MÉDIOCRITÉ DE LA PEINTURE
Fig. 224. — Mausolée de Marco
Antonio Martinengo.
(Brescia, Musée Chrétien de la ville.)
s'y développa grâce surtout aux artistes déjà mentionnés, qui donnèrent à l'art lombard son orientation, jusqu'à Léonard ; puis au XVIe siècle y fleurit une école créée par Floriano Ferramola (mort en 1 528), d'où procèdent Alessandro Bonvicino, dit " il Moretto " (1498- 1 554), et Girolamo Romani, dit ' il Romanino " (1485-1566 ?). Élèves du même maître, influencés ensuite par Savoldo, né à Brescia, mais qui avait fait ses études à Venise, comme nous l'avons déjà vu, puis par le Titien et par Lorenzo Lotto, c'est-à-dire imprégnés l'un et l'autre de la même atmosphère artistique, ils sont aussi différents que possible par le sentiment et les qualités extérieures. Le Moretto, esprit calme, pur et recueilli, choisit de préférence et traite avec bonheur les sujets où prédomine la tranquille expression religieuse (fig. 225). Quand il affronte des morceaux dramatiques et tumultueux, il ne réussit tout à fait ni dans la composition, ni dans la forme. Son coloris est froid et dominé par une note continue de violet léger, qui dégénère quelquefois en une pâleur livide. Chez le Romanino, avec un dessin moins parfait, la vie est plus ardente. Son coloris, où abondent les tons argentins et les reflets de carmin, donne une impression de gaieté qui forme un contraste absolu avec la mélancolie du Moretto, et dont ne sont pas exemptes les belles dames groupées dans la fresque du Palais Martinengo, à Brescia.
C'est peut-être à ces qualités
Fig. 225. — Moretto da Bri s< ia.
San Niccolô i».\ Bari présent]
des Km an 1 s a 1 \ Vierge.
(Brescia, Musée Martinengo.)
(Cliché Mina ri.)
Fig. 226. — Fra Vittore Ghislandi.
Portrait d'un jeune Artiste.
(Bergame, Académie Carrara.)
de gaieté que le Romanino dut ses nombreux élèves, tandis que le Moretto n'en eut que fort peu ; mais parmi ceux-ci il ne faut pas oublier Gian Battista Moroni (1520-1578), né à Bondo di Bergamo, bon peintre de sujets sacrés, qui excella dans les portraits (fig. 227). Titien lui-même, le maître des maîtres, admirait en lui la perfection du sentiment et des formes.
Bergame, autre belle cité située au pied des Alpes, ornée de merveilleuses œuvres d'art, n'eut pourtant jamais d'école de peinture propre. Previtali, Talpino, Vittore Ghislandi, dit ' Fra Galgario " (fig. 236), Bartolomeo Nazzari, tous excellents portraitistes, y virent le jour (Voir p. 86) ; dans les environs, naquirent Girolamo da Santa Croce, Jacopo Palma Vecchio, Cariani, Moroni, d'autres encore, mais ils se dispersèrent et se joignirent à d'autres écoles, surtout à celle de Venise. C'est là également que le célèbre sculpteur en marqueterie, Fra Domenico (de Bergame), apprit son art (1 490 ?-l 549).
En revanche, Bergame fit appel au concours de divers maîtres ; Giovanni da Campione y accomplit au XIVe siècle des travaux de sculpture et d'architecture ; Amadeo y construisit la Chapelle Colleoni, ce prodige d'élégance (fig. 22 1 ) ; Lorenzo Lotto y laissa beaucoup de tableaux, dont plusieurs chefs-d'œuvre, et G. B. Tiepolo des fresques énergiques.
Fig. 227. — G. B. Moroni.
Portrait d'un vieux Gentilhomme.
(Bergame, Académie Carrara.)
BIBLIOGRAPHIE. — Vasari, Vite. — Michiel, Notizia d'opere di disegno. — Baldinucci, Notizie di Professori di disegno. — Lanzi, Storia piitorica. — Rosini, Storia délia Pittura. ~ Crowe et Cavalcaselle, A History of Painting in North Italy. ~ Meyer. Allge-