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LE NATURALISME EN EMILIE

Padoue d'arracher la peinture de T Emilie aux formules alanguies du XIVe siècle et de la lancer en plein naturalisme. C'est en effet de Squarcione que s'inspire Marco Zoppo, de Bologne (1433-1498; fig. 550) ; à vingt ans, il alla travailler, sous la direction du maître padouan, y resta deux ans, puis se rendit à Venise.

Comme tous les jeunes peintres qui affluaient à Padoue, il étudia aussi Cosimo Tura et les œuvres puissantes de Donatello. Sa manière ne nous paraît pas aussi faible qu'on veut bien le dire. Il convient tout d'abord de lui reconnaître une personnalité très accentuée, qui le distingue de ses compagnons, avec beaucoup d'énergie dans la recherche des formes et des caractères, recherche si nécessaire à une époque où il s'agissait de réagir contre la mollesse de l'ancienne peinture. Mais ce furent surtout les maîtres de Ferrare qui combattirent le bon combat : là, s'était formée une école distinguée, sous l'influence de Pisanello, de Squarcione et de Pier délia Francesca ; une certaine indépendance artistique s'y manifesta, accusant avec netteté son caractère septentrional.

La renaissance de la peinture bolonaise et modénaise est l'œuvre de ces artistes ferrarais, bien plus que de Marco Zoppo. Les fondateurs de cette école prodigieuse sont, à notre avis,

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