‹ ItalieChapitre 112 sur 169 · S^ NAP OLI · texte numérisé non relu

S^ NAP OLI

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le^ Champs PhléAjréem. DE NAPLES R. S; mrte, ci-contre. 319

III. — Poiizzoles, Itaies, le Cap Alisène et les Champs Phlégréeiis.

Les Champs Phlégréens constituent la région à l'O. de Naples jusqu'au Cap Misène et à Cumes. Cette région, éminemment volcanique, eut des manifestations, des éruptions et des activités volcaniques diverses indépendantes de celles du Vésuve. Celles-ci, au lieu de se concentrer sur im seul point, eurent lieu en différents endroits, de sorte qu'il reste à présent env. 13 cratères, épars, peu élevés, sans de grandes coulées de lave. Ces cratères forment une étendue de collines, très variée, très caractéristique, avec quelques petits lacs et des vues merveilleuses. Dans de nombreux endroits, il y a encore des émanations gazeuses, en dehors du grand phénomène de la Solfatare de Pouzzoles, p. 32?>, et des sources d'Agnano, p. 321. Le dernier cratère qui se soit formé est le Monte Nuovo, p. 325, du XVI* s. Quelques-uns furent plus ou moins détruits par la mer, comme ceux du Cap Misène et du Mont de Prôcida. Les principaux sont ceux d'Agnano (c'était un lac, à présent desséché), de Quarto, de Campiglione, de Cigliano, des Astroni, de la Solfatare, du Monte Niiovo, du lac d'Ave me, et de l'ile de Nisida.

Des souvenirs mythiques et historiques du plus grand intérêt se ratt^ichent à cette région. Homère et Virgile y placèrent un grand nombre de leius mythes immortels, et c'est de là que la civilisation grecque se répandit en Italie. Plus tard les Romains en firent leur lieu de délices, en y élevant d'innombrables villas, célèbres au temps de l'Empire par le luxe effréné et par les excès de la cour romaine.

De tout cela, ainsi que des dominations successives, il ne reste que le souvenir ou les ruines. Mais le paysage merveilleux garde, même de ces traces de l'histoire ancienne, une empreinte indélébile. Terre, ciel, mer, œuvres de l'homme, tout s'imit pour faire jouir le toiuriste d'un spectacle incomparable.

Cumes, dans l'état actuel des fouilles, n'intéresse que les archéologues; le cratère d'Agnano a beaucoup d'intérêt; dans une visite rapide il faut toutefois laisser de côté l'une et l'autre. L'itinéraire le meilleur pour une visite rapide en 1 j. est le suivant: de bon matin, par le tram électr. (N° 52, dép. de la pi. Trieste e Trento povu" Pouzzoles, p. 822, oii l'on visite la ville et éventuellement la Solfatare; puis ch. de fer de Cumes jusqu'à Baies, p. 326, d'où en voit, à Bâcoli et au cap Misène. Retour à Baies et en ch. de fer à Naples. Si l'on a le temps, s'arrêter à la station Arco Felice pour la visite du lac Averue et éventuellement de l'Arco Ftlice.

Cette journée d'excursion est très fatigante, bien qu'elle soit pleine d'agrément, étant donné l'intérêt très grand des lieux et des monuments que l'on visite. Aussi ixiut-on distribuer la visite en 2 journées, comme suit: 1° en tram (20 min.) à la gare d'Agnano; d'ici tram pour l'établissement, visite aux sources et à l'établissement, en laissant de côté la Crotte du Chien, qui n'a pas d'intérêt spécial; continuer à pied poiir la Solfatare de Pouzzoles (route et visite, 1 h. 30). Descendre à Pouzzoles, visiter amphithéâtre, temple de Sérapis, cathédrale, port, 1 h. 30. Retom- à Naples par la strada nuova di Posillipo en montant en voit., jusqu'à la station terminus du tram N° 2, et prenant ensuite le tram, p. 317. On peut aussi retourner à Naples par le ch. de fer de Cumes. - 2° par le ch. de fer de Cumes jusqu'à Baies; de là à pied ou en voit, au Cap Misène et au Lac I^isaro, Cumes et retour par l'Arco Felice à la station Arco Felice.

Ch. de fer Naples-Torreqaveta (ferrovia Cumana), 20 k. en 1 h. 20- 1 h. 30. Départ de la .stazione Cumana (PI. II 14), largo Mont^santo, trams N° 12 de la gare centrale, N" 19 de la piazza Trieste e Trento et de la piazza dei Martiri; ou bien de la stazione corso Vittorio Emanuele (PI. III 4), trams N°^ 6 4; 25 dép. par j., dont beaucoup n'arrivent qu'à Pouzzoles. Prix: jusqu'à Pouzzoles, 1" cl., 3 L. 75, 2* cl., 2 L. 85, 3« cl., 1 L. 75;

320 7?. -5; carte, p. S18. ENVIRONS Fuorigrotta.

à Baies, 5 L. 85, 4 C, 2 L. 70; à Torregâveta, 6 L. 35, 4 L. 40, 2 L. S3. La vue est bornée à cause des tunnels et des habitations. Se placer à g. jusqu'à Baies, puis à dr. Jusqu'à Pouzzoles prendre de préférence le tram, qui longe la mer de plus près et ne traverse qu'un seul tunnel, celui de la Grotta Xuova. - On entre aussitôt dans un tiumel de 2.300 m. sous le Castel S. Elmo. -3 k. Station corso Vittorio Emannele; par im autre tunnel on passe sous la colline de Pausilippe et l'on débouche à (5 k.) Fuorigrotta, V. ci-dessous. Vue du golfe de Pouzzoles par intervalles. En avant se profilent la colline de Pausilippe et l'île de Xisida; à dr. la colline qui entoure le lac desséché d'Agnano. Plaine trèo fertile animée de pins maritimes. On passe sous la ligne directe Rome-Xaples (direttissima). -7 k. Agnaao, p. 321. À g., les Établissements Armstrong, puis les Établissements Ilva. -8 k. Bagnoli, où 11 y a plusieurs établissements de bains et d'eaux thermales très fréquentés par les Xapolit.iins. On rejoint la mer; Nisida est tout près; au loin, l'île de Capri; en avant le Cap îlisène derrière lequel est le Mont Epomeo, dans l'île d'îschia; 4 tunnels. - 12 k. Pouzzoles, p. 322. On voit, à g., les fameuses colonnes du Sérapéum; à dr. et en avant, le Mont Gâuro. Un court tunnel, puis la voie passe entre la mer et le Monte Nuovo, p. 325, que l'on reconnaît à sa forme régulière et à la rangée de pins qui, de la base, monte jusqxi'au sommet. On a devant soi Baies avec son château. - 14 k. Arco Felice, où l'on descend pour visiter le lac d'Averne et l'Arco Felice, p. 325. - 16 k. Lago Lucrino. À dr., un petit lac d'azur, le Lucrin, dont on traverse l'émissaire. Deux tunnels. - 18 k. Bâia (Baies), p. 326. À dr. de la gare, les ruines du temple de Diane. Un tuimel, puis !a vue s'élargit et s'étend siu le lac Fusaro et la pinière. - 19 k. Cuma-Fusaro, point de départ pour la visite de Cumes, du lac Fusaro, et de l'Arco Felice. On longe le lac à dr. et l'on découvre la, mer Tyrrhénienne. - 20 k. Torregâveta, point de départ du bateau pour Ischia et Prôcida.

