CAGLI
Dans le voisinage, les ruines de l’ancien Sentinum, où eut lieu, eh 295 av. J.-C., entre les Romains d’une part et les Samnites, les Gaulois, les Ombriens et les Etrusques de l’autre, la grande bataille qui fonda la domination romaine sur toute l’Italie. — Arcevia (535 m.), à 13 kil. au N.-E. de Sassoferrato (dilig. en 2 h., retour en 1 h. Va)» 8Ur la route de Senigallia (p. 127), est une ville de 2150 hab., dont l’église St-Médard a un grand tableau d’autel à volets par L. Signorelli (1507) restauré en 1890, un beau Baptême de J.-C., une Vierge et des saints (1520) par le même, plus un autel en terre cuite par Giov. délia Robbia (1513).
21 kil. Monter osso Marche (385 m.). — 28 kil. Bellisio Solfare; mines de soufre. — 32 kil. Pergola (291m.). — 37 kil. Canneto Marche (336 m.). — 42 kil. Frontone (410 m.), à dr. sur la hauteur.
De là un chemin mène dans la montagne, d’abord au S.-E. par Serra S. Abbondio (6 kil.), puis remonte au S.-O. la gorge boisée de la Cesana jusqu’au couvent de camaldules d 'Avellana (12 kil.), où, selon la tradition, Dante trouva un refuge après la mort de Henri VII. On peut y coucher pour faire, le lendemain, avec un guide (2 à 3fr.), l’ascension du mont Catria (1702 m.). qui demande 6 h. aller et retour. Sur le sommet, un crucifix de 18m. de hauteur; vaste *panorama, au N.-E. jusqu’à la mer près de Fano, au N. jusqu’à St-Marin, à l’O. jusqu’au lac Trasimène et au S. jusqu’aux monts Sibyllins (p. 88).
47 kil. Acquaviva Marche (354 m.). — 52 kil. Cagli (253 m. ; Alb. Roma, dans la grand’rue), ville de 4628 hab., l’anc. Cales ou Galle. L’église St -Dominique possède de Giov. Santi (v. p. 138) une fresque, la Vierge et des saints, une de ses principales œuvres (1481), et une Pietà avec St Jérôme et St Bonaventure. St-François et aS. Angelo Minore ont aussi quelques tableaux. On remarque eu outre le Torrione délia Rocca , grosse tour ronde du xve s., servant à la défense. La voie Flaminienne, au pied de la colline, franchissait un ruisseau latéral sur l’antique Ponte Manlio , construit d’énormes blocs de rocher. De Cagli à Scheggia, v. p. 126.
On descend la vallée du Burano que suit également, jusqu’à l’embouchure du Candigliano près de la station suivante, la route du défilé du Furlo (p. 126). — 57 kil. Acqualagna (204 m.). — 61 kil. Pole-Piobbico. ( 242 m.).
68 kil. Urbania (238 m.); la localité, jadis Castel Durante , célèbre par ses majoliques, est à 6 kil. au N.- O. (dilig. en 1 h.). Dans le voisinage, l’anc. couvent de Monte fiorentino a deux monuments funèbres en marbre par Francesco di Simone, postérieurs à 1484, et une Vierge de Giov. Santi (1484).
74 kil. Fermignano 303 m.), dans la vallée du Métaure. — 80 kil. XJrbin (305 m.).
Urbin. — Arrivée. Une route, offrant de magnifiques points de vue, monte de la gare en ville; distance 2 kil. (omn. 60 c., bagages 15 c.; voit, à 1 chev., 1 fr. 25; à 2 chev. 2 fr.). — Hôtel: Alb. d'Italia (pl. a, C 3), corso Garibaldi, bon (ch. dep. 2 fr.).
TJrbin , en ital. Urbino (451 m.), YUrvinum Metaurense des anciens, est une ville de 6889 hab., patrie de Raphaël (Raffaello Santi), qui y naquit en 1483 et mourut à Rome en 1520. Elle est située sur un rocher escarpé et entourée de montagnes abruptes.
