BU TEMPS DES ROIS
1S5-S09 av. J.-C.)
Si Quelque chose subsistait encore de •ette époque reculée, c*éUit peut-être dans hs vestiges de l'enceinte ou aager de Sermu Tullius, encore visible il y a peu de temps derrière les Thermes de Diodétien, h la villa Negroni ; cet espace est aujourd'hui couvert de quartiers neufs. Près de la station du chemin de Ter on a pu voir de remarciiiabies restes de ces murs de Servius Tullius, découverts pendant les trav;iux du cliemin de fer. Ils sont en assises de blocs énormes de péperin d'Albano.
. Un autre monument dont Torigine renoote aussi à celte époque, c'est le cachot creusé dans le rocher du Gapitole par Ances Martius (Tite-Live); le nom de cette FOISON Mahebtinb rappelle celui de Mars (lamers). Sons le premier cachot 41 y en avait un second, de 12 pieds de profondeur [Tullianum) ajouté, selon Varron, par Servius Tullius (?). « Le nom de Tullianum, dit M. Ampère, paraît venir simplement de ia source (Tullius, ruisseau) aui y coulait et qui y coule encore. Quelques antiquaires voient dans le Tullianum une citerne. L'on lirait l'eau par le trou d'en haut, par lequel, plus tard, quand celte citerne devint une prison, l'on descendait les prisonniers. » Cette prison, pondant les premiers siècles, fut la seule de Rom(\ {A la vérité, la maison de chaque patricien avait un cachot pour les débiteurs insolvaldes.) Au-dessus de cette affreuse prison (Salluste, Catilina,.c. lv), où C^r céron fit étrangler les complices de Catilina, où César fit mettre à mort le Gau-
lois Yerdngétorix; où périrent Jugnrtha, Séjan, etc.; où, suivant les légendaires, saint Pierre fut emprisonné, on a élevé la petite église de Saint-Joseph (15'. 18). L'escalier moderne qui conduit à la prison et à la place du Gapitole a rcmp.acé celui des Gémonies (scals Gemonise) , ainsi noriimé à cause des gémissements de ceux qu'on y conduisait, et où on exposait les cadavres des suppliciés.
La cloaca Maxima, construite par Tarquin l'Ancien, et qui porte Rome depuis 2,400 aiis, est un prodigieux ouvrage, dont le temps et les tremblements de terre n'ont pas ébranlé la solidité. Cet égout continue à servir à l'usage pour lequel il fut construit. H s'étendait du Forum au Tibre et « faisait partie d'un vaste réseau de conduits souterrains dont il recevait le tribut. » La voûte est formée d'un triple cintre de gros blocs de tuf, liés de distance en dislance par des blocs de travertin sans ciment (on croit
Zue le travertin provient des réparations.) 'arc a 3 met. 88 de hauteur et autant de largeur. Agrippa fit nettoyer la cloaca et la parcourut en bateau jusqu'à son embouchure, qui se voit entre le temple de Vesta et le pont Palatin (PI. E, 5).
PÉRIODE Dl LA RiPDBLIQDB
(509-30 av. J.-C.)
Il ne reste que très-peu de monuments de cette période. Au nombre des travaux de cette époque, dont les vestiges ont subsisté, iIXaut citer les grandes voies militaires, et particulièrement la via Appia, ainsi que les aqueducs dont les substructions pour quelques-uns datent sans doute de la république ; quelques )A)rtions du pont Sublicius et de la pointe sud de Tile du Tibre; les murs du Tabularium à la base du Gapitole. — Le joli temple dit faussement de la Fortune Virile [aujourd'hui église de Sainte-Marle-Egyptlenne, près du ponte Rotto), ^ui fut plusieurs fois reltâti, est présumé être du bon temps de la république. — Nous citerons encore parmi les monuments de cette époque le tombeau de Bibulus, au pied du Gapitole, au commencement de la rue dite la Montée de Marforio; et les célèbres tombeaux des Stcipions (près lapoi^e S.Scbastiano).
il les monuments de l'époque de la république sont rares, là ou les mines
mêmes font défaut, la sagacité des antiquaires s'appuyant sur les textes antiques a pu souvent en retrouver l'emplacement. Leurs heureuses découvertes ont été habilement mises en œuvre ou discutées dans l'ouvrage publié, peu de temps avant sa mort, par J.-J. Ampère : Histoire romaine à Home. Les lecteurs parcourront avec intérêt le tableau qui suit, composé de quelques notes extraites de l'introduction du !•' volume. Elles les aideront à raviver sur les lieux leurs souvenirs classiques.
a C'est sur le Capitole, au pied du temple de la Bonne Foi, que* les patriciens égorgent Tiberius Gracchus. Son frère Gaïus Gracchus se réfugia vainement sur le mont Avenlin, cette forteresse plébéienne; il fut contraint de fuir, de traverser le Tibre sur le pont Sublicius, pour aller mourir dans un bois sacré. — C'est sur le mont Esquilin que les deux terribles représentants de l'aristocratie et delà démocratie, Sylla et Marins, se livrent un combat dans lequel Marins est vaincu. Quand Sylla est allé dans son grand tombeau du Champ de Mars attendre César et Auguste, ses voisins de sépulture et ses successeurs à la toute-puissance, le Forum, muet et sanglant sous lui, appartient de nouveau à la parole. C'est le dernier âge de la république; c'est l'époque de César, de Pompée, de Caton et de Cicéron. La demeure de presque tous ces personnages nous est connue, et le choix de ces demeures n'est pas chose indifférente. César, le plus grand seigneur de Rome, ayant compris très-jeune que la démocratie, quand elle n'est pas fière, était l'alliée naturelle de la tyrannie, a jeté les yeux sur elle pour en faire son instrument, et il est allé se loger dans le quartier populaire de Suburra [entre l'extrémité S.-O. du Viminal et l'église San Pietro in Vincoli]. — Pompée élève son théâtre [près et au S.-O. de l'église Sant' Andréa délia Valle], premier grand édifice public offert par un particulier aux plaisirs du peuple. Les antiquaires en ont retrouvé les vestiges dans les fondations du palazzo Pio(près la place Gampo di Fiori). — A cette captation magninque César répond en ouvrant son forum (p. 166], la seule œuvre monumentale qu'il ait eu le temps d'exécuter. D'autres monuments ne sont que des pensées de César réalisées après lui (la Cu-