DE BOLOGNE A ANCÔNE
le Ruhicon sur leur territoire, le Tribunal de la Rote se prononça, a la moitié du xviu« s., en faveur de TUso.]
90 kil. Gamhettola, halte,
97 kil. Savignano, 4 760 hab. — On franchit l'Uso , o onn
101 kil. Sant' Arcancjelo, 8 800 hab., patrie du pape Clément ll\ (Gano-anelU; 1705-1774).
On franchit la iMarecchia aux portes de Rimini ; à di-. de la voie, pont d'Auguste (F. ci-dessous).
111 kil. Riirini*, 11000 hab.
(avec la banUeue , 38 7^5), ch.-l.
d^arr de la prov. de Forh, dans une plaine fertile entre la Marecchia et l'Ausa, à 600 met. de la mer Adriatique.
Rimini, l'ancien Ariminum des Ombriens, était du temps des Romanis une olace forte défendant la frontière vers la Gaule Cisalpine; la voie Flaniniienne y aboutissait. Elle fut plus tard une des villes qui formaient du temps des Lxarnues de Ravenne la Pentapole maritime (Rimini, Pesaro, Fano, Sinigaglia et An- ^.5ne). - Au moyen âge elle appartint aux Lonoobards, et, au xui« s., aux Malatesta- les Vénitiens s'en emparèrent en 1503' mais pour quelques aimées seulement. Depuis 1509 Rimini resta jusqu en 1860 au pouvoir des Papes.
On pourra visiter, entre deux trains, le Dôme ou Tcmpio Malaiestiano, œuvre de Leone Battista Âlberti, et l'ire d'Auguste.
De la eare on suit a dr. 1 avenue qui aboutit a g. à la Por^aMarma où commence la via Principe Umberto; on passe devant Véglise de San Martino à dr. ; on prend la rue à g. (via del Tempio Malaiestiano), qui passe devant le Casino civico, le pa/ais Gamhalunga (Gymnase; bibliothèque; collections archéologiques) adr et YÉvéché à g., pour aboutir a la petite place sur laquelle est le Dôme.
Dôme ou San Francesco (Tempio Malalestîano), construit au xiv^ s., iebuUeupîirtiedcl447à 1450, selon
le nouveau style, par ordre de Sigismondo Pandolfo Malatesta, sur le dessin de Leone Battista Alberti et sous la direction de Malteo de Pasti, le célèbre médailleur véronais. Les architectes la regardent comme son chef-d'œuvre. C'est un monument des plus intéressants dans l'histoire de l'art en Italie; il est, en effet, une des premières tentatives faites pour s'affranchir du style gothique et revenir à l'ancienne architecture romaine.
La partie supérieure de la façade n'est point terminée. Autour de l'église régnent des portiques de la plus noble proportion et de la forme la plus pure. Sous chaque arcade Alberti a placé des sarcophages, dans le goût antique, d'un effet imposant et destinés par iMalalesta, après leur mort, aux hommes de talent qu'il avait réunis près de lui.
Intérieur, du style gothique, renfermant une quantité de monuments de la laniille Malatesta, avec des sculptures du xv« s. A travers les arcades plein cintre, on voit des arcs ogivaux de l'ancienne église; de sorte que l'œuvre d'Alberli n'est qu'un placage. — A dr. de la grande porte, tombeau de Sigismond Malatesta (sculptures d'Agostino di Duccio et de Pier Bernardo Ciuffagni). — A dr., \^^ chapeUe dédiée à St Sigismond : deux grands dais en marbre avec arabesques dorées sur fond azuré, supportes par des ansfcs en bas-relief. — Entre cette chapeUe et la suivante, une porte, ornée de bas-reliefs en marbre par Maiteo de Pasii (se faire ouvrir par le sacristain; pourboire), conduit danslachapel e des Reliques (au-dessus de la porte, bee fresque, un peu détériorée, par Pier délia Francesca, 1451 ; elle est signée « Petri de Burgo opus », le peintre étant natit de Borgo San Sepolcro) . — 2« chap. : tombeau d'Isotta degli Atti, maîtresse et plus tard femme de Sigism. Malatesta; aux piliers d'entrée, des Anges faisant de la musique, charmants bas-reliefs attribués à Agostino di Duccio ou à Bartolomeo Sperandio. — 3« chap. (du Saint Sacrement), richement décorée en marbre rouge de Vérone : belle frise ^Enfants jouant) sculptée pav 3inm\^ f^r-'
[route 28] RIMINI.
riicci de Ficsole. Sur les piliers, bas-reliel's, (runc grande origiualilé, composés par Matteo de Pasti et exécutés par Agostino dl Duccio (les festons en bronze dessoubassemenls,par Matteo de Pas(i).