Tram électr. Naples-Pouzzoles (X° 52), dép. de la piazza Trieste e Trento (PI. III 16), tout^^s les 22 min., 1 L. 45. On peut aussi aller par les trams X° 1, 3, 4 6, 6 4, à Torretta et là, attendre le tram pour Pouzzoles. Se placer à g. - Ou parcomt la riviera di Chiaia et la strada di Piedigrott^x, on laisse à g. S. Maria di Pifdigrotta, p. 298 et l'on entre dans la Grotta Nuova, galerie creusée de 1882 à 1885, de 12 m. de large et de haut et de 734 m. de long (à l'aller, on suit la galerie .secondaire; au retour, la principale); au milieu du parcours, arrêt à l'ascenseur po'or Posillipo alto. A la sortie, se trouve le gros •sillage de Fuorigrotta; à tir., l'église S. Vitale, soiLS le pronaos de laquelle est le tombeau du poète Giacomo Leopardi, par Breglia (1902). - Ensuite, à g., la nouvelle grande gare de Fuorigrotta (en construction, 1924) de la ligne «direttissima». Jusqu'à Bagnoli, même paysage que sur la ligne de ch. de fer de Cumes, V. plus haut. Après Bagnoli, que l'on traverse, le tram court le long de la mer et l'on jouit de la vue ininterrompue de Xisida, du Cap Misène, de Baies et de Capri. Puis, à dr., une carrière de pouzzolane, les TMrmes Patamia et les Thermes La Pietra Pepere (eaux thermales et froides, bicarbonato-chlorurées-sodiques et chlonu:ées-sulfatées; boues, héliothérapie; pension avec 25 ch.). Plus loin, halte du tram et station du ch. de fer Girolamini, avec les Thermes Subveni Hornini (eaux thermales, alcalino-borico-arsenicales; 20 ch.), et d'autres. On parcourt le corso Umberto 1° dans la banlieue de Pouzzoles; tunnel sous la ville. - À la sortie de la station de Pozzuoli, prendre la rue qui mène droit aii port, puis rebroasser chemin et prenclre à g. On arrive à la piazza Vittorio Emanuele et, à dr., au corso Garibaldi et au Dôme, comme d'après l'itinéraire, p. 323, que l'on sui\Ta de point en point; enfin, la via Sacchini conduit au Jardin Publie et la ria Carour ramène h la piazza Vittorio Emanuele.

De la station d'Agnano du ch. de fer et du tram, par une large route plantée d'arbres (tram, 55 c.) on arrive (1 k. env.)

Agmno. DE NAPLES /.'. '>; carte, p. SIS. 321

aux Terme di A(|iinno, sur le bord S. du cratère de Agnano, jadis un lac, desséché en 1870.

Établissement des Thermes, 300 ; de Pouzzoles; Rest. Promessi Sposi; salles de baiiis, étuves, boues, divi- ! Rest.-Peti-non Économique Carlino, sées en 3 classes; grotte de l'acide | avec quelques ch., très modestes, carbonique, phénomène identique à | Moyens d'accès: tram élect. (1*

celui de la Grotte du ("bien; grande salle des buvettes (10 qualités diverses d'eaux thermales et froides); inhalations; pulvérisations; massages; service sanitaire; poste et télégraphe dans l'établissement; parc; vacherie particulière; serres chaudes pour la culture des roses et des légumes, etc.

Hôtels: Gra)id-Hôtel Terme, sur la colline au S-. du cratère d' Agnano; ascenseur de la route au parc de l'hôtel (50 m.); eau coiu-ante chaude et froide; 50 ch.; restaurant; grand parc; vue incomparable du golfe

juin-30 sept.) directement de la pi. Trieste et Trento (à Naples) à l'établiss., 1 dép. chaque h., 2 L. 10; service ordinaire, tram N°" 23 et 53, dép. toutes les 8 min. de la pi.

Trieste et Trento, jusqu'à la halte d' Agnano, 1 L.; puis tram pour l'établiss., 55 c; ch. de fer de Cumes, p. 319, puis tram, voir ci-dessus; autobus de l'établiss. de la pi. Trieste et Trento, 1 dép. toutes les 45 min., de 7 h. 30 à midi; retour toutes les 45 min. de S h. 15 à 13 h. 30, 6 L.

