EI
pluvium qui alimentait une citerne. A g., une antichambre (procœton) , avec une sorte de cabinet pour l'esclave de service {cubiculariu»), mène à une chambre à coucher elliptique à alcôve (xotheca). On y a ti*ouvé des anneaux qui probablement soutenaient les rideaux. Les fenêtres du mur circulaire donnaient sur un jardin et étaient éclairées par le soleil depuis son lever jusqu'à son coucher.
On a trouvé des restes de carreaux de vitre. — Diverses salles étaient destinées aux bains froids et aux bains de vapeur, introduits par le luxe dans les demeures des riches. Ces pièces et toutes le autres distribuées autour du péristyle sont remarquables par leur petitesse, et un certain nombre par leurs élégantes décorations. A l'extrémité est un jardin entouré de portiques et ayant une piscine avec un jet d'eau et une treille.
Sous les portiques s'étendaient des celliers dans lesquels on peut voir encore des amphores rangées et à moitié ensevelies dans les cendres. On suppose que l'on rentrait la vendange lors de l'éruption. C'est dans ces celliers que l'on trouva, près de la porte, les squelettes de 17 personnes. Elles furent recouvertes d'une cendre fine qui se moula parfaitement sur leurs corps et les différentes parties de leurs vêtements. Malheureusement, lors de la découverte, on s'aperçut trop lard de la perfection de ces empreia-
tes. Un de tes moulages, conservé au musée de Naples, porte l'empreinte admirable du sein d'une jeune femme. Ces squelettes, d'après les bijoux trouvés (V. Musée de Naples, p. 246). semblent avoir appartenu principalement à des femmes. Près de la porte du jardin, on trouva deux squelettes, dont l'un, tenant une clef et ayant prés de lui une centaine de pièces d'or et d'argent et des vases précieux, a été supposé être le maître de la maison, qui abandonnait sa famille dans ce terrible désastre et cherchait à fuir vers la mer.
Tombeaux.
Dans la rue en face de la villa précédente, est le tombeau de la famille de M. Arrius Diomedes (1774), magistrat du faubourg, ainsi que l'indiquent les faisceaux. Ils sont représentés renversés en signe de sa mort.
— Viennent ensuite quelques autres tombeaux.— A l'embranchement des routes, tombeau souterrain, remarquable par sa porte en marbre sur pivots de bronze. — En avant de ce tombeau est une construction qu'on regarde comme un ustrinum, lieu où l'on brûlait les corps.— De l'autre côté de la rue, à dr., en allant vers la porte de la ville, sont des monuments funérairesmieux conservésetplus intéressants. A côté de l'entrée de la villa de Diomède, est un triclinium, où se célébrait le
poMPËi. [route 90 J
repas funèbre {silicemium). — Tombeau de Nœvoleia Tyché .cette affranchie de Julie le fit faire, de son vivant, pour elle et le magistrat G. Munatius, et.
pour ses affranchis et affranchies. Ce tombeau a des bas-reliefs intéressants. L'inscription indique que le bisellium, ou.
siège d'honneur et distinction municipale, a été accordé par les décurions à Munatius. — Tombeau de Nistacidius et de sa famille. — Tombeau de Calventius Quieius (1813), monument d'un beau style; bas-reliefs. On y voit le bisellium. — Tombeau Rond (1812); tour élevée sur une base carrée, dans laquelles'ouvre une petite porte menant au caveau. Un des basreliefs représente une jeune femme déposant un filet sur le squelette d'un enfant. — Beau Tombeau d'Aricius Scaurus. — Près de là, une tête en marbre avec l'inscription suivante : Junoni Tyches Julise Augustse Varier, a donné lieu à de longues dissertations. Quelques-uns traduisent Junoni par : au Génie protecteur de Tyché. Le mot venerea soulève de plus grandes difficultés. Selon M. Fiorelli, ce serait un nom de femme, Vénus étant la patronne de la ville.
De l'autre côté de la rue, en face des tombeaux précédents, sont les restes d'une grande construction que l'on croit avoii été une hôtellerie. On y a trouvé 4 squelettes avec quelque argent, et le squelette d'un âne.
