‹ Italie; itinéraire descriptifChapitre 348 sur 422 · ROUTE 75. — DE GATÂNE A MESSINE · texte numérisé non relu

ROUTE 75. — DE GATÂNE A MESSINE

surprise par un orage, 8*y abrita avec iOO cavaliers. En 1865, il restait trois troncs distincts, que l'on dit avoir £ait partie d'un seul et même arbre. Il parait évident que les deux troncs situés au N. du sentier et qui sont précisément ceux dont les dimensions étaient les plus énormes, faisaient autrefois partie d'un même fût ; l'intérieur en a été éyidé à coups de bâche. Un autre tronc, aussi considérable, a été abattu par les paysans il y a une dizaine d'années. (Heclus.)

Reprenant sa route le long de la mer à travers la contrée la plus fertile, on laisse à g. :

Mascali^ — 3051 hab. — Plus loin on passe le Fiume freddo (tirant son nom des neiges de TËtna, qui l'alimentent) ou vulgairement del Cadel" laccio. Au delà on rencontre un courant de lave qui date de 596 av. J.-C; cette lave arrêta, dans leur marche sur Syracuse, Himilcon et ses Carthaginois, les empêcha de suivre leur flotte et les força de contourner l'Etna. Cette coulée, sur laquelle s'élève le château de Calalabiano, longe les bois deLinguagrossa, et, descendant vers la mer, rejomt le cap di Schiso. — On passe ensuite la Cantara (anciennement Onobala) sur le pont, en lave, de Calatabiano (pont, enarabe, se dit cantar). — 4 kil. plus loin, près du cap SchisOy sont les vestiges de la ville de Naxos^ une des premières colonies grecques en Sicile. — On arrive au village moderne de :

Giardini*, — 1630 hab.; il est à

Eres de 5 kil. au pied de Taormine.

e voyageur qui voudra visiter cette localité célèbre et si admirablement située devra s'arrêter à Giardini, et monter à Tîiormine. L'ancien chemin de cavaliers, escarpé, tortueux etti^èsroide y conduit en 30 minutes (se faire accompagner d'un guide). La route carrossable (on trouve des voilures à Giardini) fait de grands détours (4 kil.); et il faut près d'une heure pour revenir de Taormine à Giardini.

Taormine.

Taormine* — (l'ancien TaurorM' nium), altit. 77 met.— 5000 hab. Celte ville se compose principalement d'une longue rue. — Elle fut peuplée auiY* s. av. J.-C. par les habitants de la^ïHe voisine de Naxos, détruite par DeD\s.

«On ne peut concevoir qu'une vûle d'un abord aussi difficile ait été célèbre jadis et soit encore habitée. » — Tauromenium fut le premier point où s'établit Timoléon quand il vint délivrer la Sicile de la tyrannie. Plus tard Agathocle fit périr les principaux citoyens pour les punir de 1 alliance qu'ils avaient formée contre lui avec les Carthaginois. Pendant les guerres serviles, une troupe d'esclaves se renferma dans la ville et résista longtemps aux Romains. — Les habitants renversèrent la statue élevée a Verres sur la place publique. — « De nos îours, dit Diodore de Sicile (XYI, 7), les Tauroménites [qui s'étaient déclarés pour Pompée] furent chassés de leur patrie par Auguste qui y établit une colonie romaine. » Taormine résista longtemps aux Sarrasins, après la conquête de la Sicile ; mais ils parvinrent à s'en emparer (en 902) après un long siège et massacrèrent les habitants. Elle fiit prise, en 1078, par Robert Guiscard. En 1675, elle fut assiégée et prise par les Français qui l'occupèrent pendant quelque temps.

Les tremblements de terre, notamment celui de 1693, ont contribué à sa décadence.

Cette ville, d'aspect mauresque, dominée au N. par un ancien fort sarrasin et par le village de Mola (885 hab.), nid d'aigle au haut d'un rocher, est entourée de fortifications à moitié détruites ; elle possède des restes d'i- QUEDucs, d'une piscine et d'une prétendue mumâcbib, et quelques éditiccs du moyen âge : la Badia vecchia, les églises s. PiETBO e Paolo, près de laquelle est une nécropole; S*-Paî«- CRACE, reposant sur les fondements

SICILE. ^ ROUTE 75. — TAORMIKE.

d*un temple antique; le Palais du duc DB San Stefano ; les Palais Goryaja,

GlAMPOLI.

