CHAPITRE X
MILAN ET LA LOMBARDIE. - SCULPTURE. - ARCHITECTURE LOMBARDE JUSQU'AU DÉBUT DU XVIe SIÈCLE
MONUMENTS ANTIQUES, ROMANS ET GOTHIQUES DE MILAN : SAINT-AM- BROISE • LE DOME, SA CONSTRUCTION, ESSOR QU'IL DONNE A LA SCULP- TURE. — LE CHATEAU DES SFORZA ; VOS PEDALE MAGGIORE ; SANT' EUS- TORGIO. — LES SOLARI ; MICHELOZZO ; BRAMANTE ET SES ÉLÈVES. — LES SCULPTEURS DU XVe ET DU XV1« SIÈCLE.
VOICI la grande capitale lombarde (fig. 228). Certes, à travers les siècles, elle a subi des transformations malheureuses, mais les monuments civils et les églises qui lui restent, ses musées, ses galeries de tableaux, publiques et privées, suffiraient à ennoblir n'importe quelle cité ; aussi est-ce bien à tort que, pour la masse des voyageurs, Milan n'est qu'une ville industrielle, dont les principales merveilles sont la fameuse Galerie vitrée, ses innombrables cheminées fumantes, son animation, ses théâtres de tous genres, la richesse de ses maisons et ses magasins.
De l'époque romaine subsistent des ruines qu'on continue à déblayer, une foule de fragments de sculptures dans les musées, et les colonnes de Saint-Laurent, enlevées de leur place primitive (fig. 229). L'âge byzantin nous a légué les grandes lignes de Saint- Laurent (fig. 230), les mosaïques de Sant' Aquilino et celles de la chapelle, autrefois basilique Fausta, appelée aussi San Satiro et San Vittore " in ciel d oro ", attenant â l'église Saint- Ambroise, ainsi que plusieurs autres vestiges précieux.
Mais, si ces vestiges ne donnent pas la moindre idée de Fimpor-
Fig. 229. — Milan.
Colonnade de Saint-Laurent.
(Cliché Brogi.)
tance de Milan sous les Romains d'abord, puis à l'époque de l'évêque Saint Ambroise, mort en 397, et jusque vers le VIIIe siècle, en revanche, pour les périodes suivantes , des monuments remarquables concourent à illustrer l'histoire de la grande et glorieuse métropole ; ils sont même si nombreux dans la ville et dans la région environnante qu'on a pu créer pour eux l'expression d'architecture lombarde, désignation peu précise du reste, car ces édifices, en dépit de certains caractères spéciaux, n'en font pas moins partie de la grande famille romane ", dont les constructions s'étendent sur toute l'Europe centrale. Parmi les églises milanaises de ce style, il convient de citer tout d'abord Saint-Ambroise (fig. 231, 232 et 238). Que cette église remonte au IXe siècle, ou, comme le prétendent certains critiques, au XII% elle est un des exemples les plus remarquables, les plus complets et les plus pittoresques de l'art roman, avec son ' atrium " entouré de portiques, ses tours, ses trois nefs à voûtes, terminées par autant d'absides, ses pylônes polystyles, ses arcades en plein cintre, son matroneum ' (espace réservé aux nobles matrones), sa coupole octogone, l'autel avec le ciboire, et la richesse de toute sa décoration.
Il reste, à Milan, peu de souvenirs de la période communale, si importante surtout lors de la lutte héroïque soutenue contre Frédéric Barberousse ; mais parmi ces quelques vestiges se trouvent, chose rare, des édifices civils : les arcades de la Porta Nova et le
Fig. 23o. ■
Milan. — Saint-Laurent.
(Cliché Brogi.)