B. PAR LE LITTORAL
Cette route du littoral est destinée à être longtemps encore peu fréquentée par les touristes, surtout quand la communication entre Païenne et Messine sera établie à travers la Sicile au moyen d'un chemin de fer allant s'unir à celui de Catane à Messine. Jusque dans ces derniers temps, quoiqu'on y travaillât depuis un siècle, ki route de voitures n'était pas terminée. 11 y a encore une lacune entre Finale (18 kil. de Cefalù) et Santo Stefano di Camastr a.
Pour suivre le littoral, on prenait (il y a peu de temps encore) le chemin de fer jusqu'à Termini, puis le courrier [3 ibis par semaine). — A Patti , à Barcellona, à Milazzo , des voitures publiques partent tous les jours pour Mes-
De Palerme à Termini.
37 kil.; chem. de fer; 3 trains par jour. — Trajet en 1 h. 36 min. — Prix : 4 fr. 20 c; 2 fr. 95 c; 2 fr. 10 c. (Les enfants payent demi-place.)
De Palerme à Bagheina, F. p. 577.
Après Bagheria, le chemin de fer s'enfonce dans une tranchée rocheuse.
Au delà on voit un grand nombre de villas ; à dr. se montre l'église de Santa Flavia, au dôme luisant de briques émaillées; à g. on aperçoit le Porticello (petit port), quelques maisons de Solunto, En face, magnifique demicercle formé par le rivage et les montagnes jusqu'à Cefalù et au massif le
SICILE. —• ROUTE 79. — DE PALBRMff A MESSINE.
plus souvent neigeux de Mhdonia; en arrière on voit se dresser, à l'extrémité septentrionale du mont Galtafano, le beau promontoire presque isolé de Zaffarana.
Altavilla — (2600 hab.). Village fi tué à ç. — A droite une tour d'un cifet pittoresque. Une vieille église, fondée en 1077 par Hobert Guiscard, mérite d'être visitée. — Le chemin de fer, qui s'est graduellement rapproché de la mer, longe la grève de cette longue conque d'or, non moins belle que celle de Palerme. La cote redevient l'ocheuse et les tranchées se succèdent. Un traverse trois tunnels. Sur la pointe se dresse la pittoresque torre Scipi, ancienne tour de garde contre les incursions des barbaresques. Au delà on contourne une charmante baie demicirculaire, où pendant la belle saison est une madrague (tonnara) pour la
Fêche du thon. Le paysage est de effet le plus gracieux. — 4' tunnel d'environ 200 met.; immédiatement suivi d'un autre plus court. Le promontoire que perce le chemin de fer porte la torre délia Madré. Bientôt après on laisse sur le bord de la mer la tour de San Nicole d'Ai*ena, ayant une enceinte flanquée de tourelles. A dr. la chaîne de montagnes se rapproche de la mer. — Après un petit tunnel, le chem. de fer éventre les fortifications de la Trabia pour atteindre la station située entre la ville à dr. et l'ancien château à g. sur le bord de la mer.
La Trabia, — 5000 hab.— Église de la Madonna délia Trabia ; peintures attribuées au Morrealese. — Le chemin de fer continue à longer la cote.
Porté sur un mur de soutènement, il contourne un promontoire qu'on a dû escarper à pic ; puis il traverse sur un remblai la large entrée du val de San Leonardo. U franchit le torrent sur un pont de quatre travées en aval du pont de San Leonardo (ce dernier, d une arche unique très-élevée, construit il y a un siècle environ, est le septième
qui ait été bâti ; les six premiers ont été successivement emportés). — Le chemin de fer continue de longer la grève, puis s'enfonce dans un hnnel de 250 met., sous le promontoire qui porte les ruines de la forteresse de Termini. Au sortir du tunnel, la mt coupe une petite partie de la ville, et,
f)ortée sur un viaduc plein qui longe e pont, atteint la station bâtie à l'E. de la ville.
Termini* — (Imerense), 25;700 hab. — Cette ville, d'une haute antiquité, s'appelait Thermœ Himerensei, thermes d'Himère. Elle tint un rang distingué parmi les villes grecques de la Sicile ; elle se gouverna par ses propres lois et battit monnaie. La ville d'ilimère, située à quelque distance, ayant été rasée par les Carthaginois {V. plus bas), les habitants échappés à ce désastre s'établirent (408 ans avant J. C.) en cet endroit, renommé pour ses eaux thermales, encore fréquentées aujourd'hui. Sapion l'Africain leur rendit beaucoup de statues qui avaient été enlevées d'Himera pai' les Carthaginois. Seuls les habitants des Thermœ Himereoses s'opposèrent avec fermeté aux rapines deVerrès, soutenus par leurproconsul Stenius.Après la chute de l'empire romain, Termini subit diverses vicissitudes. En 1557, sous Pierre 11 d'Aragon, il fut détruit par les troupes françaises de Charles d'Artois.
— Antiquités : restes d'un amphithéâtre et de divers édifices; d'un aqueduc de 4 milles, dit Aqua Cornelia ; de tombeaux de construction romaine; fragments intéressants de sculpture. (V. Antichità TemUtane, esposte da Bald. Romano; Palerme, 1858). Les restes de l'amphithéâtre se trouvent au N.-O. de la ville, au Piano di San Giovanni, qui a été transformé en jardin public (Flora). Les anciens thermes n'existent plus. L'établissement thermal est de fondation récente ; il est assez mal tenu.^ — La ville de Termini est dans une situation