INFLUENCE FRANÇAISE EN PIEMONT
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Fig. 418. — Novare. — Cathédrale.
(Cliché Alinari.)
une grande partie des œuvres d'art qui avaient pris le chemin de l'exil.
Mention a déjà été faite des diverses étapes artistiques du XIXe siècle, à propos de Venise et de la Lombardie. En Piémont, l'art marqua un progrès sur le passé et se développa, grâce à une vive impulsion venue de France ; celle-ci se reconnaît aisément dans les œuvres de Pietro Bagetti (de Turin) (1764-1835), que Napoléon chargea de fixer sur la toile les victoires françaises, de ses concitoyens G.-B. de Gubernatis (1775- 1837), a la fois homme d'Etat et paysagiste, et Luigi Vacca (1771-1854).
On lui doit le rideau du théâtre Carignano, où semblent se confondre, dans une gaieté originale et lumineuse, le talent de Tiepolo et la grâce des décorateurs français.
Cependant, le néo-classicisme s'implantait surtout par les œuvres des sculpteurs ; citons Giacomo Spalla, disciple de Canova, et les deux Bernero, Vittorio Amedeo et Luigi, qui furent également peintres. Le Piémont comptait alors quelques peintres distingués, mais ils n'y séjournèrent pas longtemps, attirés qu'ils étaient par la vie artistique intense de la métropole lombarde. Giuseppe Mazzola (1 748- 1838), après avoir étudié à Rome, travaillé à Turin et à Valduggia, sa ville natale, s'établit à Milan, où Giovanni Migliara (d'Alexandrie) (1785-1837) passa presque toute sa vie, peignant avec une rare élégance de petits paysages, des scènes historiques et des tableaux de genre.
Le romantisme coïncida à peu près avec la réorganisation, par
Fig. 419. — A. Pasini. — Caravane au Désert. (Florence, Musée de l'Académie. ) (Cliché Brogi.)
LE NORD DE L'ITALIE
Fig. 420. — Turin. — Palais Carignano. (Place Charles-Albert.) (Cliché Brogi.)
Charles- Albert, de l'Académie des Beaux- Arts, appelée Albertina en l'honneur de ce prince, quoiqu'elle eût été fondée dés le XVIIe siècle. C'est là, entre bien d'autres, que travailla Massimo d'Azeglio(1798-1866;ng.410), plus célèbre comme homme d'Etat et comme écrivain.
Cependant la sculpture prit un rang éminent, grâce à l'œuvre de Marocchetti (1805-1868); s'il ne fut pas toujours égal à lui-même, ni heureux dans le choix de ses sujets, il atteignit parfois à une rare perfection, notamment dans le monument équestre d'Emmanuel-Philibert. D'autre part, l'enseignement de Vincenzo Vêla (fig. 4 1 7) jetait un certain éclat sur l'école de Turin : parmi ses élèves, on compte Scipione Cassano (t 1906), auteur de la statue si vivante de Pietro Micca (fig. 415).
Plus tard, le Lombard Odoardo Tabacchi enseigna la sculpture à l' Albertina ( 1 83 1 - 1 905 ; fig. 4 1 6) et forma toute une pléiade de jeunes artistes, qui, aujourd'hui encore, font honneur à Turin et à l'Italie.
Ce furent les paysagistes qui, les premiers, secouèrent l'influence" du romantisme et introduisirent dans l'art un élément nouveau. Rappelons tout d'abord Antonio Fontanesi, de Reggio Emilia (1818-1 882), nature vagabonde et poétique, artiste négligé pendant de longues années, alors qu'il méritait d'être connu. Il y a chez lui une note personnelle, profondément sentimentale et religieuse, qui anime la solitude de ses paysages (fig. 422). Au XIX* siècle, l'architecture produisit à Turin des œuvres remarquables, telles que la façade du palais Carignano, le plus
Fig. 421. — Turin.
Mole Antonelliana.
(Cliché Alinari.)