‹ Italie; itinéraire descriptifChapitre 103 sur 422 · DATES · texte numérisé non relu

DATES

vers 1475

vers 1500

ARCEITECTU.

Giolisno da Majano.

Baccio Pintellî.

Giuliano da S. Gallo.

Bramante Lazzari.

— ROME. — HISTOIRB DE LAKT.

Renaissance (DEmaàia période).

Fondation de la Basilique de Saint- Pierre : V. •, %j\ ' :

Palais du Vatican (cours du Belvédère et

de San Damaso)

— . délia Cancelleria et église San Lorenzo in Damaso.. . . .

— dit la Farnesina

— Lante '

Villa Madama

Palais Ossoli

— CosU

— hamèse

— Massimi ,.' * * *

— dit Vigna di papa Giulio. . . .

— Saccheti • -. • •- •

— de* Conservalon, au Capitole (style

de transition à la décadence).

Porte di San Spirito .........

Palais Famèse (étages supérieurs de la

cour) .*•,••• 'x*

ChapeUe Sauf Andréa (hors les murs).

Villa di papa Giulio • •,'

Basilique de Saint-Pierre (adoption du

ϻrojet de la coupoleU ......

ais Capranica (portion de façade). . .

Villa Pia.

vers 1508

Bramante Lazzari.

Baldassare Peruzzi.

Jules Romain.

Baldassare Peruzzi.

Antonio da San Gallo.

Baldassare Peruzzi.

Antonio da San Gallo.

Mich. Ang. Buonarroti.

Antonio da San Gallo.

M. Ang. Buonarroti et

Vignola,

Barozzi da Vignola.

M. Ang. Buonarroti.

Amnianati.

Pirro Ligorio.

Époque de transition.

&inta Caterina de' Funari

Santa Maria degli Angcli (restauration et

cloître des Chartreux)

Villa Famesiana

— Negroni

Palais Pontificio (Quirinale)

Façade et cour du collège de la Sa^ienza . Palais Famèse (façade sur la rue Giulia) .

Santa Maria de' Monti

Collège Romain

Façade latérale de Saint-Jean de Latran. Palais Pontificio (à Saint- Jean de Latran). Eglise San Salvatore {dite Scala Santa) .

Palais Chigi

Basilique de Saint-Pierre (exécution de

la coupole) .

San Luigi de' Francesi

Palai» Borghese • •

— Sciarra Colonna * .

- Rospigliosi

vers 1563

Giacomo délia Porta

M. Anç. Buonarroti.

Barozzi da Vignola.

Girolamo Rainaldi.

Domenico Foniana.

Ottavio Mascherino.

Domenico Fontana.

Giacomo délia Porta

Ammanati.

Domenico Fontana.

Giacomo délia Porta Carlo Aladerno.

Fel, délia Porta.

Domenico Fontana.

Giacomo délia Porta.

MartipoLun^^i, le Vieux.

Flaminio Poofio.

ROUTE 29. — ROWB. — HmOIRB DE l'aRT.

iM

Basilique de Saiut-Pierre (façade et prolongement de la Dcf

Continuation du palais Pontificîo' (Ou'iri nale) ^ "

Villa Borghese.. .!...*

Sanla Bibiana. ...

Palais Barberini.

Baldaqain du maîlre-autel de la basilique de Saint-Pierre

Fontaine del Tritone (place Barberini) '

Mn Carlo aile quattro Ibntane. .

Villa Panfili..

Palajsl'anfili (place Navone)*. ! '. *. .' [ — de Justice (Curia Innocenziana)

Santa Agnese (place Navone)

Oratoire et cloître de S. M. in Yallicella. ftœUuiation de la nef de Saint-Jean de

Lalran

Palais Falconicri. .... . , '.

Fontaine de l'Obélisque (place NavoiwK Façade de S. Maria deHa Pace. . . . '.

Façade du palais Odescalchi . , . , . Colonnade de la place de la Basilique dé

Samt-Pierre

Façade de S. Andréa délia Vtllê *.'.*'

Palais Altieri

Façade du Palais Doria Panfili (rue del

Corso)

Carlo M ademo.

Flaminio Poozio.

Carlo Maderno.

Giovanni Vazanzio.

I Lorenzo Bernini. ' Carlo Maderno.

Fraucesco Borromini.

Lorenzo Bernini.

Francesco Borromini.

Alessandro Algardi.

Girolamo Rainaldi.

lorenzo Bernini.

Girolamo Bainaldi.

Francesco Borromini.

Francesco Borromini.

Lorenzo Bf»mini.

Pietro da Cortona.

Lorenzo Bernini.

Carlo Rainaldi.

Giov. Antonio de' Rotai.

Valvasori.

XVni» aièole. — Époque d'imitation et de

Palais Torlonia (autrefois Bolognetti). . vers 1700 — Colonna

Façade de Saint-Jean de Latran. . .

JoQUmede Trevi. . .

