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LA VOIE EMILIENNE

Quoi qu'il en soit, il faut reconnaître à tout l'ensemble de ce pays, outre la grande fécondité du sol, une merveilleuse vitalité intellectuelle.

Pendant la longue période de la Renaissance, il n y eut, dans aucune province d'Italie, autant de cours princières et de foyers de civilisation. Tandis que Milan, Venise, Florence, Naples, centralisaient la vie intellectuelle de toute une région et laissaient dans l'ombre les villes moins importantes de leurs Etats, dans l'Emilie

il n'y avait si petit centre qui ne possédât une cour célèbre pour sa magnificence et son essor artistique.

Les monuments romains abondaient dans la contrée ; il en reste beaucoup de ruines et de fragments ; mais en bon état de conservation, nous ne voyons à citer que quelques ponts de la Voie Emilienne, et, à Rimini, le grand et superbe pont d'Auguste sur la Marecchia, avec l'arc de triomphe également dû à Auguste. Les fouilles les plus connues sont celles qui ont été faites à Velleia, dans les montagnes de Plaisance, entre le Chero et l'Arda.

La ville la plus remarquable de l'époque byzantine, Ravenne, dont nous avons déjà parlé, se trouve dans cette région. Les deux périodes suivantes, celles de l'art roman et de l'art gothique, ont enrichi cette cité d'une foule de monuments, dont plusieurs sont justement célèbres.

Il y en a peu, comme du reste ailleurs, en Italie, qui soient antérieurs au XIIe siècle ; c'est à partir de cette époque seulement

Fig. 473. — Plaisance.

Cathédrale.

(Cliché Alinari.)

Fig. 474.

Pomposa. — Façade de l'Église.

(Cliché* Cassarini.)

LE NORD DE L'ITALIE

Fig. 475.

Plaisance. — Palais communal.

(Cliché Alinari.)

que la civilisation de la péninsule acquiert un caractère et une expression bien à elle. Pourtant, le grand travail de préparation qui se fit entre le VIIe et le XIe siècle a laissé des traces remarquables en Emilie, Santa Maria di Pomposa, du IXe siècle (fig. 474), avec la tour de 1063, l'église de San Léo, San Stefano de Bologne, le Palais dit de Théodoric à Ravenne (Voir p. 9), etc. Les influences étrangères, même l'influence orientale, n'apparaissent que fort peu dans ces monuments ; ils semblent dériver presque uniquement des types de l'art indigène antérieur, surtout de l'art ravennate. Ce fut précisément cette continuité dans la tradition qui épargna au pays des changements brusques et amena le développement lent et graduel des formes architectoniques. Les terres cuites de Pomposa, modelées et non moulées, sont identiques à celles qui proviennent du monastère contemporain de Sant' Alberto, plus voisin de Ravenne, et de celles qui ont été retrouvées à Ravenne même, où Ton s'en était servi pour bâtir l'ancien palais de Guido Novello da Polenta ; les unes et les autres sont maintenant au Musée de la ville. Ces terres cuites nous font connaître un genre de travail ravennate du plus haut intérêt et particulièrement caractéristique.

Le goût pour les constructions à plan central se prolongea au delà du XIe siècle ; les détails seuls varièrent. De même l'usage des baptistères indépendants, qui avaient disparu dans d'autres pays, se conserva longtemps en Emilie.

Peu à peu, cette mode fut abandonnée, à mesure

que se perdit la coutume

Fig. 476. — Ferrare. — Cathédrale. 11'-

(caché AiinaH.) du baptême par immersion,

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