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CATANE

Gatane — {Catania), nom provenant du grec »«t' At-cvà (audessous de l'Etna), chef-lieu de la province. — 70,000 h.

Gatane, colonie grecque fondée au vn« s. avant l'ère chrétienne, a du rapport avec Portici, situé comme elle au pied d'un volcan; toutes deux, au bord de la mer, sont construites sur plusieurs lits de lave et menacées de la même cause de destruction. Un tremblement de terre, en 1169, bouleversa la ville et engloutit 15,000 h. En 1543, Gatane souffrit d'un tremblement de terre; de 1573 à 1578 et en 1C24, elle futafdigée de la peste. En 1669. elle lui en partie envahie par les laves de l'Etna. Ce qui avait été épargné fut renversé par le tremblement de terre de 1693; 18,000 personnes périrent. Plusieurs maisons tombèrent encore en 1828. En 1857, le «holéra enleva plus de 7,000 individus.

Rues. — La ville est traversée du N. au S., dans toute sa longueur, par la strada Etnea, ainsi nommée parce qu'elle a pour perspective le cône de l'Etna ; elle a près de 5 ktl. de longueur. Elle se continue (à partir de la place Stesicorea) par la strada Stesicorea, la rue la plus large de la ville, et elle aboutit à la place degli Studj, puis à la place du Dôme, dans le voisinage du port. Les prin-

cipales rues transversales sont' en s'avançant du S. au N. : l' la strada Ferdinanda (aujourd'hui Garibaldi), allant seulement de la place du Dôme à la place Ferdinanda, et aboutissant à la porte del Fortino, entrée de la ville du côté de Palerme et de Syracuse; — 2" la strada del Corso, la plus longue rue transversale de Gatane, coupant la place du Dôme et aboutissant à l'E. à la place dite largo délia Statua ; — 3' la strada de' Quattro Cantoni, à peu près parallèle au Corso, et coupant la rue Stesicorea.— Une rue dile délia Vittoria, rue formant un demicercle, contourne la partie 0.

de la ville. Elle part du voisinage du port. Elle prend le nom de strada del Galazzo et coupe les rues Garibaldi et le Corso, puis celui de strada délia Botte delV Acqua, et elle passe sur la courant de lave de 1669.

Plaoes. — Piazza del Duomo.

C'est là que s'élèvent la cathédrale et le palais de la Commune; les principales rues delà ville en partent. .\u milieu, fontaine de l'Éléphant (p. 338). — Piazza degli Studj, dans la rue Stesicorea ; bordée à l'O. par l'Université. — Piazza Stesicorea {ou di porta d'Aci), dans la même rue; à son extrémité C, est l'amphithéâtre; au N., l'hôpital; à l'E., le palais Villahermosa. — Piazza del Borgo, au milieu de la rue Etnea.— Piazza délia Statua (à l'extrémité 0. du Corso), esplanade dominant la mer, avec une colonne antique

surmontée de la statue de sainte Agathe, patronne de Gatane. — Piazza del Carmine{k quelque distance à l'E. de la place Stesicorea). Fontaine ornée de chevaux marins.

Jardins. — Charmant jardin sur la place du port. V Amenano, après avoir passé souterrainement sous Catane, ressort pour embellir le jardin. — Autre jardin ou square, appelé la Flora^ à la place Siesicorea, en face de l'église Sainte-Agathe.

—Le Lafryriw^/ie, troisième jardin plus étendu, situé au iN. de la rue Stesicorea. — Jardin botanique^ situé au N. du jardin public, sur le côté 0. de la rue Etnea; nouveau et très -bien tenu.

Catane, quoique plus petite que Messine et Palerme, est considérée par plusieurs comme la plus belle ville de la Sicile. Elle va devenir le centre de tous les chemins de fer siciliens.

Catane compte 103 églises et des couvents très-nombreux.

Antiquités.

Amphithéâtre. — On en retrouve les vestiges à l'extrémité de la place Stesicorea. 11 est en partie recouvert par la lave et enseveli sous les constructions de la ville. On a calculé qu'il pouvait contenir près de 16,000 spectateurs. — Au S. de l'amphi théâtre est le :

Théâtre, — construit sur le penchant d'une colline, au milieu de la ville (slracla del Tea-

R. \%. — CATANK. [sICILE]

Iro greco, n« 21). Il paraît avoir été de construction romaine. — Il y a aussi des restes de bains,

des TOMBEAUX, ctc.

