ROUTE 29. — ROME, — EMPEREURS. — PAPES
450 Marcien.
455 Avitus.
457 Majorien et Léon.
461 Lybius Sévère.
467 Anthème.
472 Olybrius.
473 Gljcerius.
474 Nepos et Zenon.
475 Bomulus ou Augustule, qui, Tan-
née suivante, fut détrôné par Odoacre, roi des Hérules. Avec lui finit l'empire d'Occident.
Papes.
DEPUIS L'iN 1000.
999 Sylvestre II, d'Auvergne.
1003 Jean XYII, Romain.
4003 Jean XVIII, Romain.
1009 Serge IV, Romain.
1012 Benoît VIII, Romain. , 1024 Jean XIX, Romain.
1033 Benoit IX, Romain.
1044 Grégoire VI, Romain.
1046 Clément II, Saxon.
1048 Damase II, Bavarois.
1049 Léon IX, Allemand.
1055 Victor II, Allemand.
1057 ËtiennelX, de la Lorraine.
1058 Nicolas II, Bourguignon.' 1061 Alexandre II, Milanais.
1073 Grégoire VII, Toscan.
1086 Victor III, de Bénévent.
1088 Urbain II, de Lagery.
1099 Pascal II, Toscan.
1118 Géiase II, de Gaête.
1119 Galixlell, Bourguignon.
1124 Honorius II, Bolonais.
1150 Innocent II, Romain.
1143 Célestin II, Toscan.
1144 Luce II, Bolonais.
1145 Eugène III, Pisan.
1153 Anastase IV, Romain.
1154 Adrien IV, Breakspeare, Anglais.
1159 Alexandre III, Siennois.
1181 Luce lU, Lucquois.
1185 Urbain III, Crivelli, Milanais.
1187 Grégoire VI II, de Bénévent.
1187 Clément III, Romain.
1191 Célestin III, Romain.
1198 Innocent III, Conti, d'Ânagni.
1216 Honorius III, Savelli, Romain.
1227 Grégoire IX, Conti, d'Anagni.
1241 Célestin IV, Milanais.
1243 Innocent IV, Fieschi, Génois.
1254 Alexandre IV, Conti, d'Anagni.
1261 Urbain IV, de Troyes.
1265 Clément IV, Foucauld, Languedocien.
1271 Grégoire X, de Plaifance.
1276 Innocent V, Savoyard.
1276 Adrien V, Fietchi, Génois.
1276 Jean XXÏ, Portugais.
1277 Nicolas III, Ursirty Romain.
1281 Martin lY, de Montpincé.
1285 Honorius IV, Savelli, Romain.
1288 Nicolas IV, d'Ascoli.
1294 Célestin V, Napolitain.
1294 Boniface VIII, Gaelani, d'Anaçni.
1303 Benoit XI, Boccasini de Trévise.
1305 Cléuient V, de GouUi, Gascon.
1316 Jean XXII, d'Euse, du Quercy.
1334 Benoit XII, Fournier, du pays de
Foix.
1342 Clément VI, Limousin.
1552 Innocent VI, Limousin.
1362 Urbain V, de Grimoard de Gris-
• sac, du Gévaudan.
1370 Grégoire XI, Limousin.
1578 Urbain VI, Prignani, Napolitain.
1389 Boniface IX, Toi/^acW/t, Napolitain. 1404 Innocent VII, Meliorati, Abruzzois.
1406 Grégoire XII, Corario, Vénitien.
1409 Alexau'lrc V, Philarge, Cretois.
1410 Jean XXIH, Cossa, îfapolitain.
1417 Martin V, Colonna, Romain.
1431 Eugène IV, Condolmere, Vénitien.
1447 Mcolas V, de Sarzane.
1455 Calixtê III, lorgna, Espagnol.
1458 Pie II, Piccolomini, Siennois..
1464 Paul Ii; Barbo, Vénitien.
1471 Sixte IV, de la Hovere, de Savonc.
1484 Innocent VIII. Cibo di Melfe. Génois.
1492 Alexandre VI, Lenstto/i^or^'fl, Espagnol.
1503 Pie m, Todeschini Piccolomini, Siennois.
1503 Jules II, de la Rovère, de Savone.
1513 Léon X, de Médicis, Florentin.
1522 Adrien VI, Fiorent, Hollandais.
1523 Clément VII, de Médicis, Floren-
tin.
1534 Paulin, Famèêe, Romain. -
1550 Jules III, Giocchi del Monte, Romain.
1555 Marcel II, Cervin, de Fano.
1555 Paul IV, CaraffOf Napolitain.
ROUTE 29. — ROME. — HISTOIRE DE l'aRI.
