‹ Italie et SicileChapitre 142 sur 426 · LAC BOLSÈNE · texte numérisé non relu

LAC BOLSÈNE

route descend, à travers des chênes, sur les bords du lac, jusqu'à ;

BoLSENA, — 1,700 h. Petite ville, entourée de murs garnis de tours, située sur les ruines de l'antique et puissante cité étrusque de YuUinii. On y a trouvé une grande quantité d'objets antiques, statues , vases étrusques, etc.. — C'est à Bolsène qu'une pieuse légende place le miracle arrivé en 1263 à un prêtre bohémien; miracle immortalisé par Raphaël (V.

Rome : Stanze).

A peu de distance est le :

Lac Bolsène (lacus Vulsiniensis), situé à 3,000 met. au-dessus du niveau de la mer. On estime sa circonférence à 43,000 met.

et sa profondeur à 90 met. Sa forme arrondie et les roches , volcaniques qui l'entourent ont fait supposer, malgré son étendue considérable, qu'il occupait le fond d'un cratère. En considérant cette belle nappe d'eau limpide , la végétation de ses bords, les chênes au vigoureux feuillage qui couronnent les collines alentour, on s'étonne que les rives de ce lac soient inhabitées ; et on serait tenté d'accuser les institutions humaines de cette solitude inexplicable. La maV aria, poison invisible, qui s'exhale du milieu de toutes ces séductions, est la cause mortelle qui l'entretient. Il n'y a cependant pas, dit-on, de marais dans le voisinage. Ce rac est très-poissonneux ; il produit encore sans

DE SIENNE A ROME. — YITERBE

doute ces excellentes anguilles que le pape Martin IV faisait mourir dans du vin blanc avant de les assaisonner; gourmandise pour laquelle Dante le place dans son Purgatoire. — Le lac renferme deux petites îles, la plus grande Bisentina, et la plus petite Martana, où fut emprisonnée et étranglée, en 535, Amalasonte, reine des Goths.

A 1, kilomètre et demi de Bolséne, on peut aller voir, à quelque distance de la route, des colonnes de basalte, sur une hauteur vis-à-vis du lac.

— La route traverse une ancienne forêt de chênes, qu'on a éclaircie à dr. et à g., à cause des bandits qui s'y cachaient pour attaquer les voyageurs.— Une longue montée conduit à ;

MoNTBFiAscoNE — (Mons Physcon, Mons Flascon), altitude 550 met., 2,700 h. Ville située sur une colline élevée, au S.-E. du lac de Bolséne. On a une trèsbelle vue du haut de la ville.

— Cathédrale; coupole octogone, par San Micheli. — Vin muscat renommé.

Viterbe, altitude 550 met., 14,612 h., sur les pentes occidentales du mont Cimino. Rues étroites et montueuses; maisons noires et enfumées ; les monuments les plus remarquables sont les fontaines : on a appelé Viterbe la ville des belles fontaines.

ÉflUes. — Cathédiule (San Lorenzo), en style gothique.

Peintures de Gentile da Fa-

[route 85] briano, û' Albert Durer, de C.

Maratta. Tombeaux de plusieurs papes.

S. Francesco : Sebastien del Piombo, Déposition de croix.

Santa Maria della Verita, grande fresque de Lorenzo di Giacomo, de Viterbe (1469).

Della Morte, taî)leau de Salvator Rasa.

Observakti dei. Paradiso. Fresque attribuée à L. de Vinci; Flagellation, de Sébastien del Piombo.

Palais San Martino. On y conserve le portrait de la fameuse Ohmpia Maidalchini, belle-sœur d'Innocent X, ef une partie de son ameublement.

A 20 min. à l'E. de Viterbe, église de la Madonna della QoerciA, terres cuites de Luca della Robbia.

On peut aussi, de Viterbe, aller visiter les ruines des villes étrusques : Castel d'Asso, Iforchia, Toscanella {V. ci-dessous, p. 156. 157).

Au sortir de Viterbe, on gravit la pente volcanique du monte Cimino. — Au delà de la station de poste de Vlmposta, on atteint le point culminant de la route, près de 900 met., d'où la vue embrasse un vaste panorama ; par un temps clair, on peut apercevoir Rome. Suivant ce haut plateau, on contourne les hauteurs d'un ancien cratère, couvertes aujourd'hui de forêts, et au fond duquel est le charmant petit lac de Vico.

On peut aller visiter dans le voisinage le château db Gapka-

[hODTE 85j ANCIENNES CITES ÉTRUSQUES.

ROLA, l'œuvre capitale de l'architecte Vignole.

Ronciglione, 4,800 h. (auberges).