Éerlises.

Cathédrale — dans le voisinage du port. Fondée en 1091 ; déti uite par un tremblement de terre en 1169; dédiée, après le tremblement de terre de 1693, à sainte Agathe, née en Sicile au m" s., martyrisée par l'ordre d'un préteur romain qui lui fit arracher les seins. Elle reçoit à Catane, qui l'a prise pour patronne, les mêmes respects que saint Janvier à Naples et sainte Rosalie à Palerme. — La façade est de 1757. — Fresques de la voûte et des murs du chœur, par Corradino (1628). — Tombeaux de Frédéric II d'Aragon (11537); de Frédéric 111, etc.

Sur la place de la cathédrale, fontaine de marbre surmontée d'un éléphant de lave portant un obélisque en granit rouge d'Egypte ; monunKut élevé (1756) en l'honneur de Charles de Bourbon, roi des Deux-Siciles.

Éguse Samta Maria di JesO — (au N.-O., hors de la ville).

Groupe de la V. et l'Enfant, par Gagini, âgé de vingt ans. Petite madone, peinte par Antonello de Messine (1497).

Santa Chiara — (rue Garibaldi, 43), coupole elliptique peinte par Olivia Sozzi.

Cf^NVEMTO DI S. BkNEDETTO —

(largo San Nicolà, 32). Vaste et m^^nifîque édifice, reconstruit

[sigilb] R. IS.

après le tremblement de terre de 1693, ressemble plutôt à un palais qu'à une retraite de moines.— La COUPOLE de celte église est la plus élevée de Catane.

— Les cLoiTRBs sont splendides.

Un jardin curieux est élevé à la hauteur du deuxième étage sur la lave qui avait envahi le premier jardin. Très-belle vue sur l'Etna et les monti Rossi. — Musée fondé par deux moines de l'ordre etouvert en 1758. —Bibliothèque de 20,000 volumes.

Plusieurs manuscrits curieux.

— Les femmes ne sont pas admises.

PikLAzzo Senatorio — (pUcc du Dôme). Un Saint Christophe attribué au Monrealese.

Université. — Universita degli Stddj, — (rue Stesicorea; place des^li Stu(|j). — Bibliothèque, au 1" étage (ouverte dans la matinée); au 2* étage, collections d'histoire naturelle, désignées sous le nom de :

Cabinet Gioenio. — Pour le visiter, il faut s'adresser, dans le palais de l'Université, au secrétaire.

Musée Biscarl — (près et à l'E. du port), fondé par le prince de Biscari, dont l'esprit éclairé et la libéralité ont été vantés par tous les voyageurs en Sicile au XVIII" s. — Une salle renferme de nombreux articles de bronze. — Galerie; les murs sont couverts d'inscriptions et de mosaïques; statues, bustes, bas-reliefs; torse de Jupiter Olympien, un des plus beaux morceaux du musée.

- LETNA. 359

Collections particoliIres : Cabinet Recupero — (strada Quat- Iro Cantoui, 114). Tableaux, vases, monnaies. Collection minéralogique. — Cabinet Ferrara (strada Sant' Antonio, 23) ; 2,600 médailles grecques et modernes.

Asoension de l'Etna.

Les mois que l'on choisit ordinairement pour monter à l'Etna sontjuillet, août, septembre et octobre. Les personnes habituées aux courses de montagnes peuvent faire le trajet depuis Nicolosi et revenir en 9 h.

C'est ordinairement de Cabane que Ton fait l'excursion de l'Etna en passant par Nicolosi :

fiicolosi — (689 met. au-dessus de la mer) {nouvel hôtel de l'Etna , tenu par Galvagna ) ; bourg fort triste, bâti en lave noire et situé au milieu d'une plaine de cendres. Au delà de Nicolosi commence le désert.

Ce bourg, de 2,717 h., touche le pied des deux cônes volcaniques nommés monti Rossi, à cause de la couleur des scories qui les recouvrent. — M. Gemellaro, frère de l'antiquaire et géologue du même nom, a fait un Guide de l'Etna bon à consulter. On peut s'adresser à lui pour avoir un bon guide. — On trouve à Nicolosi des mulets, et on fait bien de se prémunir de vêtements chauds ; le froid, qui va en augmentant à mesure qu'on s'élève, est quelquefois insupportablCr

R. 12. — CATAiNE. — ETNA. [sICILE]

lui de l'ombre de l'Etna proje-

té Catane à Kicolosi, une voilure à deux chevaux. 1:} t'r. — On peut y aller à mulet (2 h. 1/2, 3 h.) : le conducteur doit attendre jusqu'au lendemain (1 h.) pour reconduire le voyageur à Catane.