1559 Pie lY, Medichini, Milanais.
1566 Pie V, Ghislieri, de Ligurie.
1572 Gr/^jTfiire XIII, Buoncompagni, de
Bologne.
1585 Sixte V, Peretti, de la Marehed'àn-
cône.
1590 Urbain Vil. Castagno, Génois.
1590 Grégoire XIV, SfrondaH, Crémo-
nais.
1591 Innocent IX, FacckineUi, de Bo-
logne.
1502 Qément VIII, Aldohrandini. Florentin. >
1605 Léon XI, de Médicis, Florentin.
1605 Paul V, Borghèse, Siennois.
1621 Grégoire XV, Ludovisi, de Bologne.
1623 Urbain VIII, Barberini, Florentin.
1644 Innocent X, Pamphili, Romain.
1655 Alexandre VII, Chigiy Siennois.
1667 Clément IX, Rospigliosij Toscan.
1670 Clément X. Altieri, Romain.
1676 Innocent XI. Odescalcki, Milanais.
1689 Alexandre XIU, OUoboni, Vénitien.
1601 Innocent XII, PigiwUlU, f^ti^Xïtain.
1700 Clément XI, Alhani , du duché d'Urbin.
1721 Innocent XIII. Ctmti, Romain.
1724 Benoît XIII, £/rsiit, Romain.
1730 Clément XII, Corsini, Florentin.
1740 Benoit XIV, LambeHini, de Bologne.
1758 ClémentXIII, Afsaontco, Vénitien.
1769 Clément XIV, Ganganelli, de S.
Angelo in Vado.
1775 Pic VI. Braschi, de Césène.
1800 Pie VU. Chiaramonti, de Césène.
1823 Léon XII, délia Getiaa, né a la Genga, près de Spolete.
182!» Pie VIII, Caslighoni, de Cingoli.
1831 Gnîgoire XVI, Capellan, de Bellune.
1846 Pie IX, de la maison comtale de MastaiFerreti.de Sinigaglia.né à Sinigap:lia, le 13 mai 1792, élu pape le 1*' juin 1846.
Histoire dm l'art.
AsnQuiTÉ*. — Rome ne fut pas douée d'un esprit original et créateur ; dans l'art aussi bien que dans la littérature, elle est l'élève de la Grèce. Mais l'art grec, transporté à Rome, s'il perdit cette beauté, celle pureté, cette simplicité, qui en forment un type divin , acquit, pour l'architecture principalement, un riche développement d'ornementation, une magnificence grandiose, en même temps qu'un caractère d'utilité pratique, de solidité, qui donnent une empreinte toute particulière aux Œuvres du peuple roi. Toutefois I'architectube romaine ne s'inspira pas directement de celle de la Grèce : elle emprunta ses premiers modèles à rÉtrurie, qui était voisine. « Elle a tiré son principal caractère, dit M. Balissier, de l'emploi de la voûte et des- arcades, introduites dans presque toutes les constructions monumentales. Cette invention fut attribuée aux Élrusques; mais elle a été beaucoup améliorée par les Romains, qui se servirent de matériaux petits et légers et les lièrent avec un ciment susceptible d'acquérir une très-grande dureté^. La substitution des arcades aux plates-bandes eut d'immenses résultats. Avec l'arc, on pouvait unir des piliers très-éloignés, qui auraient exigé, pour être rattachés les uns aux autres, des pierres énormes. [C'est ainsi que purent s'élever ces monuments interdits au génie
* y. tome !•', Origines de Vart en Italie.
* Les Grecs et le» Romains posaient le» bloes de pierre sans mortier; le mortier n'é* tait em[doyé chez les Romains que poar les blocages, les ouvrages de moellon ou de brique. (Violletrle-Dac, Dictionnaire (TÀrchitect; II, 397.) — La conslructien romaine, de tons poinu excellente, emploie les mêmes moyens d'exécution jusqu'à la fin du Bas-Empire^ Si os n'est la voûte sphérique sur pendentifs, qui apparaît à Byiance, alors que reropirero^ main touche à sa fin, nul progrès, nulle transformation. {IbicL, lY, ^.)
