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L'ART EN PIÉMONT JUSQU'A LA FIN DE LA RENAISSANCE

ANTIQUITÉS ROMAINES DU PIÉMONT. — ACTIVITÉ DÉPLOYÉE A PARTIR DU X<? SIÈCLE : LES CHATEAUX, LES ÉGLISES. — TIMIDES ESSAIS DE PEIN- TURE AU XIVe ET AU XVe SIÈCLE. — LE XVP SIÈCLE: DEFENDENTE DE FERRARI ; LES SPANZOTTI, MACRINO D'ALBA. — VERCELLI ET NOVARE : G.-A. BAZZI (SODOMA) ; GAUDENZIO FERRARI ; LES CAGNOLA.

LE Piémont et la Ligurie n'occupent certes pas dans l'histoire de Fart une place égale à celle des autres régions de la haute Italie et de l'Italie centrale; mais il n'est pas juste de dire que ces provinces soient totalement dépourvues d'intérêt artistique. Il faut déplorer plutôt que leur art n'ait pas encore été étudié comme il le mérite ; c'est la principale raison de l'oubli où sont laissés la Ligurie et le Piémont.

Nous verrons plus tard qu'il y a eu, à Gênes, une période où la peinture a été tout spécialement florissante ; occupons-nous d'abord du Piémont et divisons-le en trois grandes régions pour les étudier rapidement : Turin et le Piémont du Sud-Ouest, le Montferrat et la partie qui s'étend de Vercelli à Novare.

Rappelons avant tout que les provinces piémontaises sont très riches en ruines romaines, quelques-unes vraiment grandioses, comme les restes de l'aqueduc d'Aquae Statiellae (Acqui), le pont sur le Lys, à Pont-Saint-Martin, et les vestiges des antiques cités d'Augusta Bagiennorum (Bene Vagienna), Libarna (près de Serravalle Scrivia), Pollentium (Pollenzo), Dertona (Tortona) et Industria (Monteu da Po). Dans la province de Turin, où les ruines sont

LE NORD DE L'ITALIE

Fig. 372. — Aoste. — Ruines

de l'Amphithéâtre Romain.

très nombreuses, les quatre centres principaux d'antiquités romaines se trouvent à Aoste [murs avec des tours et des portes, amphithéâtre (fig. 372), théâtre, le bel Arc d'Auguste (fig. 373) avec dix demicolonnes corinthiennes, le marché aux grains, le pont sur l'ancien lit du Buthier, etc.] ; Ivrée (murs dans le jardin Perrone et théâtre) ; Suse (aqueduc

dit des thermes de Gratien, Arc d'Auguste, enceinte et porte), et enfin Turin, avec la magnifique porte Palatine (fig. 374), la Porte Décumane, enclavée dans le palais Madama, les ruines du théâtre et des murs d'enceinte, sans compter le dessin rectangulaire des rues, qui lui donne l'aspect de la plus moderne des villes d'Italie, et qui n'est en somme que le plan rectangulaire d'un camp romain ! En présence des ruines romaines si abondantes, on est d'autant plus frappé de la pauvreté ou plutôt de l'absence de vestiges des périodes byzantine et romane jusqu'après l'an mille. Pendant près de six siècles, les constructions furent rares dans le pays, et celles mêmes qu'on y éleva furent détruites ou transformées de fond en comble, comme l'église Sant' Orso à Aoste. qu'on fait remonter au Ve siècle, et qui fut entièrement rebâtie au XIIe. Vers l'an mille se produit un changement complet ; le Piémont est possédé du désir ou du besoin d'élever des murailles, des portes, des tours, des donjons, des châteaux et des églises, de réédifier les bourgs et les villes primitivement construits en bois. C'est à la

fin du Xe siècle qu'appa-

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