LE DOME
les sentiments les plus divers s'y manifestèrent tout à leur aise. En 1 396, un décret ducal défendit aux artistes de la pierre de sortir du territoire milanais et de chercher des occupations ailleurs, tant leur présence paraissait indispensable pour l'achèvement du grand édifice.
Fig. 236. — Milan. — Le Dôme.
(Cliché Alinari.)
Il est curieux de noter que, pendant cinq siècles, plus de mille sculpteurs travaillèrent au Dôme ; plusieurs furent en même temps ingénieurs et architectes, et il y eut parmi eux des maîtres tout a fait remarquables. Sauf quelques exceptions, l'influence septentrionale est prépondérante chez eux. L'art si noble de Giovanni di Balduccio (de Pise), chargé par l'archevêque Giovanni Visconti de sculpter le tombeau de Saint Pierre Martyr à Sant' Eustorgio (1339), ne fit pas grande impression à Milan ; on
Fig. 238. — Milan. — Intérieur
de Saint- Amhroisk.
(Cliché Brogii)
Fig. 237. — Milan.
Campanile
de Saint-Gothard.
(Cliché Alinari.)
ne lui confia que peu de travaux : l'histoire des Rois Mages, quelques parties du grand autel, le mausolée de Gaspare Visconti et celui de Stefano et d'Umberto III Visconti dans la même église, ainsi que les bas-reliefs du monument Aliprandi à San
LE NORD DE L'ITALIE
Fig. 23c. — Giovanni
di Balduccio. — Monument
de Barnabo Visconti.
(Musée de Milan.) (Cliché Alinari.)
Marco, et le grand tombeau avec la statue équestre de Barnabo Visconti, aujourd'hui au Musée (fig. 239).
Parmi les noms des artistes qui exécutèrent des travaux disséminés un peu partout à Milan, on retrouve souvent celui de Bonino, de Campione.
La protection efficace accordée aux lettres et aux arts par les Visconti se manifesta mieux encore sous Francesco Sforza. Esprit distingué, il fut comblé par la fortune ; il accueillit à sa cour des humanistes et des artistes remarquables, parmi lesquels Pisanello, Anstotele Fiora vanti (de Bologne), ingénieur et architecte entreprenant, mort en Russie en 1486, Michelozzo Mi-
chelozzi (1396?- 1472), Antonio Averlino, dit Filarete (1400?- 1469), etc. Ces noms suffiraient à prouver que l'influence septentrionale avait enfin et complètement cédé la place à celle de l'Italie centrale. Les grands monuments milanais élevés sous Francesco Sforza sont le Château (fig. 241) et l'Ospedale Maggiore (fig. 242). Le Château, qu'il imposa aux Milanais plutôt * comme ornement de la cité " que comme rempart de défense contre les
ennemis du dehors et du dedans, fut commencé en 1450 sur les ruines du château des Visconti, détruit trois ans auparavant.
Parmi les constructeurs, nous trouvons Filarete, dont des études récentes tendent à limiter l'œuvre, en lui enlevant la construction de la tour, rebâtie en 1 904 par Luca Beltra-
Milan. - Loggia degli Osii. mi' Mais, C'est bien à F}~
(Cliché Brogi.) larete qu'est due la partie i32
Fig. 240.