SCÈNE V
lARUDAN, DON APOSTOLO, PIETRO , conduit par des archers , et ensuite PHILIPPE.
PIÉTRO
Me tlirez-voiis ce que cela signifie, messire, m'amener ici de force comme un lazzarone.
DON APOSTOLO
La cassette de monseigneur a e'té volée.
PIÉTRO
Et c'est à moi que tu t'adresses?
DON APOSTOLO
Ne te l'a-t-on pas trouvée entre les mains?
PIÉTRO
Qui es-tu , toi ?
DON APOSTOLO
L'intendant de monseigneur.
PILTRO .
Que Dieu te remette tous tes péchés, si tu n'as volé à ton maître plus d'or que n'en peut conlenir cette cassetle... Mais il faut que je parte d'ici.
DnN APOSHH.o.
Tu es anèlc.
ITMJK, l)M\MK.
i»ii;iH(>
I ()i , mon i^ardien :'
Dis ton i^colicr.
IX »\ V l'( i.-> I nl.i I.
IMl/IKO.
Le loup ne tarde pas à elre en llbeiié, quand li a pour gardien ou geôlier un mouton tel que toi.
Il \ a j)Our sortir : don Apostolo l'arrête. Piolro renverse doi» AimjsîoIo, et vevit sortir; mais les archers lui barrent le eliemin. — Entre l^hilippe.
PHiLIPlM.
Qu'y a-t-il donc?
DON APOSTOLO , se rrlovant.
Cet homme avait votre easselte efiîre les mains quand nous l'avons arrêté.
PIÉTRO
Vous me soupçonneriez, me^ssire?...
PHILIPPE
Je ne sais qui je dois soupçonner.
PIETRO
Sachez au moins qui vous ne devez pas soupçonner. — Reconnaissez mieux voire monde!! Ma ligure ne doit pas vous être inconnue.
l) L l X I LIVI K TA ii J. K A L . 61
l'im.iri'i.. Tu es fou ! — Moi , t'avoir vu. — Oii donc?
IMK'IIU).
En effet! un pjrand seigneur se souvenir de la figure d'un iTianant , uiéine quand ce manant lui a sauvé la vie. Ah! je suis bien fou , moi. — Tenez
( montrant Taru.h.n , ,l.>qurl .1 s n,,,„oil.p) , VOÎCl qUclqu'un G ul UlC
reconnaîtra mieux que vous; n'esl-ce pas, camarade ?
pjiii.ippi;.
Cet homme serait....
TARUDAN.
Celui qui avec moi vous a sauvé la vie , monseigneur.
PHILIPPE
On te nomme?
PIETRO
Piétro.
pHiLippi:.
Piétro, ne pouvais-tu pas, après m'avoir rendu un tel service, me demander de l'or; fallait-il le dérober?
PIETRO
Yous me soupçonneriez encore!. . Ah! c'est mal de votre part, monseigneur.... Quand je vous ai sauvé , je ne vous ai rien demandé , et je ne veux
G'i ITAIJH, l>hA\1K.
l'ion cnrore. Mais je croyais avoir assez mcriU' de vous pour que vous me erussie/ un homme d'honneur... Si j'avais voulu vous voler votre or, monseigneur, n'aurais-je pas eu plus beau jeu de me joindre à ces Jazzarones, qui, sans moi et messire, vous dcvahsaient complètement i^ Après vous avoir sauvé, j'ai continue mon chemin, sans seulement vous dire : « Monseigneur, souvenez- vous de moi. » A six cents pas environ, j'ai vu cette cassette qui était sans doute tombée de votre voiture ; je vous la reportais loyalement, et vous m'injuriez jusqu'à oser me soupçonner... Ah!
PFIILIPPE.
C'est bien, je ne te soupçonne plus... Que puisje faire pour toi.^ Veux-tu de l'or?
PIETRO
Ce que je veux... je n'ai besoin de rien, monseigneur.
PHILIPPE
Don Apostolo... qu'on laisse cet homme libre...
Allez, retirez-vous. (Oon Apostolo se mi. e avec les archers.) MeS-
sire Tarudan , vous allez passer la nuit auprès de moi.
TARUDAN.
La nuit , auprès de lui ; il le veut... (Apa.t.) Ah ! mon père , mon père !
DKUXIEME TABLKALI. (Î3
iMiiMi'i'];.
Allons, venez...
Il «Mitre <lan.s la rhaiTibre avec rarudaii.