— De Nicolosi à VEina, le mulet coûte, aller et retour, 5 fr. Le guide, 8 fr.

On peut, pendant les beaux mois, se rendre dans la soirée à Nicolosi, en repartir et monter pendant la nuit. —A un peu moins de 3 h. de marche depuis Nicolosi, on s'arrête â la casa del Bosco. De là, gravissant une suite de pentes, on atteint en 3 h. environ le piano del Lago, plateau incliné qui forme l'épautement de l'Etna. C'est là qu'est la casa degli înglesi (2,957 met.), ainsi nommée parce qu'elle fut construite, en 1811, au moyen de souscriptions par des officiers anglais.

Celle cabane, détruite par une chute de pierres pendant l'éruption de 1863, a été rebâtie depuis. T- C'est à partir de la casa degli Inglesi que commence l'ascension de la pente trés-roide du dernier cône. Jusqu'au bord du cratère, environ 1 h. 20 min. de marche.

En redescendant, on fera bien d'aller visiter le val del Bove (donl il est parlé dans l'appendice suivant), d'un aspect sauvage et grandiose.

Du haut de la pyramide élevée de l'Etna, la vue s'étend sur toute la Sicile. Un spectacle curieux, au lever du soleil, est ce-

lée sur la Sicile.

▲PFENDICK

Le mont Etna (appelé par les Arabes Djebel, montagne; d'où Mongibello) est le volcan le plus élevé de l'Europe. Sa hauteur varie avec celle du cône qui le termine, et qui est modifiée à chaqueéruption.Sir J. Herschell estime sa hauteur à 3,313 met.

Le pourtour inférieur du volcan, deux fois plus considérable que celui du Chimborazzo, forme un cercle irrégulier qui n'a pas moins de 180 kil. U bouche de l'Etna n'avait en 1865 que 500 met. de largeur.

Du Piano del Lago se détachent à l'E. deux crêtes étroites, presque tranchantes, qui font partie de la gibbosité centrale et embrassent, comme deux bras, le grand précipice connu sous le nom de Val del Bove, cirque elliptique d'environ 7 kil. de diamètre, et entouré de trois côtés par des falaises verticales de 300 à 97,^ met. de hauteur. Les couches volcaniques de ces falaises sont traversées par des milliers de coulées verticales plus ou moins obliques de trachy te, de basalte.

C'est dans le piano del Lago que se trouvent la casa degli Inglesi et la torre del Ftlosofo (2,885 met. au-dessus du niveau de la mer), petit édifice errec ou romain dont il reste quelques assises en briques et en

R. 13. — DE CAtANfe A TAORMtNE.

[SICILEJ lave taillée. On a dit qu'il avait été habité par Empédocle, qui se précipita dans le cratère, environ 400 ans avant J.-C. On croit que c'était plutôt un belvédère bâti pour l'empereur Adrien , lorsqu'il monta sur l'Etna.

Une des particularités de l'Etna, c'est la multitude de cônes ou volcans secondaires répandus sur ses flancs, et dont quelques-uns ont des dimensions considérables.

Éruptions. — Une des plus désastreuses fut celle de 1669.

Près de Nicolosi, détruit par un tremblement de terre, il s'ouvrit deux gouffres d'où sortit une telle quantité de sable et de scories, que , dans l'espace de trois mois, ils formèrent une double montagne {tnonti Rossi) de 137 met. de haut. La lave sortie des monti Rossi parcourut 24 kil. et mit 46 jours pour atteindre les bords de la mer. — La lave, après avoir envahi 14 villages, finit par s'avancer jusqu'aux murs de Catane, distante de l'Etna de près de 16 kil. ; le 50 avril, après s'être amoncelée contre les remparts ; elle se déversa par-dessus, renversa 40 met, de murs et entra par cette brèche. Le 8 mai elle s'arrêta, après avoir brûlé 300 maisons quelques églises et le couvent des bénédictins. Cette éniption de H>6U avait couvert 5 ou 6 lieues carrées d'une couche de lave, épaisse, sur certains points, de 53 met., et détruit les habi-

talions de 27,000 personnes. La violence du volcan dura 4 mois et demi.

ROOTE 13.

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