DESCRIPTION DE LA AILLE
Rome, en lat. et en ital. Roma, déjà surnommée dans l’antiquité la «ville éternelle», jadis la capitale du monde romain, puis celle du monde chrétien et des Etats de l’Eglise et depuis 1871 celle du royaume d’Italie, est située dans une plaine ondulée et volcanique qui s’étend sur une longueur de 135 kil. du cap Linaro au mont Circeo,* et sur une largeur de 40 kil. entre les Apennins et la mer. Le Tibre (Tevere), le cours d’eau le plus considérable de la péninsule italienne, traverse la ville du N. au S., en formant trois grandes courbes. Ses eaux sont troubles: flavus Tiberis, dit Horace. En temps ordinaire, sa largeur est de 60 m. et sa profondeur de 5 à 6 m. Après de fortes pluies, il est sujet à des crues considérables et monte alors de 10 m. et davantage. La navigation, aujourd’hui insignifiante, servait autrefois, en amont et en aval, à faire communiquer la capitale avec les provinces italiennes et les pays d’outre-mer. Le Tibre, canalisé dans l’intérieur de la ville depuis 1876, est traversé par douze ponts, y compris celui du chemin de fer près de St-Paul et une passerelle (p. 394). On projette la construction de quelques autres ponts. D’après les registres statistiques, la population sédentaire s’élevait au 31 mars 1907 au chiffre de 499 711 hab. (y compris 10 798 hommes de garnison) dont 40000 env. répandus dans la Campagne et le reste dans l’intérieur de la zone d’octroi (Cinta daziaria).
La ville proprement dite est sur la rive gauche. Dans la plaine, l’ancien Champ -de- Mar s, se trouve la Rome du moyen âge et des siècles suivants, et sur les collines qui l’entourent, où s’élevait la Rome antique et qui furent longtemps inhabitées, des quartiers de construction récente (v. le plan, p. 254-255). La plus petite de ces collines, mais la plus importante par son histoire, est la colline du Capitole (50 m.), près du Tibre et de son île. Sa croupe étroite s’étend du S.-O. au N.-E., formant deux sommets séparés par un léger renfoncement. Au N.-E. de là, de l’autre côté de la dépression occupée par le forum de Trajan, le Quirinal (52 m.), de forme oblongue, est séparé au N. du Pincio par une vallée au fond de laquelle se trouve la via del Tritone et la place Barberini. Cette dernière colline n’était pas comptée parmi celles de la ville dans l’antiquité («collis hortorum», v. p. 169). A l’E. du Quirinal s’élève le Viminal , beaucoup plus petit et rendu presque méconnaissable par de nouvelles rues ; il atteint 56 m. à St-Laurent in Panisperna, l’endroit encore le plus apparent. Plus au S., séparés par la vallée de la via S. Lucia in Selci et la via dello Statuto ( Subura dans l’antiquité), le Cispius (53 m. à Ste-Marie-Majeure) et VOppius (51 m. au plateau des thermes de Trajan), qui étaient considérés comme faisant partie de VEsquilin. L’Oppius, le Cispius, le Yimi-
168 Description delà ville. ROME.
nal, le Quirinal et le Pincius ont une base commune dans le grand plateau des Esquïliæ (52-59 m.), où sont le Camp Prétorien et la gare et qui s’étend jusqu’à la porte Majeure. Au S.-E. du Capitole se trouve le Palatin (51 m.), colline isolée en forme de quadrilatère irrégulier; c’est là que sont les ruines des palais des empereurs. Plus au S., tout près du fleuve, VAventin (46 m.), séparé du Palatin par le vallon où était le Cirque Maxime (21 m.). Enfin au S.-E. du Palatin et à l’E. de l’Aventin, le Célius (50 m.), longue colline dont l’extrémité orient, est occupée par le palais et la basilique de Latran. Entre le Célius, le Palatin et l’Esquilin se trouve le Colisée et entre le Palatin, l’Esquilin et le Capitole, le Forum. On parle depuis la plus haute antiquité des «sept collines» de Rome, et on entend par là: le Capitole , le Palatin , VAventin, le Quirinal, le Viminal, VEsquilin et le Célius.
