CAMPAGNE DE ROME
ENVIRONS DE ROMEi
La vaste plaine de la Campagne de Rome a pour limites : au N., les nionlagncs de la Tolfa et le Mont Sorallc. au S., les Monts Albaiiis, àl'O., la mer Méditerranée, à l'E., les montagnes de la Sabine. 11 est facile de reconnaître que cette plaine a été autrefois recouverte par la mer. Dans le même temps elle était le tliéàtrc d'éruptions volcaniques qui constituèrent une partie du relief du sol actuel.
« Aux portes mômes de la capitale de l'Italie commence la solitude. Autour de la grande Rome, comnie dans les Maremmes de l'Ancienne Étrurie, les guerres, l'esclavage et la mauvaise administration ont changé endé^ertunc contrée fertile qui devrait nourrir des populations nombreuses. Les peintres célèbrent à l'envi la campagne de Rome ; ils en admirent les mornes étendues, les ruines pittoresques entourées de broussailles, les pins solitaires au branchage étalé, les mares où viennent s'abreuver les buffles, où se reflètent les nuages empourprés du soir. Certes, ces paysages, dominés par des montagnes au vigoureux profil, sont magnifiques de grandeur et de tristesse, mais l'air y est mortel. Le sol et le climat de VAg7 0 romano se sont détériorés à la fois, et la fièvre [rnararia] y règne en souveraine.
« La campfigne de Rome, qui s'étend au nord du Tibre, sur plus de 200 000 hect., de la mer au montagnes, était, il y a deux mille ans, un pays riche et cultivé; mais, après avoir été labouré par des mains d'hommes libres, il fut livré aux mains des esclaves. Accaparé par les patriciens qui s'y taillaient de vastes domaines, ce terrain se couvrit de villas de plaisance, de parcs et de jardins, qui s'étendaient des montagnes à la mer ; puis, lorsque les magnifiques demeures furent livrées aux flammes et que la population de travailleurs asservis fut dis-
^ Pour les personnes qui vomiraient de plus amples détails qu'il ne nous est permis d'en donner sur les environs de Rome et sur toute la province, nous recommandons l'excellei?t « Guida délia Provincia di Roma », par E. Abbate, que nous avons eu l'occasion de consulter à j)lusieurs reprises.
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persée, le pays se trouva du coup translormé eu désert. Depuis cette époque la plus grande partie de VAgro n'a cessé d'être propriété de a mainmorte » entre les mains des corps religieux et de grandes familles princières. » (E. Hkclus.) En 1871, le gouvernement italien accorda à des religieux trappistes une concession d'un certain nombre d'hectares pour la culture de l'eucalyptus. Les résultats de l'exploitation ont démontré pratiquement la possibilité d'arriver à assainir la campagne romaine. Aussi le Parlement italien a-t-il volé une loi aux termes de laquelle l'assainissement de la campagne romaine est déclaré obligatoire pour tous les pro[)riét;iires dans un rayon de 10 kil. à partir de la borne milliaire du Forum.
Sous le lilre de Promenades, nous allons décrire les points les plus intéressants des environs immédiats de Rome (ceux que l'on peut voir en quelques heures) en sorlant de la ville, d'abord par la Porte du Peuple et successivementp:«rles autres portes en descendant par TE. et le S.
Sous le titre d'ExcuRsioNs nous décrirons ensuite les localités plus éloignées, auxquelles il faut consacrer une journée entière ou même davantage.