ROUTE 51. — DE PESCARA A AQUILA
S., sur un cercle de montagnes commençant à la Majella *■ et finissant à dr. aux deux pics neigeux du Gran" Sasso.
Jorre de Passeri. — On signale à 25 min. la curieuse abbaye de San Cleviente di Casauria. L'église est une ( basilique du xn« s.
La vallée de la Pescara devient trèsj resserrée entre des rochers à pic. [ Popoli*. — Situé à l'intersection des
j routes de Pescara, d'Àquila, de Solmona I et d'Avezzano'; 6079 hab. a Sale, humide» 1 semble, disait Valéry à une époque déjà éloignée, par la misère et une certaine , bonhomie d'hôtellerie, une ville sa- [ voyarde. »
; De Popoli on peut gagner en 6 h.
[ les bords du lac Celano (p. 363). — j Courrier tous les jours en 10 h. pour Âvezzano (11 fr.).
Entre Popoli et Solmona, sur la g.
du Risio, le village de Pentima occupe l'emplacement de la ville de Corfiniunif qui fut choisie comme la capitale de la confédération des peuplades italiques pendant la guerre sociale.
Solmona *. — AUitudc 478 met. — 12,585 hab. — Patrie d'Ovide (Sulmonis jrelidi, patrise. etc..) t Située au fond d'un bassin de montagnes pelées et déjà couvertes de neige au mois d'octobre, on pourrait croire que le lieu de naissance du poëte devait le préparer aux tristes lieux de son exil ; il n'en fut pas ainsi. » Les tremblements de terre de 1803 et 1806 ont fortement endommagé ses monuments. — Remarquable Hôtel de ville.
Palazzo del Comune (xvi® siècle), et quelques églises d'architecture gothic[ue. De Popoli à Aquila la route est riche en beaux aspects. Cette partie centrale de ritalie prend un grand caractère à cause de la hauteur des montagnes aux sommets couverts de neige.
Excursion à la Majella. — D'Aquila on va à Suimona en chemin de fer. Après avoir visité la ville on peut, le même jour, aller à chenal à Campo di Giove, pour y passer la nuit. Le lendemain on monte à la vallée
*La Majella forme un groupe de 61 montagnes embrassant un périmètre d'environ 110 kil., et souvent encore couvertes de neige au milieu de l'été. Le jpoint culminant est le monte Amaro (277J met.). La majeure partie du terrain est jurassique et crétacée. Pour faire l'ascension du monte Amaro (8 à 9 h.), — ou remonte de Chieti à Caramanico et S* Eufeniia.
de Femmina Horta, et ensuite au sommet nommé Monte Amaro, d'où l'on peut descendre à Caramanico, et de là rejoindre la ligne de Pescara-Aquila à San Valentino.
AquUa*,— altit. 731 met., 15,700 hab. Chef-lieu de l'Abnizze ultérieure. — Ville dans une situation élevée ; dans une riante vallée, arrosée par de nombreux cours d'eau, et donunéo à TE. par le monte Como Gran'Sasso (V. p. 518). Fondée par Tempereur Frédéric II, comme moyen de défense contre les papes , elle fut très-endommagée par les tremblements de terre de 1705 et 1706 (2000 personnes périrent dans une église). Celte ville est bien bâtie et a de larges rues. Elle a plusieurs églises intéressantes : celle de San Bernar- DiNO DA SiENA a unc façade remarquable, élevée (1527-1542) par le Çeintre sculpteur Cola delV Amaince, ombeau de San Bernardine, exécuté en 1 505. Dans une chapelle, couronnement de la Vierge et Résurrection Sar Luca délia Robbia. — Santa [aria di Collemaggio, façade de marbre blanc et noir, tombeau de Célestin IV, par Girolamo de Vicence. — Santa Maria di Pagakica ; San Silvestro ; Santa Maria di Soccorso ; San Marco; IL Vasto, sont intéressantes par les détails de lem* architecture gothique.
