SCENE III
Les Précédens, PIÉTRO.
STROZZI
Elî! bien , Ferabras , que rapportes-tu ?
FERABRAS.
Presque rien... la valise d'un muletier qui venait
de vendre son bdlail à Portici... puis le bagage d'un milord anglais , qui s'en allait à Naplcs, avec une senora qu'il enlevait... Et toi, Strozzi ?...
STROZ/l.
Moi, peu de chose, camarade...
FERABRAS.
Qu'importe... nous reparerons tout cela demaiu soir... Que c'est une bonne chose, Strozzi, que le pillage d'une ville!
PIKTRO.
Ramasser de l'or dans le feu et le sang , cela vous plaît, n'est-ce pas:*
FERABRAS.
Je t'assure que peu m'importe la place où je ramasse un pièce d'or , pourvu que l'or soit bon et pur.
PIÉTRO
J'ai peur d'une cliose , moi...
STROZZI
De quoi donc?
PIÉTRO
Je crains que nous ne soyons les dupes de cette affaire... nos chefs se servent de nous pour s'emparer de la ville... j'ai peur qu'ils ne veuillent plus de nos mains , après.
FERARRAS.
Que nous importe?
PIÉTRO
Qui ne prend pas la main, prend la fêle parfois , camarades... si nous n*elions pour eux que des inslrumens qu'on brise quand ils ne servent plus à rien.
FERABRAS.
Tu as tort, Pii'tro.
PIÉTRO
Cela est possible... mais je n'aime pas ces masques qui couvrent leurs figures... on dirait qu'ils rougissent d'être nos chefs... visage d'ami doit être découvert. — D'ailleurs , si nous échouons , ils se tireront toujours d'affaire , au lieu que nous
Au fait... cela est vrai... Mais point d'idées sombres...— Strozzi, as-tu vu Sandcr?
STROZZI
ISon, mais tiens, le voilà prosterné au pied de cette madone... il marmotte ses patenôtres.
FERABRAS, lui frappait Jiir Tépaulc.
Amen !... que diable, Sandcr, baragouincs-tu là?
SANDER
Parbleu! les litanies de Jésus, que je lépèle deux fois malin et soir.
FERABRAS.
Imbécille!