Au delà de Ronciglione on entre dans la région déserte connue sous le nom de campagne de Romet qui s'éteiid depuis les montagnes de l'Étrurie jusqu'au cap Circeo, prés de Terracine, entre les montagnes à TE. et la Méditerranée à l'O.

De Monterosi à Rome, 7. p. 148.

Ruines des anciennes cités étrusques : Savana, Saturnia,

TOSCANELLA, VuLCI, CaSTEL d'AsSO, ISORCUIA, GORMETO, SCTRI, GœrE,

FiLÉRi£s et Yeïes.

L'Italie, qui semble être une terre épuisée pour la curiosité des voyageurs, renferme encore bien des contrées intéressantes qui leur sont inconnues; tel est le district sauvage des frontières entre la Toscane et les États de l'Église, où sont les sites et les restes des antiques cités étrusques. Dans la foule des voyageurs qui, chaque année, font le trajet de Rome à Florence, y en a-t-il un sur cent qui quitte le chemin battu pour aller les visiter, en s'exposant aux inconvénients des mauvais gites de ces localités infréquentées ? Combien peu vont voir à Corneto les peintures découvertes dans des tombeaux, et moins encore poursuivent leur excursion jus-

qu'à Vulci ou à Toscanella!

Malgré la proximité de Rome et l'intérêt local, quelques-uns seulement se réunissent pour aller visiter Veïes. Quelque restreint que soit le nombre des voyageurs que ces curiosités attirent, nous nous faisons un devoir de signaler les points les plus importants.

« S'il y a, dit Noël des Vergers, une vérité évidente pour l'observateur qui a visité tour à tour les contrées placées à l'orient et à l'occident du Tibre, c'est que ce fleuve a séparé deux peuples, dont les traces, empreintes sur le sol en caractères indélébiles^ ne sauraient être confondues. Ainsi, dans les montagnes des Volsques et des Berniques, chez les Marses et les Eques, on est frappé de ce caractère de constructions en polygones irréguLiers, qu'on a appelés Cyciopéennes ou Pélasgiques, et dont Palestrina, Cosa, Norba, Segni, Alatri, Ferentino, offrent les spécimens les plus complets. — • Sur la rive occidentale du Tibre, les villes se trouvent également protégées par une enceinte; mais les procédés de construction y ont été tout différents :

les assises formées de parallélipipèdes se succèdent dans un ordre parfait. La jointure des pierres est telle qu'il faut une grande attention pour la découvrir. — Nous allons réunir ici quelques localités d'origine étrusque qui ont acquis de nos jours de la célébrité par l'in«-

portance archéologique des monuments qu'on y a découverts.

SOANA ou SOVAIÏA — 20 kil. 0.

du lac de Bolsena ; 3 kil. de Pitigliano (K. plus bas). — On pourrait y aller depuis Acquapendente, la ville la plus rapprochée, ou de Viterbe, environ 24 kil. à l'E., en passant par Toscanella (V. ci-dessous), Ischia, Farnèse et Pitigliano, autour duquel le paysage a un caractère pittoresque. En 1843, un Anglais, M. Alnsley, attira l'attention du monde savant sur ce village inconnu, par la découverte qu'il fit, dans la colline au N.-O. de Soana, de tombeaux étrusques taillés dans le roc, avec des figures sculptées en relief de divinités marines.

D'autres tombeaux y présentent le caractère purement égyptien dans leurs dessins d'ensemble et dans celui de leurs moulures.

Saturnia — sur la rive g. de VAlbegna (14 kil. à TO. de Sovana ; on peut y venir de Pitigliano (env. 25 kil.). — Hameau d'une cinquantaine d'habitants, situé au milieu d'un magnifique paysage, sur une hauteur que couronnent d'une manière pittoresque des murailles du moyen âge, élevées sur les restes des murs cyclopéens. Non loin de là, on a trouvé des tombeaux que la rudesse particulière de leur construction fait supposer être antérieurs même aux Étrusques et appartenir aux Pélasges. (On peut passer la nuit daqs une n^aison

ANCIENNES CITÉS ETRUSQUES. [rOUTE 83]

du marquis Panciatichi Ximénés).

ToscANELLA, — petite ville, de 4,7000 h., à quelque distance de la rive dr. de la tfarta, qui sort du lac de Bolsena (20 kil.

0. de Viterbe, route de voitu res; 18 kil. de Corneto. Il y a une auberge). La nécropole est située dans les ravins profonds autour de Toscanella. Un des tombeaux présente un de ces passages étroits et contournés, taillés dans le roc, et où l'on ne peut aller qu'en rampant.

La majeure partie des objets trouvés a été transportée au musée Grégorien; une autre vendue à Londres. — D'un endroit de la route, entre Toscanella et Viterbe, on aperçoit en même temps les quatre cités étrusques de Corneto, Toscanella, Viterbe et Montefiascone.