Sur la rive dr. du Tibre s’étend la partie la moins considérable de la ville. Elle se divise en deux quartiers: au N., le Borgo autour du Vatican et de St-Pierre, réuni à Rome en 852 par Léon IY ; au S., le Transtevèi'e («au delà du Tibre»), au bord du fleuve et sur les flancs du Janicule, traversé par la longue via délia Lungara.
Le mur d’enceinte qui comprend cet espace, occupé sous l’Empire par 800000 à 1 million d’habitants, a sur la rive g. env. 15 kil. de long et 13 portes. Il est construit en briques, a 17 m. de haut à l’extérieur, date en majeure partie des années 271 à 276, et a été commencé par Aurélien, achevé par Probus et restauré par Honorius, Théodoric, Bélisaire, Narsès et différents papes. Le mur de la rive dr. est en majeure partie du temps d’Urbain VIII. — Rome est de plus entourée de forts détachés, construits depuis 1870, qui lui forment une enceinte de près de 50 kil.
La description suivante de Rome est divisée en quatre parties principales, dont les limites sont marquées par des lignes pointées en bleu sur le petit plan d’ensemble de l’appendice à la fin de ce volume. Chacune d’elles a, grâce à ses monuments, un cachet historique particulier, quoique naturellement beaucoup d’édifices de toutes les périodes de l’histoire romaine soient répandus par toute la ville:
I. Collines du nord et de l’est, Pincio, Quirinal, Viminal et Esquïlin, la ville moderne, le quartier des étrangers dans la partie N.
II. Quartiei's près du Tibre, rive gauche, la ville du moyen âge et des siècles suivants, avec le corso Umberto I comme rue principale et transformée de nos jours par quantité de nouvelles rues.
III. Rome antique , les quartiers du S., où sont les principaux monuments de l’antiquité.
IY. Quartiers de la rive droite, comprenant le Vatican, St- Pierre et le Transtevère.
ROME
/. Collines du nord et de l'est, Pincio, Quirinal , Viminal et Esquilin.
Le Pincio (nions Pincius ; p. 167), la colline la plus au N., occupé dans l’antiquité par des jardins et des parcs, n’a jamais eu d’importance historique, tandis que le Quirinal , qui s’y rattache au S.- E., a joué un rôle dès le début. C’est là qu’était la ville Sabine qui, réunie à celle du Palatin, forma avec elle le noyau de la Rome historique. L’enceinte de Servius (v. p. xxix et le plan p. 254-255) passait au N.-O. du Quirinal et tournait au S.-E. et au S. au delà des emplacements actuels des anciens thermes de Dioclétien et de la gare, en comprenant aussi le Viminal, plus au S.-E., et une partie de V Esquilin, le Cispius et VOppius. Après la division de la ville sous Auguste (p. xxxm), il y eut là dCux régions: Alta Semita (Quirinal) et Esquiliæ (Esquilin) dont l’agrandissement postérieur est indiqué par le mur d’Aurélien. Moins peuplées au moyen âge, elles ne formèrent désormais qu’une seule région, le Rione Monti, la plus grande des quatorze. Leurs habitants, les Montigiani, formaient une classe à part dans Rome, comme les Transtevérins. Pie IV y ouvrit, dans la seconde moitié du xvie s., la grande rue qui va de la place du Quirinal à la porte Pia; Sixte- Quint, de son côté, établit celle qui la traverse presque à angle droit, du Pincio à Ste-Marie-Majeure, et les dota d’un aqueduc. A cela près, la plus grande partie de ces collines a été couverte jusqu’à nos jours de vignes et de jardins; ce n’est que depuis que Rome est redevenue la capitale de l’Italie (1870) que l’activité a repris et que de nouvelles constructions sont venues lui donner une physionomie tout autre.
A l’O. et jusqu’au sommet du Pincio est la partie désignée sous le nom de «quartier des étrangers» dont le centre est la place d’Espagne (p. 174). Il s’étend de là au N. jusqu’à la place du Peuple, à l’O. jusqu’au corso Umberto T (p. 215) et à l’E. jusqu’au delà du Quirinal, à la gare.
La description qui suit commence à la place du Peuple, au bas du Pincio, à l’O.