X. Climat et état sanitaire de Naples. Hygiène
Climat. Naples n'est qu'en partie protégée contre le vent par les hauteurs qui l'environnent. Le Pausilippe et les collines de St-Elme et Capodimonte l'abritent jusqu'à un certain point au N.-O. et au N. (tramontana), mais les vents du N.-E. (greco), du S.-E. (siroco) et du S.-O. (libeccio) y soufflent librement. Les changements dans les courants atmosphériques, qui viennent tantôt du N. et tantôt du S., entraînent à leur suite des variations de température parfois très brusques. Au mois de septembre, la chaleur est le plus souvent très intense et accablante, mais dès la première moitié A^octobre l'air se rafraîchit, les pluies recommencent et la température est agréable (17° 5 C. en moy.). Novembre, où domine le vent du S., est le mois le plus pluvieux, tandis que décembre a encore de beaux jours, avec le vent du N. Souvent même, il fait chaud jusqu'à la fin de l'année. La température moyenne de l'hiver est de -\- 10°, mais le thermomètre peut descendre dans les nuits froides Aq janvier jusqu'à — 3°. Quand il neige sur les montagnes, ce qui arrive rarement avant janvier, les vents de l'E. et du N.-E. ne laissent pas d'être assez froids pour les malades de la poitrine. Dans la ville, la neige est assez rare et le brouillard encore plus, mais il y pleut souvent (116 jours de pluie par année en moyenne).
XXVm INTRODUCTION. Etct sanitaire.
En février commence la saison des pluies qui dure souvent jusqu'en avril. Mors est très variable. Avril est le plus beau mois de la Campaiiie, avec une température moyenne de 15°; c'est, du reste, d'avril à juin l'épocjue la plus constante et la plus belle de l'année. Mai est aussi fort a^'réable (19°), mais peut déjà devenir chaud. En juiv, juillet et aoiK, il règne un temps sec et la température est en moveiine de plus de 22°, avec maximum de 38°, mais l'air est rafraîchi par la brise marine qui s'élève dans la matinée et souffle jusque vers 2 h. de l'après-midi.
Le Vésuve est pour Naples un baromètre gigantesque. La direction que prend son panache de vapeur indique souvent 24 h. d'avance les changements de vent et de température; s'il se dirige vers Caprée, c'est signe de beau temps, c'est-à-dire, en hiver, d'un temps clair et frais; si c'est vers Ischia, cela annonce le vent d'E., le ffreco-levante, et un froid sensible dont les personnes délicates se jiréservcront soigneusement. On tiendra enfin compte des signes précurseurs du siroco, vent du S., souvent accompagné de fortes pluies et qui exerce une grande dépression sur le système nerveux, obligeant le voyageur à ménager ses forces. Le cratère du Vésuve se couvre, à son approche, de nuages épais, l'île de Caprée paraît être tout près, avec des contours tranchés et d'un bleu foncé, tandis que des vagues longues et uniformes se déroulent de la Bocca Piccola (entre Caprée et la Pnnta di Campanella).
Etat sanitaire. En général, l'état sanitaire de Naples n'est pas défavorable: il s'est encore amélioré dans les derniers temps, surtout grâce aux mesures hygiéniques qui ont été prises à la suite de la violente épidémie du choléra en 1884 (v. p. 39). Un aquedvc grandiose (Acqua di Serino ; p. 94 et 239), d'une longueur de 83 kil., y amène en ligne droite l'eau excellente du Serino, près d'Avellino. De plus, à l'heure qu'il est, la construction du nouveau réseau A'égouts est assez avancée pour permettre d'y relier tons les bas quartiers et conduire les eaux ménagères dans la mer, bien loin à rO. de la ville (actuellement, en face de Nisida; plus tard, près de Cnmes, c.-à-d. à 19 kil. de Naples); autrefois elles se déchargeaient juste au-dessous de la ville. CTrâce a ces efforts, qu'il faudra nécessairement compléter par un assainissement radical des petites rues et des habitations pauvres, les causes principales de la fièvre typhoïde (v. p. xxix) ont disparu; la forme de typhus connue autrefois sous le nom de fièvre najwlitaine ne se rencontre plus que par intermittence.
Les étrangers eux-mêmes sont souvent la cause inconsciente des indispositions auxquelles ils semblaient jadis particulièrement exjwsés à Naples et qui assaillent encore fro([uemiiient les iui prudents (|ui se surmènent sans merci afin de tout voir dans le moins de temps possible. La plupart de leurs maladies aiguës ont pour cause (les fatiynes excessives, un nianvais régime, ou les refraidissemenl s.