C'est hors de la ville qu'il faut aller voir le monument le plus célèbre de Taormine et un des plus curieux de la Sicile, le :

TfliATRE * antique, placé à Pextrémité d'une éminence, dominant la mer, et creusé en partie dans le roc.

Son grand diamètre est de i09 met.

c Les Grecs sont les auteurs de la construction primitive; les Romains la modifièrent, ragrandirent. L'édifice fut dépouillé et dégradé par les Normands. On y fit quelques réparations en 4748. 11 pouvait contenir 30,000 à 35,000 personnes. — Quelle était donc alors la population de cette partie de l'île? On ne voit plus rien des gradins : les petits murs qui environnent le podium ainsi crue la scène sont en partie debout. C est le seul théâtre anii^e où la scène (beaucoup plus étroite que l'orchestre dans les théâtres grecs) soit parvenue jusqu'à nous dans un aussi bon état de conservation. Le mur qui en formait le fond, et qui était percé de trois portes, est évenlré au milieu. 'Mais les deux extrémités avec leurs portes sont encore debout.

Cinq niches étaient destinées à loger des statues. Un fossé voûté passant sous une partie de la cavea et sous la scène, recueillait l'eau de pluie. — Ce qui contribue surtout à la renommée de ce monument, c'est son admirable situation qui atteste avec quel merveilleux instinct poétique les anciens cherchaient à allier les spectacles de la nature aux jouissances de l'intelligence. Du haut des gradins la vue s'étend sur la mer, sur les découpures pittoresques des côtes, sur la magninque pyramide de l'Etna, d'un côté, de l'autre sur les côtes lointaines de la Calabre. Mola était chargéi d'abriter les spectateurs des vents du

* Ob trouve toute la journée le gardien dans une maisonnette près des ruines du théâtre.

ITALIE DU SUD

N.; la mer envoyait ses brises fraîches. Cette grandeur, dit M. Viollet-le-Duc, nous effrayerait, je pense, habitués aue nous sommes à nos petites scènes de toile peinte, à ces lumières qui éclairent les acteurs de bas en haut, à ces petites loges, à ces petits couloirs, à toutes ces petites choses que dans notre petite vanité nous croyons grandes. Ce que nous appelons l'Illusion scénique ne pouvait exister pour des spectateurs assis devant une scène antique. Existe-t-elle pour nous? C'est une question. Pouvons-nous croire que la mer vienne baigner de ses flots une rampe de becs de gaz ? Ne faut-il pas que l'esprit fasse de bien singulières concessions pour que cette prétendue illusion scénique moderne ne nous paraisse pas ndicule? » — On pourra faire une promenade jusqu'au village de Mola (45 minutes) et y jouir d'admirables points de vue sur les montagnes et la mer, particulièrement du haut des ruines du château (il faut faire demander la clef).

Au-dessus de Blola le mont Venere ou Yenerella s'élève à 883 met. d'alt.

Le chemin de fer atteint le petit village de Letojanni, qui est la marina de Gallidoro, situé à g. à quelque distance. On franchit plusieurs cours d'eau torrentiels [fiumaré)» Le chemin de fer traverse dans un tunnel

S 2 minutes) le promontoire d'vl/gMto, lont les rochers à pic dominent la mer et portent un fort bâti par les Anglais. — Au delà à'Alessio il passe la Fiumara d^Aqro, un des torrents les plus redoutables de la côte. Plus loin, laissant à ^. sur une hauteur»

Roccalumera^ qui tire son nom d'une mine d'alun du voisinage, il franchit le torrent ou fiume di Nisi, qui en 1864, a ravagé le village Fiumedinisi di Soprà, 3000 hab. — 2 kilomètres après Fiume di Nisi on arrive à Marina d'Ali, où se trouve, à dr. de la route, l'établissement des :

MESSINE

Eattx thermales d'Ali (tempéra^.

ZS"* centig.). On en use pour les maladies cutanées, les rhumatismes, etc.