122 ROUTE 29. — ROME. — HISTOIRE DE l'aRT.
archiUctoral de la Grèce, le Colisée, les Themies de Caracalla et de Dioclétien, dont les restes nous étonnent encore aujourd'hui par leurs immenses proportions.] L'introduction de l'arc dans l'architecture modifia profondément le style grec. On conçoit que la roideur inflexible de l'architrave et la courbure de l'arcade, l'angle aigu du toit en pente et la convexité de la coupole, ne pouvaient exister ensemble. Dès lors l'ornementation particulière aux divers ordres grecs fut altérée *. j>
D'importanls travaux furent exécutés sous les rois. Les Romains durent faire des progrès dans l'art de bâtir après la conquête de la Grande-Grèce. Ce ne fut qu'après la guerre de Pyrrhus qu'on commença à faire usage des tuiles pour couvrir les maisons, qui n'avaient alors qu'un seul étage. La conquête de la Sicile, et surtout celle de la Grèce, développèrent le goût des arts chez les Romains et substituèrent le luxe et l'élégance à la simplicité antique. Cependant, quelle que fût la magnificence déployée dans les temples et les édifices publics, les habitations des particuliers n'y participèrent que beaucoup plus taixi ; 78 ans avant J.-C, Mm, Lepidus étant un des consuls, il n'y avait pas à Rome une maison plus belle que la sienne, et 35 ans après, cette même maison ne méritait pas d'être, mise au centième rang. Bientôt les généraux, les gouverneurs de provinces, enrichis des dépouilles du monde, les Pompée, les Luoulhis, les Scaurus, rivalisèrent de magnificence dans leurs palais et leurs villas. Scaurus, pendant son édilité, 60 ans avant J.-G., dans son théâtre élevé pour des fêtes passagères, fit un tel étalage de richesses, que cette prodigalité égale déjà ce que l'on fit dans ce genre sous l'empire, quand la volonté d'un seul homme ne connut pas de bornes et ne trouva plus autour de lui de résistance à l'accomplissement de ses fastueuses fantaisies. Le luxe apporté de l'Orient corrompit les mœurs. A la fin de la République, à la place de ces toits de chaume a. qu'habitaient jadis la modération et la vertu, » on voit un Clodius habiter une maison qui lui coûtait 15 millions de sesterces [près de 3 millions de francs). César voulait renouveler Rome; l'exécution de ce pian fut réservée à Auguste, qui put dire qu'il avait trouvé une Rome bâtie en briques, et qu'il en laissait une bâtie en marbre. Son règne peut-être considéré comme l'époque la plus brillante de l'architecture romaine. Yitruve se plaint cependant déjà de l'altération des belles proportions des ordres grecs. Si le dorique avait été Tordre d'architecture de prédilection en Grèce, Tordre corinthien, qui convenait à la grandeur romaine, devint Tordre par excellence. Le PatUhéon d^ Agrippa est de cette époque ; mais ce n'est pas à Rome seulement qu'il faut chercher l'histoire de Tarchitecture romaine : il faut l'étudier en Europe, en Asie, en Afrique. Les Romains, héritiers des richesses des nations, deviennent les grands
* « Dans l'architecture grecque, les ordres prennent une importance, comme art, qui domine l'architecte. Il fait tendre toutes les facultés de son esprit à perfectionner cette forme qui l'élreint ; ne pouvant l'assouplir, il la poliu les Romains, peu artistes de leur nature, prennent la forme de Tart grec pour rappliquer à des monuments quin*OBt aucun rapport avec les principes de cet art. Ils trouvent des ordres : ils adaptent volontiers le plus riche; et ces ordres, dont Torigine est parftiitement rigoureuse et définie, ils les apj^qoent au rebours de cette origine : les Romains veulent des arcs et des voûtes; les Grecs ne connaissent que la plate-bande.... On trodve, autour du €<Aisée,des ordres complets avec leurs plates-bandes. » (ViolIet-le-Duc, Dict. d^Arch., II, 380; voir Hussi, plus loin, Théâtre de Marcélltu et Thermes^ des notes du même architecte.)
