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PALERME

Quand on arrive par mer à Palerme, le çolfe et la ville présentent un aspect ravissant. Au delà de la ville, au delà de la verte et sombre forêt d'orangers, de citronniers et de caroubiers de la plaine fertile dite Conca d'oro, les regards rencontrent la magniiique ceinture de montaj^es calcaires qui l'encadrent.

Echelonnées sur six rangs distincts, ces chaînes portent à 1300 m. dans les airs leur cimes aux lignes hardies. — A dr. du golfe au fond duquel est Palerme, s*élève le Monte Pellegrino ( V. n. 574) ; à g., plus loin vers l'E., le cap ou s'élève le Monte Catalfano.

Pour le débarquement on paye 1 fr.

Visite superficielle des bagages. — Un âacre pour aller en ville 1 fr. oui fr. 50 avec bagages.

Palerme^ — (Palermo)^ capitale de la Sicile, — population, en 1874, 219,398 hab. avec les communes réunies, — occupe une ravissante situation au fond d'un golfe, entre les sommets rocheux du monte Pellegrino au N. et le cap Zafarano à TE. ; par son climat, c'est un des ,

Esints les plus salubres du ^lobe.

u vaste port dont parle Diodore de Sicile, où séjournaient les flottes considérables des Carthaginois et d'où provient le nom grec de la ville, icàv opp.oç (tout port), il ne reste que le porto Vecchto ou la Cala, peu profond ; faible vestige de l'ancien port divisé en deux branches , qui pénétraient très-avant dans les teiTes (l'un des bras allait jusqu'à l'emplacement actuel du Palais-Royal) ; il subsistait encore en partie au xiv* siècle. — Derrière cette ville s'étend une belle plaine, à laquelle sa fertilité et la quantité de jolies maisons de campagne dont elle est couv^te ont fait donner le nom poétique de Conca d'oro. — Sur la plage orientale de la ville s'élève la forteresse de Caêtellamare (en sicilien : lu Casteddu), élevée et reconstruite par les Sarrasins, qui en firent d'abord la demeure des émirs; agrandie, fortifiée et à demi démolie depuis.

La ville de Palerme a la forme d'un quadrilatère allongé, dont un des petits côtés borde la mer. Son circuit est d'environ 22 kil. et comprend 15 portes. Ses rues sont étroites et tortueuses; mais deux rues larges et régulières, se coupant à angles droits, contribuent à lui donner un, air de régularité. Ces deux rues la divisent en quatre quartiers (rioni| à peu près égaux : la Loggia, la Kalsa, l'A/Wgaria, et celui de Sir alcali, vulgairement du Capo, Ces quatres sections intérieures s'appellent aujourd'hui :

Castellamare, Monte di Pietà, Palazzo Reale, Trihunali, Les deux sections extérieures ou faubourgs : Orelo et Molo, Le point d'intersection des quatre rioni forme un carrefour ou place dite Vigliena ou i finattro Cantoniy d'où l'on aperçoit les quatre principales portes de la ville. Elle est ornée d'édifices d'une architecture symétrique, de portiques, de foivtaines et de statues, parmi lesquelles colles de Charles V, de Philippe II,

SICILE. — ROUTE 64. — PALERMB.

Philippe III et Philippe lY d'Espagne.

L'une de ces rues, descendant yers la mer, et ayant plus d'un mille de longueur, est la via di Toledo, aujourd'hui Corso Vittorio Emanuele; la partie qui s'étend entre la place centrale et la mer s'appelle plus particulièrement le Cassaro (El-Kassar) ; l'autre est la via Macqueda ou straaa Nuova {Corso Garibaldi) . Elle se continue à rO., au dehors des murs, par la rue Ruggiero Settimo (où on a élevé une statue en marbre à ce personnage), puis par la strada délia Libéria, Ces rues sont bien bâties.

Une des particularités de la rue de Toledo sont les fenêtres grillées des couvents* de femmes qui la bordaient : du haut de leurs grands balcons, les religieuses venaient parfois se distraire au spectacle de la vie humaine dont elles étaient exilées.

< Palerme, avec ses balcons de fer aux maisons, a plutôt un aspect espagnol qu'italien. » — Les palmiers et les cactus qui s'élèvent çà et là, le style mauresque de beaucoup d'édifices, contribuent à donner un Hspect oriental à cette ville si admirablement située. — Le long de la mer est la belle promenade de la Marina (ancien cours Bourbon), rendez-vous de la société élégante; large chaussée qui, depuis la porte Felice, à l'entrée de la rue de Toledo, s'étend le long de la baie et se termine au jardin public de la Flora.

Les statues qui décoraient cette promenade ayant été renversées en 1848, furent remplacées, en 1855, par celles de Charles III, Ferdinand !•', François I*' et Ferdinand IL «< Cette promenade est ombragée d'arbres de Judée et d'Erythrina Gorallodendron,

* Depuis les derniers changements politiques les couvents ont été supprimés; et les bâtimenis ont été destinés à des services Publics, à des écoles. Quelnues monastères de femmes ont été conservés ; mais les objets d'art, les livres, etc.. ont été transportés nx\ Musée Nntional.

dont les fruits ressemblent à des grappes de corail. •

Le climat de Palerme (F. p. 542) est salubre. Il est humide en mver. Le vent du N. E. domme au printemps et en éié. Le scirocco est parfois accablant au

Ïjrinteraps et en automne. Durant l'été, a chaleur étant très-forte pendant la journée, à l'heure où elle commence, l'animalion, la gaieté, les bruits cessent, les maisons se ferment, et la ville devient déserte, s'endort et ne se réveille qu'au premier souffle de la brise du soir.

L'âne est à Palerme le moyen de transport le plus usité ; mais on ne rencontre plus le matin, comme on le voyait naguère encore, « une quantité de dandys et même de jolies élégantes trottant sur de beaux grisons luxueu&emeut harnachés. »

a Presque toute la viande que l'on mange à Palerme vient des Calabres et de la Sardaigne. 800 boçuts sont expédiés par semaine de Cagliari à Palerme. »

Histoire. — L'origine de Palerme se perd dans la nuit des temps. Les premières colonies grecques la trouvèrent occupée par les Phéniciens. Tombée au pouvoir des Carthaginois, elle devint la capitale de leurs possessions en Sicile. Les Romains s'en emparèrent pendant la première guerre punique. Elle leur resta délinitivement après leurs luttes avec Carthage. En 440 elle fut prise {>ar les Vandales, reprise en 538 par Bélisaire, au nom de l'empereur Justinien. Vers 850 les Sarrasins s'y établirent à leur tour, en tirent la capitale de leur émirat de Sicile, et la conservèrent pendant deux siècles, a Un écrivain musulman du X* siècle admire le nombre de ses mosquées, qu'il porte à plus de deux cents, v — Les f^ormauds eu firent la conquête en 1072, et y placèrent également le siège de leur gouvernement. — Palerme passa suus la domination allemande, en 1104, et devint, sous Frédéric 11, une des cités les plus polies de l'Europe. — Charles d'Anjou et les Français s'en emparèrent, et elle ftit bientôt (1285) le théâtre du massacre des Vêpres sici-

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