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ÉVOLUTION DU STYLE

Il faut signaler encore Donato (1344-1382) ; son collaborateur occasionnel Caterino, dont les œuvres se placent entre 1362 et 1382, et Giovanni de Bologne (1377- 1389), élève de Lorenzo, qui apporta le premier dans la peinture vénitienne un élément bolonais (fig. 77).

Le style nouveau, cependant, faisait des progrès considérables. Les formes byzantines, avec leur froideur compassée, mal dissimulée sous

Fig. 72. — Alvise Vivarini.

Vierge avec l'Enfant Jésus.

(Venise, Église des Rédempteurs.)

(Cliché Alinari.)

Fig. 73. — Lorenzo

Veneziano. — Annonciation.

(Venise, Académie.)

orner la salle du grand conseil, récemment construite, de grandes fresques où apparaissent déjà les sujets profanes (1365-1369). Son œuvre a presque entièrement disparu ; ce qu'il en subsiste, le Paradis, bien que fort endommagé, nous montre que le peintre reconnaissait l'impossibilité de plier le goût vénitien, épris de magnificence, à la pure

richesse des ornements, furent remplacées, à Venise comme ailleurs, par des conceptions plus simples et plus naturelles. Guariento (de Padoue) fut un des premiers à renoncer au byzantinisme pour se plier au goût du XIVe siècle : les Vénitiens l'invitèrent à

Fig. 74. — Murano.

Sain r Donato. (Retable.)

LE NORD DE L'ITALIE

simplicité giottesque ; celle-ci, du reste, ne fut jamais comprise dans la ville des lagunes, et ni Nicoletto Semitecolo (1353-1370), ni Jacobello di Bonomo (qui vivait en 1 382 ; fig. 78), ni Jacobello Alberegno, déjà mort en 1 397, ni Nicolô di Pietro (1394-1409; fig. 75), ne réussirent à l'imposer.

Antonio, Vénitien de naissance, mais Florentin d'inspiration, artiste supérieur, dont la biographie appartient à l'histoire de l'art toscan, vivait à cette époque ; il ne fut ni compris ni apprécié à Venise.

L'opinion resta aussi indifférente aux œuvres réformatrices du Modénais Tommaso Barisini ( 1 325- 1 376), qui peignit àTrévise, qu'à celles d'Altichiero et de Jacopo Avanzo, exécutées à Vérone et à Padoue. Ces peintres ne se contentaient plus des formes du XIVe siècle : ils cherchaient dans l'étude de la nature de nouveaux éléments de vérité et d'inspiration, et, grâce à eux, l'art vénitien fit des progrès sensibles. Mais il appartenait à Gentile da Fabriano et à Pisanello de donner l'impulsion décisive.

Gentile, arrivé à Venise en 1 408, travailla au Palais des Doges jusque vers 1 4 1 4 ; Pisanello lui succéda quelque temps après, peutêtre vers 1 430. L'influence de Gentile ne se borna pas au grand Pisanello. Tout un groupe de peintres continua sa manière ; les principaux sont Michèle Giam-

bono (1400-1462?), Jaco-

i il j rri /ioqa-. Fig. 76. — Jacobello de Flor.

bello de Flor (1380?- Couronnement de la Vierge. 1440; fig. 76), Antonio (Venise, Académie.)

Fig. 75. — Nicolô di Pietro.

Vierge sur un trône,

entourée d'anges.

(Venise, Académie.) (Cliché Filippi.)

Fig. 77. — Giovanni de Bologne.

Vierge et Saints.

(Venise, Académie.) (Cliché Naya.)

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