. — Dans la sacristie, une lunette ornée de la Vierge, de St Jean-Baptiste et de St Jérôme par Luca Signorelli. A g. du chœur, un sarcophage antique revêtu du Combat de Bacchus .et des Amazones, faussement appelé le tombeau du consul Flaminius (p. 57). A côté, un tabernacle de Mino da Fiesole.
En face, le baptistère (il Gesù), de 1505, à beau plafond caissonné, renferme trois *tableaux de V Angelico , l’Annonciation et deux prédelles, épisodes de la vie de la Vierge et de celle de St Dominique. Dans la crypte, stalles de Vincenzo da Cortona (1517).
En passant de la place Signorelli (p. 55) devant le portique du théâtre, et en suivant tout droit la via Dardano, on arrive à la porte Colonia, où l’on a le meilleur coup d’œil sur les *murs de la ville, qui ont 2600 m. de circuit. Les couches inférieures, composées de grands blocs degrés sur lesquels reposent les fortifications du moyen âge, datent de la période étrusque. On reconnaît différentes portes, entre autres la Porta Montanina et la Porta Colonia. On peut descendre à l’extérieur. Au N.-E., hors de la Porta Colonia, S. Maria Nuova (1550), édifice à coupole construit par Batt. di Cristofanello.
La via S. Margherita, qui monte de la place Gfaribaldi, conduit en 20 min. à la hauteur qui domine la ville et que couronnent l’église Ste- Marguerite et les ruines d’une forteresse. — A peu près à michemin se détache à g. la via delle Santucce, d’où l’on atteint en quelques minutes l’église St-Nicolas, précédée d’une cour plantée de quelques cyprès. Entrée à l’O. S’adresser en face.
A l’intérieur (50 c.), une fresque fortement restaurée et un bon tableau d’autel à deux faces, par Luca Signorelli , l’une des faces représentant le corps de Jésus tenu par des anges et entouré de saints, l’autre la Vierge sur un trône, St Pierre et St Paul. — On peut monter directement de cet endroit à Ste-Marguerite, en se faisant montrer le chemin (degrés) par le sacristain.
Ste-Marguerite (S. Margherita) est un édifice moderne sur l’emplacement d’une église goth. construite en 1298 par Giov. Pisano (9), dont la magnifique rose est seule conservée. Le tombeau de la sainte, sous le maître-autel, par Angelo et Franc, di Pietro. est de 1362; le devant, en argent, a été donné par P. de Cortone, Vue des plus magnifiques de la plate-forme du campanile. Au-dessous de l’église, restes de bains romains , appelés faussement temple de Bacchus. — Vue du même genre quelques minutes plus haut, depuis les murs de l’anc. forteresse (. Fortezza ; 650 m.) du xvie s. ; le regard est illimité de tous côtés, en arrière seulement il est borné par une chaîne de montagnes ( Alta S. Egidio, 1056 m.). Il est souvent difficile de trouver le gardien (20 c.).
à Pérouse.