ASSISE
à o'. Assise.
— Pont sur le
aperçoit Chiascio.
186 kil. Basiia, 5400 hab. — On s'approche de la colline d'Assise, dominée par le Mont Subasio.
190 kil. Assise* {Assisi, l'antique Assisinm), 17 000 hab. (avec la banlieue). — La station, d'où une bonne route conduit à la ville (1 h. env. à pied ; omnibus en 25 min., 50 c.) est située dans la plaine h 500 met. env.
h l'E. du sanctuaire de la Madonna degli Angeli (F. ci-dessous).
L'aspect d'Assise, groupée sur une colline grisâtre sur laquelle s'étage la masse imposante du couvent et de l'église et surmontée d'une citadelle abandonnée, environnée de murs et de tours à créneaux, est des plus caractéristiques.
Cette petite ville, siège d'un éveché, a vu naître le poète Métastase [Pietro Trapassi, 1698-1782). Mais c'est le nom et le souvenir de St François qui la remplissent toujours. Le fondateur de l'ordre des Franciscains y est né en 1182. Il était le fils d'un riche commerçant. Son nom de haptême était Jean, mais on lui donna le surnom de François, à cause de la facilité avec laquelle il parlait la langue française. Il passa sa jeunesse dans la dissipation et les plaisirs. Dans une attaque contre Pérouse, ville rivale d'Assise, il fut fait prisonnier et resta un an captif. A l'âge de 26 ans, malgré l'opposition de son père, qui le maltraita et l'enferma comme insensé, il fit vœu de pauvreté et se mit^à soigner les infirmes et les lépreux. Frêle et délicat, fatigué par le jeûne, il eut des extases et des visions. Il fonda en 1208 l'ordre des Franciscains [îrèves mineurs, ou cordcliers, ainsi nommés à cause de la corde servant de ceinture à une tunique grossière). Il alla au camp des croisés, au siège de Damiette, et osa aller trouver le Soudan. Il mourut en 1226.
Des récils légendaires relatifs à sa vie ont servi de sujets de composition aux peintres. Après sa mort, son ordre se divisa en plusieurs familles dont une des plus populaires est celle des Capucins, institués en 1619.
La fête principale d'Assise (Perdono d'Assisi), qui attire les fidèles de toute l'Europe, dure du 2\ juillet au 1" août. Une autre fête, celle de St François, s'y célèbre le 4 octobre.
A 200 met. à g. de la porte San Francesco, par laquelle on entre dans la \'ille, se dresse sur d'énormes soubassements, semblable à une forteresse, la massive et vaste construction du célèbre couvent, un des sanctuaires de l'art italien primitif, digne au plus haut degré de l'intérêt des voyageurs. — Delà terrasse, très belle vue sur la vallée.
San Francesco OU le couvent des Franciscains fut élevé en deux années, de 1228 à 1250. L'architecte du couvent et de l'église, choisi après un nombreux concours, fut un certain Jacopo ou Lapo, surnommé Tedesco (il était très probablement originaire de Méran, dans le Tyrol ; Vasari en a fait par erreur le père de l'illustre Arnolfo) ; il fut aidé et peut-être même remplacé par un frère de l'ordre, Filippo da Campello^ qui dirigea les travaux complémentaires à partii' de 1251. Le couvent a été sécularisé en 1866, et transformé en collège pour les fils d'instituteurs (80 élèves, tous avec bourses données par l'Etat).
— L'entrée est à g. de l'église inférieure (V, ci-dessous), oii se tient d'habitude l'employé ou le sacristain qui sert de guide (1 fr. de pourboire].
— Grand réfectoire : Cène par Solimena. — Petit réfectoire : Cène par Adone Doni, — Beau cloître bâti par Baccio Pintelli (deux galeries d'arcades décorées de fresques). — Vue magnifique du Loggione ou galerie voûtée extérieure.
Basilique de Saint-François (un des moines qui y restent attachés peut servir de guide). — Deux églises presque de même étendue s'élèvent l'une sur l'autre au-dessus du tombeau de saint François ; on pourrait même en compter trois avec l'église souterraine qui contient son tombeau.