Le cratère éteint d' Agnano, de 6 k. 5 de tour, se transforma au moyen âge en un lac, qui fut desséché en 1870. Les eaux, qui s'y rassemblent, sont évacuées par un canal en tunnel sous le Mont Spina. Le terrain palustre du cratère pullule de soiu^ces. Il y en a plus de 70, de composition chimique diverse et de diverses températm-es, de sorte que la valeur théra- |)eutique des eaux d'Agnano est des plus variées. La visite de l'étiiblissement et des principales sources, fréquentes spécialement dans la partie S.-E. du cratère, très intéressante pour les hydrologues, présente im intérêt aussi pour les simples touristes. - Le bâtiment des Thermes s'étend sur env. 200 m. de front. À dr. du Salon Central, les bains de 2* classe, et les Étuves de St-Germain, cabines où pénètrent des vapeurs ayant une température de 50° centigr. et même plus et saturées d'hydrogène sulfuré. On y entre par une succession de chambres d'une température croissante: tépidarium, calidarium, laconicuni. Il y a aussi une petite grotte d'où se dégage de l'acide carbonique comme dans la Grotte du Chien. À g. du Salon Central, les bains de V^ classe, puis les Bains Royaux; plus avant vers l'E., le bâtiment pour les traitements de boue, avec 80 cabines, puis les bains de 3* classe, les bains gratuits, la lavanderie. Près de celle-ci, une source thermale (74° C.) très abondante, captée en 1921. Descendant à g., N., on trouve le sprudel, source à jet intermittent (60°) à cause de la grande quantité d'acide carbonique qu'elle contient. Tout de suite après, la source tlite du Ponticello (60°), très abondante, qui alimente 300 bains des Thermes, et dont l'eau surabondante va se verser dans la « fanghiera ». La fanghiera, réservoir de botie, est une étendue de terrain mou et pâteux à cau.se des nombreuses sources et infiltrations thermales et de l'eau qu'on y conduit artificiellement. La plus important* de ces sources est la Salvatore Tomnuisi (80°). 100 m. env. au N. du Sprudel se trouvent des sources d'eau employée comme boisson: « Apollo ", alcaline-carbonique; «Marte», carbonique-ferrugineiuse. L'eau des soin-ces est aspirée par 3 groupes de pompes et portée dans des réservoirs de 1 million de me. de capacité totale; de là, elle est répartie (Lans tout l'établissement. - Si l'on a le temps, avancer encore d'env. 1 k. au N., jusqu'à la source ferrugineuse thermale (38° y2). Près de là, un terrain destiné à être aménagé comme Hippodrome de Naples, qui s'étendra jusqu'au pied de la colline des Astroni. En sortant des Thermes, on voit à dr., les ruines grandioses des Thermes Romains (Thermae Aniana^). C'était un bâtiment imposant à 5 étages, adossé à la colline, sur \\n front d'env, 500 m. De petites galeries conduisaient les va-

322 R. 5; carte, p. 318.

ENVIEOXS

Pomzoles .

I)eur3 et les gaz de l'intérieiir d? la colline aux éfcuves ou sudatoria; de grands réservoirs servaient pour la distribution de l'eau dans l'établissement. Des fouilles récentes (en cours d'exécution) ont mis au jour des pavements en mosaïque, des conduites d'eau et de vapeur, etc.

Des Thermes d'Agnano on peut aller à Pouzzoles par ime route carross. qui s'embranche à l'O. et passe devant l'Hôtel Terme; elle monte ensuit* sur la colline en face de la mer et passe devant la Solfatare, p. 323, pour descendre à Pouzzoles à la Deipara, p. 323.

La grande route provenant de la halt« d'Agnano, continue au N.-O. en longeant le bord de l'ancien lac d'Agnano vers le parco degli Astroni, autre cratère ét^-int. À mi-chemin, une voie à g. mène à la source thermale alluminifère des PinciareUi.

Pouzzoles (Pozzuoli), 19.596 hab., sur un promontoire de tuf, est un des endroits les plus curieux et les plus intéressants du golfe de Xaples.

Restaurants: Matacena, au premier étage d'un bâtiment en pleine mer; le rez-de-chaussée est déjà envahi par la mer; Terme di Donato, tous les deux à l'entrée de la ville, côté E.; Vittoria, près de la gare du ch. de fer et des jardins publics; Sirena, \'ia Torre, et quelques autres médiocres.

Voitures publiques: d'im point quelconque de la ville au Temple de Sera pis, à l'Annunziata, à la Cava di Scogîi, à l'Amphithéâtre, au Gantière Armstrong, ou à un autre point de l'enceinte de l'octroi, 2 L. 40; aux villas, Ravaschieri, Igea, Marinucci. De Angolis, 3 L. 60; à S. G^nnaro, au Lac Lucrin, 6 L.; à la Solfatare, 5 L. 40; pour le ret., si l'arrêt ne dépasse pas 30 min., la moitié du prix indiqué ci-dessus. - De Pouzzoles au Montenuovo, 5 L.40; aux Stufe di ^erone, 9 L. 60; au Lac Fusaro ou à Cumes, 12 L.; à Torregâveta, ou à Eâcoli, tour Solfatare - amphithéâtre - Temple de Sérapis, 14 L. 40; à la Montagna Spaccata, 7 L. 20; à Corôglio, 7 L. 20; à Pianura et Soccavo, 19 L. 20, aller et ret. avec arrêt de 2 h., 24 L.; à l'Arco Felice, 12 L.; à Licola, 13 L. 20; tour Pouzzoles-Miliscola- Cap Misène, Cappella, 15 L. 60.

Pour le ret., si l'arrêt ne dépasse pas 1 h., la moitié des prix ci-dessus.

- Service à l'h., à Tint, de l'enceinte de l'octroi, la première h., 7 L. 20, chaque derai-h. suivante, 4 L. 20.

- Service pour la journée (du lever au coucher du soleil), 42 L. - Bagages à l'extérieur de la voit., 50 c. chaque colis.

Side-cars (tarif municipal): de la pi. Vitt. Eman. au Temple de Sérapis, à l'Amphithéâtre, ou au Gantière Armstrong, 3 L.; à la stat.

Arco Felice, 4 L.; aux villas Ravaschieri, Igea, Marinuccî, De Angelis, 4 L.; au Lac Lucrino, 8 L.; à la Solfatare, 5 L. 40. Retoiu- à vide 20 °o en plus; ret. avec 30 min.

d'arrêt, 50% du tarif ci-dessus. - Au Monte Xuovo, 6 L.; aux Stufe di Nerone, 10 L.; à Bâia, 12 L.

visite à la Solfatare, au Temple de Sérapis et à l'Amphithéâtre, 16 L.

à Naples (Torretta), 20 L.; à Bâcoli 20 L.; à ]SIiliscola, Gap Misène Gappella, 22 L.; à Cumes, 15 L.

