‹ Italie du nordChapitre 116 sur 200 · LA FAMILLE PIAZZA, A LODI · texte numérisé non relu

LA FAMILLE PIAZZA, A LODI

délia Croce, élevée par Battagio, est une élégante construction du style de Bramante (Voir p. 138 et fig. 250) ; la cathédrale de Côme, commencée en 1 396 et achevée deux siècles plus tard, n'en possède pas moins une réelle harmonie de style, en même temps que des beautés très variées (Voir p. 139, fig. 255 et 260); Saronno est célèbre pour le Sanctuaire construit en 1 498 par Pietro dell* Orto, et décoré de fresques de Luini et de Gaudenzio Ferrari (fig. 346) ; à Varese, l'œuvre de l'homme et celle de la nature se sont admirablement complétées à la Madonna del Monte ; à Pallanza, se dresse, au milieu de la verdure, la légère coupole à arcades de la Madonna di Campagna, édifice du XVe siècle ; Forno s'enorgueillit de son beau San Giovanni, dont le riche portail est dû aux Rodari ; à Lodi, l'Incoronata, déjà mentionnée plus haut, est le chef-d'œuvre de Battagio et de Giovanni Dolcebuono (Voir p. 138 et fig. 248). Partout naquirent ou s'illustrèrent des artistes remarquables, bien que les époques différentes où ils ont vécu et leurs tendances opposées ne leur aient pas permis de se grouper et de former des écoles.

Lodi est le berceau de la célèbre famille Piazza, féconde en artistes, dont quelques-uns

seulement ont échappé à il A

l'oubli : Albertino (1529; fig. 349), son frère Martino (fig. 350), qui tous deux subirent d'abord l'influence de Bergognone, puis celle de Léonard (peut-être par l'entremise de Cesare da Sesto), et enfin celle de Raphaél.

Un troisième Piazza, Calisto, est plus connu, parce

Fig. 346. — Saronno. — Sanctuaire.

(Cliché Alinari.)

LE NORD DE L'ITALIE

FlG. 347. — SOIARO.

La Nativité.

(Crémone, Église San Pietro.)

(Cliché Alinari.)

qu'il signait et datait ses tableaux, remarquables par le mouvement et par la vivacité du coloris. Mais combien de fois l'œuvre des vieux Piazza, mal connue, n'est-elle pas confondue avec celle d'autres artistes !

De toute la Lombardie, la ville de Crémone fut celle où naquirent le plus grand nombre de peintres.

Les familles des Bembo, originaires de Brescia, des Boccaccino et des Campi, suffiraient à la célébrité de cette ville. En outre, il ne faut pas oublier Cristoforo Moretti, Filippo et Francesco Tacconi, qui s'illustrèrent peu après le milieu du XVe siècle ; le premier de ces artistes participait à la fois de la manière lombarde et de celle de Vérone ; les autres s'inspiraient des maîtres vénitiens, surtout de Giovanni Bellini. Tommaso Aleni, dit le Fadino, et Francesco Casella vécurent jusque vers 1 525 sans quitter leur milieu natal ; dominé d'abord par Boccaccino, leur talent s'adoucit quand ils eurent connu le tableau que le Pérugin peignit pour une église de Crémone en 1 494, et qui se voit encore à Sant' Agostino.

Altobello Ferrari, dit Melone (fig. 351), bon dessinateur et coloriste violent, exagéra les tons hardis de Romanino. Bernardino Gatti, dit il Soiaro" (1495 ?-l 575), décorateur brillant, sans profondeur, se passionna pour les nouveautés de Pordenone et du Corrège (fig. 347), dont il continua l'œuvre à Plaisance et à Parme. Son élève, Sofonisba Anguissola ( 1 535- 1 632) réussit médiocrement les sujets sacrés, mais Fig. 348. — Malosso.

Page 1