— Traversant de nouveau la rue,
[route 90] POMPÉ I
on trouve les restes d'un vaste enclos qu'on a appelé légèrement la:
Villa de Cicéron — (1764). On !;ait, en effet, qu'il avait une villa à Pompéi. On l'a recouverte après en avoir tiré les principales curiosités. — En continuant à aller vers la porte de la ville, on trouve le :
Tombeau de Porcins et celui de la prétresse Mamia, sa fille.
— Vaste banc semi-circulaire.
De l'autre côté du tombeau, autre exêdre servant de lieu de repos, à la porte de la ville. — Enfin, avant d'arriver à la porte, il ne reste plus à signaler de ce côté qu'une niche voûtée (une chapelle, suivant les uns), désignée vulgairement sous le nom de guérite^ parce qu'on y a trouvé le squelette du soldat de garde à la porte, qui, fidèle à son poste, y chercha un refuge pendant l'éruption, au lieu de s'enfuir avec les habitants.
Il avait la visière de son casque baissée. — Retournant un peu en arrière, on trouve de l'autre côté de la rue et en face de la villa de Cicéron un :
Hémicycle couvert (1811) — avec eièdre ou siège semi-circulaire abrité sous une voûte.
On a trouvé près de là les squelettes d'une femme ayant des bijoux de prix et de trois enfants.
En suivant le côté gauche de la rue, on trouve encore quelques ruines de monuments funéraires sans aucune importance.
PORTR D HERCOLANnM.
Entrée principale de la cité, consistant en 3 arcades bâties en brique et en lave ; les deux latérales, pour les piétons, petites et étroites. Elle se fermait extérieurement, à la manière des donjons du moyen âge, par une porte en bois descendant dans des rainures profondes, encore visibles ; et à l'intérieur, par une seconde porte. Une ouverture située entre ces deux portes permettait de lancer des projectiles sur les assaillants.
— En dedans de la porte, à gauche, sont les rampes qui mènent sur les remparts,
RDE d'HERCOLANUH ^
Auberge d'Albinus (1770). — 1'* maison à dr. près de la porte. On y a trouvé des squelettes de chevaux, des mors, des brides, des fragments de roues de char. Sur un pilastre est sculpté un phallus : ce signe obscène était destiné à conjurer le mauvais œil; on avait conclu d'abord de cette enseigne que c'était un lieu de prostitution. D'après le nombre de petits Priapes en or, en argent,
1 Nous empruntons au plan de M. E. Breton les noms proposés par lui, de rues : de Narcisse, de Modestus, de Fortunala, du Faune et de ruelle d'Eumachia. Il est à désirer que l'on arrête d'une manière précise la nomenclature topograpbique de Pompéi ; car la synonymie qui a commencé à s'y introduire menace de jeter de la confusion dans les descriptions.
264 POMPÉI. [route 90J
en bronze, en corail, qu'on y a 1 lêbres peintures qui décoraient trouvés, il est probable qu'il y ralriuni, avait là un marchand de ce gen-
re d'araulettes. — En face est (un caféy comme on l'appellerait de nos jours), un :
Thermopolium (1769). — On y vendait, comme le nom l'indique , des boissons chaudes.
Fourneau, étagères.
Maison des Vestales (1769).— La double maison à laquelle on a donné ce nom était décorée de mosaïques et de peintures remarquables, mais peu conformes à l'idée qu'une pareille dénomination éveille. Une partie a été transportée au musée de Naples. On lit encore le mot salve sur le pavé du vestibule. On trouva un squelette d'homme dans une chambre, celui d'un chien dans un autre, ainsi que des ornements de femme et des provisions dans la cuisine.
Maison du chirurgien (1771).
— Ainsi nommée d'après les instruments de chirurgie qu'on y a trouvés.
Maison du Pesage (1788). —
— On y a trouvé beaucoup de poids en marbre, en basalte, en plomb, des balances, des pesons. — Un peu plus loin sont deux autres thermopoles. — A l'angle du carrefour est une citerne.