bfttisseurs da monde, et laissent partout de magnifiques monuments, dont quelques ruines subsistent encore comme des signes éternels de leur puissance. — Soas Néron, un incendie, dans lequel périrent des monuments précieux, dévora les deux tiers de Rome, qui fut rebâtie sur un plan plus régulier. Néron se fit bâtir un pa/aû d'une étendue et d'une magnificence inouïe. c< Le Golisée, Tare lie Titus, les thermes de Titus et de Trajan, la basilique de Constantin, sont tous des monuments élevés sur des terrains d'abord occupés par la Maison d'or de Néroo. ) Un nouvel incendie dévasta Rome sous Titus, qui s'efforça de réparer les désastres. On vota en son honneur Varc de triomphe encore debout aurjoord'liui. ^ Le règne d'Adrien, amateur passionné des arts de h. Grèce, et qui avait aussi la prétention d'être artiste, est une époque célèbre dans rhistoire de l'art. Pendant onze ans qu'il voyagea, il éleva tant d'édifices, qu'il Fut annommé le Pariétaire ; il fonda des villes en son nom et au nom d' Antinous, c ce dieu de plus, dit Chateaubriand, qu'il laissait aux Romains, dignes Ju présent. » — Le philosophe Marc-Aurèle fut peu disposé à encourager les aris. Sous les successeurs des Antonins, l'architecture marcha rapidement à sa décc- 'lence. — Varc de triomphe de Septime Sévère atteste encore aujourd'hui à quel point le goût s'était déjà abaissé. — Varc de Constantin, un des derniers monuments de l'empire, témoigne du point de décadence où l'architecture était tombée au commencement du vf siècle ; on le décora de sculptures enlevées à l'arc de Trajan. Un des caractères des constructions de ces temps barbares, c'est qu'elles présentent des matériaux enlevés à des édifices plus anciens. Ici on touche au terme de l'art antique. *Les encouragements cependant, dit M. Batissier, ne manquèrent pas aux architectes : Constantin fit bâtir une foule de monuments ; bien plus, des lois fiirent sites, des fonds assignés, et des ordres donnés aux divers magistirats, jusque dans « prorinces les plus éloignées, pour instituer des écoles d'architecture, des prol^esseurs et des prix en faveur des élèves, qui tous devaient être choisis parmi les jaunes gens d'une naissance honnête. La source même de l'art était corrompue. j>
L'art antique avait accompli toute son évolution, et les invasions des barbares ne logent-elles pas venues plonger l'Italie dans les ténèbres, un art nouveau, un autre jpe de construction, devait sortir d'une religion nouvelle et d'une constitution politique différente. La société chrétienne éleva des temples dans tout l'empire, et, in>l|ré sa répugnance pour tout ce qui rappelait le polythéisme, elle consacra des lonpiei païens au nouveau culte. Hais ces temples étaient trop étroits pour les exîirences liturgiques ; les chrétiens leur préférèrent des édifices qui, n'ayant été con- ^scrésqu'à des usages civils, étaient libres de souvenirs hostiles. Ces édifices étaient ^^hmliques (regiee œdes), salle du palais des souverains où se rendait la justice. Cbex les Grecs et chez les Romains, c'était une sorte de tribunal. Une des premières li^qnes construites à Rome le fut par Porcins Gaton, deux siècles avant J.-G. Les '"•ôliqnes devinrent par la suite des bourses commerciales ; elles étaient, pour la plupart, sur un plan rectangulaire, trois fois plus long que large, avec un vestibule « porche ; divisées à l'intérieur, par deux rangées de colonnes, en une nef princi- P*^ et deux bas côtés, aboutissant à une construction transversale (transsept) élè^ »fc ée qnclques degrés au-dessus de Taire de la nef, et défendue par le pluteus, '•ïTière en pierre, en bois ou en bronze. En face de la nef centrale, et au delà du
124 ROUTB 29. — BOME. — HISTOIRE hE L*ART.
transsept, l'édifice s'arrondissait en hémicycle : cet enfoscepient était l'abside, où siégeait le tribunal ; les plaideurs étaient séparés du. tribunal par une balustrade [cancellum]. Cette disposition primitive reçut, dans les basiliques chrétiennes, quelques modifications et des adjonctions nécessitées par les besoins du culte, mais le type général en fut conservé.
BaaIUqaes chréttennes.