URBIN
Cathédrale.
Siège d’une université (267 étudiants) et d’un archevêché, elle mérite une visite, aussi bien à cause de ses monuments et de ses souvenirs que pour ses beautés naturelles.
Au pouvoir des Monteféltro depuis le xme s., elle acquit au xy«, sous Federigo di Monteféltro (1444-1482) et son fils Guidobaldo (1482-1508), un éclat qui surpassa de beaucoup celui des cours voisines, des Malatesta de Rimini et des Sforza de Pesaro. Federigo Monteféltro, qui s’était distingué comme condottiere, maria sa fille en 1474 à Jean de la Rovère, neveu de Sixte IY, et fut nommé duc d’Urbin. Sa cour passait pour le modèle des cours princières. Un grand nombre de savants et d’artistes y séjournèrent; le prince lui-même en était l’homme le plus savant. Guidobaldo secondé dans sa tâche par sa femme, la belle et spirituelle Elisabeth de Gonzague, suivit du mieux qu’il put l’exemple de son père, malgré sa débilité et d’autres circonstances défavorables; mais chassé d’Urbin en 1497 par César Borgia, fils du pape Alexandre VI, il n’y rentra qu’après la mort de ce dernier. Il laissa sa principauté, en 1508, à François-Marie de la Rovère, fils de sa sœur et neveu de Jules II. Le duché fut annexé aux Etats de l’Eglise en 1626, François - Marie II, qui n’avait pas d’enfant, ayant abdiqué à l’instigation du pape Urbain VIII.
Parmi les artistes de cette époque florissante, occupés par la cour d’Urbin, il faut citer: Paolo Uccéllo, Piero délia Francesca, Mélozzo da Forlï, etc., ainsi que Justus van Gent (p. 139) au nombre des peintres étrangers. Melozzo da Forli et ses compagnons peignirent dans la bibliothèque ducale des portraits idéalistes de savants, preuve de la curieuse union qui régnait à Urbin entre les intérêts scientifiques et artistiques; mais ces portraits ont disparu avec la bibliothèque. Timoteo Viti ou délia Vite (1467-1523), de Ferrare, le meilleur élève du Francia, a passé la plus grande partie de sa vie à Urbin; il a
L’attention se porte ici spécialement ______ v
1450-1494), père de Raphaël , dont les fresques à Cagli (p. 137) et à Fano (p. 124) annoncent un sens très développé pour le genre gracieux. Il mourut alors que son fils n’avait encore que 11 ans; il est, par conséquent, peu probable qu’il lui ait donné des leçons; d’autre part, on n’a pas encore fixé avec certitude le nom de l’artiste qui fit l’éducation de Raphaël jusqu’en 1500 c.-à-d. jusqu’à son départ d’Urbin. Bramante (1444-1514), né dans les environs d’Urbin, travailla probablement en qualité d’élève et d’assistant dans l’atelier de Luciano da Laurana (p. 139). Federigo Baroccio, le Baroche (1528-1612), originaire d’Urbin, nous a laissé, à côté d’œuvres de valeur, plus d’un tableau d’un style par trop maniéré. Urbin a encore été à la Renaissance le principal siège de la fabrication des majoliques (v. p. 61), dont la matière première provenait des environs.
Le cours Graribaldi aboutit à la place du VIII Septembre (pl. G 2), la place du marché, au centre de la ville. — En montant au S.-E. la via Puccinotti, on arrive à la petite place du Duc- Frédéric (pl. C 3), où sont la cathédrale, le Palais Ducal et, depuis 1897, un beau monument de Raphaël , par L. Belli. La statue en bronze du peintre repose sur un piédestal renaissance en marbre de Carrare orné de deux bas-reliefs à sujets tirés de sa vie ; à dr. et à g., statues en bronze de la Renaissance et de l’Art; devant et derrière, groupes d’enfants en marbre.
La cathédrale ( ü Duomo , pl. C 3) , rebâtie sur les débris de l’ancienne et achevée en 1801, a des tableaux remarquables.