— A g., l''' chup. (en descendant) : sur les piliers de l'arc, bas-reliets (probablement du xv'^ s.). — ô'' chapelle, ricliement décorée, restaurée en 1808 : grand tombeau consacré par Sigism. Malatesta à la mémoire de ses ancêtres; pilastres avec belles sculptures eu baut-relicf.
En sortant du Dôme on peut se rendre, p.)r la petile via Patava (à dr.) et p;u' la via Castclfidardo (à g.) à Vcçilisedc San Girolamo (fresques de llolonna et Milelli, 1055; au uiaîtreaulel, St Jérôme par le Gucrchin; belles stalles du chœur).
Ucvenaut sur la place du Dôme, on prendra à g. une des deux petites rues qui aboutissent également sur le corso dWuguslo, qu'on remontera à g., pendant 100 met., jusqu'à la Porta Romana ou Arc d'Auguste, arc triomphal en pierre blanche, d'architecture simple et massive, érigé en l'hojmeur d'Auguste, en témoignage de la reconnaissance des habitants pour la réparation des voies de l'Italie. Entre l'arcade et les colonnes, sont des médaillons avec les tètes de Neptune et de Vénus, et, à l'extérieur^ de Jupiter et de Minerve. La partie supérieure est en briques et couronnée de créneaux du moyen âge.
Revenant sur ses pas, on suivra le corso d'Augusto jusqu'à la place de Giulio Cesare (l'ancien forum de la ville). On y voit un bloc de pierre qui servit, dit-on, de piédestal à Jules César pour haranguer ses soldats lors du passage du Rubicon. — A g., petite chapelle dédiée à St Antoine de Pa doue; à dr, âjlise Saii Francesco di Paola.
En suivant toujours la direction du N.-O. par le corso d'Augusto, on trouve, à g., la grande place Gavour (au centre, statue du pape Paul V); à dr. est le palais Communal (quelques
peintures), et au fond, le théâtre Vittorio Emanuele (1857), derrière lequel, adossé à l'enceinte, est le château des Malatesla, bali par Sigismond Malatoslaen 1446, très dégradé, et qui sert actuellement de prison.
1/liabilation de Pi'ançoise de Rimini (1284), immortalisée par le génie de Dante et qni était fille de Guido da Polenta, seigneur de navenne, protectcnr et ami du poète, faisait probablement partie des anciennes maisons des Mala testa, dont une partie a été comprime dans le château et le reste a été démoli
Revenant au corso d'Augusto, on le suivra, à g., dans la direction duN.-O. On passe devant Véglise délia Misericordia à dr., et celle dei Servi (quelques peintures) à g., et l'on atteint le pont cV Auguste (5 arches), long de 06 met., sur la Marecchia, commencé par cet empereur et achevé par Tibère,
Au delà du pont, dans le faubourg de San Giuliano, est Yéglise San Giuliano (au maître-autel : Martyre de St Julien, bon tableau de P. Véronèse; à g., avant le chœur, au-dessus de la porte donnant sur le cloître, tableau à H compartiments, par Bittino da Faenza, 1409).
On reviendra par le corso d'Augusto jusqu'à la via Principe Umberto, à g., qui conduit à la Porte Marina et à la gare.
A 5 min. de la Porta Marina (à g. de la gare), sur le bord delà mer, on a créé une petile colonie de villas, de restaurants et d'établissements balnéaires. Un tramway, partant de la via Principe Umberto, conduit jusqu'au rond-point qui précède V établissement de bains municipal (café -restaurant). A g. se trouvent le champ de courses et un peu plus loin le petit phare et les jetées formant le port de Rimini.
[Une roule de voitures (une voit., 20
à *25 fr.), escarpée mais bien entretenue,
, conduit de Rimini à (20 kil. env.) Saint-
DE BOLOGNE A ANGÔNE.
OTarin (San Marino), petite ville de 1000 hab. eiiv., capitale de la célèbre petite république de ce nom (8 200 hab.), le plus ancien de tous les gouvernements de l'Europe. Elle est située, à 754 met. d'alt., sur la cime extrême de la crête du Mont Titan, un des points les plus élevés de l'Apennin (très belle vue) et renferme le palais du gouvernement (de 1600) , un lycée, un petit musée (collection d'objets orientaux et autres curiosités), une bibliolhèque publique et une collection de tableaux (de Jules Romain, du Spagnoletto, etc.]
De Rimini à Ferrare, par Ravenne, R. 10 et 9 en sens inverse.
A partir de lUmini, le chemin de fer suit le littoral de l'Adiiatique et franchit le Marano.
121 kil. Riccione. — Pont sur le Conca.— En avançant vers la Caltolica, située à g. au bord de la mer, on a devant soi un cercle de collines assez élevées qui se rapprochent de l'Adriatique.
130 kil. La CaUoUca, ainsi appelée pour avoir donné asile aux prélats orthodoxes qui, pendant le concile de Rimini, se séparèrent des évêques ariens.
