EXCURSIONS AUX ENVIRONS DE ROME
Alix portes de Rome commence pour ainsi dire le désert. La solitude monotone et sévère de la campagne romaine (ager romaniis) , avec ses ondulations qu'on a comparées aux vagues d'une nier solidifiée, éiait, du tenips d'Auguste, couverte de cultures et de vastes villas où les riches Bomnins entretimaieiit des niilliers d'esclaves. IMine l'ancien on signalait le danger : Latifundia / erdidere Italiain. Par suite «les dévastations renouvelées des barbares, et sous l'influence d'in<ii utions mauvaises, la dépopulation alla croissant, et la m ni aria envahit les chimps abandonnes. Comme dans cette vaste étendue il ne se trouve point de villages, point de paysans pour laliourer h terre, il si lallu en faire des pàiiir.iges. Les pâturages s »nt ici pour les propriétaires d'un rapfiort bien plus considérable que les terres cultivées.
Aussi a-t-on rendu une loi qui oblijiede semer du lilé au bout de quelques années ; cette oliligalion ost lré«|Uomment éludée. — 11 e>t facile de rocoiniaître que la plaine romaine a été autrefois recouverte par la mer. Dans le môme temps, elle était le théâtre d'éruptions volcaniques qui constituèrent une pirlie du relief du sol actuel. — lians cette plaine, dit Chateaubriand, « point d oiseaux, point de mu^tissements de troupeaux, point de villages ; un petit nombre de termes délabrées se mont eut sur la nudité des champs ; ies fenêtres ( t les portes en 5ont fermées ; il n'en soit ni fumée, ni bruit, ni habitants. Une espèce de sauvage, presque nu, pâle et miné par la lièvre, garde ces tristes chaumières... Vous croiriez peut-être, d'après cette description, qu'il n'y a rien de plus affreux que les campagnes romaines ; vous vous tromperiez boaucoup ; Elles ont une inconcevable «rrandeur. »
Nous allons décrire les points les plus intéressants en sortant de Rome, d'abord
par la porte San Sehastiano, et successivemont par les autres perles de nome en remontant vers le nord.
Voie Appienne.
La VOIE Appienve, surnommé Begina viarum, est im des plus cclèi-res monuments du génie persévérant et de la puissance romaine, i^lle fut commencée l'an de Boue >43'2 (312 avant J.-C.), par le censeur Âppius Giaudius, pa i icien à l'énergique volonté, qui conduisit cette voie de Hume à Capouc, alors limite du territoi-e romain (dans une longueur de 208 kil.) ; il y out de grau les aiflicultés h vaincre, des roelieis à coHper à Ciicé (Terracine^, des constructions sur pilotis à établir pour traverser les marais Punliiis,des pi>iits à jeter sur les cours d'eau ! Plus tard la voio Appitnnè ut pro ongée jus'|u'à Brin«li's (da..^ une longueur df 552 kil.). De Tapout; à Brindis elle étaii seul'ment cailloutée; mais de Rome à Capoue Cl le pr'seuiait une chaussée pavéu en dalles d- lave ba al tique. Ccsgig:antc>qucs travaux, accompti> par une civilisation naissante, il y a plus de '2,000 ans, ex-itcnt justement 1 aduiiration.
Cette voie roniaine subsi>t;iit encore au vi« siècle, s Ion Procopo ; mais abandonnée et délabrée, elle a été réparée à ^ranl Irais à la fm du su'cle dernier et de nos jouis. — Une ponion de la voie Âp|)ienne, confondue avec la cautpague de Rome et recoi.naissable seulement à ses ruines, a éié. dn 1^50 à lx,.3, i'obj«i de louillos intéressantes, diri«jées par Parchéolnçue Canina, qui en a puldié uno description étendue. La via Api la pariait de la porte Cftjjena. La preuiière place de celle voie était occupée par le tombeau des Scipions (V. p. 187). I es granles voies, à leur approche de Rome, particulièrement les voies Appienne et Lutine, étaient bordées de touibeaux et de colunibaria *. A partir de Rome, la
* « Les Romains appelaient columbaria (colombaires) des chambres destinées à recevoir les cendres de beaucoup de personnes, et particulièrement celles «les herf:> el des aflran(-hi>, qui étaient oniinaireuient enseveli> daus lea terres de leur maitre el près des tombeaux de la fumilie. Ces uionumcnts avaient la forme d'un colombier (les Rouiaius donnaienl un soiu particulier à ce genre de construction ; Varron décrit un colombier qui pouvait contenir jusqu'à 5,000 pigeons), et de là dérivait leur nom.
Ton APPIBRME. 525
▼oie Âppif^nne est bordée de murs jusqu'au delà de l'église Sainl-Sébastien, et, plus bûn, d'une suite de restes de tombeaux antiques {V. ci-aurès, p. 354). Columbarium^ près de la porta Maggiore, rétemment découvert. Prix d'entrée : 1 fr.