Palais délia Consulta. . .

■" Corsini

Santa Maria Maggiore (façade principale et

restauration intérieure)

^»IU Albaoi .....;

Sacristie de la basilique de Saintlpierre. ÏQséePioClementino

Palais Braschi

Salle du musée, di'te : Briccio'Nuovo! ! ,h M. del Popolo (agrandissement»

et décoration), ..... i

neconsiTHction de Sainl-Paiij' hw M mars. I

théories iadéelees.

Carlo Fontana.

Niccolô Micchetti.

f Paolo Posi.

Alessandro Galilei.

fficcol6 Salvi.

Ferdinando Fuga.

Carlo Marcbionni.

M. Ang. Simonetti.

Giuseppe Camporesi.

Morelli.

fiaffaele Stem.

Giuseppe Valadier.

Luijfi Pûleifci.

152 RODTE 29. «^ ROME. — HUTOIRB DE I.*ART.

SonlptnM.

Rome antique était une ville peuplée de statues. Ou estime que du temps d'Auguste le nombre devait s'en élever à 70,000. Malgré ce goût décidé, rbistoirc de Tart n'a pas enregistré, parmi les Romains, le nom d'un seul grand sculpteur. Virgile reconnaît l'infériorité des Romains à cet égard : Excudent alii spiratUia mollius œra.... Vivos ducent de marmore vuUus. — La culture des arts ne conduisait pas à l'illustration ici, comme elle y menait en Grèce. Tous les beaux ouvrages de sculpture exécutés à Rome sous les premiers empereurs le furent par des artistes grecs, désertant leur pays asservi et qui n'offrait plus les mêmes encouragements que par le passé. Il faut remarquer que parmi les œuvres du ciseau grec, un certain nombre de celles qui ont excité au plus haut degré l'enthousiasme de Winckelmann, et sont considérées comme les plus belles et les plus pures, furent tfès-probablement exécutées à Rome sous les empereurs. L'époque florissante de cet art à Rome s'étend de César à Adrien; sous cet empereur, le style vise à la perfection du poli, au raffinement. On pourrait comparer la sculpture de cette époque à ce que devint la poésie grecque à la cour des Ptolémées ; elle possède toL jours la beauté harmonieuse de la forme ; c'est l'inspiration libre et spontanée, c'est la sève native qui lui manque. La sculpture du temps d'Adrien, adroite et élégante imitatrice de tous les styles, s'exerce aussi bien sur les dieux de la Grèce et de Rome que sur les divinités égyptiennes. Ses imitations nombreuses en ce genre préparent des causes d'eireurs et de discussions aux antiquaires futurs. — Sous Septime Sévère l'art est déjà sur son déclin. Sous Constantin, il est tombé déjà dans la barbarie (K. Arc de Constantin). — Les bas-reliefs des sarcophages fournissent encore un moyen de suivre l'histoire de la sculpture à ses derniers moments. Le sarcophage de Junius Bassus, dans les cryptes de la basilique de Saint-Pierre, est un beau monument de la sculpture chrétienne du iv* siècle.

Les premiers chrétiens eurent horreur des images en général ; ils se figuraient que les faux dieux, qui étaient à leurs yeux des démons, habitaient réellement dans les statues. Leur zèle iconoclaste entraîna la ruine d'une foule de chefsd'œuvre. Soixante ans après Constantin, la plus grande partie des temples païens étaient détruits. A la fin du iv* siècle, le sénat romart voulut qu'au moins on lui restituât l'autel de la Victoire, et chargea Symmaque de présenter la requête à l'empereur. Mais saint Ambroise détourna l'empereur, prêt à céder à cette prière. Bientôt après, Théodose, entrant à Rome, fit voter en sa présence, ce même sénat, si attaché au paganisme, sur la question de savoir laquelle des deux religions, de Jupiter ou du Christ, devait être désormais la religion des Romains; le sénat n'était plus qu'une vaine et servile institution politique : Jupiter fut condamné à la minorité. Les chrétiens, cependant, pour déraciner le polythéisme, ne tardèrent pas eux-mêmes à se servir des anciennes statues en les métamorphosant en figures du nouveau culte. Les images se multiplièrent derechef ; mais cet autre pag^anismc souleva les remontrances des hommes religieux ; et, bientôt après, les fureurs des iconoclastes étant encouragées par les empereurs et par des conciles, les objets d'arl furent exposés à une nouvelle destruction.