On pL dit avec raison que les premières églises n'avaient été que des temples retournés. Le culte des païens était tout extérieur ; la décoration de leurs temples se produisait également à l'eitérieur. C'était le contraire pour les chrétiens; aussi se mirent-ils à décorer intérieurement les basiliques. Les colonnes passèrent da d^iors au dedans : extérieurement les murs restèrent lisses. L'abside, exhaussée, devint le preshyteriurrifleUeu. réservé aux prêtres; le siège de l'évéque (calhedra) en occupa le fond, comme le siège du juge de la basilique antique. Il ne trouvait ainsi devant l'autel et voyait l'ofticiant en face. A droite et à gauche étaient disposés des bancs ou exèdres (subsellia) pour les prêtres ; à la place qu'occnpuent les avocats s'éleva l'autel, au mUieu du sanctuaire : l'autel était isolé, formé d'une taUe de marbre, sur le sarcophage d'un martyr, ou au-dessus d'une chapelle souterraine (crypte ou confession) : il était quelquefois surmonté d'uA ptborium, édicule formé de colonnes portant un toit à frontons. Les baldaquins en sont une imitation altérée. Le sanctuaire, compris dans le transsept, était séparé du. chœur par plusieurs marches, par une barrière (chancel) et par det tapisseries qu'on ne levait qu'au moment de la communion. — En avant du sanctuaire était le clueur, pUcé au milieu de la nef centrale et entouré d'une balustrade ; c'est là que se tenaient les chantres, les sous-diacres, les diacres, lisant l'Évangile ou les édita des évoques. De chaque côté s'élevaient deux chaires, carrées ou octogones, nommées amb&ns (en grec a/mSuv, éminence] ; l'une au N., où on lisait l'évangile, l'autre au S., où on lisait l'épitre. — Le vaisseau de l'église était divisé par deux rangs de cokooes en trois, ne/«. (A partir du vt siècle, on construisit des basiliques plus vastes, qui furent divisées ^i cinq nefs par quatre rangs de colonnes.) La nef centrale fut souvent séparée des bas c6téâ (collatéraux) par un mur à hauteur d'appui et par des rideaux, pour rendre plus complète la séparation des sexes : les hommes occupaient la nef de droite, les femmes celle de gauche; quand il y avait des galeries (triforium) au-dessus à»s bas côtés, elles étaient réservées aux vierges et aux veuves. Cette disposition, ordinaire aux basiliques grecques, est rare dans les basiliques latines. Les catéchumènes, qui ne devaient assister qu'à une partie de l'office, se tenaient à l'entrée de la nef centrale, dans le narthex, vestibule intérieur, formant la première travée de la nef. Ce narthex intérieur fut abandonné à partir du V* siècle, et devint un portique, placé en avant fie la façade de l'édifie^. • — Enfin les basiliques furent précédées par un parvis [alrium], esplanade à ciel ouvert, entourée sur quatre côtés de portiques. Dans cette cour carrée il y tvait un ou plusieurs bfissins, où les fidèles se lavaient les mains et la bouche avant d'entrer dans le temple (les bénitiers actuels sont un souvenir de ces lusti:ati9ns). On enteiTait lespersoii-
nés de diâlinction dans l'alrium. C'est là que les pénhenU publics du premier de* gré, Têtus de deofl, exposés aux mtempéries des saboos, imploraient les prières des fidèles. — On comprend que quelques modifications forent faites à ce plan gé* nénd. Nous en<:ileron8 trois exemples : i* les collatéraux dirent quelquefois terminés pir une abside, ainsi que la nef principale ; ces absides serrirent de sacristie, de trésor pour les vases sacrés ; 2« un porche (prothyrum) , surmonté d*un toit porté par quatre colonnes, fut mis en arant de la porte principale de la façade ; 3* le trœmeptfOa nef transversale, prit de Textension et dépassa les collatéraux, de ma* nière à former avec Tabside une croix.
Ajootons au précis rapide qui précède quelques indications sur Thistoire des dénstalioDS de la ville des Césars. — Avant Tinvasion des barbares, il faut tenir compte d'une première cause de destruction qui fut le zèle iconoclaste des chrétiens. Mais voici venir les hordes du Nord, et leurs ravages vont faire oublier les ruines semées par le zèle religieux. Au commencement du v* siècle, Rome fut obligée de payer à Alaric pour sa rançon, 5,000 livres d'or, 30,0Q0 livres d'argent, 4,000 tuniques de soie, 5,000 livres d*épicerics.... Le trésor épuisé, on imposa les particuliers, on dépouilla les temples, on fondît les statues. Les Romains regrettèrent surtout celle de la Valeur! Les jeux du cirque continuaient malgré la famine ; et elle était telle, que le peuple se mit à crier unanimement : « Qu'on mette en vente de h chair humaine et qu'on en fixe le prix ! » — Lors de l'invasion des Vandales, les églises, qu' Alaric avait épargnées, furent dépouillées de leurs richesses; le palais impérial, sur le Palatin, et le temple de Jupiter Capitolin, furent pillés. Lors de la défense de Rome, par Bélisaire (537), le tombe^iu d'Adrien servit de fort, et les statues furent lancées sur les assaillants. — Suivant une statistique de l'année 540, retrouvée por le cardinal Màï, Rome comptait encore cependant : 46,608 maisons; 423 temples; 17,097 palais ; 13,052 fontaines ; 51 théâtres ; 8 amphithéâtres; 11 thermes; 2 capitoles; 9,026 bains; 2,091 prisons; 80 grandes statues dorées; 66 statues d'ivoire ; 3,785 statues de bronze ; 82 grandes statues équestres en bronze (il ne reste que celle de Marc-Aurèle, au Capilole).