à Licola, 20 L.; à la Montagna Spaccata, 10 L. L'arrêt est fixé à 1 h ret. 75 °o du tarif ci-dessus. - La nuit 25 °ô en plus. Bagages gratis jusqu'à 20 kg.

Guides (guide autorizzate): pour la ^^s!te des antiquités de Pouzzoles, soit Amphithéâtre, Villa de Cicéron, Temple de Sérapis, Temple de Jupiter, Solfatare, 12 L.; pour la visite du Lac Lucrin, Lac Aveme, Grotte de la Sibylle Guraaine, Temple de Pluton, Bains de Néron, Chambres de Vénus, Palais de Jules César, Temple de Diane, Temple de Vénus, Piscina Mirabile, Gento Camerelle. Port de Misène, Champs- Elysées, Lac Fusaro, Cumes, Grotte de Pietro La Pace, Arco Felice et Aguano, 20 L.; pour la visite d'Agnano, si le guide est déjà sur place, 5 L.

Visite aux antiquités: t. 1. j. de 9 à 17 h.

Taxe de séjour: 10 L. par per?.

Pou2iole^<!. DE NAPLES /?. 5; ctirte, p. 318. 323

Dikfparchia, fondée par des navigateurs de Samos, puis centre commercia! des Curnéens, fut soumise par les Samnites et ensuite par les Romains qui, en 194 av. J.-C, y établirent une colonie. Depuis lors, la ville, qui était essentiellement grecque, fut romanisée jusque dans son nom et prit celui de PuUoli. Elle devint le premier port d'Italie spécialement en relation avec l'Orient et elle s'embellit de monuments insignes. C'est en 62 après J.-C, que s'y arrêta St Paul. Aujourd'hui il ne reste de Putéoli que des ruines éparses, pâle image de son antique splendeur.

De la gare du ch. de fer, à g., au Jardin Public, où il y a les bustes de Sacciiini et de Pergolesi; à dr., le Théâtre Sacchini; vue du port. On prend au S. la via Cavour, qui débouche sur le corso Vittorio Emanuele. Celui-ci s'élargit sur la place Vitt. Eman. (statue de l'évêque Léon y Cardenas, viceroi sous Philippe III), au S. de laquelle est la station terminus du tram électrique Pouzzoles-Naples, p. 320. En suivant à dr. le corso Vitt. Eman., on va au Port, où l'on voit encore des restes importants du port romain.

n se composait d'un môle (moles Puteolana ou opus pilarum) formé de 25 piles reliées par 24 arches, système ingénieux contre l'atterrissement du port. À l'extrémité était un arc de triomphe en l'honneur d'Antonin le Pieux, qui en 120 ap. J.-C. restaura cet ou\T:age, qu'une tempête avait détruit. - I^es arches sont toutes tombées, mais 13 piles émergent encore et il y en a 2 dont on voit les fondations sous l'eau. Les piles sont encore munies des anneaux qui servaient à attacher les navires, mais ces anneaux, par suite de l'affaissement du terrain, sont aiijoiu"d'hui à 2 m. sous l'eau. - Au S. de la ville moderne, jusqu'à l'île des Capucins, il y a sous l'eau des restes de trois bassins de l'ancien port.

En partant de la piazza Vitt. Eman., prendre à l'E. le corso Garibaldi; arrivé à la porte de la ville, tourner à dr, et monter au-dessus de celle-ci; par la via del Duomo et à g., par la ruelle qui suit, celle de S. Procolo, on va au Dôme (St'Procule): à l'extérieur, 6 colonnes corinthiennes, restes du temple d'Auguste sur l'emplacement duquel s'élève l'église; à l'intérieur, tombeau du compositeur Giov. Battista Pergolesi.

Retourner par la via del Duomo à la piazza Municipio, et prendre vers le N. la via C. Rosini, qui passe devant le Municipio et continue en montant jusqu'à l'église de la Deipara. Par une route à faible rampe on traverse la « direttissima » et l'on va en 15 min. à la Solfatare (entrée, 5 L.; guides, superflus, ordinairement très insistants, 7 L.).

C'est le cratère elliptique d'un volcan à demi éteint (le plus grand diamètre mesure 750 m.) qui depuis 2000 ans au moins n'a pas changé essentiellemeTit d'aspect; l'éruption de 1198 est une légende. - Un sentier en parcourt le fond; il passe d'abord près d'un puits (à g.) d'env. 10 m. de profondeiu-, au fond duquel il y a de l'eau chaude, et atteint ensuite les fumarole (fumerolles), puissants jets de vapexu- d'eau à haute température et chargée d'anhydride sulfureux. La nature des gaz varie toutefois notablement avec le temps et il semble que les fumerolles perdent de leur intensité quand le Vésuve se montre plus actif. Le sol, qui est chaud,

324 7?. 5; carte, p. 318. ENVIRONS Pouzzole^.

si on le frappe du pied, rend un son creux. À un peu plus de 100 m. à l'angle S.-E. derrière un pavillon quadrangulaire, la fumerolle principale ou Bocca Grande (grande bouche) d'où sortent en sifflant et en faisant bouillonner le sable, des vapeurs à 153°, tandis que celle des petites fumerolles n'atteint pas 100°. Les collines à l'E. du cratère, les colles Leucogœi, furent ainsi appelées par les anciens à cause de leur t-erre blanche, que l'on employait pour blanchir l'orge. Si l'on brûle de la paille ou du papier à proximité d'une fumerolle, les vapeurs des axitres augmentent. Vers le N.-O. s'étend toute nue la partie la plus basse de la Solfatare qui, jusqu'au XVIIP s., fut probablement couverte d'eau chaude et vaseuse. À diverses reprises(1879, 1898, 1907, 1923) il s'y est formé des cavités en forme d'entonnoirs, contenant de la boue chaude. À 200 m. env. au X. de la Bocca Grande, les 5f«/e(étiives), fumerolles situées en partie dans une excavation artificielle. La route, qui mène à la Solfatare, continue poiir Agnano, p. 321, en passant devant le couvent et l'église de S. Gennaro, bâtis au XVP s., à l'endroit où St Janvier fut décapité. Dans Téglise on conserve une pierre tachée du sang du Saint; quand la liquéfaction du sang a lieu à Xaples, la tache, qui est d'une couleur sombre, prend la couleur vive du sang frais. La cérémonie y appelle une foule nombreuse. Très belle -vue sur Pouzzoles et son golfe.

