‹ ItalieChapitre 5 sur 68 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

PHILIPPE, PAOLINO, et ensuite CRIMETTA.

PAOLINO , à Philippe , qui paraît absorbé daus sa rêverie.

A quoi rcfléchissez-vous donc, monseigneur?

PliKMIKi; TAIiLKAlI.

i'iiii,ii'i>i:, ;i»»ii.

A cela , Paolino. Je suis plus à l'aise dans ces grands appartemens, que dans les vSallcs étroites de Spolète. Il me semble que l'air circule avec plus de vie sur ces parois royaux , que sur les murailles que j'habite. — Ah! l'on respire mieux dans une cour suzeraine, que dans un palais vassal. ( Se levant.) Ah ! maudit soit le sort qui a voulu que je sortisse le premier du ventre de ma mère.... Alphonse, il est mon aînc, — et le hasard lui a donné le droit d'avoir une couronne ; tandis que moi je n^ai rien : — car on n'a rien quand quelqu'un a plus que vous.... Ce n'est être rien, selon moi, lorsqu'un autre est plus que vous; — et pourtant, si je ne le suis de naissance, je le suis de caractère , moi , l'aîné de ma famille ! — Alphonse est un bon prince , sans doute ; ses sujets même l'ont surnommé le ]3ien-Airné\ mais a-t-il seulement le sentiment de sa grandeur ! — Pourvu que les Napolitains ne lui bourdonnent pas l'émeute à l'oreille, il se persuade avoir rempli son noble mandat.... Quant à don Pèdre , mon jeune frère, lui, pourvu qu'il ait du vin pour se vautrer dans l'orgie, et des femmes pour se repaître de volupté et d'amour, se soucie-t-il d'être un homme , seulement ! — Mais moi , Paolino , si j'étais duc suzerain de Naplcs, je ferais de grandes

« ITALÏK, DIVVIVIK.

clioscs..,. Ah ! oui.... — Dire qu'on a tout ce qu'il iaut pour briller sur le liùiie, v\ qu'il vous manque le trône lui-même. — Ressembler à ce forgeron, qui lève avec force et vigueur un maillet de fer , qu'il fait raisonner vainement sur l'enclume , sans avoir de fer à forger. — Ah ! malheur! Paolino , malheur!

PAOLINO.

Monseigneur, n'étes-vous pas heureux?

PHILIPPE

Heureux! sans doute, Paohno. — Va voir si Grimetta est au palais, et fais-le venir de suite.

f Paolino sort, et Philippe s'assied. Une pause. J J\l1 , OUI , C CSt terrible cela : une main qui peut, et qui n'a pas les moyens de pouvoir; une tête qui pense, et qui ne peut penser ; une poitrine qui bout , et qui est obligée de renfermer en elle-même un feu qui la consume.... — Que la couronne irait pourtant bien

à mon front! — Je l'aurai cetle couronne et

dans peu.... Un crime pour un diadème... Qu'importe! Il n'y a pas de bassesse dans le crime quand le but en est noble et magnanime.... Il ne fallait pas que Dieu me fît naître ambitieux , s'il ne voulait pas que je devinsse criminel. ( Apercevant cimetta qui entre.) Tc voilà , Crimctta.

CRIMEÏTA.

Me voilà , monseigneur.

PKEIVÎIEK TABLEAU. 0

PHILIPPE

Tout est-il prépare?

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