VuLci — Prés du Ponte délia Badia^ pont étrusque (?), étroit, jeté sur la Fiora (à environ 24 kil. 0. de Toscanella, et à 8 kil.

N. deMontalto). Le nom de cette ville, presque oublié, a acquis une grande célébrité depuis 1828. Cette cité subsista jusqu'au IV* siècle de notre ère.

Elle est en proie à la mal'aria, à partir de Tété. Les riches dépouilles archéologiques de ses tombeaux sont dispersées dans les musées de l'Europe ; et ils ont été comblés après qu'on les eut vidés. Des fouilles, commencées en 1828 par le prince de Canino,ont, dans l'espace de (quelques mois, amené

[route 83] ANCIENNES CITÉS ETRUSQUES.

la découverte de 2,000 vases ou autres spécimens de l'art étrusque.

Gastel d'Asso — à environ 7 kil. à l'O. de Viterbe. Les tombeaux creusés dans l'escarpement des rochers des vallées voisines, à l'exemple de ceux des rois de Thébes. ont ici une grandeur et un caractère égyptien qui leur donnent dans l'histoire de l'art et de l'archéologie étrusques une importance particulière. Les façades ont extérieurement l'apparence d'une entrée de maison, avec des décorations en relief et des fausses* portes encadrées de moulures, et plus étroites en haut qu'en bas (disposition particulière aux monuments d'une haute antiquité). Rien n'est plus propre à prouver l'état d'abandon et de solitude de certaines contrées de l'Italie que le fait de ces ruines d'un caractère si imposant, restées inconnues au monde jusqu'à Tannée 1808, où elles furent signalées au professeur Orioli.

On devra se munir à Viterbe de provisions ainsi que de torches pour visiter l'intérieur des tombeaux. — > On pourrait de Gastel d'Asso, se diriger, par Vetralla, sur Sutri (V. p. 158).

NoncHiÀ — à env. 12 kil. N.-O.

de Vetralla, dont elle est séparée par des landes désertes, a aussi sa vallée des tombeaux, qui a excité vivement l'attention des antiquaires. On y voit sur une face de rochers une suite de tombeaux dont quel-

ques-uns ont, comme à Gastel d'Asso, des frises et des frontons doriques. Les tympans sont ornés de figures en hautrelief.

CoRNETo, — 4,000 h., ancienne cité de Tarquinu. — Station du chemin de fer des Maremmes ; environ 22 kil. à l'O. de Vetralla, 16 kil. au N. de Civftà Vecchia. — Un calessino, pour aller aux ruines de la cité étrusque et venir, coûte un scudo par personne. (Auberge au Palazzaccio, ancien palais du cardinal Vitelleschi. On peut trouver aussi à se loger à la casa Moirano). Gometo, sur la rive g. de la Marta, s'élève sur les premiers gradins des monts Ciminiens. La ville est cou" ronnée de fortifications et de tours pittoresques. Tarquinies^ une des 12 villes de la confédération étrusque, après avoir lutté contre Rome, passa sous sa domination au m* siècle avant notre ère. Le grand intérêt archéologique se rattache à sa nécropole, s'étendant au loin sur les flancs de la hau' teur voisine, le Monterozzi^ séparé par une gorge de la colline Turchina, et dont Gometo occupe l'extrémité. Les 2,000 tombeaux qui ont été ouverts ont été une mine féconde et ont le plus contribué à répandre des notions positives sur l'archéologie étrusque. Dans quelques-unes des chambres sépulcrales, les murs étaient couverts de peintures : banquets, danses, jeux, cérémo-

nies profanes et religieuses , déraonologie, scènes de la vie future, tout y est retracé dans des tableaux dont le style et l'exécution accusent une haute antiquité. Les objets trouvés dans ces tombeaux ont alimenté les musées de l'Europe et les collections particulières.

^ SoTRi — {Sutrium), 1,600 h., i moitié chemin entre le lac Vico au N. et le lac Bracciano au S. On peut s'y rendre en s'écartant un peu de la route de Rome à Sienne, et en partant: de Ronciglione (5 kil.), si l'on vient de Sienne : ou de Monterosi (5 kil.), si l'on vient de Rome. (Il n'y a pas d'auberge, mais on trouve à coucher chez un boucher nommé Francocci.)— Des bois dechênes, de sapins, et de cyprès forment les ombrages de la villa Muti Papaxsurri Savorelli, une des choses intéressantes à visiter, avec l'amphithéâtre, aux environs de Sutri. La cité antique était bâtie sur deux collines de tuf, taillées à pic de tous les côtés et reliées par un pont, «t En sortant de la ville on traverse une forêt et on arrive à V amphithéâtre, la grande curiosité archéologique de cette petite ville étrusque, alliée de Rome. Il a 1,000 pas de circonférence, et est creusé dans le roc sans aucune construction; les gradins en sont détruits en partie, mais tous les corridors et les vomitoires subsistent.