Tournant a p;auche dans la rue de Narcisse, située derrière l';/e(iDsula), ou massif de maisons précédentes, on voit à droite :
Maison des Danseuses (1811), — ainsi nommée d après les cé-
Maison de Narcisse, d'abord d'Apollon (1811), — d'après la célèbre statue de bronze actuellement au musée de Naples; le nom nouveau provient d'une gracieuse peinture de Narcisse.
On a trouvé dans une chambre des instruments de chirurgie, de la charpie et des onguents.
Maison d'Isis et d'Osiris (1815) . — Autel domestique; figure d'Harpocrate commandant le silence. Peintures.
De l'extrémité de la rue de Narcis se revenant sur ses pas dans la rue d'Herculanum, on voit à gauche :
Une boulangerie (1809), — située à l'angle de la maison de Salluste; contenant 3 moulins et un 4» plus petit; le four. etc.
Quand on découvrit cette boutique, le blé, la farine dans les amphores, les vases pour l'eau . . .
tout était encore en place.
Maison de Caîus Sallustius, d'abord é'Actéon (1809). — Une des plus élégantes maisons privées de Pompéi; son atrium passe pour le mieux conservé.
Elle donne sur 3 rues et est entourée de boutiques et de tavernes. A dr. de l'atrium est la portion la plus curieuse de l'habitation, le veneretim, séparé du reste des appartements et ne communiquant avec eux que par une seule entrée gardée par un esclave, ayant sa chambre à côté. Dans la ruelle auprès de la maison, on a trouvé un squelette de femme (peutêtre la sultane de ce harem de
[route 90] l'OH^él.
Poinpéi), ayant 4 bagues à un doigt, et prés d'elle de l'argent monnoyé, un miroir en argent, o bracelets... et trois autres squelettes de femmes, peutêtre ses esclaves.
Four public (1810). —11 contient 4 moulins à bras.
Académie de musique ou maif son du C/iorégfc (1810). — Ainsi nommée à cause des peintures d'instruments et des scènes tragiques qui la décoraient. — De l'autre côté de la rue et eu face de la maison de Salluste est la :
Maison à trois étages (1775- 80). — Élevée sur les anciennes murailles de la ville.
Maison de Polybius (1808-17).
conligxië à la précédente, et ayant aussi trois étages. On croit que ces maisons étaient des hôtelleries. Leurs terrasses descendaient en amphithéâtre sur le rivage.
Ici la rue se divise en deux bran> ches; dans celle de droite, à un angle du carrefour, est la :
Pharmacie ; ^ nn serpent» le génie du lieu, était peint sur le mur externe. On y a trouvé des floles contenant des préparations pharmaceutiques. - Au carrefour voisin sont la taverne de Fortunata et une fontaine.
11 y avait des fontaines placées à presque tous les angles des carrefours. Par sa position élevée sur un monticule volcanique, Pompéi ne pouvait recevoir l'eau qu'au moyen d'un aqueduc*
ITAUE DI/kMANT.
On aiTive ici à la rue des Thermes, qui, continuée sous 2 noms différents, traverse Pooipéi de l'E. à l'O.
et aboutit à la porte de Mola. C'est sur cette rue qu'a son entrée la :
Maison de Pansa (1811-14),— une des plus grandes et des plus belles de Pompéi, forme une île à elle seule. Elle est entourée de boutiques (tabemas) sur 5 rues. Une seule, communiquant avec l'intérieur, servait sans doute à la vente des produits appartenant au propriétaire.
D'autres boutiques forment une boulangerie. Au-dessus du four est sculpté un phallus, avec l'inscription : Hic habitat félicitas. (Ce signe obscène et cette inscription répétée à une maison prés de la porte d'Herculanum ont fait prendre à tort cet endroit pour un lieu de prostitution.) Prés de la porte d'entrée on a trouvé l'inscription : PANSAli JED, l'ARATCS RO-
GAT. On pense que cela signifie :
« Paratus demande Pansa pour édile. » Faute d'avoir compris, on a attribué à Pansa la maison de Paratus qui volait pour lui. — Au fond la maison se termine par un portique à double étage sur le jardin, dont on a encore trouvé les platesbandes indiquées. Dans la cuisine {culina) il y a une curieuse peinture représentant un autel à Fomax, la divinité des fourneaux.—Un peu plus loin sont
Maison de Modesius (1808).