ROOTB 29. — ROME. — mSTOIRK DE L*ART. 135

Nous avons parlé de la renaissance de la sculpture en Italie (tome I*', Toscàtve). fiâtoDs-noos de placer en face de Tantiquité Michel-Ange, Tartiste prodigieux qui, dans les temps modernes, peut lui être opposé, comme 8*étant élevé à un noavel idéal, plein de force et d'originalité. Nous l'ayons déjà rencontré à Florence; il appartenait en effet à la Toscane par sa naissance, à Rome nous trouverons une de ses plus grandioses productions : le Moïse. — Parmi les nombreux sculp^urs qui travaillèrent à Rome, nous citerons quelques noms seulement : Guillaume de la Porte (neveu de l'architecte Giacomo délia Porta)» qui restaura si bien les jambes de l'Hercule Famèse, que Michel- Ange voulut qu'on les conservât, lorsqu'on retrouva plus tard les jambes antiques. [V. le beau tombeau de Paul m, basilique de Saint-Pierre.) — Giav. Lorenzo Bcmi/ii (1598-1680), habile sculpteur, en même temps que grand architecte, occupa le xvn* siècle de sa renommée et remplit Rome de ses ouvrages ; il s'abandonna à sa facilité d'exécution, sacrifia la correction au brillant, au gracieux, et, par son inQuence sur son époque, il ouvrit la porte au maniéré et au mauvais goût. — Aleaandro Algardi, que nous nommons l'Âlgarde (1598-1654), a aussi beaucoup produit à Rome et appirtient également au style maniéré; il a transporté dans le bas-relief les effets de la perspective pittoresque.

Feintiira.

L'École ROMAniB — n'est pas, comme les écoles de Venise, de Florence, de l'Ombrie, un produit du génie national ; c'est une dénomination contestable, que les historiens de la peinture sont obligés de justifier. L'école romaine commence à Raphaël. Lui et Michel-Ange enrichirent Rome de leurs plus beaux ouvrages et se groupent autour des papes Jules II et Léon X, comme les deux grandes illustrations de l'art italien et de l'époque. Si l'on range Michel-Ange dans l'école romaine, il faut considérer celle-ci, comme se rattachant par lui à l'école toscane, et comme une dérivation de l'école ombrienne par Raphaël (V. Pérouse).

Raphaël (Sanzio) — (1483-1520), fils du peintre Giovanni Santi (le nom de famille était Santi ; Bembo, pour donner au nom de Raphaël une désinence plus euphonique, l'appela Saniio au lien de Santi), est le véritable fondateur de Técole romaine. II n'est pas original, prime-sautier à la manière de Giotto, de Giorgion, de Corrége ; il n*a pas la saillie puissante de Michel-Ange ; sous le rapport de certaines qualités, telles que le coloris, le clair-obscur, etc., il est inférieur à plusieurs;' mais il est supérieur à tous par l'exquise réunion des dons, c Arrivé à une époque où le progrès avait atteint son épanouissement dans chaque branche de la peinture, il s'assimila tout et transfigura à son image tout ce qu'il s'assimila. Il posséda le charme ineffable de la gHce, ainsi que l'entendirent les Grecs, et il l'imprima à toutes ses œuvres, de telle sorte que ce fut pour ainsi dire sa signature. » Cette grâce fut un des dons et non une limite de son talent, car il sut allier à la beauté la grandeur et l'élévation de la conception. Plus que tous ceux qui l'avaient précédé, « il réhabilita la forme à force d'idéalisation, et fit resplendir le phénomène visible sans tomber dans le naturalisme, quand il faisait de la peinture chrétienne. » C'est un génie si vaste, qu'il faut, pour l'apprécier, le suivre à travers