De retour à l'église de la Deipara, p. 323, prendre, en face de celle-ci, la via del Carminé; en gardant toujours la dr., en 5 min. on est à l'Amphithéâtre (entrée t. 1. j. de 9 à 17 h., 3 L., dim. gratis) achevé au temps de Vespasien, le mieux conservé des monuments de Pouzzoles. La ville avait déjà un amphithéâtre plus ancien, dont les ruines ont été découvertes récemment à l'occasion des travaux de la << direttissima », ligne directe de ch. de fer Naples-Rome.

L'édifice, dont les axes mesurent 117 et 117 m., repose sur trois rangées d'arcs et de piliers; il éXAit jadis entouré d'arcades en briques. La cavea a deux enceint.es {prcex^inctiones) et est divisée en secteurs. L'arène, qui mesm-e 72 m. sur 42, a un corridor découvert le long de l'axe principal. Au-dessous, des locaiLX souterrains pres(iue parfaitement conservés servaient à loger les fauves et les machines employées poiu: les jeux. Les souterrains communiquent avec l'arène par 60 ouvertures quadrangulaires servant à aérer les locaux, à faii-e sortir les fauves et à installer le pegma, sorte d'échafaudage en bois, que l'on élevait rapidement et sur lequel les gladiateurs combattaient.

Une conduite d'eau permettait d'inonder l'arène pour les naïunachies. C'est là que, sous Domitien, St Janvier et ses compagnons fiuent en vain exposés aux bêtes féroces; le Saint fut décapité en 305 au S.-E. de la Solfat-cire, où a été érigé ensuite l'église S. Gennaro, V. ci-dessus.

Au X.-O. de l'Amphithéâtre, restes d'une construction, ciui était probablement une viUa romaine, ruines du Temple de l'Honneur et débris de grands Thermes (temple de Xeptmie). Autour de l'amphithéâtre, une série de réservoirs d'eau, dont le plus grand est la Piscina Cardito^ (on y va en prenant la petite route à dr. de la rampe conduisant à la Solfatare, se détachant à quelques pas au X, de la Deipara) qui sert encore aujourd'hui.

On retourne sur ses pas et, avant d'arriver à la Deipara, on descend à dr. par la strada Follieri, qui domine la ligne du ch. de fer de Cumes; on dépasse la gare, on traverse la voie ferrée. Un peu après, à g., au N" 6, le Temple de Sérapis ou Sérapéum (Tempio di Serapide; entrée, 3 L.; gratuite, le dimanche).

/wic A rente. DE NAPLES R. ô; carte, p. 31S. 325

Ce n'était pas un tcniplo, mais un marché de comestibles du I*' s. ap. J.-C, au plan rectangulaire (45 m. sur 38). L'entrée était précédée d'un portique supporté par 6 colonnes corinthiennes, dont trois sont restées debout. À Tint., est une corn- carrée (32 m. de côté) entourée d'une galerie de 48 colonnes de cipolin et de granit, autour de laquelle, une série de 35 boutiques. Au milieu de la cour, un édiflce circulaù-e à coupole (tholus) était soutenu par 16 colonnes corinthiennes en jaune antique (elles sont maintenant dans le théâtre du château royal de Caserte, p. 271), dont il reste les bases. Les trois colonnes de l'atrium ont été corrodées et perforées, de 3 m. 60 juscju'à 5 m. 70 au-dessus du sol, par des mollusques (lithodonuis lithofagus), dont l'espèce vit encore dans la mer Tyrrhénienne. t)n en a conclu que l'édifice, dans le passé, a été enseveli jusfju'à 3 m. 60 et que la région entière s'est submergée jusqu'à 5 m. 70, puis s'est soulevée de nouveau, peut-être à l'époque de l'éruption de 1538. D'après une autre opinion, moins probable, l'édifice aurait servi de vivier de poissons et de mollus(iues.

À 2 k. de Pouzzoles, le Monle Xuovo, 139 m., cône volcanique, composé de tuf et de scories, qui s'est formé le 30 septembre 1538. L'entrée est à mi-chemin entre les stations d'Arco Felice et de Lago Liicrino (pourboire). En 20 min. on monte au sommet (vue) et en 10 min. on descend au fond du cratère qui est à 15 m. d'altitude.

À 4 k. de Pouzzoles (station Lago Lucrino), le lae Luerin, séparé de la mer par une bande de terre, où passait, dans l'antiquité, la via Ilerciilea. Sergius Orata, vers l'an 100 av. J.-C, y établit des viviers d'huîtres qui devinrent célèbres; on en cultive encore de nos jours. On y pêche d'excellentes « spigole », très appréciées à Naples. L'endroit était peuplé de villas, parmi lesquelles la plus fameuse fut l'Académie de Cicéron.

En suivant la route vers le N., en 10 min. on va au Lac Averne, cratère de 3 k. de circonf., profond de 34 m. 50, rempli d'eau et entouré de collines, sauf au S. où il y a un étroit passage.

Entouré, dans la haute antiquité, de bois touffus, qui donnaient à l'endroit un asjject extraordinairemejit sévère, il passa ]iour la patrie des Cimmériens (Odyssée, XI) et l'entrée des Enfers. On croyait que les oiseaux y arrêtaient leur vol et tombaient dans le lac ou sm- la terre fumante de soufre. Annibal s'y rendit avec son armée sous prétexte d'y offrir un sacrifice; l'u.sage de faire le voyage d' Averne pour de tels sacrifices dm-a môme en des temi>s postérieurs à Constantin. Agrippa transforma complètement la contrée. Il fit abattre la forêt et, au moyen d'un canal reliant d'une part l'Averne au Luerin et ce dernier à la mer et de l'autre au moyen d'tm tunnel, à Cumes, en fit un port militaire très sûr (Port Julius), qui fut abandonné ensuite et se remplit de terre. Néanmoins, la légende, déjà chantée par Virgile (Enéide), resta, a])i)uyée par Pline et Silius Italicus et vivait encore au VP' s. chez les écrivains byzantins. Le Monte Nuovo surgit et changea l'aspect de la région. Les bords de l'Averne furent peuplés de villas et d'autres édifices. - Sur la rive £., il y a les grandes ruines dea Thermes, arbitrairement apiielés temple d'Apollon, édifice hexagonal à l'extérieur, circulaire à l'intérieur où il y a cinq niches. Sur la rive O., autres ruines de Thermes, appelés temple de Mcrcm-e. Le lac, qui n'a que 40 cm. de surélévation au-dessus du niveau de la mer, fut entouré d'une banquette

