‹ ItalieChapitre 51 sur 68 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

MANl KKDi, SYLVIO, inas-iutis ; et onsuiu- (ilACOMO.

SYLVIO

Mais qu'as-lu donc , MarilVedi? tu ne tiens pas en place... tes mains déchirent tes gants... te seraitil arrive' quelque malheur?

MANKREDI.

Sylvio, Hgure-toi un soldat qui a reçu une blessure... Cette blessure, avec le tems , se cicatrise. Mais au bout de quelques mois un homme vient enfoncer un poignard dans cette même plaie et la

fait resaigner... Sylvio, voilà ce que je souffre

mais ce n'est rien, ami.

SYLVIO

Tu me caches quelque chose.

MANFREDI

Ce n'est rien, te dis-je ; un masque qui m'intrigue depuis le commencement du bal... Ah! mais, je saurai son nom , dussé-je le lui faire dégorger avec ma main... Je verrai son visage, dussé-je trouer son masque avec la pointe de mon stylet.

SEPTIEME TAiiJ.EAU. I .->'

SYIVIO.

Quol'a-l-il tliL^

MA>nu:ui.

Di^s ( hoscs qui me sont purement pers(3nnelles.

Entre Giacomo en riant.

SYLViO.

Mais qu'a done notre ami Giacomo... qui peut le rendre si gai ?

GIACOMO

Laissez-moi rire, mes amis. ( u .a ) Vous connaissez Gelsonimo Perella , n'est-ce pas? Eh bien ! (il .il. ) depuis le commencement du bal , il fait la cour à don Félix déguise en Castillane... C'est que notre ami est vraiment fort bien avec sa mantille, sa robe de gaze. Moyennant deux pistoles , on lui a fourni une chevelure blonde magnifique , et sa grâce naturelle a charmé le signor Gelsonimo , qui vient de lui payer, ainsi qu à nous , un souper délicieux , en lui demandant un rendez-vous, auquel la rusée coquette ne consentit qu'avec beaucoup de peine... Mais par malheur, la senora ne sut pas jouer son rôle jusqu'au bout , et hum*a tant de vin de Chypre, qu'elle finit par se griser, et laisvSer tomber son masque. Quel fut le désappoinlenumt d(^ Gelsonimo, quand il vil sa belle

IJ1 ITAMK, DRAME.

déité avec des niouslacbos, el qu'il eiiteiiclil celle bouche si gracieuse jurer comme celle d'un ca^jilaine (l'ar<*hers... Nous éclalons de rire , el Gelsonimo un esl quitte pour ses propos d'amour, ses bouquels , et ses bouteilles de vin de Chypre... Délicieux , vraiment, n'est-ce pas ?

UN MASQUE , à Sylvie.

Signor Sylvio, voulez-vous walser avec moi i'

SYI>VI().

(Comment donc, ma gracieuse, avec vous je lerai tout ce qu'il vous plaira.

Il suri avec le masque.

(ilACOMO.

Et moi qui oublie que j'ai invité la belle Marietta. Adieu , Manfredi.

Il suri.

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