Maison des Fleurs (1809). — Ainsi nommée d'après des pein-
îi6 poMPÊi. [route 90J
tures représeiUaut des nym- 1 dant les éloft'es, ainsi que ta
phes portant des fleurs.
Mous passons maintenant à une autre rangée d'iles parailèie à la précédente et comprise entre la rangée où est la maison de Pansa et la rue de Mercure. Nous visiterons d'abord une île comprenant la maison du Poëte Tragique, la maison du Teinturier et celles de la Grande et de la Pelite-Fontaine.
Maison du poëte Tragique (1824-26). —Type précieux des maisons privées les plus petites et les plus élégantes. Les belles peintures qu'on y trouva ont été presque toutes transportées au musée de INaples : Achille livrant Briséis; le Sacrifice d'Iphijénie ; Léda et Tyndare ; Junon et Thétis conduites par Iris devant Jupiter, etc., ainsi que la curieuse mosaïque du chorége introduisant les acteurs. A l'entrée du vestibule était la (Célèbre mosaïque représentant un chien enchaîné, avec ces mots : Cave canem. Le nom don« né à cette maison provient d'une peinture représentant un homme lisant un rouleau. Le grand nombre de bijoux, de bagues, bracelets qu'on a trouvés fait plutôt présumer que c'était la demeure d'un bijoutier.
Fullonica, — maison du foulon (1826). On y a trouvé tous les ustensiles nécessaires à l'industrie du teinturier-dégraisseur. Ils ont été portés au musée de Naples. Il y avait des peintures représentant des hommes, des femmes et des enfants, plongeant, séchant, foulant, car-
machine à mettre en presse.
Maison de la Grande-Fontaine (1820). — Grotte en mosaïque. — Maison de la Petite- Fontaine.
Maison d'Adonis (1836). — Ainsi nommée d'une peinture représentant Adonis mourant entre Vénus et les Amours.
Maison dWpollon (1858). — Prés des murs de la ville. On y a trouvé deux mosaïques représentant la Querelle d'Agamemnon et d'Achille, et Achille à Scyros. A l'angle d'un xyste est une chambre à coucher à deux alcôves, exemple presque unique.
Nous entrons maintenant dans la rue de Mercure, et allons visiter une nouvelle rangée d'Iles.
Maison d'Inachus et la (1829).
— Le plan dressé par M. Ern.
Breton la place dans l'ile précédente, entre les maisons d'Adonis et d'Apollon.
Maison de Méléagre{iSùO).— Ainsi nommée d'une peinture de Méléagre et d'Atalante. Cet le maison se confond avec la suivante :
Maison des Néréides (1830).
— Ainsi nommée des Néréides, monstres marins, répétés en plusieurs endroits. Ses décorations étaient également trèsfraîches. Beau péristyle de 24 colonnes; une fontaine faisait cascade dans le bassin de l'impluvium ; derrière la fontaine était une table de marbre portée par des griffons. On a trouvé
I ROUTE 90J POMPËf.
dans cette habitation 14 vases d'argent, dont plusieurs d'un poids considérable.
Maison du Questeur ou de Castor et Pollux (1829-30). — Le nom de maison du Questeur ne b'appuie que sur une supposition tirée de deux grands coffres de bois doublés en bronze et garnis de fer extérieurement , où, pense-t-on, étaient déposées les sommes levées par l'impôt , quoiqu'il soit douteux qu'il y eût un «questeur à Pompéi. Ces deux coffres étaient à l'angle d'une petite chambre à gauche du péristyle; et c'est là une singularité à remarquer, que cet emplacement des coffres-forts dans un lieu ouvert et de passage, tel que le péristyle. On y trouva une cinquantaine de pièces d'or et d'argent ; mais ces coffres avaient déjà été fouillés par le propriétaire sans doute, qui perça un mur pour y arriver. Les traces de ces dégâts subsistent encore. — L'entrée principale est sur la rue de Mercure. Cette maison est la plus belle des maisons privées de Pompéi : l'ornementation en est aussi riche que variée.
