D'URBINO A BORGO SAN SEPOLCRO ET A AREZZO
lui.
D'Drbioo à Urbania env. 20
D'Urbania à Saot' Angelo in Yado.. . 10
Mercatello.. . 6
Lamolli 9
Au haut du passage 9
San Giustino 15
Borgo San Sepolcro 3
DeBorgoSanSepolcroàArezzo 35
WArezxo en chem. de fer à Pérouse.
h*Urbino à Borgo San Sepolcro. (En 1862, pai'ti à 4 h. du matin d'Orbino, en cabriolet de louage, nous sommes arrivé i
7 h. 30 min. du soir à Borgo San Sepolcro.) — De Borgo San Sepolcro à Arezzo, dilig. en corresp. avec le train du chem. de fer de Florence; trajet eu 3 h. 30min. — Prix: 2 fr. 80 c.
lyVrbino au passage du Furlo. — Si l'on veut aller voir ce passage, on peut faire le trajet par voiturin, aller et retour, environ
8 h. — Prix : environ 12 fr.
D'Urbino à San Sepolcro une très-belle route, tracée à travers les Apennins, en franchit la chaîne centrale, et offre un intérêt pittoresque aux voyageurs. Dans une partie du trajet des bœufs de renfort sont attelés à la voiture ; ce mode d'attelage explique la lenteur du voyage.
En sortant d'Urbino la route fait plusieurs détours entre les collines des Âpennms, dépourvues d'arbres pour la plupart et d'un aspect triste. Un des sommets les plus élevés est le monte fierone (1,527 met.), au S.d'Urbania.
Urbania* (le pape Urbain VIII lui donna son nom). Dans l'église San Francesco, une Madone de Baroccio. — Dans la confrérie du Corpus Domini, fresques par Raffaello da Colle. [La plus importante, à g., sur un autel, est une très-médiocre copie de la Sainte Famille de Raphaël, du musée du Louvre]. Cette petite ville, d'assez bonne apparence et qu'on est surpris de trouver au milieu de ces montagnes, a un théâtre récenunent construit et un pont très-élevé au-dessus du Hétaure. Il y a une mine de charbon de terre dans le voisinage.
A quelque distance d'Urbania, après avoir traversé le Métaure, à Ifon^e Fiorentino, le Guide Murray signale dans l'église d'un coûtent de Saint-François une grande peinture de Giovanni Sanii, représentant la Madone entourée d'anges et de saints. Une des têtes d'anges serait, dit-on, le portrait de Raphaël enfant.
On continue à remonter la vallée du Metauit). La voiture s'arrête à :
Sant' Angelo in Farfo *, 3,000 hab.— Eglise Santa Caterina; sur l'autel, peinture où F. Zucchero s'est représenté
D DRBINO à BORCO SAN fiBPOLCEO ET A ARBUO.
arec sa famille. [Les portraits sont bien traités; la Yierpre et les anges manquent complètement d'idéal.l
Au delà de S. Ângelo in Vado on suit nne route droite, à travers une vallée remarquable par sa fertilité. Au bdut de la plaine, le village de Mercatello, situé au pied des collines, ferme la vallée qui se ramifie; plus haut se trouve le village de Borgo Pace, au confluent de deox cours d'eau, la Meta et l'Auro, dont la réunion forme le Metauro.
A Lamolli — commence la montée de la chaîne apennine centrale, dite : Âlpe délia Lima. Elle exige un renfort de bœufs. On remarquera, en montant, une fontaine monumentale , dite fontana degli Abêti. On y voit les premiers sapins. Il faut 2 h. i/2 pour atteindre, par Doe suite de lacets bien tracés (on peut abréger en allant à pied], le point le plus élevé de la route appelé la Bocca Traharia, près de 1,100 met. au-dessus du niyeau de la mer. Il tombe beaucoup de neige sur ce plateau en hiver. A la descente, on a une très-belle vue sur la vallée du Tibre, Cilla di Castello et Borgo San Sepolcro.
San Giustino. — Palais Bufalini. Fabrique de chapeaux de paille. Au joli TJliage de San Giustino, la route se divise : une branche conduit au nord, en Toscane, par Borgo San Sepolcro et Arezzo; une autre se dirige au S. vers CiUà di Caslello et Pérouse.
a»rgo San Sepolcro*, — 7,674 hab.
Après avoir appartenu au Saint-Siège, celte ville fut cédée en 1440 à la Toscane. Son nom lui vient de deux pèlerins qui, au x* siècle, y construisirent un oratoire, pour y renfermer des reliques qu'ils disaient avoir apportées du Saint Sépulcre. — Cette ville a eu fréquemment à souffrir des tremblements de terre. — Elle a donné naissance à plusieurs peintres de mérite; un des plus distingués est Pietro délia Francesca (xv* siècle), grand artiste, habile en perspective, qui a formé beaucoup d'élevés, et (^ui malheureusement passa les 26 dernières années de sa vie dans une cécité complète ; Baffaello da Colle, élève de Raphaël et de J . Romain ; Santi di Tifo, etc.