326 R. 5; carte, p. 318. ENVIRONS Baiet.

en piei're pour y supprimer la xiialaria. Au N.-O., il y a uu tunnel de plus ds 1000 m. de long, éclairé par des cheminées qui débouchent sur la montagne. Ce tunnel (Gratta delki Pace), qui monte légèrement, conduit dans la plaine de Cumes. On peut le traverser, à la rigueur sans lumière, mais non sans peine et il n'offre aucun intérêt. Il remonte au temps d' Agrippa et fut exploré en 1-507 par Pietro délia Pace, dont il prit 1p nom.

Un sentier qui côtoie le bord S. de l'Aveme, puis m.onte im pe:i à g., mène en 3 min. env. à la grotte de la Sibylle, qui serait celle décrite par Virgile (En., VI: Spelunca alta.... tuta lago nigro), qui a placé ici la scène de la descente d'Énée aiix Enfers. Entrée, 1 L. par pers.; chaque torche, 2 L. À Tint., salle présentant des traces de mosaïques noircies et presque invisibles; il no vaut pas la peine de visit^^r ces cavités fangeuses, où il faut ?e faire iiorter par un guide (3 L.).

La route longeant la côte passe près des ruines, sous lesquelles à dr., se trouvent les Staje di Tritoli ou de Xéron, anciens thermes sans intérêt. Partout des ruines de villas, de thermes, etc.

Baies {Bâia; Rest. Vittoria, près de la gare, passable, avec quelques ch. très mod.; voit, au Cap Misène, 6 L.; à Pouzzoles, 10 L.), est une petite bourgade au bord de la baie du même nom, avec une magnifique vue sur la mer,

Baice fut au temp.s de l'Empire romain la station balnéaire la pluà renomm.ée et à la mode; elle tiiM son nom, d'après la légende, de celui de Baios, le timonier d'Ulysse. T^s empereurs y construisirent à l'envi des édifices somptueux, sui'tout Xéron qui y fit mourir sa mère et y étoufta dans le sang la conspiration que Pison tramait contre lui. C'est là que mom-ut Adrien, le 17 juillet 138. Avec la ruine de l'îlmpire, sa splendeur déclina rapidement; la ville fut dévastée par les Sarrasins au VHP s., puis elle fut abandonnée à cause de la malaria. Il n'en reste que des ruines de villas (qui s'étendent bien avant d;ins la mer, parce que dans plusieurs endroits le sol s'est affaissé), et des vestiges grandioses de trois édifices que l'on nomme %Tilgairement des temples, mais qui étaient des Thermes.

Vis-à-vis de la gare, sur la dr. de la voie ferrée, le Temple de Diane, construction octogonale à l'extérieur, circulaire à Tint., avec une couverture en forme de coupole, à moitié conservée, et 4 niches sur les parois. - En sortant de la gare, tourner à dr. et traverser une vigne, descendre au Temple de Mercure, construction circulaire, dont la voûte est presque intacte; il y a 4 grandes niches presque entièrement comblées. On croit que c'était un frigidariam; à l'int., curieux phénomène de la transmission de la voix (pourboire), que l'on observe parfois dans de semblables constructions circulaires à voûte. - Un peu plusjoin, à g., le Temple de Vénus, également octogonal à l'extérieur et circulaire à l'int., avec 8 fenêtres et grandes niches; il a une grande ressemblance avec celui que l'on nomme le temple di ^Nlinerva Medica à Rome. p. 134.

La route traverse Baies en contournant le golfe, puis monte en pente douce, en longeant de grands chantiers et quelques colombaires (vue magnifique); à g., le Château de

Bécoli; Misène. DE NAPLES R. 5; carte, p. 330. 327

Baies, importante construction de don Pedro de Tolède, XV I« s. On tourne à dr. et l'on descend à (3 k. de Baies)

Bàcoli (voit.: à Baies, 3 L. 50; au Cap Misène, 3 L.; à Cappella, 4 L.; à Torregàveta, 5 L.; à Pouzzoles, 12 L.), village qui serait l'ancienne Bauli. En entrant dans la localité, descendre à g., par la via di Marina au prétendu tombeau d'Agrippiiie, ruines d'un petit théâtre. Reprenant son chemin, par la via Ercole et la via S. Anna on monte à l'église S. Anna. On tourne autour de celle-ci pour aller (15 min.) aux Cenio Camerelle (cent petites chambres; entrée, 1 L. 50), ruines à deux étages: l'étage supérieur servait de réservoir à eau; la destination de l'inférieur est inconnue. On y entre avec des torches (pourboire); peu intéressant. Revenir sur ses pas à S. Anna, continuer vers le S. à la Villa Greco, où l'on demandera à visiter la Piscina Alirabilc (10 min. de l'extrémité du village; entrée 1 L.; la clef est à la Villa Greco), le réservoir le plus grand et le mieux conservé de la région, long de 71 m., large de 27, semblable à une basilique divisée en 5 nefs de même hauteur par 4 rangs de piliers, 48 en tout. Ce réservoir colossal, place au bout d'un ancien aqueduc, était destiné à approvisionner d'eau la flotte stationnant à Misène. Visite très intéressante.

Pour le retour, tourner à g., jusqu'à ce que l'on atteigne le Marc Morto que l'on côtoie ensuite. On descend à une digue, qui sépare le Mare Morto, à dr., du pittoresque Port de Misène, à g., et l'on traverse sur un pont le canal qui les relie.

Le Port de Misène fut créé par Agrippa, pendant que Ton aclievait les travaux du lac d'Averne, pour servir d'abri à la flotte de la mer Tyrrhéniennc comme celui de Ravenne servait à celle de l'Adriatique. C'est aussi aloK que fut fondée la colonie de Muène (31 av. J.-C); celle-ci conserva toujoiu^ son caractère militaire; la chute de la puissance romaine amena son déc^lin, et au IX» s. les Sarrasins la détruisirent. Le port se composait du bassin extérieur, qui forme le port actuel de Misène et du bassin int. qui constitue le Mare Morto, séparés l'un de l'autre par la digue moderne sur laquelle passe la route. ]je Marc Morto est séparé de la mer au S. par la spia^jgia di Minlscola.