Le chemin de fer monte et, au delà d'un tunnel, franchit la Foglia.
145 kil. Pesaro* {Pisaumm), V.
de 24 000 hab. (32 000 avec la banlieue), ch.-l. de la province de Pesaroet-Urbino, agréablement située sur une petite élévation à l'embouchure de la Foglia, et entourée de remparts formant boulevards (belle vue).
Pesaro, l'antique Pisaurum, colonie romaine dès l'an 570 av. J.-C et patrie du poète tragique et comique L. Accius, né en 170 av. J.-C, et du poète tragique L. Accius junior, fut en partie détruit par les Yitiges en 540; Bélisaire s'en empara en 544. La ville devint la résidence d'un duc longobard en 800 et en 1200 elle eut son premier podestat. Après avoir appartenu successivement aux Malatesta, aux Sforza et aux ducs d'Urbin, (aie a fait partie, de 1631 à 1860, des États Pontificaux.
] Pesaro est la patrie de Rosshii (1792-
I 1868), du comte Giulio Perticart
(f 1822), philologue distingué, et du
comte Terenzip Mamiani (f 1881 ) , poète
et homme d'État.
Quelques heures suffiront pour voir Véglise Sa7i Francesco (peintures de Jean Belin) et les collections de l'iihénée.
En sortant de la gare, on suit à dr.
une avenue qui conduit a la barrière Garibaldi, au delà de laquelle s'élève, '^g.,\emonumentdeGaribaldi(\^M).
Là commencel^via Brama qui aboutit à la Grande-Place. Un peu avant d'y arriver on passe (à dr.) devant
"San Domenico, église du xiv* s., transformée en caserne ; le beau portail est de 1385.
La place Viltorio Emanuele OU Grande-Place (Piazza Alaggiore), au • centre de la ville, est décorée d'une fontaine du xiv'' s. presque entièrement refaite en 1685. Sur le côté N., s'élève le palais de la Préfecture (au l^-" étage, salle des Fêtes avec un beau plafond en bois richement décoré), ancien palais des Malatesta et des ducs d'Urbin, résidence, au xvi^'s., de cette cour des seigneurs d'Urbino qui était un des foyers littéraires de l'Italie ; Bernardo Tasso composa son Amadis à Pesaro; le Tasse, son fils, y fit représenter en 1574 son Aminta, " A dr. du palais, le flanc de Téglisô San Domenico (V. ci-dessus) est masqué par une façade à colonnes ornée des statues du comte Perticari et de Rossiyii.
A l'angle N.-E. de la place commence la via Romana (vulgairement de San Francesco) qui conduit à Peglise
San Francesco, bâtie par les Malatesta et servant de cathédrale. — Beau portail orné de sculptures.
A g., 1'^'^ autel : Couronnement de la V., entourée de figures de plusieurs Saints et « predclla » représentant la Conversion de St Paul, la Mort de bt
[route 28]
Pierre, la Nativité, St Jérôme dans le désert, la Convulsion de St François; œuvre remarquable de Jean Belin (1495), très intéressante pour l'étude de la manière du maître vénitien, et laissant entrevoir un nouveau style qui fut celui des successeurs du vieil artiste).
Près de San Francesco, le palais Baldassini a un portail riclieineut décoré de lourdes sculptures dans le style du \\\f s. et un grand et bel escalier.
Au N. de la place Vitlorio Emanuele commence le corso Undici Settewbre, à dr. duquel s'élève, sur une petite place, V église Sa?it' Agestino, avec un très beau portail gothique de 1413.
A l'intérieur : beau crucifix, modelé par Fed. Brandani; tableaux du Poluarancio et de Simo7ie da Pesaro; stalles du chœur (xv'^-xvi"' s.).
Près de cette petite place est Vé~ glise del Nome di Dio, richement décorée de peintures de G. G. Pandolfi.
De Sant' Agostino, par la Pescheria, on gagne la via Passeri (à g.) qui conduit à Féglise San Giovanni Battîsta, construction grandiose comn^encée en 1515 par Girolamo Genga et^achevéepar son fils Bartolomeo, en 1545 (à rintérieur, quelques peintures).
A 5 min. 0. du corso Vitlorio Emanuele, dans la via Mazza (on y arrive aussi directement de la via Branca et, de l'hôtel Zongo, par la rue qui longe le côté de l'hôtel) est l'Athénée (Ateneo Pesarese), dont les collections sont visibles t. 1. i.
de 10 à 2 h.
Rez-de^haussée. — - Vestibule : arcs et stèles : inscriptions et pierres votives du Bois Sacré de l'ancienne Pisauruin, très importantes aussi au point de vue philologique et que l'on regarde comme des plus anciens parmi les monuments latins. — Cour et escalier : inscriptions