Elles se transportent. On trouve ici autant de mendiants qu'au village d'Ali di Soprà^

Au cap a Ali, une énorme paroi de rocher (formé de brèche qaï se désa* grége facilement) domine la route, et, en temps de pluie, il était dangereux d'y passer à cause des débris qui se détachent.

Après la station de Scaletta et au delà de la fiumara de Ciampilieri (village situé en face du cap deir Armi, qui termine l'Italie) s'ouvre un ravin par où l'on peut aller visiter, à 3 kil. le vaste couvent des bénédictins de San Placido di CoLo>"ERO,jdans une situation élevée d'où on a une vue trèsétendue sur les cotes de la Sicile et de la Calabre. Il n'est pas visible de la route.

On continue à suivre le rivage de la mer et à passer un grand nombre de torrents roulant des blocs micacés ; à sec pendant l'été et descendant de la chaîne du Pélore, qui se couvre de neige en hiver et la garde souvent jusqu'au mois d'avril. £n plusieurs endroits on a du ouvrir un passage dans le rocher plongeant dans la mer.

Les villages, les maisons blanches à toit plat, les fondachi, se multiplient de plus eu plus des deux côtés de la route. Les mûriers, les orangers, les caroubiers, les grenadiers, les lauriers-roses, les aloès, semés çà cjt là, animent de leur végétation cette route pittoresque, d'où la vue s'étend avec ravissement sur la mer de Grèce et sur les côtes de la Calabre; on dislingue Reggio et les villages oui se prolongent en une ligne blanche au pied des montagnes presque entièrement arides, et qui sont souvent couvertes de neige jusqu'au printemps.

Avant d'entrer à Messine on traverse un faubourg assez long où l'on remarque 1 ospizio de' poveri storpiati.

MESSINE* '

Histoire. — ZancUt, d*un mot grec-sicilien signifiant faucille, ^oit à cansede la tradition mythologique de la ffliix àe .Saturne, soit à cause de la forme du rivage (F. Trapani, p. 581), une des filas anciennes colonies grecques en Sicile, fondée par des pirates de Ciimes, fut occupée par les Sicules, (][uand ils passèrent d'Italie en Sicile; puis par des Chalcidiens, et par des Samiens. Ceux-ci, après la guerre du Péloponnèse, furent chassés par des Messéniens, qui donnèrent à la ville le nom de Messana ou Messina. Elle resta neutre pendant la guerre d'Athènes et de Syracuse. En Tan 396 av. J.-C. elle fut prise et détruite par le Carthaginois Himilcon. Elle fut re^uplée par Uenys; reprise parles Cartaginois; délivrée par Timoléon. DesMamertins, mercenaires au service d'Agathoclc, chassés de la Sicile et recueillis avec hospitalité par les habitants de Messine, en tuèrent une partie, s'emparèrent de leurs biens et de leurs femmes et restèrent maîtres de ia ville. Menacés par les Carthaginois, ils appelèrent les Romains et furent msi cause de la 1^* guerre punique (^ sns av. J.-C). — Messine tomba au pouToir des Sarrasins en 843. Le comte Roger en 1062 ailla les habitants à les chasser. Philippe Auguste et Richard Cœur de lion y relâchèrent en se rendant à la croisade. A la fin du xni* siècle, Messine prit part au mouvement insurrectionnel des Vêpres siciliennes. Charles d'Anjou vint l'assiéger : grâce à l'activité de Procida, elle fut secourue à tempspar le roi Pierre d'Aragon et l'amiral Doria, qui détruisit en partie la flotte de Charles d'Anjou. — En 1674, s*étant révoltée contre l'Espagne, elle fut bloquée par une flotte espa- §nole et hollandaise, et secourue par le uc de Vivonne et Duquesne. En 1679, elle fut en partie détruite par les Espagnols et dépeuplée. — Elle a été plusieurs fois ravagée par la peste ot les tremblements de terre. Celui de 1785 fit périr nlus de 40,000 pei*sonnes sous les (lécomores à Messine et aux environs. Ce tremblement de terre, le bombardement de 1S48 et l'incendie de 1849, toutes ces vicissitudes expliquent comment Messine rpi^ferme si peu de monuments anti-

— ROUTE 76. — MESSLNE.

ques. (Historiens de Messine : Reina; Caraffa; Ârrigo; Gallo, Annali délia città di Messina, 1756, 2 vol. — La Farina, Intomo le belle arti e gli artisti fiorili m Messina, 1835, in-8"; Messina ed i suoi monumenti, 1840.) — Messine doit, dit-on, cesser d'être port franc.

