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MESSINE

ilEssiKE — Zancla (du grée Zanclos, faucille, soit à cause de la tradition mythologique de la faux de Saturne, soit à cause de la forme du rivage), une des plus anciennes colonies grecques en Sicile. Des Messéniens lui donnèrent le nom de MES^ENA ou Messina. — Elle a été plusieurs fois ravagée par la peste et les tremblements de terre. Celui de 1783 fit périr plus de 40,000 personnes sous les décombres à Messine et aux environs. — Capitale de la province à laquelle elle a donné son nom ; elle s'étend en amphithéâtre au bord de la mer et, rebâtie à neuf, elle a un air d'aisance et de propreté qui étonne quand on vient de faire le tour de la Sicile.

Pour contempler Messine et le détroit dans toute leur beauté, il faut monter sur la plateforme de l'église San Gregorio.

On y monte de la place du Dôme.

Messine, en y comprenant ses faubourgs, est traversée par cinq torrents descendant de collines,

et qui exercent quelquefois des ravages. Elle est parcourue, dans une partie de sa longueur, par deux grandes rues : la Strada Garihaldi (jadis Fcrdinanda), longue deprés d'un mille et parallèle au quai; et le Corso, rue de plus en plus divergente et formant un angle avec la première. Au bout de ces deux longues rues, l'on aperçoit les mamelons verdoyants des monts Pelores. D'autres rues coupent celles-ci à angles droits et viennent aboutir sur le port par autant de portes, ménagées dans les arceaux de l'ancienne Palazzata, à travers lesquelles brillent les eaux bleues de la mer.

Les autres belles rues sont la Strada Primo Settembre (jadis d'Àustria) et la Strada Cardines (Giudecca). Le quai {la Marina), long de plus d'un mille, est bordé de belles constructions d'architecture uniforme, mais inachevées. C'est dans cette rangée d'édifices (endommagés par le bombardement de 1848), que s'ouvrent i9 arcades communiquant par autant de rues avec la strada Garibaldi. Au milieu s'élève le Palazzo di Citta Pobblico). En avant de ce palais est placée la fontaine de Neptune tenant enchaînés deux monstres, Charybde et Scylla, par le Florentin Angelo Montorsoli (1557).

Le port, un des plus vastes et des plus sûrs de la Méditerranée, a une entrée assez étroite, défendue par le fort de San Salvatore et extérieurement par celui de la Lanterne. Une digue

DB CATANE A HKbSINE. [sICILE]

naturelle de terre, décrivant un demi-cercle et appelée il hraccio di San Raniero (bras de St Renier), protège le bassin. — Le peuple de Messine se livre beaucoup à la pêche. Celle de l'espadon {pesce-spada) est trèslucrative. Elle se fait en mai et juin.

Au milieu de l'isthme qui s'étend en demi-cercle devant la ville s'élève la :

Citadelle, — construite, en 'Ï680, par ordre de Charles II d'Espagne, après une longue révolte des habitants. Elle peut contenir une garnison de 4,000 hommes. C'est le dernier point qui tint pour le roi de Naples François 11 : elle ne fut remise à Victor-Emmanuel que le 25 février 1861. —Les traces du bombardement sauvage infligé à la ville en 1848 (bombardement qui valut au roi de Naples le sobriquet de Bombai sont en partie effacées aujourd'hui.

Places : — Piazza del Duomo, au centre de la ville ; entourée d'édifices réguliers. — Au N. de celle-ci. dans le Corso, est la Piazza Annunziata, au milieu de laquelle s'élève la statue en bronze de don Juan d'Autriche, par le Messinois Calamech (lâ7S).

— Plus au N. encore, au point de rencontre des rues du Corso et Garibaldi, est la Piazza San Giovanni, vulgairement appelée la Flora, à cause du jardin du Square.

Cathédrale — (Santa Maria Ndova) commencée par Roger (1098) et terminée par son fils.

La façade est d'un style pitoya> ble. 26 coJonnes monolithes antiques, rongées par le temps et mal assorties, soutiennent la charpente du plafond. Une coupole s'élève à l'intersection de la nef et des transsepts. — La méridienne, indiquant la position du soleil pour chaque jour de l'année, a été terminée en 1804. Les demi-couix>les des absides sont couvertes de mosaïques du temps de Frédéric d'Aragon. — Fonts baptismaux ; la mosaïque est attribuée à Gaddo Gaddi. — Les fresques des murs de la nef sont d'An/. Bova (xvi* s.). — Figure sculptée de St*Jean (prés de l'entrée) par Ant. Gagini; tombeau de 5 archevêques de Messine, recouvert d'une espèce de dais de marbre blanc porté par douze colonnettes.

