II.MU
Ah! je mourrai plus heureux, au moins... ma tête brûle... j'ai soif... as-tu de Teaul'
PIETRO, «n donnant sa gouiilc.
Tenez, prenez celte gourde.
HENRI
Merci, (uboit.) Mais comment se fait-il que mes armes soient grave'es là-dessus... cette gourde m'appartient... don tiens-tu cela?
PIÉTRO
Que vous importe !
HENRI
Tu me l'as volée.
PIETRO, lui nviacbanl l.i gourde.
Yoléc... ne répétez pas ce mot , monseigneur.... car je vous le ferais rentrer dans la gorge avec la lame de ce stylet.
Je t'en supplie... dis-moi de qui lu tiens cette gourde.
PIÉTRO
Je la tiens, à ce qu'on m'a dit, d'un jeune seigneur italien qui m'a sauvé la vie... je mourais
de soif, il nie la donna... Kn échange mainrenant je lui donnerais tout mon sang... Cette gourde je la conserve comme une relique.
HENRI
Quel souvenir! n*y a-t-il pas environ six mois que tu la reçus?
PIKTRO.
Six mois... en effet.
IIKNRI.
N'elait-cc pas au milieu d'une foret... la nuit...?
PIKTRO.
La nuit, en efïct , au milieu d'une forêt... Où voulez- vous en venir, monseigneur?
HENRI
C'est que je me rappelle qu'il y a environ six mois , j'e'tais égare' dans la foret... je marchais au hasard lorsque je heurtai le corps d'un homme qui se mourait... je le fis revenir à lui, en lui faisant avaler un peu de vin qui se trouvait dans ma gourde... en ce moment des hacherons pavSsèrent, je leur donuai quelques pièces d'or pour prendre soin du malheureux , et je regagnai la chasse.
PIÉTRO
Yous m'avez rendu la vie, monseigneur!
HENRI
Ilommo, je l'ai sauve la vie.
M'A ITALIE, DBA ME.
PIETRO
Je sauverai la vôtre , irionselgneur.
IIKNRI.
Je le promets de l'or.
PILTRO.
De l'or, monseigneur... vous m'avez sauve la vie , je vais sauver la vôtre... nous serons quittes... seulement jurez-moi de ne parler à personne de ce qui vous est arrivé, avant de me revoir... Il y a bal cette nuit , chez le duc, je vous y retrouverai... mettez un ruban jaune à la garde de votre e'pe'e , pour que je puisse vous reconnaître... jurez-moi de garder le silence.
HENRI
J'entends du bruit... ce sont eux qui reviennent.
PIÉTRO
Fuyez !
Et comment ? les issues sont gardées... ah ! cette fenêtre.
PIÉTRO
Bordée de précipices, malédiction... que faire? tenez, revêtez mon manteau, couvrez-vous de mon chapeau , on ne vous reconnaîtra pas.
Henri Ole son pourpoint , jette son chaperon et se couvre du manteau et (lu chapeau de Pic'lro.
SIXIEME TABLEAU. 1 'é;>
IIKMU, riant.
Henri do Ferrare , en costume de lazzarone... Ah!...
PIKTRO.
Qu'importe ? ... Vous le voyez , monseigneur, le costume d'un bandit couvre parfois un honnête homme... Fuyez par cette porte.
HENRI
Adieu... Ton nom , ami ?
PIETPO.
Piétro , monseigneur.
HENRI
Je me souviendrai de toi , Pietro; adieu.
PIÉTRO
Repondez au qui vive : Castelnara del monte.
(Henri sort.) EcOUtOnS.
Une voix éloignée.
Qui vive."*
HENRI
Castelnara del monte.
PIETRO
Sauvé!... Dieu , je te remercie... Ah! les voilà qui reviennent.
Entrent Manfredi , Sylvio , Giacomo , Félix, Mirhaël , Ulrir
I4G ITALIK , DHAMK.
iMAM-ni:ni ,» Pirtio.
El
le (lue.
ni/lUO, iiioiiti.'int le |i(>iii'])oint ri le < ii;i|)Cioii ilii diic.
Voilà loul ce c|ii'il vous en rcslc.
MAMur.ni.
Bien!.. A présent, amis, au palais ducal.
SYLVlO.
Attendez donc : un mot... Pour nous reconnaître , chacun un ruban l'ouge au chapeau
Allons, amis, au palais ducal.