Le peuple de Messine se livre beaucoup à ia pêche. Celle de l'espadon (pesée-spada) est très- lucrative. Elle se lait en mai et juin, et exige une grande adresse de la part du harponneur. La transparence des eaux est telle, qu'on aperçoit ce poisson à une grande profondeur.

Messine, — 112,000 hab., capitale de la province à laquelle elle a donné son nom, s'étendant en amphilhéàti^e au bord de la mer et rebâtie à neuf, a un air d'aisance et de propreté, qui étonne quand on vient de faire le tour de la Sicile. Si l'on y arrive par mer, on admire la belle ligne d'édifices qui longe une parlio de ses quais et on est frappé de sa situation pittoresque, que domine un cirque de montagnes.

Pour contempler Messine et le détroit dans toute leur beauté, il faut monter sur la plate-forme de l'église San Gregorio. On y monte de la place du Dôme. — On a aussi une très-belle vue du mont des Capucins, ou du jardin de l'avocat Santo da Cola, au-dessus des Carceri. On y voit encore les restes du donjon de Matagrifone^ construit par Richard Cœur de lion, roi d'Angleterre. — Si l'on veut avoir une vue plus étendue, il faut sortir

Ear la porte Legna et monter sur les autes collines que couronnent les forts. Entre le fort Castelluccio à dr. et le fort Gonzaga à g. s'élève uile troisième colline, qui ne porte aucun ouvrage militaire et qu'il est beaucoup plus facile de parcourir. — Enfin si l'on veut faire une plus longue promenade et jouir tout d'un coup, du panorama de Messine et de la mer Ionienne, il faut sortir de Messine par la porte de Catane, puis remonter au N.-O. en suivant le lit desséché du torrent CamarOt puis au N., celui d'un torrent tributaire qui passe à la base occidentale de la colline du fort Gonzaga.

Au delà de ce fort on trouve à dr. de

Eetits sentiers qui dominent le port et i cité. On voit le Faro, Scylla, Reggio,

les montagnes d'Aspromonte et toute la pointe de l'Italie jusqu'au cap Spartivento.

La ville de Messine, en y comprenant ses faubourgs : il Rmgo, San Léo, la Boccetta, Porta di Legna et Zaera, est traversée par cinq torrents descendant de collines qui ont été imprudemment déboisées; ces torrents exercent quelquefois des ravages. Le quai de la marine sur lequel on débarque s'appelle Corso Viitorio Emanueîe. La ville est parcourue, dans une partie de sa longueur, par deux grandes rues : la plus longue. Strada Garibaldi (jadis Ferdinanda), parallèle au quai de la Marina, et bordée de magasins luxueux, et le Corso Ca^ vour, rue partant de Flora ( V. ci-dessous) et formant un angle avec la première. Au bout de ces deux longues rues, l'on aperçoit les mamelons verdoyants des monts Pelores.» D'autres rues coupent celle-ci à angles droits et viennent aboutir sur le port par autant de portes, ménagées dans les arceaux de Tancienne Palazzata, à travers lesquelles brillent les eaux bleues de la mer lonnienne.» Les autres belles rues sont la Strada Primo Settemhre (jadis d'Austria) commençant à la cathédrale et aboutissant vis-à-vis de la gare du chemin de fer; — et h strada Cardines (Giudecca). Le quai (la Marina)^ long de plus d'un kil., est bordé de belles constructions d'architecture uniforme, mais inachevées, remplaçant la Palazatta, édifice élevé par Philibert-Emnianuel de Savoie et renversé en partie en 1783. C'est dans cette rangée d'édifices (endommagés par le bombardement de 1848), que s'ouvrent 19 arcades communiquant par autant de rues avec la strada Garibaldi. Au milieu s'élève le Palazzo di Città (Palais municipal). En avant de ce palais est placée la fontaine de Neptune, tenant enchaînes deux monstres, Charybde et Scylla, par le Florentin An-

MESSINE

gelo Montorsoli (1557). — La plupart des maisons n'ont que deux étages.