A l’entrée, à dr. : reproduction de la statue assise de St Pierre (p. 347). 2o chap. à dr.: Martyre de St Sébastien par le Baroche; dans la chap. à g. du maître-autel: une Cène, par le même. Dans la sacristie, à côté du
passa plus tard complètement sous
Palais ducal.
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bras dr. du transept: St Martin et St Thomas a Beoket, avec le portrait du duc Guidobaldo, par Tim. Viti, son chef-d’œuvre (1504); *Flagellation de J.-C., par Piero délia Francesca , tableau tin comme une miniature, d’une exécution parfaite (ordinairement couvert). — Dans la 3® chapelle de la crypte (entrée, sur la petite place entre la cathédrale et le palais, dans le coin à dr.): Pietà, groupe en marbre par Jean Bologne.
Le *palais ducal, occupé par l’administration, l’académie des Beaux-Arts et les archives, a été construit dep. 1465 pour Feder. di Montefeltro par le Dalmate Luciano da Laurana qui, par cette construction, fit le pas décisif vers la Haute Renaissance. Cet édifice, dont la grâce pittoresque est encore rehaussée par son irrégularité, nécessitée par l’inégalité du sol et les exigences de sa solidité, était déjà un objet d’admiration pour les contemporains; Laurent de Médicis chargea Baccio Pontelli de lui en exécuter des dessins. Cependant ses dimensions n’ont rien d’extraordinaire, comparées à celles d’édifices postérieurs; la cour même, achevée vers 1480, où l’on entre par la porte qui fait face à la cathédrale, est plus jolie que majestueuse. On y remarque, à dr., des tombeaux du moyen âge et un bas-relief (Pietà) du xive s. A g., l’escalier des étages supérieurs, orné de la statue du duc Federigo, par Girol. Campagna (1606). Les belles décorations des portes, des fenêtres et des cheminées sont de Domenico Rosselli , d'Ambr. da Milano et autres. Dans les corridors et dans les salles, inscriptions antiques, sculptures des premiers temps du christianisme, du moyen âge et de la Renaissance, petite galerie de peinture. Entrée, tous les jours de 9 h. à midi et de 2 à 4 ou 6 (mai-oct.). Pourb., 1 fr.
Parmi les sculptures, on remarquera, dans les corridors, 72 hasrelièfs représentant des machines de guerre d’après Francesco di Giorgio , par Ambr. da Milano (1474); ils décoraient autrefois le soubassement au palais. — Ir® salle (Sala degli Angeli): cinq belles portes et, à la cheminée, une frise d’anges qui dansent, par Domenico Rosselli. — II® salle: quatre cheminées en marbre. — III® salle: deux crucifix du xiii® s. — IV® salle: tapisseries faites par des Flamands, à Urbin; basreliefs en stuc par Brandano ; cheminée en marbre. — Dans la chapelle du château, moulage du crâne de Raphaël. Le cabinet du duc Federigo, à côté, a un joli plafond et des marqueteries remarquables, réduites maintenant à la partie inférieure des murs. Du balcon et de la tour du N. (curieux escalier en limaçon), vue magnifique sur les Apennins. Sous les arcades de l’étage supérieur et dans la chapelle d’en bas, deux basreliefs de celui qu’on appelle le maître des Vierges de marbre (xv® s.). La célèbre bibliothèque a été transportée à Rome (v. p. 391).
Galerie de peinture: à dr., 38, le Baroche , Vierge et saints; *39, le Titien, Résurrection de J.-C., peinte, ainsi que le n° 42, pour servir de gonfalon (1542-1544); 40, 41, 25, Timoteo Viti, St Roch, Tobie et l’ange, St Sébastien; 23, Paolo UcceUo , Légende de l’hostie profanée; belle cheminée; — Tim. Viti, St Sébastien; 42, le Titien, Cène (v. ci-dessus ; gâtée); 2, Giov . Santi, la Vierge, les saints Jean -Baptiste, Sébastien, Jérôme, François et la famille Buffi (1489); 18, Luciano da Laurana (f), beau tableau d’architecture; *1, Justus van Gent, Cène avec nombreux portraits, entre autres ceux du duc Frédéric et de Caterino Zeno, l’envoyé de Perse, à dr. de la table (1474); 60, Tim. Viti, Ste Apolline; élève A' Andrea Verrocchio (xv® s.), buste de St Jean, adolescent.