154 ROUTE 29. — ROME. — HISTOIRE DE l'aRT.

tout le développement de son talent. Dans ses premiers ourrages l'élève du Férugin a la grâce ascétique de l'école d'Ombrie ; il en a la naïveté et la faiblesse. Il se transforme d'abord au contact des Florentins et avec les conseils de frà Bartolommeo; plus tard, par une étude as>iduo des monuments antiques; enfin il s'enrichit de la science de Michel-Ange, sans se laisser entraîner à son exagération. — Les principaux ouvrages de Raphaël, à Rome, sont : (au Vatican) la Transfiguration, la Madone de Foligno, les fA)gei, les Sianse; les fresques de la farnésine; le prophète Isaïe à Sanl' Agostino; les Sibylles, à Santa Maria délia Pace; des tableaux aux galeries Borghèse, Sciarra, etc. — Nous croyons faire une chose utile au lecteur en donnant ici l'indication chronologique des principaux ouvrages qui forment l'œuvre du divin artiste, avec celle des lieux ou ils se trouvent : en l'année 1504, le Spoializio (à Milan, Brera); la Madone du grand-duc (Florence); 1505, la Fresque de San Severo (Pérouse, p. 73) ; la Vierge au chardonneret (Florence, Uffizj) ; 1507, le Christ au tombeau (Rome, galerie Borghèse) ; la Belle Jardinière (au Louvre). — Peintures ej[écutées sous Jules II, de 1508 à 1513 : Chambre de la Segnatura, au Vatican (fresques : la Théologie ou Dispute du Saint-Sacrement, le Parnasse^ VÉcole d* Athènes) ; Portrait de la Fornarina (Rome, galerie Barberini) ; Portrait de Jules II (Florence, Uffizj et galerie Pilli) ; la Vierge de Ijoreto (plusieurs reproductions) ; Jtfa<^one<£ffFo%no (galerie du Vatican); Fresque du prophète Isa'ie (Rome, église Sant' Agostino) ; la prétendue Fornarina^, de la Tribune des Uffizj (t. I«') ; Sainte-Famille (musée de Naples) ; la Vierge au poisson (musée de Madrid) ; fresques de la chambre d'Héliodore, au Vatican [Héliodore chassé du temple; h Messe de Bolsène; la Délivrance de Saint-Pierre). — Peintures exécutées sous Léon X, de 1513 à 1521 : Fresques des Prophètes et des Sibylles (Rome, église Santa Maria délia Pace) ; fresques de la Galatée (Rome, Farnésine) ; Sainte- Cécile (musée de Bologne); Vision d'Ézéchiel (galerie Pilti, t. I"'); Portrait de Baldassare Castiglione (au Louvre); fresques de V Incendie du Bourg (Vatican) ; les Jjoges, du Vatican ; les cartons des Tapisseries (Arazzi) ; la Vierge à la chaise (Florence, galerie Pitti) ; Portement de croix (Spasimo di Sicilia) (au musée de Madrid) ; la Vierge à la perle (musée de Madrid) ; Y Archange Saint-Michel (Louvre) ; grande Sainte-Famille (Louvre) ; la Vierge de Saint-Sixte (Dresde) ; il termine les fresques de la Farnésine (Rome) ; la Tran9figuration (musée du Vatican) ; la Bataille de Constantin (Vatican) ; Couronnement de la Vierge (musée du Vatican).

Raphaël mourut (1520) à l'âge de 37 ans. Son corps resta exposé pendant trois jours. Au moment où l'on s'apprêtait à le descendre dans sa dernière démettre, on vit arriver le pape (Léon X), qui se prosterna, pria quelques instants, bénit Raphaël et lui prit pour la dernière fois la main, qu'il arrosa de ses larmes. (Si prostré dinanzi l'estinto Raffaello et bacciogli quella mano, trà le lagrime). On lui fit de oia:gnifiques funérailles, auxquelles assistèrent les cardinaux, les artistes, etc.

Michel-Ange Buonarroti — (1475-1564) . Nous avons déjà eu occasion d'en parler plusieurs fois (t. I*'). Un si grand nom mérite qu'on s'y arrête; nous placerons

* Le nom de la Fornarina fut imaginé seulement au milieu du xvm* siècle. Celle que Raphaël aima s'appelait Margarita.

ROUTE 29. — ROMB. — HBTOIRB DE L*ART. 155

ici une notice biographique de ce grand artiste. Michel-Ange naquit pré» d*Àrezxo» le 6 mars 4475 ; il ftit mis en nourrice chez la femme d'un tailleur de pierres. Son père était peu aisé, et eut à éleyer une famille assez nombreuie. Pluneurs frères de Hichel-Ange furent placés dans le commerce des soieries et des laines. Plus tard Michel-Ange leur Tint en aide et les associa au marchand de soie Lorenzo Strozzi. 11 parait qu'il fut obsédé par eux *, et que, ne trouvant pas de sympathie dans sa famille, il se réfugia en lui-même. Enfant, il dut lutter contre les préjugés de ses parents. et les mauvais traitements pour se faire artiste. So|} obstination vainquit les répugnances de son père; et il entra, à Tage do 14 ans, dans l'atelier de Ghirlandajo. Un an plus tard, admis à étudier les statues antiques que Laurent de Médicis avaient réunies dans son jardin, il fit cette tête de faune que l'on conserve à Florence (au Bargello). Laurent, charmé, le prit en affection et l'admit dans sa famille. En 1492, il fit pour le roi de France une statue d'Hercule, dont les traces sont perdues; en 1495, un Gupidon endormi, acheté, comme une antique, par un cardinal, à qui l'argent fut plus tard restitué. On croit cette statue perdue. Quelques-uns croient que c'est celle du musée de Mantoue. De 1496 à 1501, il resta à Rome et fit les statues à' Adonis et do Bacchus (F. Florence, t. I*'), et le groupe de la Pielà (V. Saint-Pierre de Rome) ; de 1501 à 1503, le David (Florence^. En 1504, il est chargé de faire les statues des 12 apôtres. H ébaucha seulement le Saint Mathieu (F. Florence : Académie des beaux-arts). C'est de cette époque que sont : deux bas-reliefs de la Vierge et l'Enf. J. (l'un à Florence, l'autre à l'Académie de Londres), et la peinture de la Sainte Famille (à Florence: Uffizj, Tribune). Du mois d'octobre 1504 au 50 août 1505, il termine son célèbre carton de la guerre de Pise (F. Florence : Palais délia Signoria), détruit pendant les troubles de Florence en 1512. — Michel-Ange était TarUste qu'il fallait à Jules II, de même que Raphaël était celui qui convenait à Léon X. Ame fortement trempée dans un corps robuste, il fut austère dans sa vie privée, et dans les arts fit montre d'énergie avec un certain dédain d'élégance. Jules II l'appela à Rome et le chargea de faire son mausolée. En 1505, il va à Carrare pour y faire tailler les marbres et il y passe huit mois. Les marbres arrivent à Rome; les mariniera attendaient leur salaire ; Michel- Ange monte au Vatican ; le pape n'est pas visible. Il rentre à son logis et les paye de son argent. Un autre jour il se présente de nouveau; on lui refuse encore l'entrée. Michel-Ange, offensé, charge un huissier de dire au pape que, s'il l'envoyait chercher, il était parti. Il fait vendre à l'instant son mobilier à des juifs et part à cheval pour Florence. Cinq coorriera, envoyés par Jules II, le rejoignent à Poggibonsi. Michel-Ange hrave leura menaces; les prières ne rébranlent pas davantage. La lettre de Jules II ne contenait que ces mots: < Reviens, ou je te chasse. » Michel-Ange lui répondit, lui demandant pardon de ce qu'il ne voulait plus retourner auprès de Sa Sainteté, puisqu'elle l'avait chassé de