Le PORT, un des plus vastes et des plus sûrs de la Méditerranée, a une étendue de plus de 6 kil., et une entrée assez étroite, défendue par le Fort de San Salvatore et extérieurement par celui de la Lanterne. Une digue naturelle de terre, décrivant un demi-cercle et appelée il braccio di San Raniero (bras de S*-Renier), protège le bassin. — Au fond du port et au milieu de l'isthme (|ui s étend en demi-cercle devant la ville s'élève b:

Citadelle, — construite, en 1680, par ordre de Charles H d'Espagne, après une longue révolte des habitants. Elle fut augmentée par les Anglais pendant leur occupation de la ^>icile. Elle peut contenir une garnison de 4000 h. C'est le dernier point qui tint pour le roi de Naples, François II; elle ne fut remise à Victor- Emmanuel que le 23 février 1861. — Les traces du bombardement sauvage infligé à la ville en 1848 (bombardement qui valut au roi de tapies le sobriquet de Bombaj, sont en partie effacées aujourd'hm.

Au S. de la citadelle s'étend une vaste esplanade carrée, dite : piano di Ten'a Nova, où s'étendaient, avant la révolte de 1674, un quai*tier populeux et de beaux palais. C'est là qu'est placée la gare du chemin de fer de Caiane. On jouit de là d'une U*èsbelle vue sur la ville et les collines qui l'entourent. — Près de là, sur le quai, on a récenunent construit un marché couvert dans le style des halles de Paris. A côté de ce marché aux poissons (Peêcheria) on remarque une fontaine d'eau sulfureuse jaillissant au niveau de la mer et défendue par un mur.

Places : PiazzadelDuomo, au centre de la ville, entourée d'édifices assez réguliers. — Au N. de celle-ci, dans le Corso Cavour, est la Piazza Annunziata, au milieu de laquelle

s'élève la statue en bronze de don Juan d'Autriche, par le Messinois Calamech (1572), en mémoire de sa ?ictoire sur les Turcs. — Des statues des rois des deux Siciles ont été renTersées à la dernière révolution. — ttus au N. encore, au point de rencontre des rues du Corso et Garibaldi, est la Piazza S, Giovanni, vulgairement appelée la Flora, à cause du jardin planté de fleurs rares. En été on y t'ait de la musique de 6 h. à 9 h. du soir. — Il y a encore les places : delk Concezione; de' Crociferi ou Ganbaldi, en face du Palais municipal, rendez-vous des gens d'affaires.

Église*. — Cathédrale — (Saîcti Maria Noova) commencée par Roger (1098) et terminée par son fils. La façade, qui est d'un style pitoyable, est en marbre de diverses couleurs et ornée de mosaïques et de bas-reliefs.

Elle est percée de trois portes ogivales; celle du milieu présente des sculptures intéressantes. Les parties latérales, en marbres alternativement noirs et blancs, portent la trace de diverses restaurations maladroites. — L'intè* rieur, divisé en croix latine, à trois nefs terminées par des absides, était d'une architecture uniforme, mais en 1682 l'archevêque Cicala fit substituer par un architecte napolitain des pleins cintres aux arcs ogivaux ; et après le tremblement de terre de 1783, de déplorables restaurations achevèrent d'enlever à cet édifice son caractère.

— 26 colonnes monolithes antiques, rongées par le temps et mal assorties, soutiennent la charpente du plafond.

Une coupole s'élève à l'intersection de la nef et des transsepts. — La méridienne indiquant la position du ^oleij pour chaque iour de l'année, a été tracée par l'abbé Jaci, qui la tennina en 1804, étant presque aveugle. Tous les jours à midi une foule de personnes viennent y régler leurs montres.