Taverne et Lupanar (1832).— Celle maison communiquait par une porte avec la maison voisine, dite des Cinq Squelettes^ dont le propriétaire faisait sans doute débiter ici ses denrées ; et U était peut-être encore le leno de cette maison de prostitution (lupanar). Les murs d'une des pièces étaient couverts de peintures obscènes. On
a retrouvé les comptes du taver nier et les écots des consommateurs encore tracés sur les murs.
Maison d*Atnymone et Neptune (1826-31). - Nom donné par quelques descriptions à la maison des Cinq-Squelettes dont il vient d'être question.
Maison de V Ancre (1826-1830).
— Ainsi nommée d'après une mosaïque représentant une ancre, à l'entrée du vestibule.
La dernière maison à l'angle de la rue de Mercure et de la rue d.; |y Fortune est là :
Maison de Zéphyr e et Flore.
(1827). —On y a trouvé des objets d'art. On a transporté au musée de Naples une peinture représentant Zéphire et Flore ou Bacchus et Ariane.
Tournant ici dans la rue du faune, nous visitons, dans la dernière Ile découverte de ce côte, les deux maisons suivantes :
Maison du Faune (1829-31).
Une des plus grandes et des plus somptueuses de Pompéi.
Au lieu de peintures, la décoration consistait en mosaïques.
C'est ici qu'était la célèbre mosaïque DE LA BATAILLE d'IsSLS, la
plus grande qui ait été découverte ( Y. p. 243) ; le Faune dansant, et beaucoup d'objets mobiliers, d'ustensiles en bronze d'un travail précieux, et de bijoux de femme en or massif, qui sont actuellement au musée de Naples.
Maison du Labyrinthe (1830). — Ainsi nommée d'une mosaïque de Thésée tuant le Mino-
taure, qui formait le pavé d'une des pièces.
Ici se termine l'examen des principales maisons des six rangées d'îles comprises entre les murailles et la porte d'Herculanum au N., les rues des Thermes et de la Fortune au S., la rue d'Herculanum à l'O., et à l'E.
la rue allant de la porte du Vésuve au théUre. La 7» rangée d'îles (sur la rue de la Fortune) n'était, récemment, encore louillée qu'au commencement. — Si l'on entre dans la i qui la sépare de l'Ile suivante, on trbuve dans celte dernière le :
Grand Lupanar ^ — découvert en 1845 devant les savants du 7" congrès italien. L'obscénité des nombreuses inscriptions g:ravées à la pointe sur toutes les murailles, et qui sont presque toutes illisibles aujourd'hui, uc laisse aucun doute sur la destination de cette habitation.
— A côté est la :
Maison de Vimpératrice de Russie^ découverte en 1846 en sa présence.
Revenant dans la rue de la Forltine (prolongement de la rue des Thermes, et la suivant jusqu'à celle de Nola^ autre prolongement de la mémo rue), on trouve à Tentrée de la rue de Nota, la:
Maison du Taureau debronze,
— touillée en 1857, et ainsi nommée d'un petit bronze qu'on y a trouvé.
Au delà en approchant de la porte de Nola, la rue est bordée d'une suite de petites boutiques et de maisons qui, récemment encore, n'étaient pas dégagées.
Porte de Nola (1812) ou d'/«is
?Éï. [route 9ôj
— d'après une tète d'Isis, sculptée sur la clef de l'arcade, avec une inscription osque ou samnile, écrite de droite à gauche.
Revenant en arrière au carrefour [quadrivium] formé par le croisement de la rue allant à la porte de Nola avec celle allant de la porte du Vésuve au théâtre, nous entrerons à gauche dans la rue du quadrivio délia Fortttîia. Sur le côté gauche de la rue, nous trouvons :
Fabrique de produits chimiques. — Désignation bien moderne pour une officine antique.