' En 1509. pendant qu'il travaillait à la Sixtioe, il écrit: .... « Dis à Sigismond de ma put qu'il ne fonde aucune espérance sur moi ; non que je ne l'aime comme un frère, mais parce que je ne puis l'aider en quoi que ce soit. Je suis tenu k m'aimer moi-môme mieux que les autres; et je ne puis mémo me donner les choses nécessaires. Je suis dans une grande anxiété d'esprit et au milieu de très-grandes fatigues de corps. Je n'ai d'amis d'aucune sorte, et je n'en veux point. C'est à peine si j'ai le temps de manger. Qu'il n« me soit donc causé aucun ennui, car je n'en pourrais supporter une once de plus... »

Rome (corne un triste) ; que, fidèle serviteur du pape, il ne méritait pas cela et qu'il se pourvoirait ailleurs. Les courriers se succédèrent à Florence pour le faire revenir. Le gonfalonier de Florence, Pierre Soderini, fit appeler Michel-Ange : « Saistu bien qu*un roi de France ne «e serait pas comporté vis-à-vis du pape comme tu as osé le faire? Allons, retourne à Rome. Pour l'amour de toi, je ne veux pas exposer Florence à une guerre. » Michel-Ange fut sur le point de s'en aller à Constantinople bâtir un pont entre l'Asie et l'Europe. Soderini lui fit enfin entendre raison. La réconciliation entre le pape et l'artiste eut lieu à Bologne, qui venait de se soumettre aux armes pontificales. Quand Michel-Ange«e présenta à lui, Jules II le regarda de travers : « Au lieu de venir à nous, tu as attendu que nous vinssions te chercher. > Un évêque conciliant, mais maladroit, voulut venir en aide à l'artiste : « Il faut lui pardonner, dit-il au pape, ces gens- là n'en savent pas davantage (Tali uomini sono ignoranti e da quell' arte in fuora non vagliono in altro). » — « C'est toi qui es l'ignorant, répondit Jules II, déchargeant sur l'évêque sa colère, car tu lui dis une sottise que nous ne lui aurions pas adressée. (Ignorante sei tu, che gli dii villania, che non gliene diciam noi). ]> Jules II, vainqueur des Bolonais, voulut que Michel-Ange fit sa statue en bronze. Quelque temps après, celui-ci en montrait le modèle. Cette figure (t. I"', Bologne : histoire) tenait, avec un geste fier, la main droite levée comme pour bénir. Michel-Ange demanda au pape s'il devait mettre un livre dans la main gauche : a Mets-y une épée, répondit Jules II, je ne suis pas uu littérateur (Mettivi una spada, che io non so lettere). » N'est-ce pas là le pape qu'il fallait à un tel artiste? — Pour compléter ici l'indication des principaux ouvrages de sculpture de Michel-Ange, nous citerons parmi les statues destinées au tombeau inachevé de Jules II, le célèbre Moïse (Rome, S. P.ietro in Yincoli); deux figures de Captifs, sculptées par lui à Florence, où il fuyait la mal'aria de Rome (il les donna à Roberto Strozzi, qui l'avait soigné dans une maladie; elles sont aujourd'hui au musée du Louvre. Une de ces figures est certainement un de ses meilleurs ouvrages, et mériterait d'y occuper une place d'honneur, afin de la signaler à l'attention du public. Combien de Parisiens ignorent que le Louvre possède ce chef-d'œuvre de Michel-Ange!); 4 autres figures de Captifs ébauchées (naguère encore dans une grotte du jardin de Boboli à Florence) ; un groupe de la Victoire, ébauché (au Bargello, tome I*']* — Les statues pour les tombeaux des Médicis sont au nombre de six : Laurent et Julien de Médicis, le Jour et la Nuit, V Aurore et le Crépuscule (Florence] ; — le buste de Brutus (Florence : au Bargello) ; Apollon (ibidem). — Une des dernières productions de son ciseau fut le groupe de la Pietà (4 figures) au dôme de Florence.

