DE FLORENCE A PISE ET A LIVOURNE. [B
— En face de la chaire, bénitier en marbre, porté par les figures des Yertus théologales et attribué à Jean de Pise (?).
Au N. de cette église se trouve, dans un quartier pittoresque, la curieuse place de la Sala^ avec un ancien puits et des boutiques à auvents.
De là, en prenant à dr., on gagne la place du Dôme. On peut aussi, en sortant de l'église San Giovanni, suivre la rue Cavour et la 5* rue à g.
La place du Dôme [statue du cardinal Nicolô Forteguerri, 1863) est située au centre de la ville. Sur cette place s'élèvent : le Dôme, à g. de celui-ci, le palais Municipal et, visà-vis, le Baptistère; à côté de ce dernier, le palais Pretorio.
Dôme , antique église dédiée à St Jacques (Sanf Jacopo), construite au xn^ s., plusieurs fois renouvelée, restaurée en 1240 d'après les dessins de Nicolas de Pise. — Au-dessus de la porte principale, beau bas-relief en terre cuite, par Andréa dellaiRobbia.
— A dr. , sous le porche, fragments d'une fresque estimable de Balducci,
L'intérieur a été modernisé en 1838.
— A dr., dans le bas-côté dr., monument (1357) du juriste et poète Gino de Sinil)aldi, par Cellino di Nese (1537). [La ligure de femme est vraisemblablement ISclvaggia, la Béatrice de ce poète.]
A dr, du chœur, chapelle Sant' Jacopo : magnifique autel en argent (s'adresser au sacristain), monument curieux de sculpture, d'orfèvrerie, de ciselure et d'émaillure, dû aux plus habiles artistes et ouvriers de l'époque (1286- 1399). Partie centrale (en argent doré), conçue dans le style des Pisani et œuvre iV Andréa di Jacopo Ognibene (1316) :
15 scènes du Nouveau Testament; sur les côtés, 6 Proph( tes. A g., 9 épisodes du Nouveau et de l'Ancien Testament [on remarquera surtout la création d'Adam et d'Eve, par Pietro da Firenze]. A dr., 9 sujets empruntés au Nouveau Testament, par le Florentin Leonardo di Ser Giovanni (1371) [c'est la partie la plus rem.irquable au point de vue du style et de l'exécution]. — Partie supérieure : dans une niche, statue assise de
St Jacques (par Giglio Pisano, 1353), entourée par des bustes d'Apôlres et de Prophètes et dominée par la figure du Christ bénissant. — Côtés : deux rangées de niches occupées par 20 statuettes (la V., les 10 Apôtres, les 4 Evangélistes, 4 Docteurs de l'Eglise et Ste Eulalie), exécutées par l'Allemand Piero d'Arrioo (1389-90), par Noferi di Buto, Atto Braccini, Nicold di Guglielmo et (peutêtre) par Brunelleschi (les deux prophètes de la partie inférieure).
Chœur : Résurrection, grande peinture, non terminée, par Cristof. Allori ; deux tableaux de Vasari.
Chapelle à g. : la V., l'Enf. J. et deux Saints (recouverts), par Lorenzo di Credi. — Au bas du bas-côté g., monuments du cardinal Forteguerri, commencé (1474), par le Verrocchio et complété par Lorenzetto Lotti; à côté bas-relief (xiv^s.) à la mémoire de l'évêque Baronto Ricciardi et de son frère.
— A g. du portail, fonts baptismaux, par Andréa Ferrucci de Fiesole. — Le trésor possède encore quelques curiosités.
Campanile^ antique donjon, renouvelé, dit-on, par Jean de Pise.
Baptistère (San ^Giovanni Rotondo), élégante construction octogone, attribuée à André de Pise (1357), revêtue de marbre blanc et noir, comme le porche delà cathédrale.
Palais Municipal [del Comune ou degli Anziani), du style gothique italien (1295-1385). —Près de la fenêtre du milieu, tête en marbre noir de Fil. Tedici, qui, en 1325, voulut livrer Pistoie à Castruccio Castracani.
— Sur le palier, dans la cour, ambons en pierre {\\t et xni° s.), d'un bon travail, trouvés en 1838 sous le pavé du Dôme. — Grande salle (del Consiglio) : bel écusson armorié, en marbre, supporté par des Anges, de Fécole du Verrocchio (1491) ; statue de Sant' Agata ; fresques du xiv'' s. ; très belles boiseries (1534).
