L'ITALIE
Fig. 58. — Venise. — Libreria vecchia.
(Ancienne Bibliothèque.) (Cliché Alinari.)
es églises de San Giorgio Maggiore et du Rédempteur, et au couvent de la Charité. A voir la rigidité de leur aspect, on comprend qu'il ait accusé le " Palais des Doges " d'être difforme.
Les artistes de la période suivante dédaignèrent d'ailleurs Palladio et se réclamèrent de Sansovino, dont l'influence à Venise fut aussi durable que celle de Michel- Ange à Rcme et à Florence. Vincenzo Scamozzi (de Vicence) copia simplement les lignes de la Libreria lorsqu'il édifia les grandioses Procuraties nouvelles (fig. 59) ; il fut moins bien inspiré en y ajoutant un troisième étage. Il faut ranger encore, parmi les disciples de Sansovino, Alessandro Vittoria, — auquel on doit le Palais Balbi (aujourd'hui Guggenheim) (fig. 62), — et Antonio da Ponte, architecte des Prisons (fig. 56) et du pont du Rialto (fig. 51), bien que ces deux artistes aient accueilli les premières exagérations du style baroque.
Ce style nouveau s'imposait dans toute l'Italie, avec ses indiscutables effets de grandeur.
Il est aujourd'hui superflu de s'appesantir sur la critique d'un art, admirable à bien des égards, où éclatent le talent et la fantaisie, appuyés sur une technique très sûre. L'art du Moyen Age a pu être comparé à l'Hiver et la Renaissance au Printemps ; le style baroque, lui, fut vraiment l'Eté ; il en eut toute la chaleur et la luxuriante végétation ; il en
Fig. bg. — Venise.
Nouvelles Procuraties.
(Cliché Alinari.)