De môme que Léonard de Vinci, déjà âgé, à son retour à Florence, avait trouvé un rival dans Buonarroli, âgé de trente ans, de même celui-ci trouva bientôt à Rome un rival dans Raphaël. Michel-Ange rentrait à la fin de 1507 à Rome ; Raphaël y était appelé par Jules II en 1508. Michel-Ange, dessinateur sans rival, s'était presque exclusivement donné à la sculpture, il comptait à peine parmi les peintres et n'était encore connu que par son célèbre carton de la salle du Conseil du Palais Vieux, à Florence. Jules II, peut-être à l'instigation de Bramante, jaloux de Michel- Ange, chargea celui-ci de peindre à fresque le plafond de la chapelle Sixtine. Michel- Ange supplia vainement le pape de choisir un autre artiste. Gomme il n*avait pas

BOOTB 29. — ROXE. *— HlftTOlRB I^B L^AlIT. 137

J'imbitude de la fresque, il fit venir de Florence des artistes pratkieiis pour Taider. Après quelques semaines d'essai, il les renvoya, s'enferma dans la chapelle où il n'admit personne. Selon une note de sa main, il commença à travailler à la voûte de la chapelle Sixtine le 10 mai 4508. Ses fresques furent en partie découvertes poar la première fois le 1*' novembre 1509, et causèrent une admiration immense. Ces créations si fières et d'un style si nouveau excitèrent l'impatience de Jules II. c Quand finiras-tu donc? demandait-il souvent à l'artiste. — Quand je pourrai; quand je serai satisfait de mon travail, répondait Michel-Ange, qui travaillait absoJument seul. — Si tu ne termines pas bientôt, je te ferai jeter en-bas de ton échafaud! t> Il achevait cette œuvre colossale en quatre ans (et non ep vingt mois, comme le dit Yasari). — Léon X chargea Michel-Ange de terminer la façade de l'église San Lorenzo, à Florence, et de faire les tombeaux des Médicis. De 1517 i 1521, il fut occupé à faire exploiter les marbres à Carrare; temps perdu pour l'art lorsqu'il était dans la force de l'âge et du génie. La tiaiue du Ouist (Rome; église de la Minerve] est de Tannée 1521. En 1519, il s'était offert au pape pour faire le tombeau de Dante, poète pour lequel il avait une grande admiration. Léon! n'accueillit pas ce projet. Sous le pontificat de l'humble et austère Adrien VI, il travaille au tombeau de Jules II. Les événements politiques l'appellent à la défense de Florence. H fortifie San Miniato. Difficultés de sa position; comme citoyen et républicain, il combat, en 1529, le pape Clément VU (Médicis) ; conune artiste, il travaille furtivement aux statues des tombeaux de Laurent et de Julien de Médicis [Florence : église Saint-Laurent). Quand les impériaux entrèrent à Florence (1550), Michel- Ange, exclu de l'amnistie, dut se cacher. Mais bientôt Clément VU loi pardonna sa participation à la défense de cette ville, à la condition de terminer les tombeaux des Médicis. Il se remit assidûment à ce travail. — Il retourna à Rome en 1532. Clément VII le chargea de compléter les peintures de la chapelle Sixtine en exécutant aux extrémités les fresques de la Chute des Anges et du Ju" gement dernier. Ce fut Paul III (successeur de Clément VII en 1534) qui décida Michel-Ange, âgé de 59 ans, à se charger de ce dernier travail. Michel-Ange s'y refusait, disant qu'il, ne pouvait rien entreprendre avant d'avoir achevé son interminable mausolée. Paul lil demanda au ducd'Urbin, neveu et héritier de Jules II, de consentir à ce que Michel -Ange fît aux plans de ce monument les retranchements considérables qui' l'ont réduit à l'état où on le voit aujourd'hui. Le consentement du duc obtenu, Paul III, à la tête de dix cardinaux, se rendit à l'atelier de Michel-Ange pour le décider à entreprendre cette immense fresque. Elle fut terminée après huit ans de travail (1541) : il y avait vmgt-huit ans que Jules II était mort, vingt et un ans que Raphaël avait précédé de quelques mois Léon X dans la tombe. — Michel-Ange était, de tous les artistes, le moins susceptible de se soucier d'une question de décence ou d'inconvenance à propos d'art ; il ne voyait que des académies là où d'autres trouvaient un scandale. Paul IV, par scrupule religieux, voulut faire effacer le Jugement dernier ; ce ne fut pas sans peine qu'on obtint de lui de révoquer cet ordre, etMe se contenter qu'on rhabillât quelquesttnesdc ces nudités. Un peintre célèbre, Daniel de Volterre, qui avait déjà rendu ce service à Vlsaïe de Raphaël, en fit autant pour Michel-Ange. Cela lui valut le surnom de Brachettone (le culotlier). Clément XIII, au xvni* siècle, trouva cette

158 ROUTE 29. -^ ROME. — mSTOIRE DE l'aRT.

première toilette insuffisante, et la fit étendre à de nouTelles figures par Steiano Pozzi.