Maison de M, Lucretius, dite des Suonatrici (1847). La plus importante qui ait été découverte à Pompéi depuis celle du Faune. Les musiciennes (suonatrici) peintes dans le prothy* rum, et parmi lesquelles est une femme jouant de la double flûte, expliquent un des noms donnés à cette habitation. La principale curiosité est la disposition singulière du xyste en terrasse, élevé de prés d'un mètre au-dessus du sol, et formant au fond du tablinum une sorte de petit théâtre de marionnettes dont les acteurs sont figurés par une foule de petites statuettes de personnages et d'animaux, sans proportion entre elles. Au fond est une fontaine avec une niche en mosaïque et en coquillages, et sa jolie statuette, appuyée sur une outre d'où s'échappait l'eau qui retombait en cascade sur des degrés de marbre. Tout cela forme un ensemble de rococo an-
[route 90] POMPÉI. 269
tique très-curieux. On a retrou- 1 Maison des Savants {degli Scienvé sur l'adresse d'une lettre le | zati), fouillée en 1845 en présence des membres du 7* congrès italien. — Maison de l'Empereur de Russie, déblayée en 1845 devant Nicolas I".— Revenant un peu sur ses pas, on trouve au coin de la ruelle d Eumachia une fabrique de savon, et en face : la maison du Roi de Prusse (1822).
Revenant sur ses pas par le vico Storlo, et tournant à gauche dans la rue de la Fortune, on trouve la :
Maison de la Chasse (1832). — Ainsi nommée d'après une peinture représentant une Chasse à l'amphithéâtre. On y a trouvé une grande quantité d'oeufs.
Maison d'Ariane. - Ayant un vestibule et un atrium sur deux rues, de la Fortune et des Augustals.
Maison du Grand-Duc de Toscane (1832). — On y a trouvé une peinture représentant Antiope, Dircé et le Taureau (V. p. 240).
Maison des chapiteaux à figures, — Ainsi nommée d'après les belles têtes de Faunes et de Bacchantes sculptées sur les chapiteaux des pilastres de la porte d'entrée. — Derrière cette maison, sur la rue des Augustals, est uii€ boutique de pâtissier avec un four à réverbère.
On y a trouvé une sorte de couronne et de brioche qui sont au musée de Naples.
Rue du Forww, — nom préférable à celui de rue de la Fortune^ donné par quelques-uns
nom de l'heureux propriétaire de ces joujoux. Il était flamine de Mars etdécurion de Pompéi.
Maison de l'archiduc de Toscane (1851). — 3 boutiques occupées parun marchand de couleurs; moulins pour les broyer, plus petits, mais de la même forme que les moulins à farine. On y a trouvé 14 squelettes. — A côté est la :
Maison de la fontaine de l'Amour (1850). — Sur un des piliers, images phalliques. —Parvenu à l'extrémité de la rue, l'on trouve, au coin de la rue de r Amphithéâtre, la :
Maison d' Iphigénie {iS^Z-i%U), — On y a trouvé des peintures et une statue de bronze. — Retournant maintenant sur nos pas, nous trouvons, de l'autre côté de la rue, des :
Bains — qu'on a commencé à déblayer. — Maison des princes de Russie, fouillée en 1851 en présence des fils du czar. — La maison du double laraire.
Revenant mx carrefour de la fortune, nous tournons à gauche et arrivons un peu plus loin à une ruelle étroite et tortueuse, dite vico Storto , dont les maisons avaient la plupart, à l'entrée, un phallus et des lanternes en terre cuite. La multiplicité des peintures obscènes dans les boutiques et les maisons a fait supposer atix antiquaires que c'était ici le quartier des courtisanes. On voit ici la :
Maison de l'Amour puni (iSii).
— Maison des Qtiadriges (1844).
maison lies \iuuui^ye» yM.ot'k). *'*i*^i """ — r— i — • Maison de Mercure (1845). - | et qui est déjà celui de la rue
voisine. €ette rue, prolongement de la rue de Mercure, va au Forum. Les deux choses principalement remarquables de cette rue sont (outre l'arc de triomphe qui en marquait l'entrée et correspondait avec celui de l'entrée du Forum) le temple de la Fortune, d'où lui vient son nom, et les bains publics, dont les portiques la bordent à droite.
Jusqu'ici, dans tout le quartier que nous avons parcouru, nous n'avons rencontré que des maisons privées; celui où nous allons pénétrer maintenant contient des édifices publics.
Temple de la Fortune (1843).
— Petit temple corinthien, bflti par Marcus 'Tuliius.le duumvir, parent, ancêtre peut-être de l'orateui.