— Le maitre-autel est richement incrusté de pierres dures. Les demicoupoles des absides sont couvertes de

mosaïques du temps de Frédéric d'Aragon.— La chaire en marbre blanc est l'œuvre ^ André Calamech. Le chapiteau du piher présente sur ses 4 faces les figures de Mahomet, de Calvin, Luther et Zwingli. — Fonts baptismaux ; la mosaïque est attribuée à Gaddo Gaddi. — Les fresques des murs de la nef sont d'Ant. Bova, peintre du XVI* siècle. — On remarquera encore parmi les figures sculptées : aile droite : le S* Jean (près de l'entrée) par Ant, Gagini; et, du même côté, un tombeau de 5 archevêques de Messine, recouvert d'une espèce de dais de marbre blanc porté par douze colonnettes ; enfin, dans le trahssept du S., le tombeau de l'archevêque Guidotto de' Tabiati (mort en 1353), exécuté par Gregorio, de Sienne. Lemaitre-autel est formé d'une riche mosaï-

Sue représentant des oiseaux et des eurs. Derrière l'autel s'élève le célèbre baldaquin, décoré de mosaïques en pierres précieuses et dont les colonnes sont en lapis-lazuli. — Sacristie :

Assomption , par Salvo d'Antonio.

Dans la Sacristie des chanoines dite :

la Canonica, on voit une peinture d*Alf. Rodriguez, Abraham et les anges ; une belle Présentation au temple, d'Alibrandi (V.\\e même sujet, par Alibrandi, à l'église San Niccolo) et deux tableaux de Quagliata, — On conserve dans cette église la traduction d'ime lettre (en hébreu et traduite en grec par S* Paul) écrite par la Vierge aux Messinois, en réponse à une députation qu'ils lui avaient envoyée à Jérusalem. Elle est ainsi datée : « Ex Hierosolymis, anno filii nostri XLII,indictione i, ni nonas Junii, luna xxvn, feria v. » On a attribué à Constantin Lascaris l'invention de cette lettre ; le jésuite Melchior Inchofer a écrit un vol. in fol. (1629) pour en soutenir l'authenticité. La fête de la sagra lettera est célébrée le 5 juin, et est l'occasion de processions et de réjouissances dans la ville. — Beaucoup de Messinois portent le nom -de tetterio

en l'honneur de la lettre delà Vierge.

On a démoli, en 1865, un clocher élevé au xvi* s., renversé par le tremblement de terre de 1783, puis rereconstruit. On a bâti deux tours dans le style normand gothique sur les absides latérales.

Sur la place du Dôme est une fontaine par frà Angelo Montorsott (1547); ses nombreuses sculptures représentent (( en haut, Orion sur un socle tenu par quatre garçons ; quatre nymphes supportent le bassin supérieur; quatre tritons, le second, et quatre sirènes, le dernier. Les quatre allégories fluviales sont le Tibre, l'Ebre, le Camaro, torrent de Messine, et le Nil. Le grand bassin est orné de bas-reliefs et de figures d'hommes et de bêtes, toutes allusives aux bienfaits de l'élément humide. »

Sant' Agostino — (dans le haut de la ville à l'O.). Cette église, autrefois riche en tableaux, a beaucoup souffert du bombardement de 1848.

Sant' Andréa Avellino — (sur la place de la Flora) : Cette église possède un Ecce homo, peinture remarquable de Michel'Anae de Caravage ; un S* André, de Sehast, Conca, audessus du maître-autel.

Santa Anna. — (viadei Monasteri).

Petite église du xvn* s., 1" chap. à dr., Madone avec S* Bernard et S* Benoît, i^ar Ant, Bova; chapelle opposée, la Vierge immaculée, attribuée à Anloneilo de Messine (?).

Annunziata (Nunziatella) dei Ca- TALANi — (sur une petite place à l'extrémité S. de la rue Garibaldi), mentionnée en 1 1 69 comme déjà ancienne, et considérée par quelques-uns comme une ancienne mosquée (?). Style romain ; quelques arcades-recourbéeaen fer à cheval.

Annunziatta de' Teatini — (Corso) de 1660. Peintures de la coupole et de la voûte de l'abside, par Giùseppe Paladino; tableaux de Filip. Tana'edi; And, Suppa; Giov. Fulco, Giov. Bait. Quagliata ;Aq Van.Hou-

MESSINE

bracken, i" autel à g. en entrant :

Assomption.