La route passe devant une poudrière (défense de fumer), tourne à g. et continue plus étroite jusqu'au village de Miseno, où s'arrêtent les voit., et où l'on peut engager un des petits guides qui s'y présentent pour accompagner les visiteurs au Cap. On continue à pied, tournant à dr., près de l'église, sur la route qui monte à une ferme. Avant d'arriver à celle-ci, on prend à dr., puis à g., et l'on monte à travers les vignobles par des sentiers escarpes et plutôt fatigants pour les dames (aller et retour, 1 h. cnv.) au Cap Misène 92 m,, d'où l'on jouit

328 R. ô; carte, p. 318. ENVIRONS le Cap Misèns.

d'un ^panorama merveilleux sur les golfes de Naples, de Pouzzoles, et de Gaète. On a l'impression dètre au milieu d'un système compliqué de promontoires et de baies, de détroits et de langues de terre, d'îles et de lacs.

Le Cap Misène e.st im ancien cratère dont il ne reste qu'un segment, le reste s'étant presque complètement enfoncé dans la mer. La partie qui émerge (92 m. d'alt.) en forme de tumulus a fait naître la légende d'après laquelle ce proraontotre serait le tombeau de Misenus, le trompette d'Énée (En., VI). Quand Auguste fonda la colonie de Misène sur le promontoire, celui-ci était déjà couvert de villas, parmi lesquelles était celle de Caius Marius, qui appartint ensuite à Luciillus et aux empereiu-s, et où plus tard moiurut Tibère; les ruines de cette villa commencent sur le côté S. du port et accompagnent la montée du promontoire. Sur l'isthme il y a les restas de la ville, c'est-à-dire les ruines des Thermes (bâtiment rond près de l'église) et, au X.-O., d'un théâtre, dont la cavea est adossée à la colline; d'ici, superbe vue de Prôcida et d'ischia. Sm- le versant O. du promontoire, est la Gratta Dragonara, dont la voûte est maintenue par 12 piJiers, et qui aurait servi comme magasins de la flotte ou comme réservoir à eau.

Revenus du Cap à Miseno, les piétons peuvent continuer par le sentier de la spiag<jia di Miimcola, étroite bande de terre entre le Mare Morto et la mer, longue de près de 2 k. Le sentier débouche sur une route carross. que l'on suit à dr. vers le X. en longeant le côté 0. du Mare Morto jusiiu'à la bifurcation, où Ton prend à g. vers Cappella, V. ci-dessous.

On retourne à Miseno et, à la bifurcation de la route de Bâcoli au Mare Morto, on prend à g. vers l'O., en longeant le côté X. du Mare Morto. À la première bifurcation on prend à dr. la large route qui traverse le village de Cappella, entre le Monte di Prôcida au S. et le Monte dei Salvatichi au N. et l'on arrive à la gare de Torregâveta, p. 320, terminus du eh. de fer de Cumes et embarcadère des bateaux pour Iscbia et Prôcida. L'excursion est également belle dans le sens inverse, de Torregâveta à Baies.

Une route carross., qui se détache au S., près de la gare de Torregâveta, permet de gravir le Mont de Prôcida, massif de tuf, couvert de ruines d'antiques villas, parmi les vignobles, qui donnent un excellent \m.

On retourne sur ses pas jusqu'à une bifurcation, où l'on prend à g. pour aller au Lac Fusaro. dans l'antiquité Palm Achernsia, de forme demi-circulaire, séparé de la mer par une langue de terre. Le lac communique avec la mer au moyen d'un canal creusé dans l'antiquité et qui passe sous le coteau de tuf que l'on observe au N,-0. de Torregâveta. Ce coteau est couvert par les ruines de la villa de Servilius Yatia.

Ce lac (4 k. de circonf. et S m. de profondeur) à partir de 1784 sert à l'élevage des huîtres et à la pisciculture. La st.ation d'ostréiculttu-e est sur la rive E. près de la route de Cumes. On peut acheter des huîtres sur place. Au milieu du lac, le Casino, que Ferdinand IV fit construire par Van%itel]i. À quelques pas de la station Lago Fusaro (rest. modeste), est l'entrée delà Station Hydrobiologique; poiu: la visiter, demander la permission au Directeiu", qui habite près de la route de Baies.

Cumes; Arco Felice. DE NAPLES R. 5; carie, p. 318. 329

On traverse la voie ferrée près de la station Lago Fusaro, on passe devant la grille de la Station Hydrobiologique, et l'on se dirige vers le N., le long du lac, puis entre des vignobles, à (45 min.) Cunies, la plus ancienne des colonies grecques en Italie, située sur une colline de tuf trachytiqup, dominant la mer et une vaste plaine. Il n'en reste que des ruines, qu'on peut visiter avec la permission du Soprintendente ai Monumenti, Palais Koyal, à Naples. La visite de Cumes présente un intérêt seulement pour les archéologues; elle exige de 2 à 3 h.

Cumes fut d'abord un centre osque, puis la plas ancienne colonie grecque (Kymé) en Occident. Devenue florissante, elle fonda Diksearchia et Néapolis; sa haute civilisation exerça son influence sur la Canipanie, puis sur Rome même. En 474 av. J.-C., les Cuméens, unis à Hiéron de Syracuse, déflrent les Étrusques dans une bataille navale, mais en 421 ils durent se soumettre aux Samnites. Ensuite Cumes devint romaine et lentement disparut de l'histoire. Elle fut détruite au IX« s. par les Sarrasins et en 1207 par les habitants de Naples et d' A versa.