Palais Pretorio, OU dei Tribunali, ancienne résidence du podestat, construit en 1387, dans le style gothique italien. — Petite cour d'un caractère
[route 171
t^ISTOÎE.
original (larges portiques, avec escaliers; peintures intéressantes des voûtes d'arête; murs couverts de blasons et d'emblèmes).
Par la rue (Ripa (Ici Sale), qui sépare le Dôme du j)alais Municipal et qui traverse la via Filippo Pacini, on arrive sur la place San Barlolommco.
San Barlolommco in Paniano, église fondée vers 722, reconstruite vers il 67 dans le style romano-toscan et altérée en 1650. — Façade ornée de sculj)tures. L'architecte Rodolfino a inscrit son nom au-dessous de l'architrave de la porte d'entrée. — A Tint. : intéressante chaire en marbre par Guido da Como (1250).
A côté de l'église, palais Rospi- (jUosi (1707), renfermant quelques tableaux. A g. de ce palais, de l'autre côté de la via Porta San Marco, palais CanceUicri-Cianiclli (xvi*^ s.).
^Revenant sur ses pas jusqu'à la rue Filippo Pacini, on la suivra, à dr., jusqu'à son extrémité.
Ospedale del Ceppo, hôpital fondé en 1218, augmenté depuis. — Façade de belles proportions (six arcades supportant une admirable frise en terre cuite colorée, par Luca délia Robbia [un chef-d'œuvre qui mérite à lui seul qu'on s'arrêle h Pistoic].
Ce long entablement est divisé en 7 comporliments qui reprcscnlcnt les Srpt (Fuvrcs do miséricorde : l'' (en coinmenrant à g. sur le côté) vôLir ceux qui sont nus; « le moine dont la figure austère est profondément fouillée et admirable d'expression et de vie, est évidemment un portrait, et un des plus beaux qu'ait produits la sculplure iîorcnl^Hie » (liclle) ; '1'^ héberger les pèlerins; 7>' visiter les malades; 4'' visiter les prisonnicîrs ; 5'* enterrer les morts ; 0^' donner à manger à. ceux qui ont faim; T'* donner à boire à ceux qui ont soif [ravissantes li-ures de femmes]. Entre chaque basrchef de la frise, figures symboliques : l;i Justice, la Vérité, la Foi, "l'Espérance, lu Charité. Par ses détails aussi bien que par son ensemble, cette œuvre occupe une j)lacc émineiUe dans l'art du xv*^ s. riALiE DU cE-\rr*K.
Par la via délie Pappe on arrive sur la place del Carminé ; on prend ensuite, à g., la via del Carminé et, par la première rue à dr., on atteint la petite place de Sanf Andréa,
Sant' Andréa (si l'église est fermée, sonner à la porte de la maison à g.), basilique du xii*" s., jadis en dehors de la ville. — Architrave de la porte d'entrée : scidptures des frères Gruamonte et Adcodato, œuvre encore barbare, de 1196.
A Tint. : chaire, de forme hexagone, œuvre de Jean de Pise, monument très intéressant pour l'histoire de l'art. C'est une imitation, supérieure, de celle de Pise. [Grande saillie du relief. Les figures des Prophètes, dans les tympans, sont tl'un bon dessin et d'un grand caractère. Au-dessous, sont les Sibylles. Les scènes représentées sont : la Nativité; l'Adoration des Mages ; 1 ; Massacre des Innocents; le Crucifiement et le Jugement universel. Les figures des angles, surtout celle à dr. du Crucifiement, nous paraissent d'un style très avancé. H y a de la souplesse et un beau jet de draperies.
On remnrquera surtout l'agencement pittoresque et animé des groupes et la vie qui y règne.]
En sortant de l'église on suit à g.
une rue qui débouche sur la place San France SCO,
San Francesco al Prato, église construite en 1294 (façade de 1717).
A dr., 3« autel : Nativité de Schief- Uni (1609). — 5^ : Purification de la V., tableau estimé, de Poppi (élève de Vf^SMri). — Sacristie : fresques de Puccio Cipanna^ élève de Giolio, bien conservées.— Chapitre : fresques daniéjtie.
— A g. du chœur, 1'° cliapelle : Lippo ?af.nnni, portrait de Si -François. [Kacc longue et très maigre, yeux noirs en- Idiicés, moustache noin;. (Comparer aver le portrait de Pescia (F. ci-dessous) et avec celui de l'église Suiîa Crocc, à Florence.] — Transsept de g. : Girnignani (1658), Martyre. — A g. (en descendant), l^"" autel : le Bronzino (1594), Résurrection de Lazare. — 2" : Noces de Cana [assez bon tableau], par Greg. Pagani^ terminé par Mat. liosseUi. — Dernier