Thermes ou bains publics (1824). -- Quelques maisons privées de Pompéi possèdent des bains. Mais l'usage des bains comme moyen d'hygiène publique, si répandu chez les Romains, en cela bien supérieurs à notre époque de civilisation plus vieille cependant de 18 siècles, devait faire supposer qu'on trouverait à Pompéi un pareil établissement d'utilité publique. C'est ce qui arriva en effet :
ces bains situés près du forum, dans le quartier le plus fréquenté de la ville, sont peu étendus, et entourés de boutiques. Ils sont divisés en deux parties séparées. Tune plus grande pour les hommes, l'autre pour les femmes. Les en-
POMPÉl. [route 90?
trées, donnant sur trois rues, aboutissaient directement ou au moyen de corridors à un atrium à portique, ou ambulacrum, autour duquel étaient des sièges pour les baigneurs. De l'atrium un corridor menait au vestiaire {apodyterium), garni de trois rangées de bancs et présentant dans le mur des cavités pour des portemanteaux.
De là on passait dans une petite salle ronde, bien conservée, ou bain froid (frigidarium), éclairée par en haut. On pouvait également passer directement dans la chambre chaude {tepidariuvi), dont la température douce servait d'intermédiaire entre les bains de vapeur et les bains froids. Cette salle, voûtée et richement décorée de médaillons à ornements et à figures en stuc, est bien conservée.
Sa belle frise à rinceaux, les nombreuses figures de Télamons en terre cuite et coloriées qui supportent Tentablement et laissent entre elles des niches où l'on mettait sans doute aussi le linge de bain, tout ce bel en* semble décoratif fait de cette s.-ille une des plus intéressantes curiosités de Pompéi. Elle est éclairée par le haut. Une fenêtre vitrée à châssis de bronze permettait de ralrnichir la température de la salle à volonté.
Au milieu était un grand brasier en bronze, avec trois bancs en bronze. Du tepidarium une porte conduisait au bain chaud {caldarium). Un bassin en marbre blanc était à une des extré-
[route 90] POMPÉl.
mités ; et à l'autre, au milieu d'un hémicycle, un vase destiné à Teau bouillante d'où s'échappait la vapeur. Les murs autour de la salle, ainsi que le pavé, étaient creux et communiquaient avec les fourneaux.— L'autre partie des bains, séparée et plus petite, était peutêtre destinée aux femmes.
Adossées aux Thermes et sur la rue des Augustals sont : la boutique du Laitier, et tout à côté une :
École de Gladiateurs. — Ainsi nommée légèrement d'après une peinture murale représentant un combat de gladiateurs.
On lit au-dessous cette inscription curieuse, adressée aux gamins de Pompéi et tenant lieu de notre défense de... sous peine d'amende:
ABIAT (habeat) veneue pomi'Eiiana
IRADAM QUI nOC L.EjERIT.
« Qu'il soit en bulte à la colère de Vénus, protectrice de Pompéi, celui qui endommagera cette enseigne. » — On voit, dit M. E. Breton, que les peintres d'enseignes de l'antiquité n'étaient guère plus forts sur l'orthographe que les nôtres.
QUARTIEn DU FOP.DM.
Arcs de triomphe (1823), — à l'entrée du Forum et à l'extrémité de la rue de Mercure. Ils sont bâtis en briques et en lave recouvertes de marbre. On pense que le second était surmonté d'une statue équestre en bronze
d'après les fragments trouvés dans les ruines. — Un autre arc moins important est sur le côté du Temple de Jupiter.
Forum civile (1816). — Chaque ville avait au moins deux forums : le forum civile, affecté aux tribunaux, aux réunions politiques, et le forum vénale, servant de marché. — Le forum de Pompéi, pavé de marbre, était entouré sur trois côtés de portiques à colonnes doriques de marbre blanc. Au-dessus de ces portiques étaient des terrasses auxquelles on arrivait par des escaliers étroits et roides, s'ouvrant en dehors de l'enceinte. Cette place était décorée de statues; plusieurs piédestaux subsistent encore. Le forum, ruiné par le tremblement de terre de 63, était en pleine restauration au moment de l'éruption. — Nous allons passer en revue les divers édifices autour du Forum.