Sur le côté long du palais, un obélisque; en face, St-Dominique (pl. C3), à portail de Maso di Bartolomeo (1449-1454), et bas-relief
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en terre cuite, la Vierge et quatre saints, par Luca délia Robbia (1449). — Non loin de là, au S., V Université (pl. C4), fondée en 1671 et décorée d’armoiries au-dessus de la porte.
Sur la place du VITI Septembre (p. 138), la loggia de St-François (pl. C 2), église du xive s. avec un imposant campanile. Le portail de la chap. à dr. du maître-autel est de Cost. Trappola (xve s.).
Dans la contrada Raffaello, à g., n° 278, la maison où naquit Raphaël (Casa di Raffaello, pl. BC2), maintenant propriété de l’Académie de Raphaël (R. Accademia Raffaello).
Les pièces sont ornées de gravures d’apr. les tableaux de Raphaël. Une fresque entièrement repeinte, transportée de la cour, la Vierge deGiov. Santi, reproduit peut-être les traits de Magia Ciarla, mère de Raphaël. Pourb., 50 c.
Dans le voisinage, au N.-E., S. Spirito (pl. C 1-2) a deux bons tableaux de Luca Signorelli, Pietà et Descente du St-Esprit, qui servirent d’abord de bannière (1494-1495).
A St-Joseph (pl. B 2-3), Nativité du Christ, groupe par Fed. Brandano. Près de là, l 'oratoire de St- Jean (pl. B 3) dont les parois sont couvertes de peintures (restaurées) de Lorenzo et de Jacopo da S. Severino, un grand Crucifîment et des sujets tirés des histoires de la Vierge et de St Jean-Baptiste (1416). Le vieux plafond en bois est également remarquable. — Dans l’église St- Séhastien (pl. D3), le saint de ce nom par Giov. Santi.
Vue très étendue du bastion Pian del Monte (pl. B 1), au bout de la contrada Raffaello : on sort par la porte voisine et on contourne l’anc. forteresse (pl. B 2; qui sert de prison et qu’on ne peut visiter) jusqu’à ce qu’au bout d’env. 6 min. on ait le palais ducal en face de soi ; on embrasse alors la chaîne dénudée des Apennins, d’où se détachent les hauteurs escarpées des Sassi di S. Simone et au N.-O. les sommités de St-Marin (p. 121).
A 20 min. à l’E. de la ville (v. le papillon p. 137), à proximité du nouveau cimetière, l’ancien couvent et l’église de S. Bernardinu dei Zoccolanti (vers 1470) qu’on aperçoit de loin. Belle vue sur la ville. Dans l’église, fruste construction attribuée à Luciano da Laurana et même à Bramante, les tombeaux des ducs Federigo et Guidobaldo et leurs bustes.
D’Urbin a Fossombrone (p. 126), par Calmazzo , 18 kil., dilig. t. les j., en 2 h. */a (retour en 3 h. */a); 2 fr. 10 5 voit. partie., env. 10 fr. Le courrier du Furlo (p. 126) passe à 10 h. »/4 et celui de Fano à 2 h. à Fossombrone; si l’on va à Fano, il ne faut pas omettre d’aller de Calmazzo au défilé du Furlo (50 min.; p. 126).
D’Urbin à Pesaro , v. p. 122. — On recommande aussi une promenade en voit, de 8 à 9 h. (prix 40 à 50 fr.) à Oubbio (p. 61) en passant par Calmazzo (p. 126), le défilé du Furlo (p. 126), Cagli (p. 137), Cantiano (p. 126) et Scheggia (p. 126). Emporter des provisions.