De la bifurcation de la route de l'Arco Felice, on prend un petit chemin h g., qui passe devant une ferme, traverse des vignobles et monte au Monte ilUJumn, où est V Acropole (belle vue) avec des restes considérables de l'enceinte, qui mesurait 1400 m. de toiu". Le rocher est percé de galeries et de grottes, d'accès fatigant, dont quelques-unes sont de l'âge^ de la pierre et d'autres de la période grecque; elbs doivent leur célébrité à l'oracle de la Sibylle. Sur le sommet de la colline, magnifiques restes d'un grand trmple, remis à la lumière par des fouilles récentes. À l'E. de l'Acropole il y a une latomie dans le genre de celles de Syracuse. Le miu* d'enceinte de la ville basse est bien reconnaissable vers la mer. Entre Cumes et le Lac de L'icola, maintenant desséché, au N., se trouve la nécropole principale, ((ui a fourni une quantité d'objets aux Musées. - Revenir à la bifurcation de la route, V. ci-dessus; dans une propriété un peu axi S., ruines d'un amphithéâtre, parfaitement visible; il est recouvert de vignes et d'oliviers.

À la bifurcation, V. ci-dessus, prendre la route de l'Arco Felice vers le N.-E.; 5 min. après, suivre à g. un sentier qui mène à une galerie creusée du temps d'Agrippa. C'était la communication directe entre Cumes et le Portus Julius, p. 325; on l'appelle aujourd'hui Gratta délia Pace, p. 326. En continuant, la route carrossable passe sous l'Arco Felice, énorme porte en briques haute de 20 m., large de 6 m. occupant le fond d'une tranchée que Domitien fit creuser dans le Mt Grillo pour la communication directe entre Cumes et Puteoli. À l'O. de cet arc, se trouve un bout de chemin pavé, de l'ancienne voie Domitienne, avec des ruines de villas et de tombeaux. Des deux côtés de l'arc, vue pittoresque.

En continuant, on laisse à g. la route de Licola et passant au N. du Lac Averne et du Monte Nuovo on arrive à la Station. Arco Felice; on prend à g. et, en 20 min, env., on est à Pouzzoles, p. 322.

330 R. 5; carte, ci-contre. ENVIRONS Prôcida.

W. — Présida et îsciiia.

Moyens d' accès. - DrRECTEiiENT de Xjlples par les bateaux de la Compagnia Napqletana di Xa\'igazioiie, touchant Prôcida (1 h. 10), fschia Ponte (1 h. 45), Ischia Porto (2 h. 5), Casamicciola (2 h. 25), Lacco Ameno (2 h. 40), Forio (3 h. 10), dép. du Molo Bevcrello, immédiatement à TE. duMaschio Angioino (PI. III 19), 1 fois par j. toute l'année, 2 fois par j. du 1" mai au 31 oct. Deux fois par semaine on peut aussi se S3r%ir du bateau faisant la ligne Xaples-Ponza-Gaeta, qui touche aussi Prôcida, fschia Ponte et Forio. - Pak le ch. de fer de CriiES en correspondance à Torregâveta avec le bateai' touchant Prôcida (15 min. de Torregaveta), lochia Ponte (50 min.), tschia Porto (1 h. 5), Casamicciola (1 h. 20), Lacco Ameno (1 h. 30), Forio (2 h. 10); prix de Xaples à Prôcida, I" cl. 6 L. 95, IP cl., 6 L. 10, IIP cl., 2 L. 95; à Porto d'ischia, 8 L. 95, 8 L. 10, 3 L. 25; à Casamicciola, 9 L. 40, 8 L. 55, 3 L. 35; à Forio, 11 L. 65, 10 L. 80, 4 L.; seulement de Torregaveta à Prôcida (le bateau n'a que 2 classes), P« cl., 2 L. 35, II« cl., 1 L. 05; à Porto d'ïscliia 4 L. 35, 1 L. 80; à Forio, 7 L. 05 et 2 L. 55. Par le mauvais temps le bateau ne pouvant pas accoster à Torregaveta, débarque à Baies. -À Torregaveta, comm e du reste à Baies, à Misène, on trouve des barques pour Prôcida et Ischia; pas de tarif, faire prix.

L'île de Prôcida, longue de 3 k. 5, la Prôchyta des anciens, est composée de deux cratères de tuf basaltique et de pierre ponce, démolis en partie par la mer, qui les a transformés en deux baies demi-circulaires. La petite baie de Ghiaiolella représente probablement un troisième cratère et l'îlot de Vivara un quatrièm.e.

La population (10.690 hab.) est groupée en grande partie dans la petite Tille de Prôcida (hôt.: Scotti, mod.; voit., la 1" h.. 6 L.; chaque h. suivante, 4 L.), étendue sur la côte X. de l'île et étagée sur la colline; ses maisons blanches à toit plat rappellent l'Orient. Fêtes populaires le 29 sept., St Michel, et le 8 mai. - On débarque à la Marina, au X. de l'île. Sur la piazza dei Martiri, plaque commémorant 12 hab. de Prôcida, exécutée après la réaction de 1799, et statue d'Antonio Scialoia, homme d'État, m.ort dans l'île en 1877. Du Château, à présent maison de correction, belle xue d'un côté sur Ischia et le Mont Épomée, de l'autre sur le Cap Misène et sur tout le golfe de Xaples. - Du centre de Prôcida, en 40 min. env., on va, dans la direction du S.-O., en passant près du Château de S. Margheritc, à la baie de Chiaiolella (voit., 3 L. 50), oii l'on est en face de Vivara, îlot planté d'oliviers, et de l'île d'fschia.

L'île d'ischia, 27.361 hab., 30 k. env. de tour, est la plus grande île des environs de Naples. Son climat fort doux et ses panoramas d'une beauté et d'une variété incomparables l'on fait nommer « épitomé de toute la terre ».

tschia, émergée dans la période tertiaire, est un ensemble de cratères et de coulées de lave, dont le point culminant en form.e de cône est l'Epomeo, 789 m., bord septentrional d'un volcan éteint, sur la pente duquel s'appuient d'autres cratères: au X.-E., les monts Eotaro et Montagnone: à l'E., le Mt Tribbiti; à l'O., le Monte Xuovo et les hautem^ qui s'étendent jusqu'à la Punta dell'Imperatore. La coulée de lave forma au X.-O. les promontoires Caruso et Cornâcchia. L'île est formée en grande partie de tuf, de trach>-te et de marne. Selon les poètes de l'antiquité, c'est là que résidait Typhée, qui, foudroyé par Jupiter, se -v-engeait en y multipliant

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