Bygièm. INTRODUCTION. XXIX
Des mesures de prudence sont indispensables, même si l'on est robuste. En cas d'indisposition, s'abstenir de toute excursion, afin que le repos donne au S3'stème nerveux le temps de rendre aux organes leur activité normale, et consulter immédiatement le médecin (pas par l'intermédiaire du portier de l'hôtel). La malaria (v. p. XXI et 206) peut se contracter dans les excursions aux contrées marécageuses; même une excursion à Psestum et la traversée en chemin de fer de la Campagne romaine ne sont pas sans danger sous ce rapport. On se préserve en évitant d'être dehors au coucher du soleil et en fermant les fenêtres. Quand on souffre de la malaria, il importe de changer d'air, d'aller, par ex., à Sorreute, à Caprée on à la Cava. L'hiver de Naples ne convient pas aux phtisiques, à cause des brusques changements de température et des périodes prolongées de pluie et de vent; en tous cas, on ne négligera pas de prendre l'avis de son médecin. Caprée est relativement préférable.
Hygiène. Comme logement, surtout comme chambre à coucher, on choisira toujours, même en été, des pièces exposées au S. et pas d'encoignure, ni de rez-de-chaussée, ni de dernier étage: les murs sont généralement trop minces dans le haut et les plafonds humides. S'il est impossible de se loger au S., choisir l'O. en hiver et l'E. en été et refuser en tous cas les chambres exposées au N. — Les quartiers élevés, tels que le corso Vittorio Emanuele, le Rione Principe Amedeo, conservent leur ancienne supériorité, même après l'installation des égouts dans toute la ville, surtout en cas d'un séjour prolongé; cependant, les quartiers situés au bord de la mer, tels que la via Parfenope, la Riviera di Chiaia, la Mergellina et, pourvu qu'on ne soit pas trop sensible au vent et à la poussière, Santa Lueia, ne leur cèdent guère en fait de salubrité.
Quant aux vêtements , la première règle est que pendant la saison froide et eu égard aux changements rapides de température, l'étranger doit s'habiller plus chaudement qu'il ne le fait chez lui. En hiver, comme dans les premières semaines du printemps, il se gardera de sortir sans pardessus, et s'en servira toujours au coucher du soleil, en passant du soleil à l'ombre, en voiture, en barque ou en entrant dans les musées, galeries et églises, on l'air est généralement plus frais qu'au dehors. Dans la saison chaude, une ombrelle ou un en-cas est indispensable, même en voiture, pour se protéger contre l'ardeur du soleil. Eviter les longs trajets à pied, faire amplement usage des trams et des fiacres dont le tarif est très abordable. Avoir soin également de se bien couvrir la nuit, les couvertures étant souvent trop légères.
Quant à la nourriture, au début l'étranger est porté à se surcharger l'estomac de friandises (fruits du Midi, macaroni, etc.), auxquelles il n'est pas habitué. A Naples même on se passera d'huîtres (ostriche), qui ont souvent occasionné la lièvre typhoïde. La salade et autres légumes crus peuvent aussi devenir nuisibles.
XXX INTRODTTCTTON. Uygiàne.
l.ts l'i'uits bien mûrs et bien uettoyés ne sauiuiiMit faire de mal. Mil se gardera de manger des melons d'eau ( mellotie d'acqua, cocoineroj et les fruits du tiguier d'Inde. On sera surtout prudent en été et en automne, les grandes chaleurs disposant aux inflammations d'intestins. Les soi'bes, qui ressemblent à nos nèfles et sont riches en substances tanniques, sont un excellent remède contre ces indispositions. En même temps, on fera bien d'observer un régime rationnel consistant en cacao, biscuits, crème de gruau, viande maigre, riz assaisonné de cannelle et un peu de vin rouge. — Les vins rouges du pays (p. xxiii) sont souvent bons, de même que les vins blancs, qui sont moins astringents et par conséquent moins recommandables. En tout cas, on aura soin de se modérer, surtout pendant les chaleurs de l'été et lors d'une fatigue excessive. Si l'on a l'estomac détraqué, il n'y a rien de meilleur qu'une bonne bouteille de bordeaux. Les vins en bouteille du S. de l'Italie sont en général ti'op capiteux.
INTRODUCTION