Déjà, depuis longtemps, le style si hardi, si nouveau de Michel-Ange exerçait une telle influence qu'une partie des élèves de Raphaël se mirent à l'imiter, et que Raphaël lui-môme, maîtrisant les tendances naturelles de son génie, sentit le besoin d'agrandir sa manière. Michel-Ange, de son côté, voulut engager une lutte avec cette universelle renommée, et appela à son aide, pour traduire ses inventions, le pinceau et le coloris du Vénitien Sebastiano del Piombo, comme Raphaël, do reste, faisait exécuter les siennes par J. Romain et Fr. Penni. « Je remercie Michel-Ange, dit Raphaël, .de l'honneur qu'il me fait de me cçoire digne de lutter contre lui, et non pas contre Sébastien tout seul. » Les deux peintures de cette lutte furent exposées, après la mort de Raphaël, dans la salle du Consistoire ; l'une était la Transfiguration, l'autre était la Résurrection de Lazare, aujourd'hui le tableau capital de la National Gallery de Londres. Ce tableau de Michel-Ange, et de Sebastiano del Piombo, a fait partie de la galerie du duc d'Orléans; qui l'avait acheté 24,000 fr.; il fut vendu en Angleterre trois fois et demie cette somme. Sous l'Empire, lorsque la Transfiguration était an Louvre, le gouvernement, désirant réunir les deux compositions, offrit au possesseur, M. Angerstein, 250,000 fr., qui ne furent pas acceptés. — Les dernières années de Michel-Ange furent consacrées aux travaux de Saint- Pierre de Rome, dont il fut nomme architecte en 1547, et qui Toccupèrent jusqu'à sa mort, à l'âge de 89 ans. — La constiniction du Capitale de Rome est de 4544 ; la corniche du palais Farnèse de 1547. — Le plus brillant élève de Michel-Ange fut Daniel de Vollerre (Ricciarelli). d'abord élève de l'école de Sienne. [Voir sa Descente de Croix à l'église de la Trinité-des-Monts, à Rome.)

Lorsque Raphaël mourut, Michel-Ange était malade à Florence. — Raphaël mort, cette foule d'artistes qui lui faisait cortège se dispersa : Jules Romain se relira à Mantoue ; Penni, à Naples ; Perino del Yaga, à Gènes. Trois ans après la mort de Raphaël, la peste portait une rude atteinte à l'école romaine. Quatre années plus tard, la soldatesque allemande du connétable de Bourbon chassait de Rome Polydore de Garavage, Jean d'Udine, et le reste des élèves. — Le plus célèbre des élèves de Raphaël est Jules Romain (Giulio Pippi [1492-15i6]. Nous en avons parlé au t. I*' [V. Maktooe). — Perino del Vaga (1500-1537) aida Raphaël dans ses travaux. Il visa à produire beaucoup et vite, cherchant plutôt de - l'argent que la gloire ( V. 1. 1", Gêiœs) . — Penni, surnommé le Fattore, parce qu'il était chargé du ménage de cette communauté d'artistes, dont Raphaël était le chef, fut, avec Jules Romain, un des héritiers de Raphaël. — Polydore de Caravage (Caldara, mort en 1542), employé d'abord comme manœuvre pour porter le mortier à préparer les fresques du Vatican, et chez qui le génie se développa au contact de ces grands peintre-s, acquit surtout de la célébrité pour ses décorations en clair-obscur. — Jean d^Udine fut associé aux travaux de Raphaël comme peintre de nature morte, de fleurs ; il fut un des premiers à exécuter, d'après les anciens, des ornements en stuc d'une rare élégance. — Benvenuto Tisio, *{- 1559, surnommé le Garofalo, parce qu'il plaçait toujours dans ses tableaux une fleur d'oeillet, fut un des imitatours de Raphaël.

