BRACCIANO
D'Attigliano
restaurant et assez bons), localité de 1739 habitants. De la gare, belle vue sur la ville et son château imposant du moyen âge, le lac de Bracciano, la ville de Trevignano, à g., au-dessus de laquelle se dresse la Rocca Romana (v. ci-dessous); Anguillara (p. 113), à dr., et entre les deux, à l’horizon, le Soracte et les montagnes bleues de la Sabine.
La large rue principale mène directement au * château, construit par les Orsini en 1460, propriété des princes Odescalchi depuis 1696 et restauré de 1894 à 1899. C’est un bon spécimen de demeure seigneuriale au moyen âge. Pour visiter, s’adresser à «l’Amministrazione del Principe Odescalchi», sur la place dans le bas. Sous une porte cochère, deux grandes fresques d’Antoniazzo Romano représentant Yirginio Orsini et sa famille (1491). A l’intérieur, beaux meubles dans le style du commencement de la Renaissance, plafonds du moyen âge et portraits de famille. Vue remarquable du haut des créneaux.
Le lac de Bracciano (164 m. d’altit.), de forme presque circulaire, a 31 kil. de circuit, une superficie de 57 kil. car. et jusqu’à 160 m. de profondeur; il est très poissonneux; ses rives sont bien cultivées sur les bords et boisées dans leurs parties supérieures. C’est le lacus Sabatinüa des anciens, qui peut, comme celui de Bolsena (p. 101), être considéré comme un bassin formé par suite d’un effondrement volcanique. Il se déverse dans la mer par l’Arrone (p. 6). Ses tufs s’étendent jusqu’à Rome et à la mer et des coulées de lave se sont répandues à l’E. comme au N.-E. On voit encore les traces de nombreuses bouches d’éruption , ainsi à l’E. le Lago di Martignano (207 m. ; lacus Alsietinus) et les anciens bassins de Baccano (p. 411) et de Stràcciacappa, au N.-E. la baie de Trevignano (v. ci-dessous) et le petit lac de Monterosi (239 m.). Les nombreuses sources thermales de la contrée témoignent encore de sa conformation volcanique.
Une route sur la rive N.-E. mène à Trevignano (11 kil., voit 3 fr.). Il s’en détache à g., à 2 kil. de Bracciano, un sentier qui monte (l/4 d’h.) à l’église de S. Liberato , du ix« s., bâtie, suivant une inscription, sur l’emplacement d’une villa antique appelée Pausilypon. C’est ici qu’était l’ancien Forum Clodii. Au N.-E., dans la vallée, sont les caves du prince Odescalchi. 5 kil. plus loin, à l/4 d’h. à g. de la route, les bains de Vicarello (hôtel des Bains, 80 ch., p. 7 fr. 50 à 12) aux eaux thermales sulfureuses (45° C), probablement les Aquæ Apollinares de l’antiquité. Leur vogue à cette époque nous est prouvée par les nombreuses médailles et les ex-voto qu’on y a trouvés (v. p. 224 et 388). La saison des bains dure de juin à sept. Au bord de la route se voient de nombreux restes de villas romaines de l’Empire. — Trevignano Romano (182 m. ; Alb. & Tratt. De Santis , au bord du lac, médiocre) est une misérable petite ville, située sur un de ces fragments de cratère si caractéristiques, peut-être sur l’emplacement de la ville étrusque de Sabate, disparue de bonne heure. L’église principale possède deux tableaux de l’école du Pérugin. Belle vue des ruines du château, détruit par César Borgia. — Un chemin muletier qui passe sur le versant E. de la Rocca Romana (602 m.; belle vue), au N. de Trevignano, puis entre les deux cônes tufacés Monte Calvi (385 m.), à g., et Monte Verano (485 m.), à dr., conduit en 2 h. à 2 h. 1/4 à Sutri (p. 111). — En continuant de longer le lac, on va en 2 h. l/4 à Anguillara Sabazia (p. 113), mais quand le vent est favorable, il vaut mieux y passer en barque.
51 kil. Orocicchie (230 m.). Vue à dr. sur la Campagne romaine, à l’extrémité de laquelle se dessine le dôme de St-Pierre,
à Rome.