Les antiquaires attribuent l'origine de ce travail si singulier»

ANGIEIfNES CITÉS ÉTRUSQUES. [rOUTE 83]

les uns aux Étrusques,' d'autres à l'époque d'Auguste.

La plus méridionale de ces cités de l'antique Étrurie était:

Cervktkri — {Ccere vêtus), l'ancienne Agtlla ou Cœre (entre Rome et Cività Vecchia, à env. 8 kil. N.-E. du port de Palo. On peut trouver place dans le petit courrier partant de Palo après l'arrivée du premier train du chem. de fer venant de Rome). Agylla, une des villes les plus antiques de l'Italie, était antérieure même aux Étrusques, et fut fondée par les SiViules ou par les Pélasges plus de treize siècles avant l'ère vulgaire ; plus tard les Etrusques lui donnèrent le nom de Cœre.

C'est là que se réfugièrent les vestales à l'époque de Tinvasion de Rome par les Gaulois. Cœre fut une des douze principales cités de la confédération étrusque.

Les traces de la ville antique ont disparu; mais ses tombeaux taillés dans le roc présentent un grand intérêt à l'antiquaire. Ils sont à une ou plusieurs chambres, auxquelles on arrive par des degrés et ayant autour des lits sur lesquels reposaient les cadavres.

Une des découvertes les plus curieuses qui aient eu lieu de nos jours, si les suppositions des antiquaires sont justes, c'est celle faite, en 1846, d'une chambre sépulcrale que l'on considère comme le tombeau des Tarquins, se fondant sur le

[r.OCTE SS] A5aE53IBS Orés ÉTBCSQCES. 1S9

mot de Tarena on Tarehnas^ , chéologie moderne est celle des répété SOT les murs trenle- ^ raines de celte Tille célèhre, la cinq fois en cuaclères latins ■ cité la pins puissante, la plus ou étrusques. riche et la méridionale de l'É-

Poar compléter cette reviie rapide ' trnrie, et pUcéc TiS^-vis dc des antiques rilles ètra>ques dont les Rome {It mil. seulement) , raines ont été l'objet des recherches ' comme une citadelle avancée, ' «virantes, il reste encore à indiquer , destinée à protéger le monde

Faléries et Veies.

FALKBin. — Cette rille occupait, selon l'opin on la plus générale des antiquaires, l'emplacement actuel de Civita Cas- TELLANA ^p. 148». Paieries possédait un temple de Junon exactement semblable à celui d'Argos. Yers l'an 241 avant J.-G., les Romains yainquirenl les Falisques, révoltés de nouveau, qui perdirent leur indépendance; craignant qu'ils ne profitassent de la position inexpugnable de leur ville, ils la rasèrent, et la transportèrent dans une nouvelle ville bâtie en plaine; de là la confusion des noms de Faliscum et de Falériet. 11 ne peut y avoir de doute sur le site de cette seconde Faléries. L'enceinte de ^es murs existe entière à 6 kil.

à rO. de Gività Castellana. Ces murailles ont environ 2 met.

d'épaisseur, sont formées d'assises de pierre en tuf volcanique taillées en parallélogrammes, et présentent encore une hauteur de 8 met. environ. Les tours sont au nombre de 45.

Dans cette enceinte déserte s'élève le couvent ruiné de Santa Maria di Faleri.

YeIbs. — Une des plus intéressantes découvertes de l'ar-

étnisque contre Tinvasion guerrière de Rome. On sait que cette ville, qui soutint cent ans de guerre contre Rome, ne fut prise par Camille qu*au bout d'un siège de dix ans. Encore ce ne fut ni par escalade, ni par assaut, ce fut par stratagème, au moyen d'une galerie cieusée sous terre, que les Romains parvinrent i s'introduire dans la ville. Vefes était si belle, si supérieure i Rome, que les Romains voulaient s'y établir. Quatre siècles après, cependant, on avait complètement perdu le souvenir de son emplacement ; on en fixe l'emplacement au pauvre village moderne dit Isola, i quelque distance de la Storta etBACCANO.

On a une belle vue du haut de l'emplacement de la citadelle, ou, comme l'appellent les paysans : de la Piazza tTArmi. — On a vainement cherché l'emplacement de la galerie souterraine creusée par Camille. — Le marquis Campana a découvert en 1842 un tombeau dont les peintures ont un caractère plus rude encore que celles de Tarquinii, et représentent des panthères, gardiennes du tombeau, des chevaux et des personnages, ainsi qu'un sphinx

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