Vers l'an 608, le Panthéon fut consacré au culte chrétien. En 663, Constant II enleva les bronzes de Rome et la couverture de métal de la coupole du Panthéon. — Dès le X* siècle, à l'époque des guerres entre les barons romains, les monuments antiques furent transformés en forteresses, et beaucoup furent rasés ou détruits m partie, comme le mausolée d'Auguste h Texpulsion de Colonna (1167). Le sénateur Brancaleone de Bologne, pour abaisser la noblesse, fit raser 140 châteaux forts, qui étaient tous d'antiques édifices. Pendant les guerres de Grégoire YII contre Henri lY, les portiques de Saint-Pierre et de Saint-Paul furept entièrement dé-r tniits, et Robert Gqiscarcf, que le pape avait appelé avec ses S^irfasina et ses Norinands au secours de la papauté, détruisit les édifices du Champ 4e M(u*s, livra aux flunmes l'espace entre le Latran ot le Fonim, et lit éprouver k Rome une des déînUlioni les plat déMitreuiei qu'oUo «it lubioi . Ao zir* liècle, on (brtiHt le €«•
pitole avec des pierres prises aux autres monuments. — L'absence de la cour papale et le schisme de trente ans concoururent à rendre la situation de Rome de plus en plus déplorable. L'effroyable peste de l'an 1348 et un tremblement de terre qui eut lieu presque â la même époque, mirent le comble à la désolation : les troupeaux venaient brouter l'berbe jusqu'au pied des autels de Saint-Pierre et de Latran. — Les destructions ne cessèrent pas après le retour ides papes. En 1379, le tombeau d'Adrien fut occupé par l'antipape Clément VU, conquis par les Romains, et rasé jusqu'aux ruines qu'on en voit encore aujourd'hui. Les matériaux du Cotisée furent employés à faire de la chaux. — « Ce n'est qu'à l'exaltation de Martin Y que commence, sinon le rétablissement, du moins le calme de la ville. Le mont Capitolin était couvert de vignes, le Forum, de jardins potagers : les obélisques égyptiens étaient renversés, brisés, enfouis, à l'exception d'un seul ; et des nombreuses statues qui ornaient jadis les rues et les places publiques, il n'en restait plus que cinq de marbre et une de bronze doré. » (Le Pogge, en 1430, dans son livre : De varietale fartunœ Urbis Romœ, compte à Rome seulement six statues que la terre n'a pas enfouies. ) Eugène lY fut le premier qui entreprit quelques restaurations; Nicolas Y commença la construction du Yatican. Une brillante période de la nouvelle Rome s'ouvrit avec le règne d'Alexandre YI, qui montra beaucoup de goût pour les embellissements. Mais ce fut particulièrement sous Jules II et Léon X que commencèrent dans Rome les grandes constructions. Pour cela on porta le coup de grâce aux monuments de l'antiquité. Sous Léon X, les colonies du Champ de Mars commencèrent à se former en une nouvelle ville. Les destructions, à la fin, cessèrent; Raphaël et Castiglione tracèrent le plan d'un déblayement régulier de Pancienne cité. Pie III menaça de mort quiconque dégraderait des monuments antiques. Pie lY et Grégoire XIII rétablirent des murailles et des fortifications, embellirent les rues et construisirent de grands édifices publics. Sixte Y, par sa puissante impulsion, donna à la ville une face nouvelle ; il releva plusieurs obélisques, déblaya la colonne Trajane et rétablit celle d'Anlonin. Il redressa plusieurs rues et construisit des aqueducs. Mais il détruisit lui-même des monuments précieux. £n voulant restaurer, il remplaça l'art de l'antiquité par le maniéré de son siècle. Urbain YIII, de la maison Barberini, dépouilla le Panthéon de ses ornements, et mérita qu'on rapprochât le nom de sa famille de celui des barbares : Quod non fecerunt Barbari, fecere Barberini,
La fondation du musée Pio Clementino fait honneur à Clément XI Y. — Les Français, au commencement du siècle, enlevèrent de Rome une grande quantité d'objets d'art; mais, en revanche, on fit alors plus que jamais pour déblayer et conserveries antiquités (1810, déblayement du forum de Trajan, du Colisée, du temple de la Paix, du temple de Yénus et de Rome, ainsi que des autres édifices du Forum, de la colonne de Phocas, etc.). — Pie YII, à son retour, fit, conjointement avec le cardinal secrétaire d'État Consalvi, d'immenses sacrifices pour la conservation et le déterrement d'antiquités, pour l'enrichissement des musées. Malheureusement le funeste incendie de l'église Saint-Paul, le 15 juin 1823, eut lieu à la fin de son règne. Son successeur, Léon XII, en ordonna dans la même année la reconstruction.