La GiTTOLici — (rue Primo Settembre), datant du xii* s. En croix grecque ; appartient à la conununion grecque.

San Gosmo e Damiano (San Cosimo df Medici) -— (rue de* Monasteri).

Piscine probatique ; peinture vantée, d'il//. Rodriguez (1578-1648).

1 Grociferi — (Place Garibaldi); au maître-autel : Résurrection de Lazare, par Michel-Ange de Caravage,

San Domenico — (Gorso).Gette église brûlée par les soldats napolitains, en i84i8, contenait des bas-reliefs de Gagini; et une Nativité, par Anionello niccio. Quelqu'un ayant fait de ce tableau des critiques acerbes et injurieuses, Riccio le tua d'un coup de pistolet, et resta exilé plusieurs années. Il florissait vers 1570.

San Frangesco d'Assisi — (près de la porte Boccetta) du xin* s.; gâtée par la restauration de 1 721 . La plus grande église de Messine après le Dôme. — 3* autel à dr. Statue de la Vierge et la Vierge dello Spasimo, bas-relief par Anton. Gagini. — S* François recev^int les stigmates, peinture de Salvatore di Antonio^ père d'Ântonello de Messine. Fresques de Tuccari, de Filip, Tancredif de Rodriguez, de Vinc. Ancmo/o...; peintures de Catalano, — Ghapelle del Sacramento, ornée de fresques par FiL Tancredi; derrière Tautel antique, sarcophage avec bas-relief de l'enlèvement de Proserpine; au-dessus sont déposés les restes de Frédéric 111 d'Aragon et de sa famille.

San Frangesco de' Mercanti — (audessus de la place du Dôme), de 1626.

Les murs sont couverts de peintures.

Au-dessus du maitre-autel peinture très-remarquable de BartoL Schidone, représentant la mort de S* François.

Plusieurs sujets relatifs à la vie du saint par A//". Rodriguez, And. Suppa , et un élève de Rubens, Vanderbrack.

San Frangesco di Paou. — (hors de

la porta RealeBassa), xvi* s. Plusieurs

Enntures à'Onofrio GabriellOj de essine, et un S* Sépulcre, par Alf.

Franco; peinture considérée comme une des meilleures de Messine.

San GiOACcHiNo — (rue du Monte di Pietà), de 1645. 1" autel à dr. : l»

bergers par Gtowannt Tuccari ; Giamb.

Quagîiala, messe de S' Grégoire (1659) ; mort de S* Uilarion, ouvrage estimé d'Agost. Scilla.

San Giovanni decollato — (en dehors de la porte Boccetta). Mort de S' Jean par Michel-Ange de Caravage.

San Gidseppe — (Piano del Palazzo Reale, au S. de la ville) : un tableau de Polydore de Caravage : S* Joseph et l'enwnt Jésus.

SanGregorio — (1542J, égliseappartenantà un couvent ae femmes; dans une situation élevée(au-dessiis de la cathédrale) et d'où on a une belle vue ; richement ornée de marbres et de mosaïques. Traossept du S., h Vierge du Carmel et des Saints, par le Guerchin; S' Grégoire et des Anges,

Êar Barbalonga; transsept du N., S* enoît. S' Placide et S» Maur, brillante peinture à' Anionello Riccio. —Cinq peintures qui ornaient le parloir, et dont une, représentant la Madone, est signée : Anionello da Messina (1475), ont été transportées au Musée.

Santa Maria di Gesû inferiore — (hors de la ville, au N.) 1643. Peintures de Catalano, Commanè, Filip ' PaladinOy Gasp. Camarda; dans le réfectoire du couvent, une Cène, à figures colossales, à' Alf. Rodriguez avait été blanchie à la chaux, la municipalité l'a fait restaurer en 1840.

Santa Maru della Scala.— (àl'O.

de la ville), (1547.) « Mélange d'architecture grecque, arabe et normande; »

reconstruite en 1856. — Une Madone, médaillon en relief, de Luôn della Robbia.

San Nicol5 — (Corao, près de la Poste), XVI* s. Présentation au temple.

T^suT Alibrandi (^né : Jésus-Hierony-

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