Sur la place du Dôme est une fontaine par frà Angelo Montorsoli (1547); elle est ornée de nombreuses sculptures.

R. 14. — MESSINR.

Éfflisea.

Sakt' Anprea Avellino — (de' padri Teatini) (sur la place de la Flora) : Ecce Homo, peinture remarquable du Caravage; un St André, de Sebast. Conca.

Santa Anna. — 'Petite église du xvii*s. 1'* chapelle à dr., Madone avec St Bernard et St Benoit, par Ant. Bova; chapelle opposée, la Y. immaculée, attribuée à Antonello de MessineC!).

Anndnziata dk' Teatini — (Corso), de 1660. Peintures de Giusepi>e Paladino; Filip. Tancre-

di: And. Suppa; Giov. Fulco; Giov. Bait. Quagliaia ; van Houbraken.

Chociperi — (place GaribaU di); au maltre-autel : Résurrection de Lazare, par Michel-Ange de Caravage.

San Francesco d'Assisi — (près de la porte Boccetta), du xiii* s.; gâtée par la restauration de 1721. Statue de la Vierge et la Vierge dello Spasimo, bas-relief par Anton. Gagini. St François ^recevant les stigmates, peinture de Salvatore di Antonio, père d'Antonello de Messine. Fresques de Taccari, de Filip. Tancredi, de Rodriguez, de Vinc, Anemolo..,, peintures de Catalano.

Sa.>( Francesco de' Mercanti — (au-dessus de la place duDôme), de 1626. Sur l'autel, peinture très -remarquable de Bartol.

Schidone, représentant la Mort de S t François.

San Francesco di Paola — (hors de la Porta Reale Bassa). xvi* s.

Peinture d'Ono/rto Gabriello,de Messine, et un St Sépulcre par Alf. Franco, peinture considérée comme une des meilleures de Messine.

San GiOACCuiNo — (rue du Monte-di-Pietà), de 1645. Tableaux des peintres G. Tuccari, Giamb.

Qtiagliata, messe de St Grégoire (1639) ; Mort de St liilarion.

A'Agoit. Scilla.

San Giovanni decollato — (en dehors de la porte Boccetta).

Mort de St Jean, par Michel-Ange de Caravage.

San Gil'S>ppe— (Piano delPa-

lazzo Beale, au S. de la ville); un tableau de Polydore de Çaravage; St Joseph et l'Enfant Jésus.

San Grbgorio (1542), dans une situation élevée; richement ornée de marbres et de mosaïques. Transsept du S., la V. du Garrael et des Saints, par le Guerchin; St Grégoire et des anges, par Barbalonga; transsept du N., St Benoit, St Placide

I^E GATANE A MESSINE. [SICILeJ

vol. — Cabinet d'histoire natu-

et St Maur, brillante peinture ra. — Belle vue sur la ville et

à'Antonello Ricch. Au parloir, cinq peintures dont une, représentant la Madone, est signée :

Antonello da Messina (1473).

Santa Maria della Sca^a — (à rO. de la ville), xtv» s. « Mélange d'architecture grecque, arabe et normande ; » reconstruite au XVI» s.— Une Madone, médaillon en relief, de Luca della Robbia.

San Niccolô — (Corso, prés de la Poste), XVI' s. Présentation au temple, par Alibrandi (1519).

La Pietà. — Sur le mailre-autel, une Pietà, peinture estimée d'Ant. Barbalonga.

Spirito Santo — (hors de la porte Ciaera), 1" autel à dr..

Descente du St Esprit, un des meilleurs ouvrages d' Antonello Riccio. Sur un autel voisin, une Vierge, sur fond d'or, attribuée à Antonello de Messine (9).

San Stefano — (hors de la porte Boccetta), où furent enterrés les Français lues aux Vêpres siciliennes; quelques tableaux de l'école de Polydore de Caravage.

Université — (dnivbrsita degli stum). — Bibliothèque de 20,000

relie, de minéraux; collection d'ornithologie et de coquilles siciliennes. — Quelques fragments de sculpture et d'architecture.

— Galerie de peintures. Colléetion peu importante : Antonello de Messine, une Madone priant ; son dernier ouvrage exécuté à tempera.

Promenades. — Rue du Corso et le petit square de la Flo>

les environs du haut du monte de' Cappucini, et depuis le té> légraphe {V. plus bas). On recommande surtout cette dernière excursion. On peut s'y rendre en voiture.

Fête della Barra (Vara), le 15 août. On y représente l'Assomption de la Vierge et la victoire du comte Roger sur le prince musulman Griffon,

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