KOUTB 29. — ROME. — HISTOIRE DB l'ART. 127
AroUtectare moderne.
Rome ne parlicipt point au mouvement intellectuel que le régime de la liberté fit mitre dans les répuWques italiennes du moyen âge, ni à cette renaissance de Vtrt qui, du xu* au xrv* siècle, fait la gloire de la Toscane. Rien d'aussi dégénéré que l'irehitecture des cloîtres de Saint-Jean de Latran et de Saint-Pierre (xm* s.), alors que le nord de TEurope, le pays des barbares, élevait ses admirables cathédrales gothiques. — A Rome, du reste, l'architecture, contenue sans doute par les modèles toujours présents de l'art antique, ne se ressentit presque pas de Tinflaeoce da style gothique. Pendant la première période de la Renaissance, l'ardiiteeture, exercée à Rome par des maîtres toscans, conserva le caractère de son origine (palais de Venise, par Giuliano da Majaiw), — Baccio Pintelli, architecte iloreolio qui florissait vers 1475, construisit à Rome un grand nombre de monuments. 11 fut le véritable précurseur de Bramante. — Dans le même temps, le «nnt architecte Léon BaUista Alberli devenait le conseil de Nicolas V ; il eut ooins d'influence par les édifices qu'il éleva que par les préceptes écrits dans ses lirres. — Gmliano da San Gallo appartient à la même école.
Enfin apparaît la grande figure de Bramante Lazzari, cet homme né pour les grandes entreprises, et qui semble fait pour le pape Jules II, aussi impatient que lui de produire. I^ous avons parlé (t. I" : Milan) de ses débuts, alors qu'il suivait les traditions du style roman. Il avait 56 ans lorsqu'il arriva à Rome ; il se mit à étodier les restes merveilleux de l'art antique, et, sous cette magistrale discipline, il se fit nn style tout nouveau. (Solitario e cogitativo se n^andava ; c fra non inolto spazio di tempo misurd quanti edifizj erano in quella città e fuori pcr la campagna.) iVasari.) Baccio Pintelli lui avait préparé la voie ; Bramante agrandit sa manière ; il y entra plus carrément ; il est plus châtié, plus classique, mais non phis fin, ni plos délicat dans les détails. Brunelleschi et L.-B. Alberti avaient introduit dans l'architecture le style antique romain; Bramante donna à ces tendances nouvelles uoe fermeté, une régularité qui leur manquaienL C'est à loi que commence i Rome la période de l'architecture particulière à cette ville, de ce style pur, de cette or- <loaianoe simple, régulière, étrangère à tout ornement fantastique, se rattachant par son ensemble aux traditions de l'architecture romaine du temps de l'empire, ^ qui est restée comme l'expression la plus élevée de cette partie de l'art moderne. [Les principaux ouvrages de Bramante à Rome sont : le palais de la Ghancel]'f'*ie ; iu)€ partie'du Vatican; les fondations de Saint-Pierre; le petit temple de San Pietro iaXootorio; le palais Giraud.) — Les artistes qui lui succédèrent, quoique Toscans pov la plupart, appartiennent tous néanmoins à l'école romaine. Bramante eut la bonne fortune d'avoir pour continuateurs de ses doctrines deux grands architectes : ^aldassare Peruzzi et Antonio da San Gallo.
fiàUhaiar Peruzzi (V. palais Massimi), nature d'élite, alliant l'originalité des <^<^octptiont et une merveilleuse fécondité & la grâce, à un goût exquis, fut peutêtre pov rnrchitecture ce que Raj^iael fut pour lu peinture : il eut une profonde
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connaissance de la théorie et de la pratique de Tarchiteeture. Peintre et architecte, il peignit des décors d'un effet merveilleux pour la représentation, devant Léon X, de la Calandra du cardinal Bibbiena.