Le palais de la préture civile et criminelle a sur la façade d*anciennes armoiries en faïence de couleur.
ÉfUsM. — GATHiDRAUE ( lOlS ? ) ;
église i 3 nefs, qui â été restaurée. A dr.« au-dessus d'une porte, tombeau asseï élégant d*un évéque, style de la Renaissance. 3* chapelle à dr., Incrédulité de S. Thomas, de Sanli di Tito. En entrant, 3* chapelle à g., Assomption avec les 12 Apôtres, de Palma Giovine [assez bon ouvrage; a noirci]; au-dessus du Palmt Giovine, le Tout-Puissant porté par des anges, de Baff, da Colle. Sur le mur, figures d'anges gracieuses, en faïence vernissée, manière des delU Robbia.
Dans le chœur, à dr., Baff. da Colle, Résurrection; h g.. Ascension, parle Pérugin (répétition du tableau actuellement au musée de Lyon et qui provient de Pérouse). Dans la sacristie, fragment de fresque, par Gerino da Pi$toja.
Sant' Antonio. — Tableau peint des deux côtés, œuvre très-remarquable de Signorelli; d'un côté, un crucifiement [d'un faire sec, mais où les têtes ont un grand caractère] ; de l'autre. Saint Antoine abbé et Saint Eloi (S.Eligio) [grandes figures; petites proportions des moines agenouillés. Les mains sont très-bien dessinées].
Santa Chura. — Au maître-autel , Assomption, par Pietro délia Francesca [bonne disposition, figures expressives, assez remarquables]. Dans la sacristie, ancien tableau à 5 compartiments.
San Francesco, — 3« chapelle à dr., Saint François recevant les stigmates, par Giovanni de* Vecchi [enfumé] ; le Christ avec les docteurs, par Dont. Passignano [bonne disposition, exécution
Santa Maria delle Grazie. — Sur la
5 lace en face de San Francesco, Madone e Baff. da Colle. [Il fallait faire des démarches pour voir cette peinture : une clef était chez le gonfalonier de la ville, une autre chez Tévêque.]
San Rocco, ou Sasta Maria hella Mi- SERicoRDiA — (Eçlise de l'hôpital). Madone et des Saints, par Pi^ro délia Francesca . [Il faut la permission du directeur pour voir cette peinture, fermée par des volets. Au-dessous sont 4 figures de Saints et une prédelle qui se voit difficilement. On prétend qu'un personnafre vêtu de rouge, agenouillé à gauche de la Vierge, serait le portrait de Pietro délia Francesca.}
P. P. MlNORI OSSERVANTI — (ZOCCO-
I lanli). Au chœur, Assomption de Baff.
106 ROUTE 24. — d'urBIKO a CITTA DI CA8TELL0 ET A PÉROUSK,
da Colle [bel ouvrage dans le style de l'école romaine, peinture fatiguée] ; crucifiement, de Passignano.
SERvin. — Assomption, de l'école de Sienne [d'un beau caractère. Peinture rétouchée] ; Madone et Saints par Circignani.
Monte di PietX. — On ne devra pas négliger d'aller y voir une Résurrection peinte à fresque par Pietro délia Francesca [un de ses meilleurs ouvrages, selon Yasari, et sur lequel on peut dignement apprécier ce grand artiste peu
Do Borao San Sepolcro à Città di Cattello, 14 kil. — Trajet en 2 h. -> On trouve des moyens de transport tous les jours.
En quittant Borgo San Sepolcro, pour aller à Arezzo (p. 58), on ne tarde pas à traverser sur un pont le Tibre. On aperçoit à dr., au loin, vers le N., par une échappée, une montaenc présentant une sorte de cône tronque, au sommet sombre et couvert de forêts; c'est là qu'est la Verna (t. I"'). On aperçoit à g., sur une hauteur, le village de CUeima, 500 hab., et, à dr., Anghiari, 1,500 hab. (une autre route passe par Anghiari, 6 kil. de Borgo San Sepolcro). On traverse de petites collines couvertes de chênes et l'on descend dans la vallée arrosée par la Sovara, affluent du Tibre.
On suit les détours d'ime étroite vallée aride, à l'extrémité de laquelle la route atteint un passage, peu élevé, dont les deux versants séparent la vallée du Tibre et celle de l'Arno, qu'on a devant soi. On commence à apercevoir Arezzo, situé au pied des montagnes, et, à l'horizon, une chaîne de montagnes bleuâtres. Une descente continue mène à :
Arezzo^ {V. p. 58).
* Ce tableau, que nous avons vu à la lueur des torches, est dans une salle obscure où sont déposés les misérables effets des emprunteurs. Il fallait encore ici aller demander une clef au çonfalonier, une autre à une autre autorité. Peut-èirc, depuis notre visite, cet état de choses a-t-il changé, car le gonfalonier nous dit qu'il avait Tmtention de faire de cette salle une t>alle de musée. — On y aura probablement aussi réuni les tableaux des couvents supprimés.