— Palazzo del Governo, bâM sous Charles-Quint. — Citadelle bâtie en 1343, pendant la vice-royauté de don Pèdre de Tolède. — Palais du marquis DE ToRREs ; galerie de peintures des maîti'es italiens. On cite comme les plus remarquables une Lapidation de S* Etienne par le Dominiquin, et une Cène par Titien (sur marbre). — On visitera aussi le palais et la galerie Dbaconetti.
A env. 5 kil. d'Aquila, le village de San Vittorino marque, à ce que Ton croit, remplacement de l'anticpie cité Sabine d'Amiternum, lieu de naissance de Salluste. L'acropolis occupait le haut de la montagne. Restes d'un théâtre, d'un amphithéâtre.
ROUTE 52. — d'ancône a naples.
C'est ordinairemenl d'Aquila qu'on fait 1 ascension du Gran' Sasso^ à travers des seéues alpestres et sauvages.
Le Gran' Sasso d'Italia, pointculminant d'une chaînede montagnes qui horAe la province de Teramo (Abruzze), est la plus haute montagne des Apennins et de l'Italie. Sa sommité, ou monte Corno, a 2912-2922 met. [Bolletlno del club Alpino) au-dessus du niveau de la mer.
Elle est formée de calcaire appartenant aux terrains crétacés, émergeant de la longue zone de calcaire jurassique d'une partie de la chaîne apennine. On l'aperçoit de la Pouiilc, de la Dalmatie, de ristrie. Le sommet en es-t toujours couvert de neige, et seul dans les Apennins, il est fréquenté, comme les soniniets des Alpes, par des chamois. Sur son versant oriental, du côté de Teramo, il pré>cnle des précipices d'un aspect plus imposant. Des forêts de sapins couvrent le bas de la montagne, qui devient tout à fait aride à une certaine hauteur. Son sommet présente l'aspect d'une pyramide tronquée divisée en deux. Un dernier rocher peu élevé, mais d'escalade dildcile, termine le sommet; il empêche d avoir la vue complète du panorama ; il faut en faire le tour pour voir successivement les deux mei's. Le milieu de juillet est la meilleure saison |)Our celle excursion. On en fait aussi l'ascension de Teramo ^F. p. 506). Si l'on part de Teramo on va par la route a Montorio, et de là par un sontior de montagne à Isola, hameau de 800 hah., où l'on passe la imit. On y trouve des guides et des mulets. Pendant l'ascension, on a toujours en vue la pyramide du monte Gorno. .Après une montée de 4 h., on arrive à un rocher désigné sous le nom d'Ârapietra (2,000 met.); on v laisse les mulets. Le reste de l'ascension doit être fait à pied. On peut, au lieu de revenir à Teramo descendre par le versant occidental à Aquila. — Le 27 juillet 1875, le congrès des Alpinisli s'assembla au nombre de 70 personnes à .Ajuila pour monter au Gran Sasso. l'.éuaie sur la place d'Aquila la troupe partit à cheval, en voiture, et au bout d'une heure (on irait aujourd'hui par le chemin de fer) arriva au village de Paganica (on peut y visiter la belle Fi//fl del Duca). Là on laissa les voitures et on prit des mulets. Au sortir du village, ou entra dans une petite vallée qui, se resserrant
■ de plus en plus, devient une gorge trèsétroite ; à un angle de la route on découvrit une très-haute paroi de rocher à pic ei de forme triangulaire, dont une des pointes du soinmet tronqué était surmontée de trois croix de bois. Puis on fit une pause dans le voisinage d'une petite église [la MadonnadApi>ari), et Ton se remit à gravir la montagne. Mais la pluie survint ; une partie de la troupe s'abrita dans les tentes dressées au Campo Péricoli, vallée aride dahs le massif du Gran* Sasso. De ce point, le 28 juillet, à 4 h. du malin, les alpinisti se remirent en loutc, et après 4 h. d'une ascension falinante à travers les rochers et les neii:c<, ils atteignirent, au nombre de 42 le point culminant de la montagne.