Antonio da San Gallo, neveu de Giuliano et d'Antonio l'Ancien. Son talent n'a ni la souplesse, ni le style facile, la grâce et la perfection de B. Pcruzzi ; mais il se recommande par la force et la fermeté (V. palais Famèse). Chargé plusieurs fois de consolider les monuments bâtis par Bramante, il fut peut-être amené à outrer les précautions. On trouve chez lui non-seulement une inspiration de l'antique, mais une imitation plus directe, celle d'un disciple et d'un traducteur de Vitruve. San Gallo est un avaot-coureur de Palladio (F. U I*'', Yieence), formé par des études identiques. — On trouvera ci-dessous les noms et les œuvres des principaux architectes qui succédèrent à ces grands artistes.
Pendant un siècle entier, et jusqu'au milieu du xvi% l'architecture parcourut à Rome son époque brillante et qu'on pourrait appeler classique. <r Après cette époque elle conserve encore pendant un demi-siècle une grande physionomie, maisr déjà le goût est en décadence, dit notre ami Letarouilly, de regrettable mémoire; quelques beaux génies cependant brillent encore à cette époque : MicheUAnge Buonarroti, Vignola, Ammanati, Palladio^ Pirro Ligorio, Giacomo délia Porta. Hais, si Michel-Ange produit quelques beaux ouvrages, il n'en est pas moins le premier à entrer dans ces sentiers malheureux qui, sous la funeste dictature intellectuelle qu'il exerça, devaient conduire l'art à sa perte. » — Vignole, législateur plein de raison et de goût, et Palladio^ ont très-peu produit à Rome. — Giacomo délia Porta, ai'chitecte d'un talent fécond, s'est plutôt fait remarquer par le grandiose de ses compositions que par la grâce de leurs détails, et, sous ce rapport, il ne semblait nullement appartenir à l'école de Vignole, dont il fut pourtant l'élève le plus distingué.
Avec le xvu" siècle s'ouvre l'époque de décadence de l'art italien. L'architecture se jette dans la recherche de l'eflet pittoresque et tend à n'être plus qu'une vaine décoration. (Cette époque de décadence produisit cependant encore des hommes remarquables, dont quelques-uns même eurent du génie.) Cette altération de l'arcliitecture affecta beaucoup moins le plan, qu'elle ne se traduisit dans l'ornementation par la surcharge et la licence des détails. L'ordonnance conserva une certaine grandeur, qui attira l'imitation, et ce nouveau style, tourmenté et de mauvais goût, d'Italie se répandit en Europe. C'est à cette période qu'appartiennent Cario Madémo, Bemini et Borromini, qui, dans sa rivalité avec le Bemin et son désir de nouveauté, ne mit plus de frein au dévergondage de son imagination.
LISTE CHRONOLOGIQUE DES P|tINC|PAnX A9CH?TECTE8 AYANT EXERCÉ A |^QME.
fiaccio Pi^telH (Florence) Aprissait eq Hl^,
Bratnante (Lajiarl) (wé prèi d'Urbino), i444-ltti4,
San Galh (Antonio Pioeoni dft) (prèi do Florence), (T) 154».
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MieheUÂnge (Buonarroti) (près d'Arezxo), 1475-1504.
Baldassare Peruxd (Sienne), 1481-1537.
Raphaël (Sanzio) (d'Urbino).
Jules Romain (de Rome], 1492-1546.
Vignole (Giacomo Barozzi da Vignola) (près de Modène), 1507'1575.
Ammanati (Bartolommeo) (de Florence), 1511-1592.
Ottavio Mascherino (de Bologne), florissait en 1570.
Pirro Ligorio (de Naples], florissait en 1580.
Giacomo délia Porta (Milan), florissait en 1580.
Fontana (Domenico) (près deCôme], 1545-1607.
Carlo Mademo (près de Côme), 1556-1629.
Flaminio Ponzio (Lombardie), 1568-1613.
Rainaldi (Girolamo) (Rome), 1570-1655.
Soria (Giov. Battista) (Rome), 1581-1651.
IjC Bemin (Giov. Lorenzo Bemini) (de N'aples), 1598-1680.
Borromini (Francesco) (près de Côme), 1599-1667.
UAlgarde (AUessandro Algardi) (Bologne), 1602-1654.
Rainaldi (Carlo) (Rome), 1611...
Giov. Antonio de* Rossi (près de Bergame), 1616-1695.
Fontana (Carlo) (près de Côme), 1634-1714.
Alessandro GaUlei (Florence), 1691-1737.
Salvi (Niccolô) (Rome), 1699-1751.
Fuga (Ferdinando) (de Florence), né en 1099.
VanvUelli (Luigi) (Rome), 1700-1773.
PRINCIPAUX ÉDIFICES DE ROME MODERNE CUtSSlIS SUIYAHT Ik DATE DE LEUR OOlfSTRUCTION (rBBMlftEB P&UOEE]