Temple de Jupiter (1816-17).
— Il occupe l'extrémité du Forum et est élevé sur un soubassement (pocfium), ce qui est un des caractères propres aux temples de Pompéi. On y montait par une suite de gradins flanqués de statues colossales. Le portique, d'où l'on a une belle vue, avait 12 colonnes corinthiennes (6 en façade). Il parait que ce temple était en réparation au moment de la catastrophe. L'intérieur de la cella avait un double rang de colonnes ioniques. Les murs étaient peints ; le rouge et le noir étaient les
couleurs dominantes.
On y a trouvé une tête colossale de Jupiter avec les cheveux et la barbe colorés en rouge.
Prisons (1816). — A l'O. du temple de Jupiter. On y a trouvé 2 squelettes ayant aux jambes des entraves de fer.
Grenier public ? (1816).— Construction étroite bordant la place, entre les prisons et le temple de Vénus. Son nom lui vient des poids et mesures qu'on y a trouvés et qui sont au musée de Naples.
Temple de Vénus (1817). — xCe temple, le plus vaste de Pompéi, était très-probablement consacré à la déesse protectrice de la ville, dont on retrouve le nom dans de nombreuses inscriptions, avec les surnoms de Physica et de Pompeiana. Il était entouré sur ses 4 côtés de portiques soutenus par 48 colonnes doriques, mais converties en corinthiennes au moyen du stuc. On y a trouvé les statues en marbre de Vénus et d'Hermaphrodite. Les peintures des portiques représentaient des sujets d'architecture, des paysages, des grotesques se référant aux superstitions égyptiennes.— Aux angles du portique faisant face à la basilique, étaient des bassins d'eau lustrale.
Basilique (1817). — Ce monument, un des plus grands de Pompéi, était précédé d'un vestibule aligné sur le Forum. On montait quelques degrés pour entrer dans l'intérieur de la basilique. Au centre la nef était à
POMPÉI. [route 90]
ciel ouvert; elle était entourée de péristyles formés de 28 colonnes ioniques. Au fond de la basilique, la tribune des duumvirs ou juges était élevée audessus du pavé de la nef; il n'y a pas de traces de marches pour y monter. Ce monument conserve des traces de dégradation qui attestent qu'il a été fouillé après l'éruption. Les murs portaient un grand nombre d'inscriptions tracées par les plaideurs et les avocats entre les heures d'audiences. On y inscrivait aussi l'annonce des spectacles. Voici une de ces annonces : N. Festi Ampliati, Familia
GLADIATORIA, PDOIfA ITERDM PCGKA XVI K. JDN. VENAT. VELA. « La
troupe de gladiateurs de N. Festus Ampliatus combattra à outrance le 16 des kalendes de juin. H y aura une chasse et l'on dressera les voiles. » (Le velarium, V. Théâtre, p. 277.)
Tribunaux elaerarium (1817).
— Ces trois petits édifices, faisant face sur le Forum au temple de Jupiter et terminés par un hémicycle, sont considérés : celui du milieu comme le trésor public, à cause de la quantité de monnaies d'or, d'argent et de cuivre qu'on y a trouvées, et les deux autres commodes tribunaux. — AuS.-O.
et longeant la basilique sont les :
Maisons découvertes par le général Championnet (1799>, dans une situation agréable d'où la vue s'étend sur Sorrente et la mer. Les bijoux trouvés
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sur quatre squelettes de femmes bras, ont été portés à Paris.
École publique. — Bâtiment carré faisant face à la basilique.
Édifice d'Eumachia (1821). — Vaste édifice dans la (orme des basiliques, entouré de trois c6tés d'une galerie intérieure. Il avait un péristyle formé de 48 colonnes en marbre de Paros, d'un beau travail. Ces colonnes ont été presque toutes enlevées par les habitants, sans doute après l'éruption. Suivant une inscription conservée au musée de riaples, la prétresse publique Euniachia construisit ici, à ms frais, un chalcidique (mot dont l'interprétation est obscure), une cryptç et des portiques. On a trouvé la statue que lui avaient élevée les foulons, avec l'inscription : < Edmachlc