Raphaël mort, et Rome saccagée, il fallut bien des années pour que les beaux-

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arts se rekyassent de ces deux grandes catastrophes. La décadence de la peinture date de Grégoire XIII (1572) et se prononce davantage sous Sixte-Quint et Clément VIII (1595-1605], qui font exécuter rapidement beaucoup d'outrages médioeres. La peinture à fresque, surtout, tomba dans le style de convention et ne fut plus qu'une industrie manuelle. C'est alors que les maniéristes se mettent à encombrer les églises, les cloîtres et les palais de Home. — Le chevalier d'Arpino GÀuseppe Cesari, dit le Josépin (1560-1640) fut, par son talent facile, son coloris agréable et l'aspect dramatique de ses compositions, le représentant le plus complet de cette époque prétentieuse ; il fut aux beaux-arts ce que M arini fut aux fettrès. La peinture, aussi bien que la littérature, eut ses Seiccnlisti (écrivains maniérés du XVII" siècle). À la suite du Josépin, nous réunirons quelques artistes que Ton classe dans l'école romaine. — Baroccio (1528-1612), peintre de talent, mais manqoant de naturel ; éclectique par instinct, imitateur du Corrége, il ne se laisse pas eoTahir par le goût régnant. — Andréa Sacchi (1598-1661), sorti de l'école d'AilKine, fut dessinateur habile et un des meilleurs coloristes de l'école romaine ; il a an style grave et élevé. Son tableau de S* Romuald (Vatican) est mis au nombre des plus beaux tableaux que possède Rome. — Carlo Maratla (Carie Haratte, 1625- 1713) continua, à Rome, l'école de Sacchi; il a joui, de son vivant, d'une grande réputation, que la postérité n'a pas confirmée. Sa peinture est soignée, vise k la correction et à la grâce, mais manque entièrement d'inspiration. 11 a restauré les logti de Raphaël. — c Voici le mal qu'ont fait à l'art des artistes tels que Baroccio, d^Arpino, Andréa Sacchi, Carlo Maratta, tous grands peintres, comparés à leurs contemporains : leurs œuvres ont trop de réputation et de mérite pour qu'on passe devant elles sans s'y arrêter ; mais ce mérite est si mélangé de défauts, ces défauts sont rachetés par des qualités si réelles que l'impression qu'on en reçoit est un affaiblissement du sentiment du bon et du mauvais. >

Au commencement du xvii* siècle, l'Italie eut, parmi les peintres, sa querelle du CLASSIQUE et du ROMANTIQUE. Vïs-à-vis dc Vidéalisme ou plutôt du maniérisme du Josépin, se leva en opposition le naturalisme du Caravage, qui entraîna bientôt une partie de l'école. La division entre les deux partis fut envenimée. Les artistes, dans leurs rivalités, se livraient, à cette époque, à toutes sortes de violences et ne reculaient pas devant le crime (V. Naples : Histoire de l'art). — Michelangiolo di Caravaggio (Amerighi, dit Iç Caravage, 1569-1609), dédaigneux de l'antique, ne reconnut pour beau que le vrai ; il prit pour guide la nature seulement et la copia sans choix et sans goût. C'est le grand peintre réaliste (comme on dit aujourd'hui) de l'école italienne. Son clair-obscur, procédant par ombres fortes et larges, opposées à de vives lumières, donne un relief extraordinaire à sa peinture. — Insociable, querelleur, obligé de quitter Rome à la suite d'un homicide, il se retira à Naples et exerça une influence marquée sur l'école napolitaine. Il provoqua en duel le Josépin, qui, se retranchant derrière son titre de chevalier, ne voulut pas se battre avec un homme qui avait été son domestique. Le Caravage partit pour Malte, et, poursuivant son idée de se battre avec le Josépin, parvint à s'y faire anoblir. Au ntoment de quitter Halte, il se prit de querelle avec un chevalier^ le blessa grièveinent, fat jeté en prison, s'échappa et revint en Italie ; à peine arrivé, il a de nouveau une querelle dans un cabaret, où le sang coule et oîi il est lui-même blessé.

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HOUTE 29.

ROMfe. — HISTOIRE DE L ART.

Il 8*embarque, est dévalisé, et plasque jamais déterminé à se battre avec celui qu*il accuse d'être la cause de tous ses malheurs» il se met en route à pied, par une excessive chaleur, et meurt delà fièvre à Porto Ërcole, sur les cAtes de la Toscane. — Pietro da Cortona (Bereitini, 1596-1669), jouit, de son vivant, d*ane immense réputation et acquit une grande fortune. Sa facilité élégante dégénéra en négligence chez ses élèves ; de même que l'énergique dessin de Michel-Ange était devenu une exagération grossière chez ses imitateurs. — Un homme dont l'influence sur les arts était absolue, le Bernin (F. ci-dessus, Sculpture), contribuait alors à faire dominer le mauvais goût.

Le Paysage — seul, le dernier venu dans l'art de la peinture, nu milieu de cette décadence, atteignit, au contraire, son plus haut degré de perfection en Italie avec notre Claude Gelée (dit le Lorrain, 1600-1682), le Guaspre (Dughet, 1615-1675) et Salvator Rosa (de l'école napolitaine). — Vers le même temps, un Français, l'honneur de notre école. Poussin, vivant à Rome, restait fidèle aux grandes traditions et protestait, par la gravité antique de son style, contre le dévergondage de l'art contemporain. Il est en même temps le véritable créateur du patsagb bisto-

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